‹ Journal de VoyageChapitre 107 sur 294 · lranches minces · texte numérisé non relu

lranches minces

3. Comme on le verra plus loin, Montaigne aimait /es saludes (d'oranges) au sucre. Sa femme avait le même goût : « Voz citrons et voz oranges me sont venus fort à propos; je vous en remercie tres humblement; vous me faictes tousjours très de bien, » écrit-

découpés, soit de toile ou de cadis', à grandes bandes, et ratachés de louin à louin. M. de Montaigne regrettoit aussi ces licts qui se mettent pour couverture en Allemaigne. Ce ne sont pas licts tels que les notres, mais de duvet fort delicat, enfermé dans de la futene bien blanche, aus bons logis. Ceus de dessous en Allemaigne mesme, ne sont pas de cete façon, et ne s'en peut-on servir à couverture sans incommodité.

Je croy à la verité que, s'il eut été sul avec les siens, il fut allé plustot à Cracovie ou vers la Grece par terre, que de prendre le tour vers l'Italie; mais le plesir qu'il prenoit à visiter les pais inconnus, lequel il trouvoit si dous que d'en oublier la foiblesse de son eage et de sa santé, il ne le pouvoit imprimer à nul de la troupe, chacun ne demandant que la retrete. Là où * il avoit accoutumé de dire, qu’apres avoir passé une nuict inquiette, quand au matin il venoit à se souvenir qu'il avoit à voir ou une ville ou une nouvelle contrée, il se levoit avec desir et allegresse. Je ne le vis jamais moins las ny moins se pleingnant de ses doleurs, ayaht l'esperit, et par chemin et en logis, si tandu à ce qu'il rancontroit, et recherchant toutes occasions d'entretenir les Etrangiers, que je crois que cela amusoit son mal. Quand on se pleingnoit à luy de ce que il conduisoit souvent la troupe par chemins divers et contrées, revenant souvent bien pres d'où il étoit party (ce qu'il faisoit, ou recevant l'advertissemant de quelque chose digne de voir, ou chanjant

elle, vers 1620, au révérend père feuillant Marc-Antoine; et une autre fois : « Je vous mersie très humblement de tant de bien ct d'honneur que vous me faictes et de vos bonnes oranges, quy me servent à me donner de l'apetit. » Zuventaire de la collection Paven... par G. Richou, Paris, Téchener, 1878.

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