JOURNAL
DE
Bourgeois de Caen
Ce présent papier a estey commencey par Simon Le Marcliand, natif de S*-Estienne de Caen, lequel fiist baptizé en ladite églize au moys de Mars, l'an de grâce mil cinq cent quatre vingt neuf (1).
Au Lecteur, Salut.
Comme ainsy fut, amy lecteur, que plusieurs ans se sont passés sans avoir faict aucun rescit de ce qui s'est passé, tant en France que en Normandye, mais, aujourd'huy, ayant ataint l'âge de vingts et un an au
(1) M. G. Dupont, ancien conseiller à la Cour de Caen, auteur de l'Histoire du Gotentin et de plusieurs ouvrages sur la Normandie, avait fait, en 1888, une copie de ce Journal, copie très exacte et qui nous a été fort utile. C'est en coUationnant cette copie avec la nôtre sur le manuscrit original que nous avons fait notre travail.
Dans les notes, nous renvoj'ons pour lieaucoup de faits cités par Simon Le Marcliand, aux Registres de l'Hôtel de Ville, années correspondantes. On pourra aussi consulter ï Inventaù^e sommaire des Registres de l'Hôtel de Ville, 11 vol. manuscrits, donnés par M. G. Dupont à la Bibliothèque de Caeii.
moys de Mars mil six cent dix, je me suis délibérey d'employer mon esprit et prendre plaisir et contentement de recueillir ce qui se passera et de quoy j'auray la cognoissance tant en France ({ue en Normandye, poiu* vous en l'aire i)art et aous donner la cognoissance de ce qui cy est passé. Pour ce, très bénévole lecteur, je vous prye de prendre a grey ce que vous trouverez escript en ce présent papier, auquel je vous assures ny avoir rien escript qui ne soit véritable et qu'il ne soit arrivé de mon temps et qu'il vous plaise excuser sy ce langage vous semble un peu rude et mal poly, attendu que je ne suy ni poète, ni docteur; vous priant, amy lecteur qui succéderés de mon papier apprès mon décèdz, je vous prie sy'je vous le laisse imparfaict, de le parfaire et de le continuer de mieux en mieux jusques à la fin de vos jours, affm que ceux qui succéderont de ce présent papier apprès la lin de vos jours puissent prendre quelque plaisir et contentement en lisant ce présent, voyant une partye de ce qui s'est passey de nostre temps et cela les incitera et obligera a en fiiire de mesnie durant leur vie, a ceste lin que nous fassions mémoire d'eux comme nous faict a présent de nous. Je finis ce présent discours priant Dieu qu'il nous tienne tous en santey, longue et heureuse vye. Ainsi soit il.
Dlil six cent dix.
Je commence ce présent papier le Jeudy treiziesme jour de May mil six cent dix. En icelluy jour, nostre Grand Henry de Bourbon, Roy de France et de Navarre, lit couronner Marye de Medicis, sa femme, Royne de France, en la présence de Ions les princes de sa coml et de Ions les habitants de Paris et des environs qui y venoisl pour voyr ce couronnement, lesquels en demenoist grand joye : ce qui ne dura pas longtemps.
Le Vendredy, quatorziesme jour de May mil six cents dix, un misérable assassin, natif d'Angoulesme, nommé Francoys Ravaillac, nous a osté le père de nostre patrie, la perle des Roy s et la perfection de tous ses subjects, en ayant failli son coup par quatre foys par la permission de Dieu et par la vigilance de ses gardes. Le dict jour, il le trouva dans un carrosse, au bout de la rue de la Ferronnerie et voyant le carrosse arresté par l'eml^arratz d'un carrosse et d'une charrette, il sort d'une bouticque ou il s'estoyt retiré et, poussé par des fu.ries qui l'agitent, vient a la carrosse de Sa Majestey qui estoil au fond, parlant à un des siens: et, s'appuyant à une colonne, il lui donne deux coups de Cousteau avec une telle soudainetez que on recogneust plus tost le meurtre que le meurtrier, qui, toutes foys, fust prins et le Roy fust portey au Louvre avec pleurs des seigneurs et fust reçu avec plaintes. Le conseil se leva. Toute la ville fust troublée de ce funeste accident et ses gardes fort dili-
gents se vindrcnt rendre au devant du Louvre, pour recevoir les conimandements de leurs chefs (|ui les ordonnèrent aux avenues, ne laissanl passer que les plus estant fortunés ou les plus reconunandés pour leur estât et celle du corps : tous se rendirent au dedans pour ollVir leurs vies et leurs armes aux cendres du defTunct et à l'establissement du vivant.
Le Samedy, quinziesme jour de May mil six cent dix, le Roy Louys treiziesme, rejet ton de Saine t Loys, se transporta vestu de vioUet aux Augustins ou la Court de Parlement avoit transféré son siège pour les sérémonies de l'antreye de la Royne; et, la estant, en son lict de justice, fust proclamey Roy en la présence de la Royne, assize à son costey, voillée d'une crespe noire, assistée de quatre cardinaux, de quatre pairs de France, de plusieurs evesques et prélatz, de quelques princes du sang et des autres princes qui lors se trouvoient en Court; du connétable, des ducs et pairs seculliers, des mareschaux de France, des officiers de la couronne, des gouverneurs des provinces; ou mesme il desclara, par arrest prononcey de la bouche de Monsieur le Chancellier, de l'avis des cardinaux, des princes de Paris, des seigneurs cy dessus nommés et de la Court de l^arlement, la Royne, sa mère, régente de France pour le gouvernement de sa personne, de ses royaumes et de ses allaires. Apprès cela, les portes furent ouvertes, afiin que le peuple vist le Roy en son trosne. Prions Dieu que ce soit son plaisir de nous conserver nostre bon Roy Louys.
Je fus fiancey à Catherine Bidard, fille de Robert Bidard, bourgeois de Sainct Jean de Gaen, le Dimanche, traiziesme jour de Juin mil six cent dix, par Maistre GuiUaume Guillebert, prestre, curey de Sainct Estienne de Gaen ; Maistre Alexandre Désobeaux, sieur de Fontenay, advocat au siège présidial de Gaen ; Maislre Jean Marye, procureur audit siège; Francoys et Jean dicts Le Marchand ; Pierre Le Bahy et nos pères et mères, frères et sœurs, tant d'une part cpie d'autre.
Nous partysmes de nostre maison de Sainct Estienne pour nous venir tenir à Vaucelles, en une maison que mon père avoit acquise au décret de Jean Meheult, qui n'estoyt que en façon de grange: et a présent elle se consiste en trois celiers, et une estable, huit chambres et les greniers de dessus, avec un petit jardin ; nous y vînmes le vingt huit, jour de Décembre mil six cent dix.
nil six eent onze.
Le mariage de moy, Simon Le Marchand et de Gatherine Bidard, fille de lionnes te homme Robert Bidard, bourgeois de Sainct Jean de Gaen, fut parfait et accompli en face de la Saincte église catholique, apostolique el romaine, le premier jour de Febvrier de l'an de grâce mil six cent unze; et fut ledit mariage célébré en Féglize de Sainct Jean de Gaen par Maistre Guillaume Le (iuay, bachelier en théologie et curey de ladicte paroisse de Sainct Jean du dict Gaen ; en
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présence de lionnesle personne Pierre Le Marcliand, mon père, bonrgeois de Sainct Mieliel de Vancelles, du diet Caen, el i\nne de Chrislol, en secondes noces, l'ennne de Pierre Le Marcliand, mon j)cre ; et de Jean Le Marchand, mon IVère: présents: l^obert Bidard, Marye Oger, Ollivier Bidard, et Pas([uelte Hidard, ]:)ère, mère, frère et sceur de la dicte Catherine, mon espouse.
Il y avait nne croix snr le chemin de Fallaize : viron trois on quatre longueurs de champ loin du fauxl)ourg de Vaucelles de Caen, que l'on appeloit la Croix pleureuse (1), laquelle avoit esté rompue et mise en pièces par les héréticques et huguennots qui regnoist en mil cinq cents soixante et deux, année que nous appelions, a présent. Tannée des ravages, parceque, eulx, demi enragés, ils y ravagèrent et bruslèrent toutes les églizes et lieux sacrés tant en ceste ville ([ue des autres et emportèrent toutes les richesses d'icelles. Ceste croix fut faicte refaire par des pèlerins qui alloient à Sainct Jacques en Calice, lesquels passèrent pardevant le lieu ou avoit été posée ceste croix : ne voyant plus que le pied cricelle croix, firent vceu à Dieu, tous ensemble, que cy c'estoit son plaisir de leur faire la grâce de faire le voyage de Sainct Jacques et de revenir à Caen, en Normandye, que ils feraient refaire la dicte croix. Ce c[u'ils ont faict. Estant revenus en Normandye, ils ont faict refaire la dicte croix et l'ont fait monter et poser au dict lieu, le Saniedy
(1) De Bras: Ucriœrrhes et Antiqultt-i, p. ■^',), '-i" partit'. — iliut: Oriijitws de Caen, p. nâ. — Voir ]ilus liaiil uni' iiotc dans rinti'Diliii'tioii.
après midy, le cinqiiiesme jour de Mars mil six cent imze: et fut levée en grande sérémonye. Présents, plusieurs des prestres de Féglize de Sainct Pierre de Gaen, lesquels chantèrent de beaux canticques en musique, devant que de la lever et en la levant; et, quand elle fut levée, en la présence de plusieurs des bourgeois, tant de la ville que des fauxbourgs de Caen. Ce que j'ai vu ce jour, audict an 1611.
Catherine du Rosel, femme de Nicolas Dumont, bourgeois de Xostre Dame de Froiderûe de Caen, eult un enfant, le septiesme jour de Juin mil six cent et unze et fut baplizé le neuviesme jour du dict mois et an et fut nonunée Catherine par Catherine Pouterel, femme de Monsieur Le Fauconnier (1), trésorier au bureau de ceste ville de Caen, en la présence de noble homme Pierre Laisney, bourgeois de Sainct Estienne de Caen.
Les voûtes de Téglize des Cordeliers furent refaictes au mois de Septembre mil six cent et unze et furent faictes par honneste homme Noël Deletre, maistre menuisier en ceste ville de Caen ; la dite églize avoit estée bruslée Tannée des ravages par les hérétiques et huguenost de ce temps la, Tan mil cinq cent soixante et deux (2).
(1) En 1H18, le s' Le Faiicrinnier fut ('lu érlicvin. Il avait été pourvu de l'office de trésorier i^i'-iu-val de France à Caen, en 1598, par résignation du sieur Jacques Brasset.
(2) Huet: Origines, p. 228. — Les réparations avaient été commencées dès l(-)ft3: llc'iiiv IV y avail conlrilHK'' ]iar un don irnpfirtanl.
Le mariage de Nicollas Brodoii, (ils d'Anthoine et de Françoyse, lille de Jean llaliey, tous de Saincl Estieniie de Gaen, fut parlaicl et accomply en lace de Sainte Églize catholique, apostolique et romaine, le Jeudy vingt septiesme jour d'Octobre mil six cent unze, et fut le dit mariage célébré en l'églize de Sainct Estienne de Gaen, en la présence des pères et mères, frères et sœurs desditz mariés et de plusieurs de leurs amis.
Marguerite La Marchande, femme de Jean Le Marchand, mon oncle, eult un enfant femelle, le sixiesme jour de Novembre mil six cent unze et fut baptizé en l'églize de Sainct Pierre de Gaen, le Dimanche treiziesme jour du dict mois et an; et fut nommée Gatherine, par Gatherine Bidard, ma femme, fille de honneste homme Robert Bidard, bourgeois de Sainct Jean de Gaen, en la présence de Francoys De Gaen et de Gatherine La Marchande, fille de Francoys Le Marchand, bourgeois de Gaen, mon oncle.
Mil six cent douze.
L'abaye de Gaen a esté commencée à refaire en Tan mil six cent douze et a estée allouée par honnestes hommes Anthoine Brodon, (hiillaumc Danguet et Michel Baillehaciie, maistres massons en ceste ville de Gaen, lesquels avoient temps de trois ans de faire ce qui estoit de leur marché et alleu ( 1 ).
(1) Les Brodon étaient maîtres nsarons et architectes; il en est plusieurs fois fait mention pour les travaux exécutés dans les é^dises de (uien k cette
Catherine Bidard, ma femme, fille de honneste homme Robert Bidard, bourgeois de Sainct Jean de Gaen et Marye Oger, ses père et mère, eult un enfant masle le jour Sainct Honorey, Mercredy seiziesme jour de May, à deux Iieures de la nuit et fut baptizé le Dimanche vingtiesme jour du dict mois de May mil six cent douze ; et fut nommé XicoUas, par honneste homme XicoHas Dumont, l)ourgeois de Caen, assisté de honneste homme Pierre Le Marchand, mon père, bourgeois de Sainct Michel de Vaucelles de Caen et Marye Oger, mère de la dite Catherine, ma femme.
Le dit XicoHas Le Marchand, mon hlz, rendit le dernier soupir le Jeudy vingl troisiesme d' Aoust au dit an mil six cent douze et fut enterré le dict jour en la paroisse d'AmfréviUe sur la mer, parcequ'il estoit en nourrice chez un nommé Cardin Touset, de la dite paroisse d'AmfréviUe; et furent les funérailles faictes par le curey de la dite églize et deux autres prestres, en la présence de Robert Bidard, Marye Oger et Olivier Bidard, père, mère et frère de la dite Catherine, ma femme et de Pierre Le Marchand, mon père et de Jean Le Marcliand, mon frère et plusieurs de nos amis qui sont en la (h te paroisse d'AmfréviUe qui y ont aussi assisté. Je prye Dieu que son âme soit au Ciel avec les l)ien heureux. Amen.
époque. Un Michel Brodon éleva, on Ifi^i, sur les dessins de Gilles Macé, professeur de mathématiques en l'Université, le tirand autel de l'église des Cordeliers. Quant au s"' Danguet, dans la pièce de vers, sur la réparation de l'Abbaye, copiée par Simon Le Marchand, à la fin de son Journal, il nous apprend que :
c'est un grand personnage
Pour dessus un carreau taire de bon ou\rage.
Les luiguenost de ccslc ville de Cacn ont fait faire une maison (1) pour faire leur presehe, (|ue nous ap|)ellons Godive<ui, parcequ'il esl fait en fasson d'un pastey. Icelluy haslimenl fut fait en l'an mil six cent douze et fut mis sur la dite maison une croix et un coquet sur la tour, dans laquelle il y a une petite cloche et ont iceulx luiguenost commencey à faire le presehe en leur dit bastiment le Dimenche, neufviesme jour de Septembre mil six cent douze; et a esté le dit bastiment fait })ar maistre Zacharie de Sainct Jean, maistre masson et Jean Auber, maistre charpentier en ces(e ville et est le dit bastiment en hault du bourg TAbey, auprès de la barrière de la rue de Bayeux et sur la riie que nous appelions la rue de Bretaigne. — Fait et arresté le dit jour et an mil six cent douze.
Maistre Francoys Angot, natif de la parroisse de Mal tôt a commencey à célébrer sa première maisse le Dimenche deuxiesme jour de Septembre mil six cent douze et fut en la dite paroisse de Maltot, en la présence de maistre Jac({ues Juaye, prestre et curey de la dite paroisse et de maistre Guillaume Le Foullon, prestre de la dite paroisse et de Messieurs
(1) Reg. de rHôtd de Ville, V>. f" 2ii7 : W. f- 112; M. f" 18.->.
Il y avait, en 16()S, cnviiDii H.(KK) protestants dans la ville. Micliel de llépiclidu, trésorier de Fiance, csliniait en effet le nombre des habitants à 20.(.XK), dont « près d'un tiers appartenant à ceux de la religion prétendue réformée ». \a' calme et une tolérance niututdle avaient succédé aux violences de ir)(î2, Jean Delalande, conseiller et secrétaire (bi Roi, et plus lard, Jean Delacourt, vicomte de C.sii'n, rendaient publiquement hommage à « la grande amitié et concorde qui régnent entre les catholiques et ceux de la religion prétendue réformée ». Voir noire Inti'odnclidn,
de Maltol, esciiyers et de plusieurs parroissiens du dit lieu.
Maistre Jean Langloys a commencey à célébrer sa première maisse le Dimenche, trentiesme jour de Septembre mil six cent douze et fut célébrée en la paroisse de Sainct Michel de Vaucelles de Gaen, en la présence de Monsieur Lozou, prestre et curey de la dite parroisse et de maistre Marin Frelastre, prestre, curey de Mesnil-Frementel, maistre Rol)ert Vautier, prestre, curey de Saincte Paix, près Caen et maistre Francoys Vautier, tous prestres en la dite églize de Sainct Michel de Vaucelles et de la plus part des parroissiens d'icelle parroisse qui ont assisté à icelle maisse.
Les porches de la boucherie ( 1 ) et les maisons de la venelle du Prey ont esté a])atus en l'an mil six cent douze, pour et à ces te fin d'enlargir la grande rue et la dite venelle du Prey et nous y a fait des petites loges ou boutiques tout du long en la boucherie qui sont baillées au profit de la ville à présent.
Maistre Guillavmie Guesdon, l'un des prestres de l'églize Sainct Jean de Caen, rendit son esprit, le Mardy, vingtiesme jour de Novembre mil six cent douze et fut enterrey le Mercredy vingt et uniesme jour du dit mois et an.
Monsieur Lozou, prestre curey de Sainct Michel de Vaucelles de Caen, rendit son esprit le Dimenche,
(1) Rhi?. fl«' rilôt.'l fie Ville, Vi. 1"' ISO. -^ill à -^îl : 46, f"» 203 à 205.
vingt cinqiiiesnie joui' de Novembre mil six cent douze et fut enterrey le Lundy, vingt sixicsme jour du dit mois et an.
Catherine du Hozel, l'eunne tle lionncste liomme Nicollas du Monl, eull un enlanl niasle le Samedy, vingt ([ualriesme jour de X()vcnd)re mil six cent douze et fut baptizé en l'églize de Nostre Dame de Froideri'ie de Caen, le l^imenche, vingt cinquiesme jour du dit mois et an ; et lui nommé Charles, par lion-
neste homme Sarrazin, avocat en la vicomte
de Caen, en la présence de honneste femme Anne de Chrislot, mère de la dite Catherine du Rozel et femme de honneste homme Pierre Le Marchand, mon père.
Maistre Pierre des Rues, prestre, docteur et professeur au droit de l'Université de ceste ville de Caen et curey de Sainct JuUien du dit Caen, a pris possession de la cure de Sainct Michel de Vaucelles du dit Caen, le Lundy, vingt sixiesme jour de Novembre mil six cent douze (1), en faisant l'enterrement du deffuncl Monsieur Lozou, en son vivant curey de la dite paroisse de Sainct Michel de Vaucelles du dit Caen.
La nuu'aille du fort, depuis la rivière qui fait moudre le moulin de Sainct Pierre, laquelle sort de dedans le dit jusques à la porte des Prés que nous apelons
(1) Pierre des Rues, professeur es droits, fui ncul" lois lioum-é du Rectoral et transféré de la cure de .S'-Julien à celle de Vaucelles. M. l'aMu' de la Rue plaijait ce transfert en Tannée ltU8. — Jean de Lozout, (ju'il remplaça, avait été nommé à la cure en KMKî.
la Porte Neuve, fut achevée par un nommé Guillaume de la Salle, maistre maclion, en ceste ville de Gaen, l'an de grâce mil six cent douze, lecjuel de la Salle mourut en bref après la dite muraille achevée.
Mil six cent treize.
Mon beau frère Olivier Bidard fut passey maistre du mestier de drapier, le Jeudy, quatorziesme jour de Febvrier mil six cent treize, en la présence de honnestes hommes Monsieur Le Sueur, l'aisney, et Monsieur de la Brière Perdyer et Jean Lioult, gardes jurés du dit mestier de drapier et Jean Maxienne, Gossey Le Marinier, Monsieur Deschamps le jeune, Pierre Duprey, Gaspard Boulard, Bolicrt Boger, Nicollas Duprey, Lamarche, Louvet, La Fontaine, Masson et Bobert Meriel, tous maistres du dit mestier de drapier et Bobert de la Verdure, l'un des auneurs de ceste ville. Et luy a coustey pour estre maistre environ cinquante livres tant pour le festin que pour tout.
Nous fismes le pain bénist en l'églize de Sainct Michel de Vaucelles de Gaen, le Dimenche, dix septiesme jour de Febvrier mil six cent treize. Et le plat fut cueilly le dit jour par Gatherine Bidard, ma fenune, laquelle rendit environ soixante et deux sols à Messieurs les Trésoriers du dit lieu de Vaucelles, qui sont: Gilles Glément, Jacques Bocq et Jean Hébert, tous bourgeois de la dite parroisse de Sainct Michel de Vaucelles, du dit Gaen. Je prye Dieu qu'il
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liiy plaise nous l'aire la i^râce de le l'aire encore pour Tadvenir. Ainsy soiL-il.
Marie Hidard, rcinnie de Gaston Loisel, eusl, un enfant niasle (jui i'iil i)a[)lizé en Téglize de SaincL Jean de Caen, par niaisLre (juillaunie Le Guey, bachelier en théologie et curey de la dite églizc de Sainct Jean, le Dinienche des Rameaux, trente et uniesme jour de Mars mil six cent treize et l'ut nommé Louys par moy Simon Le Marchand, en la présence d'OllivierBidard, mon beau i'rère et Catherine de la Piocque.
Maistre Jacques Le Vardoys, curey de Nostre Dame de Froiderûe de Caen, rendit son esprit le Dinienche, ([uatorziesme jour dWpvril mil six cent treize, auquel jour il commença encore la messe et en dit jusques au pcr omnin; et la, la parolle luy faillit et le fallut reporter à sa maison ou il linist à l'instant ses jours. Pour mon particullier, je prye Dieu que son âme puisse estre en repos avec les bien heureux. Ainsy soit-il.
Le mariage crOllivier Bidard, mon beau frère, hls de honneste homme Robert Bidard et Marye Oger, sa mère, bourgeois de Sainct Jean de Caen, et de Marye Le Tellier, lille de honneste homme Phili})pe Le Tellier et Francoyse Guesnon, père et mère de la dite lille, de la paroisse de Estrais la Champagne, fut parfait et acconq)ly en face de la Saincte églize catholique, apostolique et romaine, le Mardy vingt cinquiesme jour de Juin mil six cent treize; et l'ut le dit mariage célébré en Téglize de Estrais par le curey
de la dite parroisse, en la présence des père et mère des dits mariés et de honnestes hommes Pierre Le Marchand, mon père, Robert Fouques, Jean Le Marchand, mon frère, AnmonL et moy Simon Le Marchand et Catherine Bidard, ma femme, sœnr dn dit marié ; tous lesquels étaient présents au dit mariage.
Mil six cent quatorze.
Henry de Boiu'bon, j)rince de Gondé (1), se retira de la Court au moys de Janvier mil six cent quatorze, lequel prince fiU suivi de Monsieur de Nevers, de Monsieur de Longueville, de Monsieur de Mayenne et de Monsieur le Duc de Vendosme, tous lesquelz princes et seigneurs ont levé une grande midtitude de gendarmes, lesquelz se sont séparés par tout le royaume de France et ont ruyné la plus part des pauvres citoyens des villes et des villages d'alentour, dérobant leurs biens et bruslant ce qu'ils ne pouvaient emporter; jusques aux maisons des pauvres gens et prenantz les marchandz à rançon, si bien qu'ilz n'osoient aller à leurs trafics et marchandyses.
Mon frère, Jean Le Marchand, fut fiancé à Ollive Fontaine, fille de honneste homme Guillaume Fontaine, bourgeois de Sainct Michel de Vaucelles de Gaen, le Jeudy, trentiesme jour de Janvier mil six cent quatorze, en la présence de honnestes personnes Pierre Le Marchand, père du dit Jean, mon frère, de
(1) Reg. de l'Hôtel de Ville, 44, f" 271, 27:}. — llej,'. secrels du Parlement, t. XVIII, f»» 218, 231.
Francoys el Jean, clitz Le Marchand, uiiclcs du dit Guillaiinie Foiitaiiie, cl Maryc Yon, pcre et mère de la dite Ollive, Marin Fontaine; Pierre et Jean, Marguerite el Catherine, Ircrcs cl s(eurs de la dite Ollive; moy, Simon el Jacques, ditz Le Marchand, frères du dit Jean le Marchand et ])lusieurs de leurs amis, lesquelz esloicnt présents aux dites liançailles.
Il y eult une maison ({ui tombil au marché aux Namj)s, jouxte Madame Le Bas, près de la Poterye, laquelle maison tombil le Mercredy, vingt sixiesme jour de Febvrier mil six cent quatorze, dont il s'ensuivit la mort de six personnes, lesquelz furent tous tués sans avoir respirey aucunement cl furent enterrés en Téglize de Saint Sauveur de Caen, le dit jour, fort honorablement el bien assistez de beaucoup de personnes, lesquelz prioient Dieu pour Fasme des deffuncts, affin que Dieu leur fasse miséricorde de leurs fautes et péchés. Amen.
Charles du Mont, iilz de NicoUas du Mont et de Catherine du Uozel, ses père el mère, rendit son esprit le Jeudy, vingt qualriesme jour d'.Vpvril mil six cent quatorze el fut enterrey en Téglize de Noslre Dame de Froiderûe, le dit jour, et en la présence de plusieurs de leurs amys.
Je me suis fait enregistrer pour tirer au paliguey ( l ), le Dimanche (piatorziesme jour de May mil six cent
(1) Voir sur le jeu ilu papegtiay, l'Étude do M. G. Lavalloy: Les Compagnies du Papeguay, parliculitToniont à Caon. — Paris, Dontu.
quatorze, dont eiisiiyt la quittance de mon droit: Reçu de Simon Le Marchand, bourgeois de Gaen, la somme de quarante solz pour droit d'entrer en la compaignie des harquebusiers de ceste dite ville en laquelle il a esté cejourdhui enrollé. Quatriesme de May mil six cent quatorze. — Signé : du Thon.
La grosse cloche de Sainct Michel de Vaucelles de Gaen, lut refondue, le Lundy, douziesme jour de May mil six cent quatorze, par honneste homme Michel Coquerel, fondeur, demeurant à Sainct Jean du dit Gaen, et a esté faite fondre par honnestes hommes Gilles Glément, Jacques Rocq et Jean Hébert, trésoriers en la dite églize, et fut baptizée la veille de la Penthecouste, Samedy, dix septiesme jour du dit moys de May, au dit an: et fut nommée Pierre, par honorable homme maistre Pierre des Rues, prestre, docteur, professeur au droit de l'Université de ceste ville de Gaen et cvu'cy de la dite églize Sainct Michel, assistey de honneste femme Anne Roulard, femme de Jean Hébert, l'un des trésoriers d'icelle églize, et ce neantmoins qu'il y ait écrit sur la cloche que elle fut fondue au mois d'Apvril, et croyez que c'est la faute du fondeur et non la mienne, car je le sais de certain, comme y estant présent.
Gatherine Bidard, ma femme, eust un enfant masle le Mardy, troisiesme jour de Juin, viron deux heures après midy, huitiesme jour de la lune et fut baptizé le Dimenche, huitiesme jour du dit moys, l'an mil six cent quatorze, en l'églize de Sainct Micliel de Vau-
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celles de Caen, par Maislre Pierre des Ri'ies, prestre, docleur el professeur au droit de l'Universitey de ccsle ville de Caen et curey de la dite parroisse et fut nommé Ollivier, par honnesle honmie Ollivier Hidard, mon beau père, assisté de lionnestes hommes Francoys Le Marchand, mon oncle et de Ollive Fontaine, fille de Guillaume Fontaine, bourgeois du dit Sainct Michel de Vaucelles, à présent hancée à Jean Le Marchand, mon frère puiné.
Monsieur de Matignon, lieutenant général de Monsieur de Monbazon, gouverneur général pour le Roy en sa duché de Normendye, a faict son entrée en ces te ville de Caen (1), le Dimenche, huitiesme jour de Juin mil six cent quatorze. Il est party de ccsle ville et des environs grande compaignie de noblesse en un bon équipage et tous bien montés, lesquelz allèrent au devant du dit sieur de Matignon avec les Messieurs de la Ville, gouverneurs el esche vins de ceste ville et de plusieurs des bourgeois, tous lesquelz luy ont présentey leur service et l'ont conduict jusque dans la ville, tous marchant en un fort bel ordre; et le dit seigneur a pris pour son logis une maison que nous appelle le Grand Cheval (2), parcequ'il y a
(1) La famille de Goyon de Matignon, une des plus anciennes de France, était originaire de Bretagne et s'était établie en Normandie vers le milieu du XV» siècle. — Charles de Matignon, fils du maréchal, lieutenant général de Normandie, avait épousé en 1597, Éléonorc d'Orléans, fille du duc de Longueville et do Marie de BourlKm. Il mourut le 8 juin UAS. — Son lils aîné, Jacques, fut tué en duel à 2:3 ans. — Léonor, son second iils, évéquc de I^isieux, mourut on IGSO. — François, son troisième fils, succéda à toutes les charges de sa maison et mourut le 19 janvier 1675. — Ilcgistres de TlIAtel de Ville, 44, f» 810.
(2) Ilolel de Nicolas Ia' Valois, (jui le lit lyàtir en 15'i(».
le pourtraict d'un cheval dessus la porte et là luy a esté fait plusieurs harengues.
Maistre Denys Collet, prestre en Féglize Sainct Pierre de Caen et chapelain en la chapelle de Sainct Georges au Chasteau de Caen (1), fut enterrey en l'éghze du dit Sainct Pierre, le Dimenche vingt deuxiesme jour de Juin mil six cent quatorze.
Le mariage de Jean Le Marchand, mon frère et de Ollive Fontaine, lille de Guillaume Fontaine et de Marye Yon, ses père et mère, bourgeois de Sainct Michel de Vaucelles de Caen, fut parfait et accomply en face de la Saincte égiize catholique, apostolique et romaine et fut le dit mariage célébré en l'églize de Sainct Michel de Vaucelles, par Maistre Pierre des Rues, prestre, docteur et professeur au droit de l'Université, en la présence de honneste homme Pierre Le Marchand, mon père et des père et mère de la dite Ollive Fontaine ; de Maistre Rol^ert Vautier, prestre en l'églize de Sainct Michel de Vaucelles de Caen, curcy de Saincte l^aix près Caen et promoteur d'iVrgences : et Anne, femme de honneste homme Pierre Duprey, bourgeois de la dite parroisse de Sainct Michel de Vaucelles et des frères et sœurs des dits mariés, de plusieurs de leurs amis, le Jeudy trente et uniesme jour de Juillet mil six cent quatorze.
(1) Cotait la plus ancienne dos églises de Caen. Placée d'abord sous le patronage du Chapitre de la cathédrale de Bayeux, la duchesse Mathilde l'avait ensuite donnéo à l'abbaye de Saintcî-Ti'iiiité. (Vosl dans cette église que se tenaient ancicnneniciil les séances de i'iù'biiiuier.
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Marguerite, fille de Guillaume Fontaine, femme de Guillaume Loccjueville, l)()uige()is de Caen, eult un ent'anlle Dimenclie vingt (jualricsme jour d'Aoust et fut baptizé en la parroisse de (jrainville })ar le curey de la dite parroisse ; et fut nonuné Perrine, par Madame Perrine Graindorge, fenmie de (iraindorge, dict, Forbosain, en la présence de noble homme
Prieur du Verney, et fut nommé
le dit jour Tan mil six cent quatorze.
Mademoiselle Morel de Pu langes, femme de Monsieur Morant, escuyer, sieur d'Éterville (1), rendit son esprit le Jeudy, quatriesme jour de Septembre mil six cent quatorze, et fut enlerreye fort honorablement avec grandes cérémonyes et grand deuil en réeiize Sainct Jean de Caen, le Samedy, sixiesme jour de Septembre au dit an mil six cent quatorze.
Mil six cent quinze.
Maislrc Francoys Bellenger, prestre en Féglize de Sainct Etienne de Caen, rendit son esprit le Jeudy, septiesme jour de May mil six cent quinze et fut enterrey en la dite églize le Yendredy huitiesme jour du dit mois et an.
Je feus au Mont Sainct Michel le jour de la Penthecoste, Dimenclie, septiesme jour de Juin mil six cent c[uinze, assisté de Ollivier Bidard, mon beau frère et de Jean Le Marchand, mon frère ; Pierre de Sainct
(1) Baron du Mesnil-Garnier, trésorier de France et garde héréditaire du scel.
Germain ; Marin Fontaine ; Jacques, Gilles, Jean Halley ; Robert Hébert ; Pierre Flambarcl ; Jacques d'Orbigny; tous bourgeois de la ville et des faubourgs de Caen. Nous revinmesle Jeudy, cinquiesme jour du dit mois et an, à neuf heures du matin et étions partys le Dimenche après midy (1).
Note des dépenses faites au cours du voyage, inscrites sur la feuille de garde du présent manuscrit.
Poiu^ aller au Mont Sainct Michel :
De Caen à la Blanche Maison 6 livres.
De la Blanche Maison au Pont Farcy . . 6 »
Du Pont Farcy à Villcdieu 4 »
De Villcdieu à Avranches 4 »
D'Avranches au Mont Sainct Michel. . . 3 » Nombre : 23 livres.
Pierre Le Marchand, fils de Francoys Le Marchand, mon oncle, feust fiancé à Jacqueline Hélaine, fille de Tassin Hélaine, bourgeoys de Sainct Pierre de Caen, le Lundy, quinziesme jour de Juin, l'an mil six cent quinze : en la présence de FVancoys Le Marchand et de Roberde Giard, père et mère du dit Pierre et du dit Tassin Hélaine et Perrine Pain, père et mère de la dite Jacqueline ; et de Pierre et Jean, ditz Le Marchand, frères du dit Francoys Le Mar-
(1) Les jx'lerinagos au Mont-Saint-Michel furent toujours en honneur à Vaucelles. Dans les premières années du XVni« siècle, il se fonda même une confrérie particulière: les Pèlerins du Mont-Saint-Michel. Les registres de la paroisse nous ont conservé une fondation faite par Guillaume de la Roche, prêtre, conducteur des pèlerins au Mont-Saint-Michel, Jean-Louis Biot et plusieurs autres, au mois de septembre 1716, pour les confrères défunts de la Compagnie.
clumd : Pierre Le Bashy et Fhilipine La Marchande, sa l'einine, fille du dit Francoys Le Marchand ; et Thomas Pain, oncle de la dite (ille et de plusieurs autres parents et amys.
Maistre Pierre des Riies, prestre, docteur et professeur au droit de l'Université de ceste ville de Caen et curey de Tcglize de Sainct Michel de Vaucelles, assisté de Maistre Marin Frelastre, prestre et curey de Mesnil Frementel ; de Maistre Ilobert Vautier, prestre et curey de Saincte Paix, près Caen ; de Maistre Francoys Vautier, prestre et de Maistre Jean Langloys, tous lesquelz sont prestres en la dite églize de Vaucelles : ils furent tous en procession à Saincte Basilic de Couvert, et, de la, à Nostre Dame de Bayeux, le vingt huitiesme jour de Juin mil six centquinze, etrevinrent le lendemain, vingt neuviesmc jour du dit moys : tous lesquelz prestres furent assistez des bourgeois de la dite paroisse en grand nombre ; tant (riiommes que de femmes. Nous estions en icellc procession, par conq^te faict des bourgeois de Bayeux qui nous l'ont témoigné, viron huict cenl personnes.
En ceste présente aimée mil six cenl cpiinze, nous avons esté sans avoir de l'eau du ciel, aulre que de la rozée, depuis le (juinziesmc jour (TApvril au dit an, chose (pii fut l)ien contraire aux biens de dessus la terre; et, pour cet elTaicl, nous list en ceste \ ille de Caen plusieurs processions de églize à autre, l^u icelles processions assistoit grande conq)aignie que tous, de bon cceur, |)ri{)ien( Dieu (jue ce fusl son
plaisyr de nous donner de l'eau ; ce qui nous estoit fort nécessaire : ce qui fut ce dit jour pour la gloire de Dieu.
Ollive Fontaine, fille de Guillaume Fontaine, femme de Jean Le Marchand, mon père, eult un enfant le Jeudy, deuxiesme jour de Juillet mil six cent quinze, lequel enfant n'eult point de vye : ce qui fut bien fâcheux au père et à la mère et à tous leurs amys.
Monsieur le Duc de Memorency, admirai de France (1), âgé de 22 ans ou viron, est venu en ceste ville de Caen, le Samedy, dix huitiesme jour de Juillet mil six cent quinze; et partit de ceste ville, pour aller au devant de luy, viron quatre cent gentishommes, tous bien montés et en un fort bel ordre, qui tous le conduisirent en la ville, et print pour son logis l'Abbaye aux Dames, parcequ'il est proche cousin en l'Abesse de la dite Abaye. Et le dit sieur admirai partit de ceste ville de Caen, le Mercredy, vingt deuxiesme jour du dit moys et an mil six cent quinze.
Le mariage de Pierre Le Marchand, fîlz Francoys et de Jacqueline Hélaine, fille de Tassin Hélaine et de Perrine Pain, ses père et mère, bourgeois de Sainct Pierre de Caen, fut parfait et accomply en face de Saincle Églize catholique, apostolique et romaine et fut le dit mariage célébré en l'églize de Sainct Pierre par le viquaire de la dite parroisse, le
(1) Reg. de l'Hôtel de Ville, 46, f"^ 81, 82. — P.eg. sécréta du Parlement, t. XVHI. f'-»245. 2(Jl.-i6-^.
Jciidy, trcntiesme jour de Juillet mil six cent quinze en la présence des père et mère des ditz mariés et de quelques uns de leurs amys. Et fust tenu le festin de nopces le Dimenclie, deuxiesme jour d'Aoust au dit an, que elle l'ust amenée à son mesnage après midy, assistée de plusieurs de ses amys et de cinquante fdles qui avoient toutes des livrées (jui la convoyèrent à son mesnage. Et y avoit à soupper environ soixante personnes assis.
Monsieur du Haut Londel (1), prestre et olTicial en la Court Ecclésiastique de ceste ville de Gaen, rendit son esprit le Samedy. huitiesme jour d'Aoust mil six cent quinze et fut enterrey en l'églize de Notre Dame de Froiderue de Gaen, le Dimenclie, neufviesme jour du dit moys et an : et fut conduit au lieu de la sépulture par la plus part des prestres de ceste ville et de Messieurs de la Justice et de plusieurs des bourgeois de ceste ville, qui ont assistey en grande dévotion, un chacun le regrettant parccque c'estoit un jeune homme bien sage et bon justicier en ce qui dependoit de sa charge.
Nous a commencey à faire garde en ceste ville de Gaen ledouziesme jour d'Aoust mil six cent quinze (2), pourceque le Roy estoit party pour aller en Esi)agne, pour se marier, et que il y avoil plusieurs princes qui s'estoient retirés de la Gourt et avoient levé quelques
(1) Le nom de cette t'ainillc était liC N'illain : un l'ici-n' du llaiitlt>iidfl tut in-lievin en 1642.
(2) Ré}?, de l'IlcMcl de Ville, 4L), 1" 120. — Ite^. scnvls du l'ai-lenu^id. I. X \' il 1 , f" 273.
compaignies de gens d'armes, et, pour cet effaict, nous a levé plusieurs armes en ceste ville de Gaen et aux environs d'icelle.
Catherine Bidard, ma femme, eult un enfant masle, son troisiesme, lé jour de Sainct Gilles, Mardy, premier jour de Septembre mil six cent quinze. Il fut baptizé en l'églize Sainct Michel de Vaucelles, le Samedy, cinquiesme jour du dit moys, par Maistre Pierre des Rues, prestre, docteur et curey de la dite parroisse et fut nommé Jean, par honneste homme Jean Le Marchand, mon oncle, bourgeois de Sainct Jean, assisté de honneste homme Pierre Le Bahy, bourgeois de Nostre Dame de Froideriie et de Marye Yon, femme de Guillaume Fontaine, bourgeois de Vaucelles.
Le dit Jean Le Marchand, mon lilz, rendit son esprit le Mardy, huitiesme jour de Septembre mil six cent quinze et fut enterrey le dit jour en l'églize Sainct Michel de Vaucelles, par Maistre Pierre des Rues, prestre et curey de la dite parroisse. Et est enterrey près le pilier d'emprès les fonds, viron cinq pieds vers le parvys de la dite éghze, au droict du dit pilier.
Maistre Robert Vautier, prestre en l'églize de Sainct Michel de Vaucelles et curey de Saincte Paix, près Gaen, rendit son esprit le Jeudy, dix septiesme jour de Se})tcmbrc mil six cent quinze, et fut enterrey en la dite églize de Sainct Michel de Vaucelles, le lendemain Vendrcdy, dix huitiesme jour du dit moys
et an, au granl rcgrcs des bourgeois de la dite parroisse, lesquelz ont assisté à son enterrement avec une grande dévotion, priant pour le sallut de son âme : et moy, je prye Dieu cpie ce soit son plaisir le recevoir au nombre des bien heureux. Amen.
Aujourdhuy, Mardy, vingt deuxiesme jour de Septembre mil six cent (juinze, il est party de ceste ville de Gaen, trois compaignies de gens d'armes (1) pour aller à la guerre, dont l'une es toit celle du filz à Monsieur de Bellefons, nostre gouverneur, laquelle es toit conduicte par Monsieur de Beauzamy, lilz de Monsieur de Bernières-Gauvigny, lieutenant : et la segonde estoit celle de Monsieur d'Esco ville, qui y estoit en personne, assiste de Monsieur de Gormelles et de Monsieur d'Anisy, fdz de Monsieur de Ghristot, vice bailly au baillage de Gaen, lieutenant et enseigne : la troisiesme estoit celle de Monsieur du Port et de Benou ville, lequel y estoit aussy en personne.
La petite cloche de Sainct Michel de Vaucelles de Gaen, fut fondue par honneste homme Jean Auber, fondeur et a esté béniste et baptizée le Dimenche, vingt septiesme jour de Septembre mil six cent quinze, par Maislre Pierre des Biies, prestre, docteur et professeur et curey de la dite églize de Sainct Michel et fut nommée Jacques, [)ar (icorgette Gabieu, femme de Guérin Lilayes, Tuu des trésoriers de ceste églize, en la i)résence d'honneslc honuue Pierre Lecomte, dit La Goudraye, bourgeois de la dite paroisse.
(1) Reg. de l'Hôti-l de Ville, ili, ^'> l-.>it. 14'i, 14."..
Ollivier Le Marchand, mon filz, rendit son esprit le Vendredy, deuxiesme jour d'Octobre mil six cent quinze et fut enterrey le dit jour en l'églize de Sainct Michel, par Maistre Pierre des Rues, prestre et curey de ceste paroisse, assistey de Maistre Marin Frelastre et de Maistre Francoys Vautier, tous prestres en la dite églize et fut enterrey d'emprès les fons, cinq pieds vers le parvys de la dite églize, au droit du dit pilier.
La réjouissance du mariage du Roy (1) Louys, treiziesme de ce nom, rejetton de Sainct Louys, avec Anne d'Autriche, infante d'Espagne, a esté faitte en ceste ville de Gaen, le Lundy, deuxiesme jour de Novembre mil six cent quinze. Et en faveur d'icelluy nous a chanté im Te Deon en l'églize de Sainct Pierre de ceste ville, ou les prestres de ceste dite ville ont assisté tous, en général et ont chanté le dit Te Deon avec grande joye, en la présence de Monsieur de Rellefond, gouverneur au Ghasteau de Gaen et de toute la justice, tant baillage que Vicomte", en un fort bel ordre ; chacun en son rang et degré. Et après que le Te Deon fut chanté, il fut fait un feu devant la porte de la dite églize, lequel feu fut allumé par le dit sieur de Bellefond, gouverneur, en la présence de tous les Messieurs de la justice et de la viUe, qui tous avoient la teste nue et cryoient à haulte voix : Mve le Roy ! Et le soir estant venu, je crois qu'il n'y eult bourgeois dans la ville qui ne hst un feu devant sa porte, les
(1| Reg. de l'Hôtel de Ville. 4ë, t»s 14^1, 150.
tambours battants et cryant toiiste la nuict : Vive le Roy ! Vive le Uoy ! Vive le Roy !
Le Dimenclie, liiiictiesme jour de Novembre mil six cent quinze, nous a commencey à faire prières pour la j)rospérit6 du Roy et de la Royne et de tout le Conseil et que ce soit le plaisir de Dieu de nous donner la paix en ce royaume. Pour ce, le dit jour, nous a fait procession généralle. Toutes les processions de ceste ville se sont assemblées en l'église de Sainct Pierre, ou nous a fait le sermon. Et après le sermon fait, nous est allé en corps, tous ensemble, en l'église et couvent de Jacopins de ceste ville ou nous a chanté la messe en musique fort honorablement.
Le Vendredy, treiziesme jour de Novembre mil six cent quinze, nous a commencey a faire oraison en forme de oraizon de quarante heures, pour la prospérité du Roy et de la Royne et de tout son conseil. Le dit> jour, Samedy, quatorze, et Dimenche, quinziesme, toutes les églises de ceste ville sont allées en procession en Féglise de Sainct Pierre, chacune à l'heure qui leur a esté donnée par Monseigneur l'Oflicial de la Court ecclésiastique. Auxquelles processions y avoit plusieurs des parroissiens des dites parroisses et y faisoient prières d'une grande dévotion.
Le Vendredy, vingt; Samedy, vingt et un; et Dimenche, vingt deuxiesme jour de Novembre mil six cent quinze, nous a continué les dites prières en la façon ci dessus mentionnée en Téglisc et couvent des Carmes, ou il y a pardon et indulgence a ceux qui y assisteront en l'espace de demye heure en prière et
dévotion et assisteront en la procession de leurs parroisses l'un des trois jours.
Le Dimenclie vingt neuf; Lundy trenticsme jour de Novembre et Mardy, premier jour de Décembre 1615, nous a continuey les dites prières en la manière accoutumée en l'église de SainctEstienne de Caen, ou les processions ont assisté comme devant, chacune en son heure et forme d'oraison de quarante heures.
Le Dimenche six, Lundy sept et Mardy huictiesme jour de Décembre 1615, nous a continuey les dites prières en la manière accoutumée, en l'égiize de Nostre Dame de Froiderûe, on les processions y ont assisté comme devant.
Le Samedy dix neuf, Dimenche vingt et Lundy vingt et uniesme jour de Décembre 1615, nous a continuey les dites prières en la manière accoutumée en l'église de Sainct Michel de Vaucelles, ou les processions ont assisté comme devant.
Le jour de Noël, Vendredy, vingt cinq, Samedy, vingt six et Dimenche, vingt septiesme jour de Décembre 1615, nous a continuey les dites prières en la manière accoutumée en l'égiize Sainct Jean de Caen, ou les processions ont assisté comme de coustume, chacune à son heure.
Monsieur de Porte ayant commission du Roy de lever des gens de guerre, il en a levé un régiment de mille soldats, tant de ceste ville de Caen que des autres de l'environ (1) ; lesquelz, estant en guerre,
(1) Reg. de l'Hôtel de Ville, 46, f» 129. — Reg. secrets du Parlement, t. XVIII, f«« 272, 282.
miy — 30 —
ont conquis plusieurs villes, ai)parlcuanlcs lanl au Prince de Gondé el à Monsieui' de Loni;ueville, que aux auUres princes (pii se sont retirés de la Gourl, et, de la, sont allés pour assiéger Corbie, une ville ({ui appartenoit à Monsieur de Longueville et ont esté devant (juekpies jours. Monsieur de Longueville y estant arrivé, il a l'ait faire une sortie en une nuict et ont forcés et surpris les senlinelles, tant (pic ilz sont arrivés au corps de garde ou ilz ont tuey plusieurs des assiégeants. Et la fut tué Monsieur de Garrelettes et plusieurs aultres ; et Monsieur d'xVnisy, lilz de noble homme Jacques Le Vavasseur, sieur de Ghristot et bailli de courte robe au baillage de Gaen. Il fut frappé d'un coup de mousquet au hault de la cuisse, duquel il a rendu l'esprit. Et fut apportey à Anisy, ou il fut enterrey le Dimanche vingt septiesmejour de Décembre mil six cent quinze, auquel lieu Monsieur de la Lande, premier capitaine de ceste ville de Gaen, a envoyé sa compagnie, conduicte par Monsieur Ghaines, son lieutenant ; et estoit en fort bel ordre, l'enseigne desployée, le tambour battant en deuil, estant couvert de crespe noir: lesquelz l'ont conduict au heu de sa sépulture, et apprcs cela, ilz sont revenus à Gaen le mesme jour, apprcs avoir tous disné chez le dit sieur de Ghristot : ilz sont revenus en môme ordre que ilz étaient partys et estoient viron cent mousquetaires, tous fort braves et biens armés ; dont le baguage du dit sieur d'Anisy fut perdu et celuy de Monsieui' (rE(|U()ville et plusieurs autres.
Mil six cent saize.
Le Vendredy, premier; Samedy, segond ; et Dimenche troisiesme jour de Janvier 1616, nous a continuey les dites prières en l'églize et couvent des Pères Jésuites, réserve qu'on n'y alloit point en procession; un chascun y alloit particullièrement faire sa dévotion, priant Dieu pour les choses susdites.
Le Samedy, neuf, Dimenche, dix et Lundy unziesme jour de Janvier 1616, nous a continuey les dites prières en la manière accoustumée en l'église Sainct Sauveur de Gaen.
Le Dimenche dix septiesme jour de Janvier 1616, nous a continuey les dites prières en l'église et couvent des Gordeliers.
Le Samedy, vingt trois et Dimenche vingt quatriesme jour de Janvier 1616, nous a continuey les dites prières en l'église et couvent des Jacohins, comme de coutume, cliacun a son heure.
Maistre Pierre des Rues, prestre, doctevu' au droit de l'Université de Caen et curey de Sainct Michel de Vaucelles, a gettey et fulminé une quérimonye en la dite église, le Dimenche, vingt quatriesme jour de Janvier 1616, laquelle avoit esté impétrée à l'instance et requeste de honneste homme Robert Hébert dit d'Estreham, en son vivant l^ourgeois de la dite parroisse, estant plaintif à Dieu et à Nostre Mère l'Eglise d'aucuns malfaiteurs, lesquelz avoient entré en sa maison et avoient prins et desrobey une obligation
montante à deux mille sept cent livres, sur laquelle y avoit i)lusieurs payements en doit. Et lut la fulminalion d'icelle i)oursuyvie par Jacques, Jean et (aiillaume, ditz Hébert, entants du dit détunt i^obert Hébert.
Le Dimenclie trente et uniesme jour de Janvier ; Lundy, premier et Mardy, deuxiesme jour de Febvrier 1016, nous a continuey les dites prières en Téglise et couvent des Pères Capucins, réserve qu'on n'y alloit point en procession.
Le Dimenclie quatorze, Lundy, quinze et Mardy, saiziesme jour de Febvrier 1616, nous a continuey les dites prières en Féglise et couvent des Pères Jésuites, réserve qu'on n'y alloit point en procession ; un chacun y alloit particulièrement l'aire ses dévotions, pryant Dieu pour la prospérité du Roy, de la Roy ne et de son Conseil et que ce soit son plaisir de nous donner la paix. Amen.
Monsieur de Rellefons, gouverneur au Chasteau de Caen, list l'aire une sorlie de ceste ville de Caen, le Jeudy, dix septiesme jour de Mars 1616, de deux mille bourgeois armez et en bon équipage (1), sans la noblesse, et des riches bourgeois qui estoient à cheval, lesquelz ont assisté le dit siem^de Bellet'ons, pour et aux fins d'aller faire desloger des soldats qui estoient près de Condey sur Xoireau, lesquelz ont
(1) La milice comptait six compagnies, commaudôes chacune par un capitaine. La corporation des Francs-Brements canonniers, vieille institulinn qui avait des statuts particuliers, formait en outre une compagnie d'artillerie.
desrobé, emportey et briislc tons les biens des pauvres paysans et mesme ont bruslé leurs maisons jusques a en réduire la plus part à l'ausmône (1). Et apprès cela, ilz ont voulu loger dans le dit bourg de Gondey, pour et à ceste fin d'y faire comme ilz ont faict aux environs. Mais Monsieur Le Baron de Fiers, chastelain de Gondey, estant averty que il y avoit un mandement par lequel le Roy a commendé et commande à tous gouverneurs, baillifs, grand provost et autres, lesquelz ont commandement dans les villes, que sy ils estoient avertis que il y eut des gendarmes près de leurs villes, que ils eussent à prendre des l'orces tant des villes d'alentour que des païsans du plat pays et aller librement trouver les dites conq^agnies de quelque part qu'ilz fussent et leur demander à voir leurs commissions et à faulte par eux de les monstrer signées du Roy, il veult et entend qu'on les taille tous en pièces. Et pour ceste cause, le dit sieur de Fiers a supplyé Monsieur de Matignon, Gomle de Torigny et lieutenant au gouvernement de Normendye; Monsieur le Marquis de Beuvron, gouverneur en la ville et Ghasteau de Fallaize ; Monsieur de Bellefons, gouverneur au Ghasteau de Gaen et Messievu's les Gomerneurs de Bayeux et de Vire, de luy donner ayde et secours des bourgeois et soldats de leurs dites villes, aflin de voir si lesdits soldats avoient des commissions signées du Roy. Et en attendant du secours des dits seigneurs, le dit sieur de Fiers, Monsieur de Golligny et Monsieur de Tracy, ses enfants,
(1) l!<^'. (le rifrMol ck' Ville. 'jO, 1" 188.
assistes de tous les hal)ilaiils du dit bouri;', les oui eiiipcsehez d'y loger, les lenaiil toujours en guerre. Et, pour cet etraict, ledit sieur de Matignon partit le dix septiesme jour de Mars, avec ces deux compagnies: l'une de deux cents chevaux légers cl rautre de cent hommes de pied, avec six centz honmies qui sortirent de Bayeux et s'en vindrent à Torigny afin de se joindre avec ceulx (hi dit sieur de Matignon. Ceulx de Vire sortirent environ ({uatre centz hommes ; Monsieur le Marquis de Beuvron sortit de Fallaize avec huict centz hommes de pied. Monsieur de Bellefons sortit de Caen connne vous avez veu au commencement de ce présent escript. Ils partirent de Caen et allèrent concher au bourg d'Aunay. Le Lendemain, ils ont deslogé et sont allés jusqu'à Gampandrieu ; la on ilz eurent nouvelles que ilz s'en estoient fuis la nuict et la, furent remerciés de Monsieur de Bellefonds qui les honora grandement de lui avoir assisté en un grand nombre, sans les avoir forcés aucunement, lequel leur promist lidélité et loyal service et à son Boy. Apprès cela un chacun s'est retiré en sa maison au regret de quelques uns qui désiroienl monstrer leur courage en servant le Boy.
Anne de Ghristot, l'eunne en segondes nopces de Pierre Le Marchand, mon père, rendit son espril le Dimenche, dixiesme jour d'Apvril à deux heures du matin, l'an 161(3. Et fut enterrey leLundy après midy, en l'église de Saincl Michel de \'aucelles, près la clôture qui ferme la chapelle Saincl Baphaël. Et fut le dit enterrement fait par Monsieur des Biies, curey de
la dite église, assisté de Maistre Marin Frelastre, Maistre Francoys Vaiitier, Maistre Jean Langioys, tous prestres en la dite église. Et fut conduite au lieu de sa sépulture par la Gharitey ( 1 ) de la dite parroisse et celle de Sainct Jean, des Carmes, des Jacopins, de Nostre Dame de Froideriïe, de Sainct Sauveur, des Gordeliers, de Sainct Estienne, de Sainct Jean, de Sainct Ouen et de la plus part de ses amis et des nostres. Et fut portey par des maistres du mestier de tisserand et peigneur; et les quatre gardes du dit mestier portoient les quatre coings du drap mortuère, et avoient fait apporter le luminère de la confrérie du dit mestier qui a toujours esté allumé près du corps depuis le décedz jusqu'à l'enterrement.
Marye Le Tel lier, femme de Ollivier Bidard, mon beau pcre,eult un enfant maslc le Mercredy treiziesme jour d'Apvril 1616, et fut baptizé en l'église Sainct Jean de Gaen, le Dimenche, dix septiesme jour du dit mois, par Maistre Guillaume Le Guey, curey de la dite église; et fut nommé Alexandre, par Maistre
(1) Les Cliaritt's étaient des associations pieuses, placées sous le patronage d'un ou de plusieurs saints, qui assistaient leurs membres pendant la vie et au moment des funérailles. Elles ressemblaient à des Sociétés de Secours Mutuels. Aucune ne s'est conservée à Gaen. Avant la Révolution, on en comptait quatorze. On fait remonter leur origine au XI« siècle, mais c'est seulement dans la seconde moitié du XIV^« siècle que Ton peut constater leur existence otTicielle. A cette époque on réunit en une seule un certain nom})rc de Charités ayant une autonomie propre : c'est ce qui eut lieu notamment à S'-Micliel de Vaucelles pour les Confréries de S'-Michel, S'-Jean-Bap liste, S* Pierre et S' Paul, S» Jacques, S' Cliristophe, S* Maur, S' Mathurin, S' Eustaclie, S'^ Catherine, S' Audrieu, St Nicolas, S' Sébastien et S''= Anne. On voit qu'elles étaient nombreuses. Si Michel de Vaucelles était l'une des plus anciennes (Voyez d(' Beaurepaire: Caen illustré. Gaen, Le Blanc-Hardel, p. ;358).
lOli) — 36 —
Alexandre Desobcaux, sieur de Fonlcnay, advocat au siège présidial de Caen, assister de honuesle homme Roberl Hidarcl, père du dit Ollivier el de hoimeste femme Jennc la Verdure, veufve de Robert de la Verdure, en son vivant bourgeois de Caen et en présenee de plusieurs de leurs amis.
Mademoiselle Catherine Pouterel, fenmie de Monsieur Le Fauconnier (1), trésorier de France au bureau de ces le ville de Caen, rendit son esprit le Samedy, saiziesme jour d'Apvril 1616 et fut enterrey le Lundy dix huictiesme jour du dit mois et an, en Téglise de Sainct Pierre de Caen.
Louys, traiziesme de ce nom, Roy de France et de Navarre, revint à Paris le saiziesme jour de May 1616 et venoit d'Espagne de se marier avec Tin faute Anne d'Autriche, Mlle du Roy d'Espagne, et au mesme voyage, Madame Elizabeth de Rourbon, sœur aînée de noslre bon Roy Louys de Bourbon, fut maryée au filz aîné du Roy d'Espagne. Le Roy estoit party de Paris assisté de Marye de Médicis, sa mère, Royne de France et de Navarre, avec tout son conseil et ses gardes en grand nombre, en bon équipage, le septiesme jour de Juin mil six cent quinze.
(1) Sou père, Nicolas Lo Fauconnier, est cité par Caliaignes au nombre des citoyens marquants de la ville (Éloge 22). Son fils, Jean Le Fauconnier, sieur de FeugueroUes, dont il est ici question, fut annobli en 1595. D'abord receveur des tailles à Caen, il fut nommé en 15'.I8, trésorier général de France à Caen, par résignation du siour Jacques lîrasset. En 151)1, il avait épousé en jiremiéres noces Jeanne de Malberbe, sceur du poète.
En l'an 1616, Madame l'Abbesse de Gaen a faict faire une contre table contre laquelle est posé l'autel, laquelle est de bois blanchy, façon de carreau et enrichy d'un fort beau tableau et d'une Notre Dame au dessus et de deux anges aux deux costés d'icelle, tous dorés, et la contre table doreye par tous les moulages relevés avec plusieurs bouquetz dorés qui pendent sur l'autel: il y a quatre marches de carreau pour monter au dit autel ou il y a quantité de pièces de marbre enchâssés et, avec ce, un beau tabernacle sur l'autel, pour mettre les hosties, de quoy les religieux communyent : lequel est noir, enrichy de plusieurs ymaiges tous dorés et de nacle de perles qui y est enchâssé. Et est une chose magnifique à voir et le tout a esté fait par Maistre Jehan Le Febvre (1), sculteur, bourgeois de Sainct Pierre de Gaen.
Feu Jean Simmonet, dict La Provinct, carme de Reims et curey de Gormelles, a présent carme au couvent des Garnies de ceste ville de Gaen, a donney toute la contre table et l'autel que nous voyons aujourdhuy en la dite église des Garmes, enrichy d'un très beau tableau et d'un imaige de Nostre Dame au dessus ; et est painct de bronze, couleur de cuivre et la plus part dorey ou nous met le corps de Nostre Seigneur. Lequel autel et la contre table d'icceluy sont monteys pour la fête de la Penthecouste, Samedi, 21
(1) Il était lils de Jacques Le Fc'l)vrc, menuisier, aucjuel Jacques de Caliaignes a consacré son Éloge 87. Il fit les stalles du cho'ur de l'abbaye d'Ardennes et le dessin des stalles de l'abbaye de Saint-Étienne de Caen. Il avait un frère, Jacques, sculpteur comme lui, (jui exécuta les ))oiscries de la catluVlrale de Baveux,
jour (le May 1010 et fut faict par Jean Le Febvre, sculteur, bourgeois de Gaen.
Le Mercredy, traiziesme jour de Juillet 1()16 (1), il est arrivé en ceste ville une religion de iillcs que nous appelle Carmelines, lesquels ont pris pour demeure et eouvent la maison de M'" du Quesnay du Thon, à la rue Guilbert, vis à vis du jeu de paume du Grand Rocq (2), jouxte M'" de Bernicres Cauvigny, d'une part, et M'" Rapelet, apothicaire, d'autre.
Ollive Fontaine, femme de Jean Le Marchand, mon frère, eult im enfant masle, le Jeudy quatorziesme jour de Juillet, sur les six heures et demie du malin, Tan 1616, et fut baptizé en l'église Sainct Michel de Vaucelles, le Dimenche 17"^^ jour du dit mois, par Maistre Pierre des Rues, curey de ceste parroisse. Et fut nommé Guillaume, par honneste homme PieiTc Le Marchand, mon père, tous deux bourgeois de la dite parroisse et honneste femme Marye Oger, femme de honneste homme Robert Bidard, bourgeois de S^ Jean de Gaen.
Maislre Guillaume Le Guey, bachelier en théologie et curey de l'église Saint Jean de Gaen, rendit son esprit le Samedy, vingt troisiesme jour de Juillet I61() et fut enterrey en la dite église de Sainct Jean de
(1) Retî. de niôtol de Ville, M. — Iluet: Origines, p. 'ÎVi.
(2) Germain Auvray, dit Saint lîocli, rirlie niarcliand de (laen, (|ni vivait au milieu du XVI'' siècle, possédait de grands terrains au bas de la riu' (Juill>erl. C'est sur ces terrains quêtaient luMis les Jeux de Paume le (îraud et le IVIil Roch. A ce même endroit, les vieilles chartes placent le Jeu de Paume do Jean Homo (liiK't : Origines, 17(k;, p. l:îl).
Caen le Dimenche après micly,24"^^ jour du dit mois ; lequel fut conduict au lieu de sa sépulture par tous les prestres qui sont de la Confrérie de S'® Cécile, qui estoient en grand nombre, lesquelz chantèrent le convoy en musique et estoit portey par les prestres de la dite église : et fut Maistre Guillaume Guillebert, curey de l'église S^ Estienne de Caen qui faisoit l'office au dit enterrement.
Monsieur Le Mareschal d'Ancre, estant estably Gouverneur Général pour le Roy en sa duché de Normendye (1), il a mis M'" de Bellefons hors du gouvernement du Chasteau de Caen auquel il avoit esté mis par le feu Roy, Henry le Grand, 4'^^ de ce nom, pour et aux fins de mettre un gouverneur au dit Chasteau et à sa vollonté. Et pour la récompense du dit s^ de Bellefons, il a esté pourveu par le Roy au gouvernement du chasteau de Vallongnes, au mois de Juillet 1616, au grand regret de tous les bourgeois de ceste ville de Caen.
Monsieur Le Mareschal d'Ancre, gouverneur général pour le Roy en sa duché de Normendye (2), a faict son entrée en la ville et chasteau de Caen, le Jeudy vingt cinquiesme jour d'Aoust, jour de Sainct Louys, de l'an de grâce 1616, lequel a mis pour son lieutenant au dit Chasteau, M"" le Viscomtede Betlien-
(1) Reg. de rilôtel de Ville, 46, f« 210, 217, 218. — lieg. secrets du Parlement, t. XIX, f» <M.
(2) ReK. de l'IIôtel de Ville. 40, f" 21«.
lOlO — 40 —
court (1), el a mis hors Monsieur du Tiers (2), lequel y avoil esté mis lorscjue Mon'" de Bellelons en sortit. Nous list sortir de ceste ville de Caen pour aller au devant du dil sieur Maresclial d'Ancre, de viron luiict cents gentilshommes, estimés par les dits assistants : avec ce, tous les gouverneurs et esclievins de ceste dite ville ; de plusieurs bourgeois qui y sont allés, tous en bel ordre, bien montés et bien accoutrez : la trompette de la ville jouant des fanfares: avec ce, nous a tyré force artilleryes tant du chasteau que de la ville. Et y eult une pièce de canon de la ville qui estoit derrière les Carmes, sur la muraille, lequel fut cassé en plusieurs pièces, présence de plus de cent personnes, sans que il y en eult un seul blessey par la grâce de Dieu ; dont tous les assistans furent esmerveillés de ceste grâce que Dieu leiu* avoit faite. Et y eult une des pièces qui saillit par dessus l'église des Carmes et tombit dans la grande court, près le puits, laquelle pesoit environ deux cent livres.
Monsieur Le Prince de Condey, assisté de plusieurs princes, lesquelz tenoient son party, sont venus à Paris sur l'assurance de Mons' de Guise, qui leur avoit promis que, pour les troubles qui s'estoient passés, que on ne les poursuyvroit en aucune façon quelconque. Et eulx, estant à Paris, ilz ont encore, derechef, faict plusieurs assemblées particullières, lesquelles portoient grand préjudice à la Majestey du Roy. Le Roy, en estant adverty, par un des siens
(1) lleg. de rHôtel de Vilk, 4(5, 1" "^i.
prosches, il a fait arester le dit sieur prince de Gondey, lecpiel fut retenu prisonnier dans le Louvre, le Jeudy, premier jour de Septembre 1616. Et les princes qui Tavoient assisté s'enfuirent de la Court et, pour cet eiïaict, chacun nnu'murait dans Paris parcequeilz ne savaient pas le sul^ject pourquoy nous avoit arresté le dit sieur prince. Grand nombre de lîourgeois de Paris allèrent de collère à la maison de Monsieur Le Mareschal d'Ancre et ont prins et emportey les biens meubles. Ils ont rompu et emportey les huis et fenestres d'icelle et tout abattu et démoly, comme sy jamais n'y avoit eu de maison. Le Roy, sachant que nous avoit abattu la dite maison ; que le peuple murmuroit encore ; il est allé à son parlement, et, en présence du peuple, il a déclaré que le dit sieur prince avoit attentey à sa Majestey et que c'estoit pourquoy il avoit esté arrestey et alors toutes murmurations cessèrent.
Le Samedy, vingt neufviesme jour d'Octobre 1616, il est arrivey en ceste ville de Gaen un navire chargey de deux pièces de canon, avec cinq cents boulletz et soixante barricques de poudre à canon, que Mous'" Le Mareschal d'Ancre avoit envoyé pour la garnison du Ghasteau (1) : lesquelles pesoient chacune cinq mille cinq cent vingt deux livres, et ont eslées porley le dit jour au chasteau de Gaen, ou j'ay aindey a en charger une et ay veu descharger les ditz boulletz par
(1) Rgr. de l'Hôtel de Ville, 46, f" 'Wi.
les francs porteurs et les canons furent chargés par les francs brements (1) les dits jour et an.
Les Estais furent tenus à Rouen (2), au mois de Novembre 101(3, par Mous' le Mareschal d'Ancre.
Nous a faict faire un pupitre en Téglise Sainct Estienne de Gaen, lecpiel fut achevey et montey pour la festedeNoël 1616.
Mil six cent dix sept.
Louys de Bourbon, traiziesme du nom, Roy de France et de Navarre, apprès a^'oir entendu plusieurs plaintes, lesquelles luy ont esté faites de la part de plusieurs de ses subjects (3), lescpielz se sont plaints à Sa Majestey (|ue il y avoit plusieurs compagnies de gens d'armes en Normandye, lesquelz n'avoient point de commission de Sa Majestey ; qui, malicieusement et avec une grande tyrannye, ont violley plusieurs filles et femmes et ont desrobey, emportez et brusley tous les biens des pauvres païsans et les ont prins à rançon et ont brusley jusques à leurs maisons. Apprès que nostre Roy a ouy toutes ces plaintes, il a, par l'advis de son conseil, députey des commissères en plusieurs endrois ])our et aux fins de poursuivre ceulx lesquelz seroient certains des crymes ci dessus
(1) I.a corporalioii des FriDirs-Bremoits c(ino)i)Uers rorinail uuo coinpapnie chargf'-o de tous les services ooncenumt rartillori(>. Voir Méitioires des Antiquaires, 2e série, t. I, l'ctude de M. de Foriueville.
(2) lieg. de l'Hôtel de Ville, 415, i- 22'J.
(3) Id., 4G, f-' 2iS.
et les faire prendre prisonniers, affm de faire leur procès et les juger chacun comme il aura mérité. Ce qui fut en dilligence passé à la Chancellerie. Monsieur Le Mesnil Garnier, lils aîné de Mons'" Morant, fut députey commisscre pour la Normendye, lequel a prins pour son siège judicial le baillage et siège présidial de Caen, affm d'estre assistey des conseillers du dit siège en ses jugements. Ledit sieur commissère estant en ceste ville de Caen, il a fait plusieurs informations, par lesquelles il a trouvey que Mons'' de Heurtevent (1) avoit attentey à la Majestey du Roy, ayant levé des gens d'armes sans commission du Roy ni des princes et avec ce, luy et ses gensdarmes ont faict plusieurs viollemens et vollemens ; et, pour cest effaict, a fait poursuivre et a donné charge à noble homme Jacques Le Vavasseur, sieiu' de Christot, et bailly de courte robe au baillage de Caen, de le prendre prisonnier, aflin de faire son procès. Le dit sieur de Heiu'tevent ne sachant la poiu'suite que nous faisoit de sa personne, il est venu en ceste ville de Caen le Dimenche au soir, vingt neuf^^"^*^ jour de Janvier 1617, pour voir quelques uns de ses amys, assistey de quatre hommes à cheval et un page et deux lacquais. Le dit sieur de Heurtevent estant à Caen, Mous"' de Clu'istot en fut adverty, lequel a mandey ses archers en sa maison; et, le lendemain Lundy, trentiesme jour dudit mois, devant le jour, il a mys de ses archers à toutes les portes de la ville, avec les gardes qui y csloient pour lors et leur a
(1) Sur l'aflairc du sieur de lleiirtuveut, voir les Registres secrets du Parlement, t. XVni, f° -^2; t. XIX, f" 4:) et suiv. 7,().
(lonney charge de Tarresler cl le inetlre entre les mains de ses archers pour le rendre prisonnier. Les ayanl posé an\ aiilres portes de la ville, il s'en vint à la porte Millet a^■ec deux de ses archers et les gardes de la dite porte, lesqnelz l'aisoient bonne sentinelle. Le dit sieur de Ileurtevent lut adverty cpie on poursuivait poiu' le prendre prisonnier. Il se délibéra de sortir de la ville de bon matin, hiy et ses gens, espérant sortir sy vit te que on ne les pourrait arrester, pourvu que la barrière ne l'ust poinct fermée. Il envoyt son lacquais et hiy dict ({ue sy elle estoit fermée, il revint les en advertir. Le lacquais estant près de la barrière, il la trouve fermée et pense retourner pour en advertir son maislre. Mais Mons'" de Christot le prist par le bras et le mist entre lesr mains des gardes. Monsieur de Heurtevent voyant que son lacquais ne revenoit poinct, croyoit que rien n'estoit fermey. Il prend sa course, luy et ses gens, dès la grande rue de Sainct Jean en courant la poste jusques aiq)rès de la barrière, et la voyant fermée, il pence rentrer dans la ville. Mais nous avoit fermey la porte de la ville, ce qui le list demeurer entre les deux ponts et alors, — Mons'" de Christot se mist en armes et les gardes de la porte et là fut prins, sans aucune rébellion et fut devalley de dessus son cheval, luy et ses gens. Et alors furent tous mis prisonniers. Mais ses gens se purgèrent de tous ses crimes, vérifiant que ilz estoient aux armées du Hoy pour lors que le dit sieur de Heurtevent avoit couunis tous les crimes de quoy il est ce jourd'hui accusey et mis prisonnier : et apprès ceste verilication bien deumcut fait te, ilz ont
esté par le dit sieur commissaire eslargis des prisons de ceste ville de Gaen, et le dit sieur de Heurtevent y est demeuré en attendant la venue de son procez comme voirrey ci apprès.
Le mariage de Jacques d'Orbigny, filz de Yzaac d'Orbigny, de la parroisse de Saine t Michel de Vaucelles de Caen et de Catherine, hlle de honneste homme Francoys Le Marchand, mon oncle, boin*geois de Nostre Dame de Froiderûe de Caen, fut parfait et accomply en face de Saincte église catholique, apostolique et romaine, le mardy trente et unièsme jour de Janvier 1617; et fut le dit mariage célébré en l'église de Nostre Dame de Froiderûe, par maistre Anthoine Gosselin, prestre et curey de la dite église, en la présence de honneste personne Yzaac d'Orbigny et de Catherine d'Orbigny, sa femme, père et mère du dit mary et de Francoys Le Marchand et Roberde (jiard, père et mère de la dite mariée et de plusieurs de leurs parents et amis.
Monsieur de Heurtevent, âgé de 23 ans, estant à présent prisonnier aux prisons de ceste ville de Caen, comme avez veu comme il fut prins et pourquoy il fut mis prisonnier. En ce jour il fut examiné par Monsieur du Mesnil Garnier, filz aîné de Mons'" Morant. Le dit sieur commissaire luy a demandey s'il avoit pas levé des gens d'armes sans commission et s'il avoit pas, luy et ses gens, faict plusieurs viollements et vollemens. Sur examen, le dit sieur de Heurtevent a confessey que il a véritablement levcy
(les soldalz sans commission, n'espérant eslre ponr auli'e (jne pour le service du Hoy, mais cpie i)oni' les viollements et vollemens, ([ue il n'y a jamais adérey el qu'il n'en a poincl congnoissance. Sur la méconnaissance faicte par le dit sieur de Hcurtevent, Monsieur le Commissaire a l'aie t aprocher viron soixante témoings, de plus de dix ou douze lieues loing de ceste ville de Caen, lesquelz ont esté examinés et ont raporley (pie le dit sieur de Heur te vent avoit viollé une iille et l'aict plusieurs vollemens; rompu et brusley les meubles de pauvres gens et (pi'il a en plusieurs parroisses faict demander aux pr(")snes par les cureys d'icelles parroisses, grand nond^re de denrées, lesquelz lui ont esté delivreys par les parroissiens pour éviter un grand dommage que il leur aurait pu faire a faulte de payer les dites sommes. Et apprès que les ditz témoings ont estes examinés, ilz ont esté de ce chef reconfrontez en la présence du dit sieur de Hcurtevent dans la Conciergerie, lesquelz ont maintenu de poinct en poinct tout ce c{u'ils avoient dit. Et apprès la confrontation des ditz témoings, et le tout bien et duement vérifiiez, Mons"" Le Commisscre a faict assembler le Conseil pour faire et parfaire le procez au dit sieur de Heurte vent. Ce qui fut fait en dilligence le lundy, sixiesme jour de Mars 1G17. Monsieur le Commissaire, par rad\ is du C(mseil, a ordonney que pour réparation de ses faultes el pour les crimes par luy conunis, dont il est ce jourdluii attaint et convaincu, il aura ce jourd'hui la teste tranchée. Les parents el amis du dit sieur de lleurlevent estant advertys d'icelle sentence, ilz ont empes-
ché la publication d'icellc et rexécution : ayant faict signifier à Mons"" Le Commissaire une évocation a la Court du Parlement de Rouen, laquelle ilz a voient ol^tenue, espérant plus facilement luy sauver la vie à Rouen que en ceste ville de Caen. La dite évocation estant signiffiée, Mons'" le Commissaire arreste l'exécution et le faict enlever des prisons de ceste ville de Caen, le Jeudy, neufviesme jour de Mars, à deux heures après minuict, et le faict mener à Paris par Monsieur de Rauls, grand prévost, assistey de tous les archers et de plusieurs des soldatz du Chasteau de Caen, qui le conduisirent jusques à Paris. E]t estoient armés de chacun un mousquet. Et, estant à Paris, le procès que Mous'' le Commissaire avoit faict du dit Heurtevent fut veu du Grand Conseil ; lequel fut en dilligence assembley. Et apprès avoir faict lecture du dit procès et le tout ouy et considérey, la dite Cour a ordonney et ordonne que le procès faict par le dit sieiu^ Commissaire sera maintenu de poinct en poinct et que le dit sieur de Heurtevent aura la teste tranchée aujourd'huy, Mardy, vingt et uniesme jour de Mars 1617. Ce qui fut faict et exécuté le dit jour, devant la Croix du Tiroir, par l'exécuteur de Court avec bien de la paine, parce qu'il ne vouloit faire aucun debvoir de justice, s'eforçant, se desbattant, et estant comme troubley; il frappoit tous ceulx qui approchoient de luy et le falut tenir et lier lorsqu'on hiy couppa la teste. Je prye Dieu qu'il luy veuille pardonner ses faultes et le faire participer de son paradis. iVmen.
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En Tau 1()17, le cnicilix (jiii csL à rc«^lise de Saincl Pierre avec la Vierge et un Saincl Jean, Ions dorez, qui sont dos denx coslés cl nnc Madclaine ([ni esl aux pieds de la Croix, (jui esl lonle dorée, lui montey pour la l'eslc de l^asqnes qui esloil le vingt six'' jour de Mars: lecpiel crncilix el les trois yinaigcs ont esté faictes i)ar honneste honnne Jean Le Febvre, scnlteur de la dite parroisse de S^ Jean de Gaen.
Le Dinienclie, saiziesmc jour d'Apvril 1617, les nioignes de TAbaye de Saine t Kslienne de Gaen ont faict une procession, laquelle ne ce l'aict que de dix ans en dix ans ; eux estant auteurs qu'il y a une Llniversilé en cesle ville de Gaen, tous les docteurs et tous les officiers d'icelle LIniversité sont oblioez d'v
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assister au jour qu'elle se faicl. Ge dit jour, la dite procession s'est faicte par les ditz religieux fort honorablement el esloient cjuinze, tous portants cliappe, assistez de grand nombre de prestres et de religieux des Abayes circumvoisines de ceste dite ville ; lesqnelz sont venus tous en fort bel ordre en l'église de Saincl Michel de Vaucelles, et, y estant, Mons'" des Riies, prestre el curey de la dite parroisse, docteur et professeur au droit de l'Université, en la présence de tous les aulres docteurs, a faict une fort belle prédication. Et apprès icelle prédication, les ditz religieux ont célébré la messe fort honorablement : et après icelle messe, ilz s'en sonl relournez au mesme ordre cpie ilz esloienl venus.
Le Mardy, dix huil"" jour d'Apvril 1()I7, il y eull
— il) — 1617
un cnfanl hié à Vaucelles d'un harnoys qui passa par dessus luy, en venant de la carrière de Vaucelles, lequel enfant l'ut couppey en deux par le parmy d'une des roues d'un camion.
Le Jeudy, vingt'"^ jour d'Apvril 1(517, il y eult un homme à Vaucelles qui tombil mort subitement en lisant dans un livre.
Le Samedy, vingt deux'"'' jour d'Apvril lt)17, il y eull une lemme qui tombil morte subitement en faisant son mesnage, laquelle estoit de S^ Michel de Vaucelles de Caen.
Le Lundy, vingt quat'"° jour d'iVpvril 1017, il y eult des soldats du Chasteau de Caen qui se battirent à duel au champ pi'oche des maisons du faubourg de Vaucelles et y en eull un lue cpii estoit de Sainct Jean et se nommoil de son surnom Julien, et estoit frère d'un nommé Les Gardie, procureur en Vicomte ; et estant mort, il fut enq)()rtey par ses amis, lescpielz l'ont enterrey la nuict et ne sait ou ilz l'ont mis et celuy qui l'avait tuey fut mené prisonnier au Chasteau de Caen.
Monsieur Le Mareschal d'Ancre, gouverneur i)our le Roy en la duché de Normendye, fut poignardey à Paris, dans le Louvre, par Mous' de Vitry, premier capitaine des Gardes du Roy : et la femme dudit Mareschal d'Ancre fut retenue prisonnière, ledit jour Lundy, vingt (juat'"^ jour d'/Vpvril 1(317; et le corps dudit sieur Mareschal fut enterrey en la plus proche église du Louvre. Les habitants de Paris en estant
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îuhcM'lys, il/ sont allés en la dilc église en i^i'and nombre el Tonl (lél'ony de terre el l'onl Iraisné ii^noniinienseinenl pai' les mes de l^aiis el l'onl pendn aux niesines polenelies (|iril a\()il iaicl di'esseï". Ils onl eoupey son eorps en earliers el hrnslé les misérables restes de ee eorps avee lonle la l'ai^e (pie les rui'eui's d'nn i)enj)le insensey })eul exereer sur nne in là me eliarogne.
Aj)rès la mcM'l du Marcsclial crAnere le Roy a envoyé nn exenl de ses gardes, assisley d'nn sien gentilhomme, anc(nel il a baillé connnission alin de mettre hors dn Chastean de Caen Mons'" Le Meomle de Betheneonrt (1), lientenant dndit Mareschal d'Ancre andil Chastean : al'lin de le tenir et garder povH' le H(^y, jnscprà ce (ju'il y ait ponrven par Sa Majestey comme bon Ini semblera. Ledit sienr exent, obéyssanl an commandement dn Roy, est arrivé en ceste ville de Caen, le Mercredy an soir, vingt troisième jonr d'Apvril 1(517. Et estant arrivé, il a faicl advertir tous les mères, esclievins el capitaines de ceste ville, sans y appeller ledit sienr \ icomte de Bethencourl, alin qu'ils eussent a se trouver tous en général à la maison de ville, le lendemain an matin, Jeudy vingt (pial'"" jour dndit mois, sur les cin([ heures du malin. Ht ce dit jour, tous les mères, esche- \ins, gouverneurs el capitaines se sont assend)lés en la maison de \ ille ou Mous'" Texent leur a présenley sa connnission et une lelli'c de la part du Roy, le tout
(1) Wt'ii. ilr niùl.l (II' Ville, 'iti. I" :!(>.'> ri suiv.
^ :vi — i(H7
en l)onnc forme; par laquelle lettre le Hoy mande a Messieiu's les gouverneurs et capitaines de ceste ville de Caen, que le Mareschal d'Ancre estoit mort, comment et pourquoy il avoit esté tuey et qu'ilz eussent a assister le dit sieur exent en tout ce qui leur sera possil^le, alin de mettre liors dudit chasteau Mons'" le Vicomte de Belhencourt, ensend)le tous les soldats qui y sont de présent entretenus au nom tludit mareschal, et, en mesme temps, mettre ledit sieur exent au gouvernement dudit Chasteau, et ({u'il luy soit aidey des j^ourgeois de la Mlle afin d'y faire bonne garde. Apprès avoir faict lecture d'icelles et le tout considerey, nous a eu égard (pie le Chasteau est a présent imprenable, estant garny de trois centz honnnes, a^ec force vivres et canons, artilleryes, poudre et ])oullets ({ue ledit mareschal y avoit faicl apporter. Eu égard à ce ([ue dessus, le Conseil a trouvéy que il sera bon d'y entrer su))lilement, devant que le sieur Mcomte soit adverty de la mort du Mareschal d'Ancre, craignant qu'il ne voulust tenir fort dans ledit Chasteau. Ce ([ui fut arrestey audit Conseil et, au mesme temps, a la sortye et issue de la maison de ville. Monsieur l'exent, assistey de Messieurs les mères, eschevins, gouverneurs, capitaines et autres qui avoient du commandement en ceste Ville, tous les([uelz sont entrés au Cliasleau, sans aucun empeschement, se doutant (pie c'estoit pour les alîaires de la Ville et non pour le subjecl. '\ estant, ilz s(jnt allés trouver ledit sieur de Hetliencourt au- (piel ilz ont donné le bonjour et lui ont lesmoigné ([ue le Mareschal d'Ancre esloil moi't et ([ue il luy estoit
commandcy de la pari du Uoy de sorlir en dilligenee du dit (Hiasleaii, lui et lous ses<^ens, alin cjue ce jourd'iuii Mous'" rexent eu [)uisse preudre le couuuaudemenl. Kt luy, ayant ouy ces nouvelles, l'ut bien estonney et répond qu'il esloil raisonnable d'obeyr au commandenienl du Roy, sonmaistre; el, tout à l'instant, il mist tous ses soldats hors, tant du donjon que du Cliasteau. Et, en mesnie temps, en présence des mères, esclievins, gouverneurs el capitaines de cesle ville, il a bailley les ciels, tant du donjon que du dit Cliasteau, au dit sieur exent, afin d'y l'aire telle garde que bon luy send)lera. Et a requis que on lui donnast temps de trois jours de sortir, afin de vendre ses meubles importables, ce qui luy a esté octroyé par le dit sieur exent. Et alors, la mort du Mareschal fut publieye par la ville, au grand contentement de plusieurs, entre autres ceulx de la ]*eligion prétendue réformée, lesquelz en demenainst grande joye. Et, le soir venu, nous a envoyé une compagnie de bourgeois de la ville pour faire la garde dans le Ghasteau : ce qui sera continuey tous les jours jusqu'à ce que le Roy aict pourveu tel gouverneur que bon lui semblera audit Ghasteau. Et, toute la nuict, en signe de joye, plusieurs personnes faisoient des feux devant leurs portes et d'autres allèrent parmy les rues, dançant au son de plusieurs tambours, llustes el autres instruments. Et d'autres faisoient traisner parmi les rues luie l'aincte ([u'ils avoient faicte pour ressemblance au dicl Mareschal d'Ancre. L'ayant Iraisnée parmy les rues loule la nuicl, ilz la pendirenl en la potenche du Vieil Marché. V ayant esté (|ueltpie
temps, ilz la dépendirent et la traisnèrent entre les denx ponts de la porte Millet, la ou ilz Tont brusley. Et fiist ceste joye réitérée par plusieurs foys: et quelquefoys ilz enterroient cette faine te en des lieux salles et infects. Je prye Dieu que ceste joye nous soit de longue durée. Amen.
Mon frère, Jacques Le Marchand fut fiancey avec Dianne Le Maricy, fille de honneste homme Richard Le Mariey, bourgeois de Nostre Dame de Froiderûe de Caen, le jour de la Trinité, Dimenche vingt et uniesme jour de May 1617, par maistre Gosselin, prestre, curey de la dite parroisse, en présence des père et mère, frères et scturs, oncles et tantes et aulres tant de pari que d'autre et de plusieurs de leurs amis.
Alexandre de Vendosme, Chevallier de l'Ordre de Sainct Jean de Hierusalem, a estey élably gouverneur général pour le Roy au Ghasteau de Caen (1). Monsieur le Chevallier de Vendosme a envoyé Monsieur Prudent pour eslre gouverneur au Chasleau de Caen en son absence, lequel est arrivey au dit Chasteau le vingt troisiesme jour de May 1617 et le dit sieur Prudent a assisté a une procession générale qui se faict tous les ans le Dimenche, d'après le jour S* Sacrement, laquelle procession partoyt de l'église des Cordclicrs pour aller au Sépulchre. Et
(1) Reg. de THôtel de Ville, 4G, i" 32() et suivants. — Reg. du Juireau dos finances, ann<''e 1G17, 1" Il (V(>ir iioIih' Introduction, %2).
n\'\ le (lil siciir Priidcnl laid lonj^' séjour au dil (^liasleau cl a uiis ii sa place MonsicMU* Pai'isol pour i»()uvei'iicur auclil Cliasleau avec la perniissiou cludil sieur de \'eiidosnie.
Monsieur de ^il^v avail ohéy au couunaudenienl de uoslre hou Roy Louys de Houi'bou, lequel le recoignoissant poui' Tuu de ses bous cl loyaux serviteurs, eu ayaul faicl rexpérience par plusieurs lois, cuire autres (piaud il alla dire au Maresclial crAucre (pTil viul parler a luy; lequel Maresclial luy voulut trancher le lil de la vie d'un coup d'espée mais le dil sieur de Vitry Tut le i)lus prompt, luy hailla d'un pistoUet dans la leste et le tua tout mort comme avois veu cy devant. El en tapeur de tous les hons services que le dil sieur de \'ilry a rendus a la Majesley du Roy, il luy a donney l'est al de Mareschal de France que possédoil le marquis d'Ancre en son viviuil. El furent les connnissions, en prompte dilligence, passées en la Ghancellerye : cl, jouyt, a présent, ledit sieur de Vitry de Testai de Mareschal de France.
Tous les princes (pii s'esloienl retirés de la Court et qui a^•()ienl loué des aiiués de gens (Tarmcs, ayant esté adxei'tys ([ue le Mareschal d'Aucrc estoit mort, oui tous, en général, ren\()yé leurs armés et s'en sont i'e\euus h Pai'is d'une grande allégi'esse; et, V estant, ilz ont tous préseutey leur ser\ice au Roy, le priant de les excuseï- de ce (|u'ilz a\ oient le\é les armés, luy disant (|ue ce u'esloil (pie pour le suhgecl du Mareschal d'Auci'c (pii les avoil otVensey
el, tout à rinslanl, ces troubles fiireiil a})aisés et disoient tous à leur retour : \Wc le Roy ! protestant estre du tout à son service.
Louys de Bourbon, treiziesnie de ce nom, Roy de France et de Navarre, fut passé âage au mois de May 1(517 et luy lut mis tout le royaume en sa possession et jouissance, ainsy ([u'il advisera bien ; et la Royne Marie de Médicis, sa mère, a esté deschargée de sa régence, laquelle s'en est allée avec son apanage à son pays et sortit de France avec ses gardes, en grand honneur et conduicte de grand nombre de princes et autres grands seigneurs.
Le ^ endredy, saiziesme jour de Juin 1(')17, sur les dix heures du soir, il se leva un foudre de tonnerre si grand, ([ue il lit tout trend:)ler et il tomba de ce coup sur un des coings de la tour de Féglise de S^ XicoUas de Caen et en rompit quelque peu et n'y a pas fait mal, Dieu mercy.
Le Lundy, six^ jour de Juin 1017, il y eult le filz d'un masson, nommé Langelot, qui fut tuey sous un grand carreau, en y boutant un billot pour Tapuyer et pour le tenir droict alin de le scier. Ft fut en la maison de Laurent Le Brethon, dit Lafrerye, cliandellier, bourgeois de Sainct Michel de Vaucelles, et fut iccllny cuterrcy en lachte parroisse, le dit jour, deux hcui'cs après midy.
Monsieur Le Duc de ^^endosme, frère de Mous''
le Chevallier de Veiulosine, a présenl i-oiiverneiir «;énéral pour le Roy an cliaslean de Caen, est venu en cesle ville de Caen, le Jendy \'n\y;[ se[)liesnie jonr dn mois de Jnillel llilT, assisté de Monsienr de ^'ilry, a présent Maresclial de Franee cl de plnsienrs antres grands seignenrs, lesqnelz anienoisl avec enix ponr prisonnier Mons"" Le Baron de (ininiailles, «onverneurde la^illeel cliaslean de Fongères, leqnel baron avoil Iney nn des pins grands seignenrs de la ville, allin de recepvoir sentence an Crand Conseil de Paris, on ilz le vont mener. Xons a faicl sortir de ceste ville de Caen, ponr aller an devant de Iny, pins de qnatre centz monsqnelaires, tons bien esqnipés, avec im grand nombre de noblesse, et de riches bonrgeois qni estoient à cheval. Xons est allé an devant de Iny, jnsqnes snr le pavey dcBrelteville et, avec ce, on a liréy, à son enlreye dans la ville, grand nombre de canons; et a le dit sienr de \'endosme prins ponr son logis la maison de Mons'" le Président A'ancpielin, et Mons^ de Vitry celle de noble homme Loys de la Conr, vicomte de Caen.
Monsienr le Baron de (inimailles ayant esté mené à Paris par Mons'" le dnc de Acndosme, assistey de Mons'' de Vitry, lut ataint et con\aincn de avoir faict plnsiein's menrtres et ponr réparation (Picenlx lut condamney (^a^'oir la leste tranchée. Ce (pii lut prononcey et exécntéy an mois (TAonst mil six cent dix sept .
Le Lnndy se|)tiesme jonr d'Aonst Mil 7 j'ay nonnney le lilz a Xocl Conard, le(|nel j'ay nonnney
Louys et fut l^aplizé en Téglise Sainct Michel de Vaucelles par Maistre Pierre des Rues, prestre et curey de la dite parroisse, auquel baplisterre j'estois assistey de CharloUe de Saiuct-Germain.
La fenuiie du Mareschal dWncre, apprès la mort de son niary, fut soudainement saisie et mise prisonnière, comme avois veu, el les biens de sa maison furent saisis de part le Roy; et, en faisant l'inventaire des ditz biens, on a trouvé au cabinetz de la marquise d'Ancre, un caractère et force parchemin vierge et plusieurs livres de sort : el ayant trouvé ce que dessus, elle fut examinée pour scavoir ce ([ue elle devoit faire de ce caractère et de ce parchemin vierge : el a, sans aucune contraincte, confessey que dès l'aage de 12 ans, elle estoit magicienne et sorcière et qu'elle s'en estoit servie en beaucoup de sortes; et que, de ce caractère, elle debvoit faire mourir un grand seigneur; el que, du parchemin \ ierge, elle s'en servoil de plusiem^s sortes. Ce faict, les Chambres furenl assemblez et la dite marquise d'Ancre y l'eut amenée et, y estant, son examen fut leu en sa présence ; laquelle, derechef, a confessey que son examen est véritable. Et le tout considerey, il a esté, par Tadvis du Conseil, dit el ordonney que pour réparation de ses faultes et pour les crimes par elle commis, dont elle est par sa confession atainte et convaincue , elle estoit ce jourdhui condamnée d'avoii' la teste tranchée et son corps brusley et mis en cendres el les cendres jettées au vent. Ce qui fut exécutey dans Paris un jour de Juin ou de Juillet 1617.
HJ17 — :is —
Mon Père lui mis Irésoi'ici' de l'église Saincl Michel (le \'aiieelles, avec hoiiiiesle lioniiiie (iaspar Boiilard el Jean Hoiixel, dit La Pierre, (jiii y esloienl de présent; el lui le jonr Saincl Michel 1617 el y doivent eslre chacun trois ans.
Le mariage de Jac([ues Le Marchand, mon frère et de Dianne, tille de Hichard Le Mariey, et de Catherine Le Bahy, ses père el mère, bourgeois de Nostre Dame de Froideriie, lui i)arraicl et accomply en face de Saincte église catholique, apostolique et romaine. El fui le mariage célébré en Tégiise de Xoslre Dame de Froideriie, par Maistre Anthoine Gosselm (1), preslre et curey de la dite église, en présence de Pierre Le Marchand, mon père, et des père el mère et frères de la dite mariaye el plusieurs de leurs amis tant de part que crautre. El ce fut le jeudy douziesme jour d'Octobre l(il7.
Alexandre de Vendosme, Chevallier de l'Ordre de S* Jean de Ilierusalem, a présent gouverneur hérédital au Chasleau de cesle Aille (2), a faicl son entreye à Caen le Dimenche dix neuf*^'^ jour de Novembre 1017. Nous a faicl sortir de cesle ville pour aller au devanl, une grande compaignie de genlilshonnnes el tous les gouverneurs, eschevins, capitaines, tant de la ville
(1) Antoine (iosst'lin. iirotcssciii- royal iirio([iieiici'. principal du collège du Bois, avait été nommé curé de Notre-Dame de Froiderue en 1015. H fut sept fois recteur de l'Cniversité et mourut en Ki'i"). (^.omnu' particularité curieuse à noter. « il lut mis dans un cercueil tle iiierre. le(|ui'l il avait fait faire sept ans auparavant ». — 11 avait publié de nombreux ouvrages dont le plus important est intitulé: HistorUi veteriim Gallorunt.
i2| l'.eg. de riIAlid lie Villr. 'ii;. f" ;!(;'. i (Voir imlrr Inlnubiclion. § V'i.
que des fauxbourgs, avec Tiiifanterye de ladite ville et fauxbourgs qui y estoienl jusques au nombre de douze centz mousquetaires et environ cent quarante picques, qui tous estoient bien équipez et en fort l)on ordre ; lesquelz allèrent aux plaines de Cormelles pour Taltendre. I^a, on nous a l'aict renger, les gensdarmes en liaye et a chaque rang cinq, pour et aux fins de tirer lorsque le dit sieur de A endosme passeroit . Ce qui fut faict au grand contentement dudit sieur. Et estant près du l^ourg de Vancelles, nous lui a présenté un })clit cllc^•al bien laid : la scelle et la bride est oient toutes couvertes de broderies et de passements d'or. Et il entra dans la ville, montey sur ledit cheval; et, en entrant, il fut tirey dix })ièces des artilleryes de la ^ illc qui estoient derrière les Carmes. Et le dit sieur de \ endosme print pour son logis, durant qu'il fut en ceste ville, la maison de Mons"' Morant, sieur d'Éterviile, lequel l'a receu fort honorablement. Et y avoil les archers de la morte paye du Chasleau qui faisoient la garde la nuict au logis dudit sieur. Ee lendemain Lundy, vingt"^*^ jour de Novembre, sur les trois heuresaprèsmidy, il fut au Chasteau, ou nous lui fit une belle cnlreye, le saluant de plusieurs couj)s de canon (jui ont lyre avec tous les mousquetaires du dit chasteau (pii estoient en grand nombre et bien rangés, lescpielz tirent l'exercice trois fois au conlcnlemcnl (hidil sieur. Apprès cela, il fut faict une fort belle collation tout de confiture, a luy et sa conq^agnie ; et a|)près la collation, il lui ix'visiler les forces du dil (Chasteau et puis en sortit et s'en revint à son logis chez Mons' Morant.
1017 — iiO —
Le Jeiidy viiii;! trois""' jour de Novembre 1()17, Mons'" le CJic\alliei' de V'eiidosine, eslanl en eette ^•ille, il liiy lui préparer un disner par Messieurs les Gouverneurs el esclievins de Thoslel eonnnun de ceste ville de Caen, le plus superbe en viandes et les plus exquises (pTil se pull IrouNer en ceste ville; si bien ((ue le dil sieur de Vendosnie el les seigneurs de son Conseil esloient Ions admirez, voyant la despence qui avoit eslé l'aide pour son subject.
Le Samedy, vingt cinq'"^ jour de Novembre 1017, ledit sieur de Vendosme est })arty de ceste ville pour s'en aller à Rouen aux Estais (iénéraux qui s'y doibvent tenir au mois de Décembre prochain ; lequel fut conduict de tousle la noblesse de ceste ville juscpies a deux lieues loing de la ville ; lesquelz estoient en grand nombre cl la, prindrent congé de luy et se despartyrent les uns et les autres, chacun à son party.
Le Dimenche A'ingt six'"^ jour de Novembre 1017 nous a commencey a faire prières pour la prosperitez du Roy, de la Royne el de tout le Conseil et pour la paix du royaume, alin qu'il plaise à Dieu nous faire la gnlce que les Estais généraux se puissent tenir sans aucun trouble en ce royaume (1): alin que le Roy el son Conseil puisse faire (piekjues bons règlements el ordonnances, le tout au soulagement du pauvre peu|)le el en faveur de ce que dessus. Nous a faicl une procession généralle, ou
(1) lIcR. .l.'rilnicl (le Ville. W. 1" ;17',^
toutes les processions, tant de la ville que des faubourgs ont toutes assisté et se sont assemblées en l'église Saincl Pierre deCaen. Et de la, sont allées aux Cordeliers de ceste ville, ou il fut célébré une grande maisse, laquelle fui chanlaye en musicque. Et en icelle procession et à la maisse ont assisté Messieurs du Siège Présidial en un fort bel ordre. Premièrement, marchoient les sergents ; les huissiers ; Monsieur le Président ; tous les conseillers, les advocats et les procureurs, avec leurs robes etlivrées, bonnets carrés: et apprès, marchoient les gouverneurs et eschevins en riiostel commun de ceste ville et tous les bourgeois d'icelle.
Le Dimenche vingt six'"^ jour de Novembre 1617, la fille de Mous'' de Repichon ( 1 ) fut reçeue aux Carméhtes apprès avoir faict sa profession; elle a prins l'habit de religieuse et ne peidt plus s'en retirer désormais.
Monsieur de Quehaignes (2), docteur en médecine, fut enlerrey en Téglise et couvent des Cordeliers, le Vendredy, huictiesme jour de Décembre, jour de la Conception Nostre Dame 1617, auquel cou voy assista rUniversitey en corps et grand nombre de messieurs de ceste ville.
Marye Le Tellier, femme de Ollivier Bidard, mon
(1) Michel de Repiclion, sieur d"Aulnay, président du ))ureau des finances de Gaen; il fut élu échevin en 1(J18. Reg. de l'Hôtel de Ville. 47, f» 82.
(2) Né en 1548, mort à Gaen le 6 décembre 1617. Le portrait de Gahaignes est à la Bibliothèque de la ville de Gaen. Voir la notice en tête des Éloges des citoyens de la ville de Caen, trad.d'un Curieux. Gaen. Le Blanc-Hardel, 1880.
Mi 17 — (l'i —
beau [)ère, a en nu cnlaiil niasle le Irois""' jour de Décembre I(')I7 el lui baplizé en Téglise Sainel Jean
de (^aen par inaisli'e Haoul (I) ciii'ev
(le la (ble parroisse le Diiiieiielie, di.v""' jour du dil mois el lui noinniey Aiidrey, pai' noble liomme Andi'ev Le Hoiiri^eois, sieur de la \ arende, lieiilenanl de Monsieur le X'icomle de (]acn, assisley de Pasquelle Hidaicl, feunne de Pas((uel Le Maseriei' el s(tMU' (hi dil ()lli\ ier Hidard.
Callierine La Mareliande, l'ennne de Jac(|ues d'Orbigny, aennuenlanl masie, le Mardy cincjuiesmc jour de Décendire I(')I7 el lui baplizé le Dimenclie par bonorable lionnue niaislre Pierre des Riics, preslre, docteur el curey de ladile église; cl lui nommey Pierre par lionnesle liomme Pierre du Prey, bourgeois du dil lieu, en présence de hoimeste liomme Françoys Le Marcliand, père de la dile Callierine el de Pliilipine La Marcbande, t'emme de l^ierre Le Haliy, aussy lille de Françoys Le Marchand, tous deux bourgeois de Noslre Dame de Froideriie, audit Gaen.
Les Carmelines de cesle Aille oui laid l'aire un labcrnacle })()ur niellre sur Paulel de leur église, lequel est admirablement bien laid el bien dorey par tout et bien garny de ligures loules doreyes, avec deux grandes ligures (ranges (pii sont proslernés à
(1) Raoul Le Vallois, cun- de Saiiit-.It'an ; il avait succimIo en 160.") à M-' (iuillaiiniolif (iiiav. 11 moiiriit l'ii Hi"*! i-l l'ut ri-iiiplaci'' par M'' PitM-rt' (".liaiiviii.
genoux devant un vaze dans lequel repose le eorps de Xoslre Seigneur. Et fut le dit tabernacle placey en la dite église le \'endi'edy, vingt deux'"^ j<^^'ii* <^le Décembre 1()17; et l'ut faict par uiaistre Jean Le Febure, sculleur, bourgeois de S' Pierre de Caen et j'ay aindey a apporter le vaze pour mettre le corps de Xoslre Seigneur.
Les Estais généraux (1) tenus à Rouen durant le présent mois de Décend^re, ont achevey ce dit mois et an: et, estant achevey, le Roy et son Conseil s'en est retourney a Paris, a ceste fin de juger de ce qui est passé aux ditz Estats, sellon son advis et celuy de son Conseil.
Mil six cents dix huict.
Marin Fontaine, beau frère de mon frère Jean Le Marchand, fut hancey à Catherine Boulard, hlle de défunct Ollivier Boulard, en son vivant bourgeois de S' Michel de Vaucelles, le jour des Roys, Samedy six"^^ jour de Janvier 1618. Et furent fiancés en la présence de leurs parents et amis, tant de costéy que d'autre.
Le mariage de Marin Fontaine, lilz de Guillaume et de Catherine Boulard, fut parfaict et accomply et fut célébré en Féglise de Sainct Michel de Vaucelles, pai' maistre l^ierre des Rues, prestre, docteur et professeur, le Mardy saiziesme jour de Juin 1618, en la
(1) lieg. (le l'Hôtel de Ville, 4(), f"'Tr2. \". Les déi)uLés étaient: MM. Le Gauffre, pour le clergé; baron de GreuUy, iiour la ii<)l)le.sse: (Josselin (ville de Caen) et Sinion-Deiiis, pour le tiers-état.
1018 — (il —
prc'sence des pèi'c cl luèic, IVèi'os cl scriirs, oncles cl laiiles cl (le i)liisieiii's de leurs amis, laiil de cosley que d'autre.
Maislrc Jean Poulcicl, preslrccn réglise de Saincl Pierre de Caeu, iciidil sou espril le Mercredy viugL quai'"'' jour de Janvier 1(>IS, à Vaucelles, en la maison de Anne Poulcrci, sa nicpcc, veuIVe de deUuncl Piei'rc Honiard, en son vivanl bourgeois de Saincl Michel de \'aucelles de Caeu cl tut enterrey le Jeudy, vingt cinquiesme jour du dil mois cl couduicl au lieu de sa sépulture par tous les pi'cslres et conlVères de la Confrérie de S*^ Cécile. Kl le corps fut portey par quatre prestres de S' Pierre cl les quatre coings du drap l'urenl porlez par Maistre Cuillaume Guilbert, preslre et curey de S^ Estienne et Monsieur de Savigny, principal du Collège du Bois et deux des anciens prestres de Saincl Pierre. Et le dit convoy, vigilles et les leçons d'icelles furent toutes chantées en musicque. Ce faicl, Ions les prestres el confrères d'icelle confrérie furent adveilis de se trouver le lendemain au service (|ui se fera pour le salut de l'asme du trespassé. Ce qui fui faict a Thonneur des prestres et confrères.
Nous avons eu un grand Juhillé el Pardon de paiue et coulpc, au mois de mars MUS. El pour gaigner cestuy Juhillé, il l'allut assister h une procession généralle qui se lisl le premier Dimenchede Caresme, qualriesme joui' de Mai's, ou nous allil de Saincl Pierre, la ou s'esloienl assend)lécs loulcs les procès-
sions de ceste ville : de la, nous allit en l'église Sainct Estienne; et la lut chanteye une maisse enmusicque. El apprès que la maisse fut finye, nous retournit en ladite église de S' Pierre, au mesme ordre que nous en estoit party. El y avoit, à ladite procession, viron quatre vingt prestres, sans les religieux qui tous chantoyent. Et cela estoit Tort honorable et excitoit le peuple fort à la dévotion. Apprès, il fallut jeusner le Mercredy, Vendredy, Samedy: sept'"% neuf'"'^ et dix"^^ jours de Mars, ou pareils jours de la semaine suivante. Et l'ault visiter, chacun des ditz trois jours, ou du moins une fois pendant iceulx, les églises des Pères Cordeliers, Capucins, Carmes, Croisés, Jacobins, la chapelle des Pères Jésuittes et celle des Carmélines; et, en icelles éghses et chapelles, faire prière et oraison à Dieu qu'il lui ploize exalter son église, subvenir aux nécessitez présentes d'icelle; la défendre des entreprinses et embusches de ses ennemys; extirper les hérésies et donner la paix et vraye concorde aux princes chrestiens ; demander instamment à la boulé divine, santé, prospérité et conservation de la personne du Roy, de la Roync, de Monsieur Frère et de Mesdames les Sœurs de sa Majestey, et pour tout Testât de ce royaume. Et accompagner les prières des ausmônes, chacun estant exhortez de faire selon sa dévotion. Et apprès cela, ce fault confesser de tous ses péchez et recepvoir le plus dignement qui leur sera possible la très saine te communion, le Dimenche unz"'*^ ou dix huict™^ jour du dit mois de Mars, ou autre jour de la semaine entre les deux jours de Dimenche. Et apprès lequel Ju bille hny, il
lois — IHi —
a esté laid processions parliciillièics cl cliaciiiic des églisesde ccsLe Aille alloiL la ou bon leiii'scinbloil à leur dcvoliou. S' l-'ierre cl S^ Michel de \'aiicclles rurent aux Carmes apprès vespres, le Dinieuclie dix huicl'"® jour dudit mois et an.
Le Liuicly, dix ncul""" jour de Mars, Mous' de la Brière de Lingiè\ re lui alainl cl convaincu de plusieurs voUements, viollemenls cl esirondremens, dont il fut, pour les dilz crimes par luy commis, condamney, ledil jour, par noble homme Jacques Le Vavasseur, baillil' de courle robe au baillage de Caen, a avoir la teste tranchée au Vieil Marché (1). Et apprès midy, il fut appareillé pour le mener au supplice, y estant conduicl par deux Pères Jésuittes qui Tavoient bien résoUu à la moit el par le greflier et archers dudit sieur de Christol. Lux estant près dupillory, dans une rue que nous appelle la rue aux Fromages, du bout de laquelle on voit le pillory, ou se foui ordinairement les exécutions; dans laquelle rue se sont présentez Mc^nsieur Blondel, lieulenanl de Mous' le baillif de Caen el Mous'' son jeune frère, enfans de Monsieur d'Lngy, chastelain de Tilly sur SeuUes et Mous' Picard, recepveur des domaines ; le(|uel, à la requeste de Mous'' Blondel el de son frère el en vertu d'une évocalion (pTilz avoienl oblcnue en la Court du Parlement, a laid arrcsl sui' le dil de
(Il Cette place, actuelliMiieiit place Saint-Sauveur, appelée ilabonl place du Vieux-Marché et ensuite place du Pilori, avait été, de temps ininiéinorial, destinée aux exécutions de justice. Le ciuietiére de Téglise Saint-Sauveur en occupail une partie; il fut transféré prés des Halles en lO'.^S.
la Bricre et en a empesché rexécution. Et fut rameney dans la Conciergerie par les archers du dit sieur de Chrislol. \ DUS voirrez la sentence qu'il eust à Rouen.
Le Lundy dix neuf™*^ jour de Mars 1618, le pied lourclié liil abat lu en ceste ville de Caen. Et estoit un grand iniposl par le(piel il l'alloil payer cinq solz par bœuf et deux solz six deniers par vache et un sol par porçeau et beste à laine. Lequel impost avoit esté abattu aux Estats Généraux qui furent tenus par noslrc bon Hoy Louys de Bourl)on, traiziesme du nom, au mois de Décembre 1617.
Monsieur d'Engy, chastelain de Tilly sur Seulles, rendit Tesprit le Mardy, vingt quat'"^ jour d'Apvril 1618 et fut enterrey en Téglise de Tilly le Jeudy, vingt six™- jour dudil mois et an.
Le Mercredy, neuf '"'^ jour de May 1618, il y eult un gentilhomme, nommey Mons'deGuerville, de Sainct JuUien de Caen, (pii fut tué dans TAbaye de S* Eslienne de Caen, et un sien cousin, nommey Mons'" de Coulombiez-Guerville, de Sainct Estienne de Caen, lequel fut bien blessey audit lieu, par Mons'" de Sillens, assistey de six autres gentilshommes, lesquelz se sont enfuis après ledit assassinat (1).
Monsieur FEvesque de Bayeux est venu en ceste ville de Caen, le Dimenche, traiziesme jour de May
(1) Hippeau: Monographie do l'abbaye de Saint-Étienne de Caen. Mémoires de la Société des Antiquaires de Normandie, t. XVI, p. 222. Voir introduction, %IV. ■
1018 — (iS —
1018 el y vint pour rehéiiir le cliiineLiôre de Saiuct Nicollas, lecjuel avoil esté pollué par le meurtre et assassinat d'uu jeune honiuie noinmey Le Fauconnier, c[ui y fut tuey. Lequel chinietière l'ut rebény par le dit sieur évôsque, le Lundy, quatorz""' jour dudit mois. Va, audit jour, dans la dite églize, il donna conlirmation a plusieurs personnes; et le lendemain Mardy, il alla à FAbaye aux Dames ou il bénist tous les autelz et donna conlirmation aux religieuses et y l'ut jusques a Midy. Et, apprès Midy, il vint à S' Pierre ou il donna conlirmation a un grand nondjre de personnes le reste du jour. Et le lendemain au matin, saiz"^*^ jour dudit mois, c'est présentée Dianne Le Marieye, pour avoir conlirmation; laquelle l'ut nommey Anne par ledit sieur Évesque, et luy a chargé que désormais elle ne se lasse appeler autre nom que Anne. Et en ce dit lieu a sacrey plusieurs gallices et autres pièces d'argent qui seront pour dire la messe et a bény plusieurs chapelles et autels. Apprès Midy, il vint aux Garmélines, ou il donna conlirmation aux religieuses. Apprès cela, il s'en retourna à Bayeux, le Jeudy dix sept™^ jour de May
Le Lundy, deux'"^ jour de Juillet 1018, il l'ut donney un arrest au siège présidialde Gaen, a rencontre de Jean Moisson, fermier de la pelile coulume de ceste ville (1), lequel faisoit payer un double de clia- (jue beste à laine. Plusieurs marchands le lirent
(1) Rog. de rHôtol de Ville, M, f»» 34, A9, 101 et 103.
ajournera réformation de justice et fut ordonney que, a heure présente, il aporteroyt sa plancarte, dans laquelle il fui Irouvey que on ne luy debvoit que un denier à chaque beste vendue, et, s'il en venoist au Marchey que Ton ne vendist poinct, ilz ne doivent que une maille. Et que les gentilshommes, tant de la ville que des champs et les bourgeois de ladite ville de Gaen, ne doibvent rien de ladite coustume.
Jeudy, douziesme jour de Juillet 1618, il est arrivé une flam])ce par un petit escollier qui se jouayt avec deux petitz galletz à Thuis de la Tour; la ou nous bast la poudre à canon, derrière le gardin du Grand Manel (1). Il les frappa l'un contre l'autre de sorte qu'ilz hrent feu et alumist quelques grains de poudre espandue dans ladite Tour. De sorte que le feu print à celle que nous bal toit et à celle qui estoit faicte. Et cela jecta une si grande flambe et sortist hors une si grande fumée qu'elle jecla l'huis en pièces et n'y a voit rien dans la tour qui ne llambist. Et mesme l'escoUier et les ])atteurs f[ui battoient la poudre esl oient tout en feu, lesquelz pour se desteindre se vont jecter dans le fossey du gardin du Grand Manel. Et l'escollier fut eslaing parles voysins qui luy jetterenl cincj ou six sceaux d'eau sur le corps et furent tous bien blessés.
Le Jeudy, vingt six"^^jourde Juillet 1618, Jacques
(1) Le Grand Manoir était ainsi nommé d'un grand manoir qui y pendait comme enseigne. Cette maison donnait d'un coté sur la rue Exmoisine et de l'autre son janiin aboutissait aux lortilications (Iluet: Origines, p. \il\.
Le Brelhon, l)ourgeois de S^ Michel de Vaiicelles, est parly de cesle ville |)()iir s'aller rendre an couvenl des Pères Capucins de Pai'is: le(|nel avoil esié reçeuen cesle ville par frère Pascal d'Ahexille, proxiiicial, cpii y estoit pour lors. Le dit Le Brelhon ne s'eslanl i)as accoulunié au couvenl cl oi-dre des Capucins, s'en esl relirey el esl ai'rivey en cesle ville de Caen, le Irois""" jour de Sepieiiibre au dil an à Irois heures du malin.
Monsieur de la Brière de Lini>ièvre eslanl aux prisons de cesle ville de Caen, lecpiel avoil eslé condamney d'avoir la leste Iranchée, de laquelle senlence il y avoit eu une évocation au Parlenienl de Rouen, partit de cesle ville ])Our aller à Rouen le Mercredy, cincj heures du malin; le(|ucl fui meney el conduict par Mons' de Christot, baillif de courte robe au baillage de Caen. Ll eslanl à Rouen, les Chambres furent assemblées par plusieurs fois ou il fui ordonney que la sentence donney par le dil sieur de Christot seroil mise en exécution el que le dit sieur de la Brière auroit la tesle Iranchée et portée sur la porle de Bayeux à Caen. Ce qui fui exéculey à Rouen, le Jeudy ou Vendredy, deux ou Irois'"^ jour d'Aoust audit an. Et fui ordonney que le dil sieur de Christot auroit, pour les Irais qu'il a faicts à la pom^suite du dil de la Brière, qualre cenl cinquante livres; el les dits sieurs d'Angy el Le Picai'd furent mis eu conq)arancc personnelle à ladite couil de Parlement de Bouen, pom* a\()ii' ari'esley ledil sieur de la Brière en allanl faire exéculion de sa peisonne, comme avez veu avanl.
Maistre Francoys Vautier, et maistre Jean Langlois, tous deux prestres en l'église S* Michel de Vaucelles; Xicollas Baillehache; Jean Feuillet et moy, nous partismes pour aller au Mont Sainct Michel, le Jeudy deux'"^ jour d'Aoust 1618, à sept heures du matin, et revinmes le Lundy six"^'^ du dit mois à douze heures du Midy.
Le crucifix de Sainct Sauveur de Caen fut montey le Samedy c[uat'"' jour cFAoust 1618 et c'est de la façon de Jean Le Febuj'c, scuUeur, bourgeois de S' Pierre de Caen.
Le Dimenche, douz'"^ j<^^^ii' d'Aoust 1618, nous IxMiist une des ch)sches des Carmes, laquelle avoit esté fondue par Marin Ilébbert, surnommey Gallot, bourgeois de Caen, et fut montée le dit jour et pèse 204 livres.
Le Dimenche, dcux""^ jour de Septembre 1618, nous a^'ons faict le pain bénist en l'église de S* Michel de ^'aucelles, et le plat fut cueilly par Catherine Bidard, ma femme, laquelle rendit cinquante et cinq solz, qui furent reçus par honneste homme Jean Rouxel, dit La Pierre ; en la j)résence de Gaspard Boullard et de Pierre Le Marchand, mon père, tous trésoriers de ladite é^hse.
Le Lundy, six""' jour de Septembre 1618, noble homuie Jean de la Court, sieur du Buisson et de Maltot, a prins possession de Testât de Vicomte de
Caciî et a monlcy en chaire au dit jour, ou loules ses Ici 1res (le réception cl de pro^'ision de son dit estai t'urenl lues pul)lic((uenienl devant Tassislence: et a le dit sieur Vicomte achetey ledit estai de noble lionmie Louys de la Court, son frère. Ce dit joui', il nous donnist une sentence, à noslrc prolil, contre Robert Ducellier, qui nous empeschoil de vendre ses biens que j 'a vois faict prendre pour la somme de six cent trois livres; et fut ordonney (pTils seroienl vendus.
Le lundy vingt qual"'^' jour tie septembre HrlS, Robert Lieux, dit La Chapelle, natif de Ilermanvillc, demourant à Caen, lequel avoit espouzé la sci'ur de Mons^ du Londel; et Mons"" Dupont, Mons>" d'Allemaio'ne-Fournier et deux autres; le dict de la Chapelle fut cejourdhui ataint et convaincu de plusieurs viollements, vollemens et meurtres par luy commis, et condamney par noble honune Jacques Le \'avasseur, baillif de courte robe au baillage de Caen, a avoir la teste trancheye au Meil Marché. Ce (pii lut faict et exécutey le dit jour au dit lieu, par rexécuteur de ceste justice.
Monsieur Tévesque de Castres, frère de Mad. l'Abesse de Caen, estant en ceste Aille de Caen, a bénit Madame sa sœur et toutes les religieuses de ladite Abaye, lesquelles se sont reformées en se retirant de la comnumication des personnes. Kl pour Tadvenir on ne parlera à elles cpi'au travers d'une grille qui est mise a un lieu pour cest ellaict. N'oyez la cérémonye ci apprès.
Monsieur l'évesque estant près de dire la messe, le diacre et soubz diacre estant habillez, le sont allés quérir avec la croix et la banière. Estant venu, il l'ut habillé par le diacre et le soubz diacre des habits sacerdotaux qui estoient deux aubes : l'une de toile de lin et l'autre de taffetas blanc; la ceinture, l'estolle et le fanon ; la chasuble et une fort riche mitre, toute couverte de pierres précieuses. Estant près de dire la messe, TAbesse et les religieuses sont sorties de leur clouestre et s'en sont venues dans la cour de la dite église, assistez de Madamoiselle de Beuvron, Madamoiselle Marcpiise de Beuvron ; Madame la Baronessede Creuslyet plusieurs autres riches damoiselles qui les menoient. Et estant dans le chœur de la dite église, elles sont allés faire la révérence à Monsieur l'Evesque qui estoit dans une haute chaire, qui estoit couverte d'un poésie de drap d'or qui avoit esté préparé pour cet elTaict. Estant toutes à genoux et voillées d'un voille noir, il les a bénistes avec de l'eau. Apprès, il a commencey la messe, en laquelle y celles oui Ion les communiez et grand nombre de gens, tant nobles que bourgeois. Ce faict, il acheva la messe et fict une fort belle prédication à Madame l' Abesse et à toutes les religieuses qui estoient à genoux devant l'autel et les a couronnées toutes chacune d'une couronne bien riche. Et furent ramenez en leur clouestre par les damoiselles qui les avoient esté quérir et Monsieur l'évesque fut rameney au mesme ordre qu'on l'avoit esté quérir.