‹ Journal de Simon Le Marchand, bourgeois de Caen, 1610-1693Chapitre 12 sur 14 · IM · texte numérisé non relu

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d'Argences, quatre lieues de Caen, ou Sa Majestey couchil, ledit jour. Et le lendemain, vingt et deuxiesme jour dudit mois, Sa Majestey (ist son entrée à Lisieux, ou il l'ust reçeu fort honorablement des habitants de ladite ville.

La paix fut publieye en ceste ville de Caen le Samedy apprès midy, vingt deux'"^ j^^ii' d'Aoust 1620 (1), et le Te Deon fustchanley le lendemain à Téglise S^-Pierre, ou la plus part des prestres de ceste ville y estoient. Auquel a assistey Mons'' le marquis de Mosny; Mons'" le lieutenant Dungy et tous les mères, gouverneurs et eschevins de l'Hostel commun de la ville : Messieurs de la Justice et les seigneurs et bourgeois de la ville, en sy grand nombre que l'églize estoit pleine jusques a la rue. Et apprès le Te Deon, il fut allumey un feu par Mons'' le marquis de Mosny, Mons'' Dungy et Mons' Fauconnier, premier eschevin de la ville. Et tirent trois tours alentour, tenant chacun un llambeau à la main et cryant, eux et le peuple : Vive le Roy ! Apprès que le feu fust allumé, on a reconvoyey Mons'' de Mosny dans le Chasleau, ou il fut tirey plus de 30 coups de canon et 100 coups de mousquet avec joye.

Le Vendredy, vingt cinq*' jour d'Aoust 1620, sur les deux heures du matin, le tonnerre tombit sur la tour S'-Nicollas et abatit une pierre de la tour S*-Estienne ; et tombit sur la cheminey de hi maison de

(1) Ro^,^ (le rn.Mol de Ville. T/, 1« 258, 254.

Monsieur de Heaiunoiil-Bailleliaelie (1), à Vaiieelles, et alloil (le chambre en chambre de ladite maison, rompant et brisant ce qu'il trouvoit à son chemin.

Nous partismes de Vaucelles le 30"'^ jour d'Aoûst, 18 soldalz, pour aller à la compagnie de Mons"" le baron du Mesnybus, filz de Mons' de Beuvron, colonel d'un régiment de gens de pied, à Raisne. Le 30 Septembre, apprès avoir faict montre à Fallaize, au camp de Gibrey, ou deux régimentz et deux compagnies des chevaux légers la tirent aussy, ils lurent tous congédiez par les Commissaires à ce députez par le Roy.

Le Roy ayant donné le pied fourché à Messieurs de la Ville pour les fortifications et réparations de la Ville de Caen, il a esté estably le jour S^-Michel, 29»"*^ jour de Septembre 1020 ; par lequel chacun bœuf doibt 5 solz; une vache, deux sols 0 deniers; une beste à laine et beste porcine 1 sol. Ce qui fut payé ledit jour.

Catherine Bidard, ma femme, eult une lille, le Dimenche, douz*^ jour de Décembre 1020, sur les 0 ou 7 heures de relevée et fut baptizée le Mardy, 15^ jour duclit mois, à 5 heures de relevée, par maistre Pierre des Rues, prestre, docteur et professeur et curey de S*-Michel de Vaucelles. Et fut nommée Anne, par Marie Le Tellier, fennue de Ollivier Bidard, mon beau frère, assistée de Pierre Le Marchand, mon père.

(1) Jean de Baillehaclie, sieur de Boaiiniont.étaitadministratourderilôtel-Dieu.

lOi — 1621

Seize cent vingt et nn.

Monsieur de la Lande, premier cappitaine de ceste ville, mourut le 23 ou 24 apvril 1621, et fut enterrey en l'églize des Croisiers de ceste ville, le Mardy vingt sept^ jour dudit mois, ou fut faite grande cérémonye comme voirrez ci apprès.

Les Cliaritez marchoient devant, et, apprès le cœur de S* Pierre qui chantoit, le convoy en musicque. Devant le corps marchoient 36 pauvres vestus de noir: le corps, porté sur deux torques de picques, par huict soldatz. Apprès marchoient quattre de ses serviteurs, portans ses armes. Apprès, Mons'" du Quesnay, son lieutenant, avec toute la compagnie; leurs armes, le bout contre terre et traînant les picques, bien en ordre les tambours couverts de noir, bastant de deuil. Apprès marchoit Mons'" des Tourailles ( 1 ) et son hlz héritier dudit sieur, assistey de Messieurs de la justice, tant du présidial que du Vicomte, qui ont en cest ordre, conduictz le corps jusques à la dite églize des Croisiers. Et, estant dans la fosse, il fut tyré par les

(1) Son père, Jean Turgot, sieur des Tourailles, était avocat au siège présidial de Gaen. Il avait épousé, le 1"' juin 1575, Marguerite de la Lande. Son fils Claude, dont il est question ici, seigneur des Tourailles, La Couture et Mondeville, était chevallier de l'ordre du Roi, gentilhomme ordinaire de sa chambre, et assista, en 1622, aux États de Normandie, en qualité de député de la noblesse au baillagc de Caen. — Au mois d'octobre 1621, il tua de sa propre main, dans son hôtellerie des Tourailles, un chef de bande qui ravageait les environs, Montchrétien de Vatteville, auteur de tragédies, qui avait eu quelques relations avec Malherbe. Cet acte de courage lui valut une lettre de félicitations de Louis XIII (Voir à ce sujet : Lettres de Malherbe. Paris, Biaise, page 487}.

soldais c'iuic'ini un couj) de iiioiiscjiiel dans la fosse. 1^1 s'en i'e\ indrenl en niesnie ordre, les ai'nies sur resi)anle el liranl encore eliaeun un coup devani la maison.

Nol)lc lionune Thomas Moranl, sieur d'Kslervillc et de Mesny Garnier el Baron de Hupierre, trésorier de l'espargne pour le l^oy ( 1 ), rendit son esprit à Paris el fui enlerrey en Téglise Saint Jean de Caen le Samedy, 29"^\iour de May 1(321, en une cave qui luy avoil esté préparée en la Chapelle Saincte Barbe qui luy appartenoit, sans y l'aire aucune cérémonye pour Tabsence de ses enl'ans.

Ollive Fonlaine, femme de Jean Le Marchand, mon frère, eull un enl'anl maslc, le Vendredy, A'ingt cinq'"\jour de Juin 1621, et fut ba])lizé le Dimenche, 28'"^ jour dudil mois par Mous'" des Rues, curey de l'église S* Michel de Vaucelles el fut nommé Pierre par Maislre Pierre Fonlaine, IVère de ladile Ollive, assislé de Anne Le Cocq, femme de Thomas Le Mariey.

Le Lundy, quinz"" jour de \ovend)re 1021, sur les six heures du malin, il enli'il dans la (Chapelle des Pères Jesuittes, un appelé Loys, natif d Angleterre, du mestier de inq)rimeur et demeurant pour lors chez Mengeanl, mai'chand libraire el imprimeur en

(1) Moranl (Thomas), sieur d'Elorv il le. de, livsoiitM'dt' France, j,'arile héréditaire du scel, etc., était propriétaire du eoUéi^c du Mont, ipiil vendit à la ville en h'/.!! (Re^. deniiMi-lde Ville, .')(>. f" 11:!. V..ir InlnMlnctiou. § M).

cesie ville de Gaeii; lequel, en faisant le fol, print un desditz Pères qui célébroit la Saincte Messe, par le collet d'une main et print son gallice de Tautre, et le luy pensa oster et oiîenser, ce qu'il eult faict sans le secours de ceux qui estoient à la messe. A l'instant il fut meney prisonnier : et, grand nombre de témoins examinés et reconfrontez, on lui a faict son procès ; et, ce faict, il fut condamney, pour le crime par luy commis, de faire amende honorable tout nud, en chemise, tenant en sa main une torche du poids de deux livres ; et, la, crier Mercy à Dieu, au Roy et à la Justice. Et, apprès midy, faire aussy amende honorable devant la Chapelle des Pères Jésuittes, nud en chemise, tenant ladite torche en sa main, et y estant traisné dans une brouette: et, la, cryer Merci à Dieu, au Roy et à la Justice. Ivt, de la, meney au lieu patibulaire qui est au Vieil Marché, pour y estre pendu et estranglé, son corps réduict en cendres, et les cendres jettées au vent. De laquelle sentence, il s'est portez appelant, par le Conseil de son advocat de baillage nonnney Collier etd'unAngloys, nommey Rlaschfort, appelant avec luy comme estant de la religion comme luy. Il fust reçeu à son appel et meney à Rouen. La cour de Parlement de Rouen a mis ce dit appel au néant cl ordonné que la sentence du Raillif de Caen sera exécutée de poincl en poinct. Ce qui fui faict et exécutey, le Lundy vingt neuf"^*^ jo'^ii* <^lc Novembre audit an el lesquelz Collier et Rlaschfort condamnez en 500 escus d'amende et ledil l^laschfort, angloys, banny hors de L^rance.

1621 — lOi —

La conversion de toute la maison de Mons*" Desdiguières (1) à la foy calholicjne, ai)()sloliqiieel romaine, l'ut en Tan de gTâce 1021 . (]eUe belle résolution estant prinse de scr\'ir potu- jamais Dieu en son église et luy chanterdes canticques et louanges avec les fidèles catholiques a resjoui, non seulement les Anges, mais les Anges et les liouunes en rendent grâces à Dieu comme première cause motrice de nos amendements, opérant en nous le commencement du bien que nous faisons. Cecy prend pour témoing la très illustre famille de Mous' le Duc Desdiguières, Madame de Créquy et Mons'" de Canaples, enfans de ce grand officier de la couronne et très fidelle serviteur de Sa Majestey, qui, depuis que la grâce de Dieu leur a illuminé Tintérieur et leur a fait prendre le goût de la doctrine chrétienne, en ont tesmoigné un contentement très grand.

Nostre fille Marie rendit son esprit le Mardy, vingt huict^ jour de Décembre 1621, le jour des Innocentz et fut enlerreye le mesme jour en Téglise de S^ Michel de Vaucelles, près le cloislre S' Sébastien, vers la chapelle de S' Raphaël, au costey devers la porte de ladite église.

(1) 11 s'agit ici de François de ]>()nm', solj^iiciir iIc I.esdiguièrcs, di'vcim plus tard duc de Lesdiguières, niaréclial et (•(iiinrl;il)le de Franco, gouverneur ilu Dauphiné. Il était né le 1" avril UA'i). Il pril p;iil aux guerres de religion, connue un des chefs du parti calviniste. lleni-\ l\' ipii lui ,i\ail beaucoup (roi)ligalioii. le lit lieutenant général et le mit à la tèle de si's aiuu'i's. Il coiuiuit la Savoii* cl l'ut

élevé au maréchalal en l(107. llalijura le caKinis eu lt;-.M et l'ut créé connétable,

par Louis XIII, en 10"~J'2. Il coniniauda l'arnu''e en Italie eu Iti^T» et iui>urul à Valence, en Dauphiné, lu 28 sopteni})re 1()"2(3, rassasié de jours et de ifloirr.

Seize cent vingt et deux.

Catherine Bidard, ma l'emme, eult un enfant masie le Samedy, neni""'^ jour d'Apvril 1622, sur les 9 heures du soir; et l'ut haplizé le Dimenche, vingt quat^jour dndit mois, en l'église S* Michel de Vaucelles, par M^ Jacques Havard, prestre et viquère de ladite paroisse et surnommé Nicollas, par honneste homme Nicollas Goguet, sieur de Branville, assisté de Francoyse Le Marchand, l'emme de Francoys de Caen.

Monsieur Le Prince de Longueville, gouverneur général pour le Roy, en sa duché de Normendye, a faict son entreye en ceste ville de Caen, le Dimenche douz"''' jour de juin 1622 et M'"^la Princesse, safemme, le jour précédent. II est party de ceste ville pour aller au devant de luy, plus de mille gentilshommes de cheval, fort bien cs([uipez avec les gouverneurs et esclievins de ladite ^'ille cl de viron deux mille soldatz, bourgeois et habitants tant de la ville que des faubourgs, marchant en fort bel ordre et bien esquipez, sans avoir desfourny les gardes des portes de la ville. Lesquels estoienl conduictspar Mons'de Gallix, cappitaine générai de toute Tinfantcrie, lequel a faict la harengue pour riufauterie. De ])lus. Messieurs du Siège Présidial qui l'attendoient ;i la Croix pleureuse! 1 ) de \ auceiles,iuy out aussy fait une liarangue.

(1) Dans le journal aiilD^'caplic, le mot: pleureuse est l>arru d'un Irait de plume. S'agirait-il irunc autre noix (juc celle désignée communément sous ce nom? 11 y avait, eu effet, la croix île Vaucelles. (ju'on ajipelail anférieurement la

hi'i'i — 101) —

Va, eslaiil à la porte Alillel, Messieurs de la Ville liiy ont ])résenley un poësle, sous lecjuel il ne s'esl voulu inellre, disant ([u'il n'appartenoit (pi'aux Uoys et niarchaisl derrière. Kstant a la croix de S' Jean, Messieursdc Tlniversiley luy ont l'aicl leur harangue et les reçeul honncslenicnt. Kt a})près, il nuuclia droicl à S' Pierre où il lut chantey un Te Deon de tous les ecclcsiasliques de cestc ville. Et apprès, il fut conduict au logis du (Irand Cheval, ou estoit logé Mons'' de Matignon, son lieutenant "énéral en ladite Normendye, ou il soupit. Et apprès souppé, le bal lut faict au grand contentement de toute la noblesse. FA, apprès le bal liny, il fut conduict a son logis, en la maison de Madame d'Aubionv. Le lendemain il fut à la maisse aux Jacopins, et apprès la maisse, il fut disner au Chasteau, ou ils firent bonne chère en boivant a la santey du Roy et a la Royne et à sa Mère. Et à chaque fois, il fut tiré trois a quatre coups de canon.

Les Garmélines ayant acquis la maison de Mons'" de Hrucourt du Tort, par le prix de (juarante et deux mille li^'res, sur lecpiel prix ledit sieur de Hrucourt et sa fenune leui- en ont donney douze mille, aflin d'estre fondatrice de leur église (pTils y ont fait bastir, lacquelle fust achevée de bastir au mois d'Octobre. Et fut béniste le Dimenche deux""' it)ur

croix d'Argeiices : olle (Hait dans la t^'nuido nie de Vaiu'i'Ues, à rcinliraiiclii-mcnl des l'ues d'Au^ii' rt de Falaise: elle a rlr, lums dit l'alilir dv la \\m\ al»attuf de nos jours.

d'Octobre 1622 (1), par M' l'Evesque de Trégiiiey, lequel a dicl la messe le dil jour avec grande cérémonye et fut répondue en musiccpie de A'oix et de violles et de lucqs, ([ui faisoient deux partyes. Et ledit jour y avoit des indulgences en ladite église pour la canonisation de S**^ Thérèse, de l'ordre desdites Carmelines ; auc{uel jour Messieurs de l'Universitey de ceste ville y sont venus en corps, avec la procession de la grande Abaye de Caen, qui y ont aussi dict lamaisse.

Seize cent vingt et trois.

Catherine Bidard, ma femme, eult un enfant masle, le Jeudy, dix neuf'"^ jour d'Octobre 1623, sur les quatre heures de relevée, et fut baptizé le Jeudy deux™^ jour de Novembre, en l'église S* Michel de Vaucelles, par maistre Jacques Havard, prestre et viquère en ladite égiize ; cl fut nonnné Hébert, par honneste honniie Hébert Téterel, bourgeois de S* Jean de Caen, assisté de Jeanne La Marchande, femme de mon frère Jacques.

La paix estant faicte et toutes les villes rebelles estant rendues à l'obéyssance du Uoy, nous a levey les gardes de ceste ville et congédiez les bourgeois d'icelle, le Samedy dix neuf'"^ jour de \ovemi)re 1623.

(Il V.oiUi (]atc IIP s'acronle pas avec celle donn«^c par Huet, et après lui, par M. Vaullier, dans son Histoire de la cille de Caen.qvii placent cette cérémonie au 18 mai Hi-^fi. — \/a maison fui supprimée et évacuée en Vt'M) : depuis, l'église a été démolir.

Jacques Corlieran, sieur de Urucouil, avait épousé Valentine de Lusse. Nous avons déjà indiqué que son liôtel était situé rue Saint-Jean. Le prince de Gondé y avait séjourné en 1620.

625 — lOS

Seize cent viii^t cinq.

Catherine Bidartl, ma reninie, eull un enfant niasle, le Jeudy, saiziesme jour de Janvier a mie heure après midy, Tan UVio, et fui baptizé le Jeudy trentiesme jour dudil mois et an, en l'église S' Michel de Vaucelles, par Maistre Pierre des Rues, prestre, docteur et professeur, curey de ladite église, et fut nommé Michel par honneste homme Michel Le Marchand, filz de Jean, assistey de Pasquette Bidard, femme de Pasques Le Mascrier, bourgveois de Gaen.

Nous avons faict le pain bénit le Dimenche, vingt troisiesme jour de Mars 1625, lequel estoit le jour de Pasques Fleuryes. Et fut faict à quatre douzaines et une pétrée de six pains. Et le plat fut cueilly ledit jour par Catherine Bidard, ma femme, laquelle a rendu quatre livres sept solz qui furent reçeuspar Guillaume Hébert ; en la présence de Jean Odricre et de Pierre Le Danois, tabellion, pour les trésoriers en ladite église.

En l'an 1625, plusieurs de ceste ville de Gaen furent affligez de la peste, et pour leur assister, nous a esleu pour cirurgien de la Santey,appi'ès le trépas de Jean

Savigne, arrivé pendant la conlagiou dicl les

laissons (1), du Bourg l'Abbcy, lc(|nel ne fut (pic viron un mois en ladite charge que il uc décédit de la

(1) Jean du Buisson. 11 était t'ivri' de .lafi|ucs du Muisson. haclii'lii'r vu \nvdv- •inc. jdusifurs lois recteur dr l'I'nivcrsih'', de l.V)") à liV.'n.

peste. Apprès liiy, tut esleii Jean de Bled (1), gendre de Mons'" Giiillaunie HiiUin, maistre cirurgien de ceste ville, lequel ne fut que viron trois semaines en ladite charge que il ne décédast de la peste. Apprès luy fust esleu Jean Jeanne, dict la Rivière, lequel avoit esté apprentif dudict défunct Jean Sa vigne, premier décédé.

J'ai aindey a nommer une lille pour Denis Adam, le Samedy, saiziesme jour d'Aoust 1625, laquelle fut baptizée par Mous"" Jacques Ha vard, prestre et viquère de la parroisse de S^ Michel de Vaucelles ; et fut nommée Catherine par Catherine Le Sénécal, soeur de la femme dudit Adam.

Nous a faict refondre les trois grosses closches de S^ Estienne, le Jeudy, vingt et uniesme jour d'Aoust 1625, lesquelles furent bénistes et nommées le Dimenche, 24™^ jour dudit mois et an. La grosse fut nommée Charlotte, comme elle avoit nom avant qu'elle ne fut refondue ; et fiu^ent montées à la tour le Lundy et Mardy, 25'' et 26*^ jour dudit mois d'Aoust, au dit an.

Marye Oger, femme de Robert Bidard, mon beaufrère, rendit son esprit, le jeudy, 28'"^ jour d'Aoust 1625, et fut enterreye ledit jour en la parroisse d'Amfréville, ou elle estoit pour lors qu'elle rendit son esprit et ce fut de la contagion.

(1) Jean Desbled fut nommé cliirurgien do la santé le 2'i juillet 1G25.

Hoi)crl Bidai'd, mon heaii IVère, l'cndil son ospril le Jciuly, i""' jour (le Scplenihre Ki'i.'i cl lui eiilorrcy ledil jour en la parroisse d'AinlVcvillc, ou il csloil pour lors cpTil l'endil son espril, el eroyl on (pie ce fuel de la peslc.

Le Dimcnchc, 12'"'^ jour (TOclobre 102;), nous a chanley un Te Deon ( 1 ) en Téglisc S' Picri'c de cesle ville de (]aen, au({uelonl assisley loules les personnes de cesle ville. Kl lui en resjouissance de la delVaicte de rarniée du sieui'de Soubise sur la nier, pai' Mons'' Tadmiral de France (2).

Nostre lilz Michel Le Marchand rendit Tespril le Jeudy vingt Irois Octobre 1625 et lui enterrey le lendemain, 24'"*^ jour dudil mois, en lY'glise S* Michel de Vaucelles, en la chapelle S* Raphaël, près la clôture qui ferme ladite chapelle et serl de conlre lable à l'autel S^ Sébastien, près la nnu'aille de devers le cimetière de ladite église.

Nostre filz Hébert Le Marchand, rendit l'esprit le Vendredy, vingt huicl"''' jour de Noveml)re 1625, et lui enlerreye ledit jour, en l'église de S^ Michel de Vaucelles en la chapelle de S^ Raphaël, près la closlure c[ui ferme ladite chapelle el serl de contre table à Taulel de S' Sébastien, [)rès la nnu'aille de devers le cimetière de ladile église.

(1) R(>t^. de l'Iir.tfl (le Ville, r>l, 1" ->\.

(2) Vicloirc i'cni|inilir par Ir i\iic <\v (iiiisc, le l") st'|i(eiiil)r(' l('r2"i. i"ii vue de rilc (te Ké, sur la llciltc [U'cilcslaiilc ((imiiiaïKit'i' |iai- Sniihisc et (îuituii.

Seize cent viii^t six.

Noble lionime Jean Vauqiielin, licencié aux loix, conseiller du Roy, président et lieutenant général au baillage de Caen et maistre des requestes à l'Hostel de la Roy ne, a donney son estât de lieutenant général à Herculles \'au(juclin, son (ilz, lequel, estant pourveu audit estât et reçeuenlaCourtde Parlement à Rouen, a prins séance au siège présidial et baillage de Caen, le Jeudy vingt six'"'' jour de Mars 1626 (1), assistey de la plus part des conseillers dudit Baillage et des gens du Roy ; en la présence desquels ont estes publiez les arrest et detlenses de jurer et blasphémer le nom de Dieu et d'aller à la taverne aux jours de Dimenclies et lestes durant que nous fera le divin service. Et turent lesdictes delfenses taictes par la Court de Parlement de Rouen et réitérées au baillage ledit jour, par ledit sieur Ilerculles Vauquelin, lequel a chargé aux gens du Roy d'y avoir l'œil et de faire faire le procès à ceulx qui contreviendroient aux dites ordonnances; et ce, a paine aux blasphémateurs d'estre au quarquan, du fouet, et d'avoir la langue

(1) Reg. de THôtel de Ville, 51 f» 221. — G'étaitle petit-fils de Jean Vauquelin, sieur de la Fresnaj'e, né à Caen en 1535 et mort à Caen en 1()07, qui avait épousé Anne de Bourgueville et auquel son beau-père avait cédé sa charge de lieutenant général au bailliage de Caen. En 1595, son fils Nicolas, plus connu sous le nom de Nicolas des Yvcteaux, lui succéda dans cette charge qu'il vendit bientôt à Guillaume Vauquelin, son frère.

Hercules Vauquelin, fils et successeur de celui-ci, cultivait les lettres comme son aïeul et son oncle. Il fut plus tard maître des requêtes et intendant en lianguedoc. Il avait vendu sa chargea Jean Le Biais, sieur du Quesnay, en 1635-

ifvio — iri —

passée par tlcssoiil)/ le ineiiloii ; cl aux aulli'cs de 50 livres tl'aiiientle et de 300 IImcs pour la dernière l'ois.

Ollive Fontaine, l'enimc de Jean Le Marchand, mon frère, cnll une lille le \'endrcdy, 'iO'' jonr de Mars lO'iC), el lui l)ai)lizée en Té^lise S* Michel de Vaiicelles, pour l'absence de M'' Pierre des Hiïes, preslre, docteur el })rofesseur el de son viquère, M'' Jaccpies Ilavard, par Maislre Pierre Fontaine, frère de ladite Ollive; el fui nonnney Catherine, par Catherine Fontaine, femme de Jean Dionis, assistey de Hébert Téterel, bourgeois de S^ Jean de Caen.

La contre table de Féglise S* Pierre de Caen fust achevée de faire et mise en place en ladite églize, par Maistre Pierre Le Fébvre, maislre sculteur, demeurant en ladite parroisse de S* Pierre de Caen, le Sabmedy, quatriesnie jour d'Apvril, veille de Pasques fleuries, Tan 1626.

L'églize de la Crande Abbaye de S* Estienne de Caen fust bénite par Jacques Dangennes, évesque de Bayeux, le Dimenche dix sept""' jour de May 1626 (1), avec de très belles sérémonyes, qui durèrent depuis six heures du matin jusques à 4 heures de relevée que la maissc fust achcvey de dire par le Prieur

(1) Gonf. Monographie do l'abbaye de Saiul-Êlioniie de ('aen, par M. Hippeau, Mémoù'es des Antiquaires de Normandie, t. XXI, p. 22(i. — L'auteur place cette cérémonie à la date du 13 juillet 1636. — Le prieur de l'abbaye était alors Dom Baillehache, auquel on dut cette restauration. Les autres bâtiments ne furent refaits qu'au comniencenient du XVI II" siècle, sur les plans de Ciwillaunie de la Treniblaye, frère convers de l'Ordre des Bénédictins.

de ladite AJDaye, en la présence dudit évesque ; et fut répondue en musicque de voix et de violles qui estoient au nombre de viron quarante sur un pupitre qui avoit esté préparé pour ce laict. Et ne cessèrent de chanter et sonner, lorsque nous faisoit lesdites cérémonyes et bénédiction de ceste église.

Le Mercredy, 22^ de May, sur les huict a neuf heures du soir, il se Icvit des foudres et tonnerres si horribles que chacun en avoit peur ; lesquelz furent suivis de si grands orages que toutes les prairies d'entour la ville estoient toutes pleines d'eau, et la rivière si grande que Teau \'enoit a mont la rue de Vaucelles, presque devant la maison ou pend pour enseigne Le Levrau. VA Teau touchoit presque le haut des arches du Pont Frileux et de ceulx de la ville. Par lequel Pont Frileux ont vit passer le sabmedy suivant au matin plusieurs arbres, sommiers, bourreyes, tables et autres ustensiles de ménage qui alloient aval Teau. Et durant l'esley, il fust si grands orages que Ton ne sceut faire faucher les prés jusques apprès Aoûst que l'eau fut retirée ; et y en eut beaucoup de gastés.

En ceste année 1626, Monsieur de Vendosme gouverneur de Bretaigne, et Monsieur Le Grand Prieur, son frère, furent arrestés prisonniers tous deux, de par le Roy, pour avoir estes accusés d'avoir praticqué plusieurs mauvaises entreprises et dessains contre Sa Majestey. Et estans prisonniers, Sa Majestey s'est acheminée pour aller en Bretaigne, ou il s'est asseuré des villes et places les plus fortes, auxquelles il a mis

(raiiKres gouNoriioiirs (jiie ccmiIx (iiie ledit sieur de Vendosiue y avoil mis. Kl a l'aicl h'aiiclier la leste au Comte de Challais, qui esloil accusé des |)i'alic((ucs dudil sieur de Veiidosuie, le(|uel reçeul 22 coups d'espée sur le col devaul (pie sa teste lusl couppéc.

La coulre lable de l'autel de S' Pieire de Caen l'ut achevée el placée en ladite église le i'"*' jour d'Apvril l(')2() et cous la trois mil six cenls livres.

Au mois de Seplend)re 1(V2() (l), Messieurs de la Ville eslaiit advertys par Mous' de Prenard, que Mous'" de Mosny, chevallier de l'Ordre du Uoy et gouverneur au cliasteau dudit Caen, estoit décédé (2), ils en ont faict faire le service comme s'il avoit esté enterrey en cesle ville, au((ucl ont assistey Mons'" de Prenard, lieutenant dudit sieur de Mosny audit chasteau. Messieurs de la Ville et Messieurs les gentz tenant le siège présidial, en nombre et bon ordre. L'églize estoit toute tendue de lingette noire el de velours, par dessus, avec les armes de la ville et celles dudit sieur de Mosny. Et y avoit une chapelle ardente ou il y avoit environ deux cents cierges ardents el fut chanley trois grandes messes en musicque, ou il assislit la plus part du clergé de ceslc ville.

Anne La Marchande, fennne de Jac([ues Le Marchand, mon frère, eult une lille le jour S^ Michel, Mardy, vingt neuf'"*^ jour de Septeiubre l()26 ; et fut

(1) rteg. do l'ilùt.'l (le Vill.\ 51, ("'2H-> k ^H'i.

()i) Pendant le court inlcrvalicciui précoda la nomination du comte dcTrosmes, la jilact' do^,'oiiV('i'iiciir lui rnniilic par !o sieur Henri i.e Mesle, lieut(>nant du Riu.

— ii:i — 1H27

baptizée en réglise de S* Estiennc de Caen, par AP Guillaiiine Guilleberl, prestre et curey de ladite églize, le Dimenche, imz"'^ jour d'Octobre 102(3. Et lui nommée Jenne, par Jenne Paillot, femme de Jacques Lislave, assistey de Pierre Le Marchand, mon père.

Catherine Bidard, ma femme, eult une fille, Yendredy, a une heure apprès minuict, vingt sept'"^ jour de Xovendjre 1620 et fust baplizée en Téglize S' Michel de ^^aucelles, par Maistre Jacques Ilavard, prestre et ^'iquère en ceste parroisse, sous Maistre Pierre des Riies, prestre et curey de ladite églize ; et fut nommée Jenne par honneste femme Jenne Paillot, femme de honneste homme Jacques Lislaye, bourgeois dudit \'aucelles, assistey de honneste homme Jacques Le Marchand, mon frère.

En ceste année 1020, le fourmcnl a vallu jusques a soixante et quatre solz et l'orge quarante solz et quarante et deux durant le mois d'Aoûst.

Seize cent vin^t sept.

Xostre fille, Jenne Le Marchand, rendit l'esprit le V^endredy, douziesme jour de Mars 1027, laquelle

avoit esté estainte dans le lict par Reneye femme

d'un surnommé Laluse. Et fut environ a une heure du matin que la foi'tune arrivit. Et fut enlerreye ledit jour en l'églize de S^ Michel de Vaucelles, en la chapelle de S^ Raphaël, près la closture qui ferme

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laclile (.'hapclle el serl de coiilre lable à l'aulel de S* Séhaslien, au costcy de devers le eeniilière de ladite églize.

Monsieur Le Conile de Trasnies (1), gouverneur pour le Hoy au chasteau de Gaen, a l'aicl son entreye en la ville el chasteau de Caen, le Jeudy, 15'"^ jour d'Apvril 1()27, lecjuel n'a voullu c[ue nous luy fisl aucune entreye, lanl audil chasleau que dans la ville. Et pour éviter que nous ne luy list aucune entreye, il est arrivey ledit jour apprès jour l'ailly et n'a voullu permettre que nous ait liréy un seul coup de canon ; assez l'avoit bien délïendu.

Monsieur de Bouteville et Monsieur le Marquis de Beuvron, se voullant battre Tun contre l'autre, le Roy en fui adverly, qui leur en fisl delTence sur peine de la vie (2). Et néantmoins la delTense que le Roy leur avoit faicte, ilz n'ont dilTéré quelques jours apprès de se battre en la place Royalle, devant le Louvre à Paris ; lequel sieur de Bouteville, assisley du Comte des Chapelles, son cousin, et le s'" de Beuvron, assistey du marquis de (3) lequel fust luey

en la place. Le Roy, en estant adverly, le fist suyvre de ses gardes, si bien que ilz oui prins le s' de Bouteville el le Comte des Chapelles, lesquelz ont estes

(1) René Pothier, comte de Tresmes, nommé le l'2 octobre UUil IJe-j. de l'Hùtel de Ville, 51, f" 297. Il se démit en faveur de son Hls Louis, en 1(î;37.

(2) Sur ce duel, les Mémoires de Pohttis donnent des détails intéressants. Édit. d'Amsterdam, 1749, tome I", p. 'M6.

(3) Le marquis de Bussy. Ce fut le valet de chambre de celui-ci qui rejoij;nit Bouteville et des Cliapelles à Yitry-le-François el les tit arrêter.

mis entre les mains du Parlement de Paris, affin de leur faire leur procès : ce qui fut faict et exécuté, estant attaints et convaincus du crime de désobéissance à sa Majestey. Ils ont estes condamnés tous deux d'avoir la teste tranchée. Ce qui fust faict et exécutey dans Paris, nonobstant les grandes prières et requestes, tant du frère du Roy, de sa femme, et des princes et seigneurs de la Court. Et, pour le regard du marquis de Beuvron, il se sauva et s'en vint à Caen, pour dire adieu à son père, et, estant à genoux devant luy, il luy demanda sa bénédiction. Et, ce faist, il partit de ceste ville de Caen le Samedy, 14'"'' jourd'Aoûst 1627(1).

Noble homme Jacques de Harcourt, vieil marquis de Beuvron, fust prins de mal le 13"^^ joi^n* d'Aoûst 1627 et ce fut de déplaisir de la départye de son filz; lequel rendit Tesprit le Limdy, 16*"'^ jom' diidit mois, et fut enterrey en la parroisse de Beuvron en Auge, le Mercredy, 18"'^ jour d'Aoûst 1627.

Nous a faict fondre une grosse closcliepour l'Eglise de S* Pierre de Caen, le 16"'^^ jour d'Octobre 1627 (2). Laquelle fut fondue par trois fois pour les défauts qui y estoient, par Maistre Nicollas Auberl, preslre de Lizieux. Et futpezée le lO'^^jour de Novembre et se trouva du poids de 40001. — Ladite closche fut béniste

(1) Voir, sur ce lUii'l, iiolro Inlrodiictiou, ,^ IV.

(2) Cette cloche n'existe plus. Elle fut, avec trois autres, envoyée en 1792, au Roclier de la Liberté (Saint-Lô), où le pouvoir exécutif avait établi une fonderie de canons.

1027 lis —

le 19'"^ jour de Xoveiiihrc audil an el noniiiieye Paul, par noble honune Hei'culles Vau(|uelin, lieulcnanl général au baillage et siège présidial de Caen. Kl a c()nunenee\ à sonner le 21""^ j^>'ii' <ïe Novendjie, en Taisant le service de Saincle Cécille, qui avoit esté dilïeré à ce dit joui'.

Durant Testev de ceste présente année 1627, les Angloys ont mis en mer une armée grandement forte, conduictc par lemarcjuis de Bouquinquanl et le S'" de Souhize. Laquelle armée a prins de force Tisle de Rey, reservey la Citadelle qui leur a bien resistey, hujuelle estoit gardée pour et au nom du Roy par M'" de Toyras, capitaine de la garnison dudit isle: lequel ne s'est estonney du siège que les Engloys avoient faict devant ladite sitadelle et se défendoit valleureusement tons les jours. Si bien qu'ilzont tenu contre ledit siège 4 ou o mois. Au bout d'iceulx, leur estant venu des forces, vivres et admunitions de la part du Roy, ilz ont contrainct, a force d'armes, de lever le siège et les Engloys ont prins la fuit te avec grand honte et i)erlc de huict mille honnnes.

Monsieur le Prince de Longucville (I) est venu en ceste ville de Caen le Dimenche, derniei' jour d'Octobre, sur les quatre heures apj)rès midy, l'an 1627 ; assistey de Mous' de Matignon, gouverneur général pour le Roy en sa duché de Normendye et de Mons'" du Mesnil Garnier cl de plusieurs aulics seigneurs et tle ses gai'des en bon nond)re.

U) R.>î?. .ir riiùici (!.■ Ville.:);!, f- 4(;.

Ayant oiiy et reçeu nouvelles en ceste ville de Caen, de la rctraicle et delTaite des Angloys qui avoient assiégé Tille de Hey, nous a chantey un Te Deon (1) dans Tégiise S^ Pierre de Caen, le Mercredy a quatre heures apprès midy, premier jour de Décembre 1627, auquel a assistey tout le clergé de ceste ville qui y sont venus tous en procession. Mons'" le Comte de Trames, gouverneur pour le Roy au cliasteau de Caen, assistey du nière, gouverneurs et esclievins de ladite ville ; de Messieiu's les Trésoriers de France ; et de Messieurs les gentz tenant le siège présidial de Caen, tous en corps. Et le Te Deon estant chantey en musicque avec VExciudiat pour le Roy, tous lesquels seigneurs s'en sont retournez au mesme ordre qu'ilz estoient venus et le lendemain 2'"" jour de Décembre, le feu fut faict devant ladite églize S* Pierre.

Messieurs de IT niversitez de ceste ville ont le lendemain, 2""^ jour de Décembre 1627, fait chanter le Te Deon avec VExaudinl dans Téglize des Cordeliers, de ceste ville de Caen, avec une prière pour le Roy, assistés de tous les religieux de l\\baye de Caen, qui y sont venus en procession ; assistés des Carmes, de S' Sauveur et des pères Jésuittes quy y ont conduict tous leurs esclioliers au nombre de plus de 250, compte faict. El apprès le Te Deon chantey, nous fist un feu devant les grandes escolles de Caen. Lequel futallumey par six docteurs (piy avoient chacun une torche à la main, faisant trois tours à Tentour dn feu, criant ;i liaulte \()ix avec le })euj)le : Vive le Roy !

(1) Wti'A. de l'Hôtel de Ville, .>3. f" .JU.

Seize cent viii^t liuict.

Nous a coinincMiccy a l'aire i;ar(le en eesle ville de Gaeii le Vendredy, dix huicl""^' jour de febvrier 1628, le toul u'dv le commaiidemeHl du Hov.

Catherine Bidai'd, ma lennne, eull un enfant masle le Dimenche de la Grande Pasques, apprcs la première maisse, sur les 6 ou 7 heures du matin, vingt troisiesme jour d'Apvril 1 ()28. Et fut baptizéle Mardy, vingt cinq^ jour dudit mois, en l'église de S^ Michel de Vaijcelles, })ar maistre Jacques Havard, prestre, viquère de cesle paroisse soubz Mons'" Pierre des Riies, preslre, docteur et professeur, curey de ladite parroisse. Et fut nommey Jean par honneste homme Jean Gastine, gendre de Ghristophe Rouxel, sergent royal à Caen, assistey de Catherine Boulard, veuve de défunct Marin Fontaine, tous deux bourgeois de ladite parroisse.

Nostre lille Anne rendit Tespi'it le Mercredy, 10"'^ jour de May 1628 et fut entei'reye le lendemain, unziesme jour dudil mois, en régiise de S* Michel de Vaucelles, en la cha})elle S* Raphaël, près la closture qui ferme ladite chapelle, au droict de Tentrée cricelle; ladite Anne esloil Agée de 7 ans et )> mois.

Le Jeudy, six'"'' jour de Juillet l(>28, il s'est donné

un arrest contre Nicolas Le Huile (1), bourgeois de S' Jean de Caen, lequel a voit esté attaint et convaincu du crime de Icze majesté, pour avoir voullu envoyer des soldats à La Rochelle, leur bailler armes, argent et esquipages de gens de guerre. Et, pour réparation dudit crime, il t'ust condampney d'aller servir le Roy aux gallères et tous ses biens acquis et confisquez au Roy, fors et réservey oOO liv. pour les pauvres de la Maison Dieu de Caen, el duquel arrest ilz oui évoqué au Conseil du Roy.

Le Vendredy, septiesme jour de Juillet 1(328, il s'est donney encor un arrest contre la femme d'un nommé

Poullain, passementier, laquelle avoit, le Jour

S* Sacrement, connue la procession passoit par devant son huis, couppey le cordeau sur lequel on avoit tendu une pièce de sarge de Caen, dans laquelle elle avoit donné plusieurs coups de cousteau, disant qu'elle estoit deA^ant sa maison ; et a dicl plusieurs blasfèmes contre Dieu et le S*^ Sacrement, disant : Voilla S' Jean le Rlanc ! et faict plusieurs autres insolences devant ladite procession. Et pour réparation dudil crime, elle a esté ce jourdhuy fustigée par les carrefours de hidite ville de Caen.

Le Vendredy, vingt huicf jour de Juillet 1(528 il s'est donney arrest contre un surnommé Fouace, ministre, lequel se tenoyt chez Le Huile. Lequel fut

(1) La famille Lo llullr' était ancienne ot bien considérée. Nous trouvons dans la liste des personnes « priées et senonçées pour l'aire élection de gouverneurs de la ville », le 15 février 1563, un Robert Le IluUe (Garel : Étude sur la commune def'aen). — En Kil'-^. Xicoias Le Huile lui ndiiimé éclievin. 11 étail protestant.

accusé (le })liisiciirscrinies, entre aiilrescliosesd'aAoir laid un livre (lu(|uel il lui Irouvev saisy, dans le(|uel il y avoil plusieurs hlasl'èines contre Dieu et le Hoy. Et pour réparation (les([uels crimes il fui, ledit jour, par Messieurs du Siè«^e Présidial, condanipney a l'ère amende honorable, la torche au j)()ini> ; et, apj^rès cela faict, il lut conduict par le bourreau au \'ieux Marché, aucpiel lieu son li^•re lust hruslé leuille a feuille devant luy ; et cria Mercy à Dieu, au Hoy et a la Justice. Et en oultre, fut condanipney a ser^•ir le Roy aux gallèrcs.

Autre arrest du nicsnie jour ; vingt huicl"'^" jour de Juillet 1628, contre un surnonnney Colleteyc ; lequel fusl attaint et convaincu (ra\'oir dict (pie ses cousins les Angloys ne [)ermetlraient pas (pie La Rochelle fusl prinse et autres paroUes contre le Roy. El pour réparation desdits crimes, il fuct cedit jour condanipney d'estre fustigey aux Agneaux de devant la porte de Geôle ce (jui fusl faict et executey ledit jour.

Copie. Recpieste des pauvres inthércssés assez mal narrée de peur d'estre découverts et n'ayant de la pécune sans laquelle le procez du Huile (pie de la femme l\)iillain, P'ouace et Colleteye n'eust estéfaicl.

In noinine Jésus.

Recpieste des personnes inthéressées pour le service de Dieu et du Hoy, assez mal nai'rée de peur (Têlre recogneus et pour ce (|ue n'ayant de (|uoy mettre a la hoin'se des cahalistes, ils ne leur lissent expier leurs vyes par un cruel supplice. Car, ayant

de l'argent on n'esl jamais condamney par Messieurs du Présidial de Caen. Dieu leur rende ce qu'ils mérittent ! Dieu veuille conserver le gros homme qui n'a qu'un œil et le petit homme qui a la barbe rouge, car ils mérittent estre appelés des hommes.

Messieurs, nous recongnoissons assez de quel zelle vous estes poussez au service de Sa Majestey ; nous présentons noslre requeste pour vous supplyer de ne songer pas tant à doubler l'intérieur de vostre gibescière que vous ne vous souveniez que vous ne rendiez justice a un chacun : preuve tous ces rebelles lesquelz vous emprisonnez et ne faictes aucun expédient que pour accumuler de rargent. Mais lorsque j'auray adverty Sa Majestey, il y aura du revenir sur les Huiles et les révérens leurs conq^lices et adhérantz. Et les juges n'en seront exempts. Vous pensez repestre le Roy de vos excuses ordinaires qui avez fait massonner le ([iiey des Garnies, et quy avoit faict rendre les armes à nos parenlz ; mais vous ne direz pas que vous les avez rendues des le lendemain. Vous avez mis en prinse de corps une misérable qui a parlé contre le Roy et le Cardinal, et puis vous aA ez pendu son sac au croc([, cause pourquoy on ne veult donner assistanceau sieur heutenant général. Etceste misérable quy est de nostre parroissede SU^ierre, qui a voullu profaner le Saint Sacrement, et plusieurs au très quy ont parlé contre Sa Magesté, jugez les et vous ferez très sagement. Car j'en adverliray le Roy. Vive le Roy el son Conseil ! Mous' le lieutenant (iénéral; MonsM^efauconnier, trésorier, etMons'" le Vicomte! Rs ont déjà montré deuxfois([u'ilzs()nl fidelles Francoysl

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