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Ca Fusina, ou Fusina

4. Edit. orig. : de cete riviere, avec des engeins... d'huile. On emporte...

5. Arnaud du Ferrier, né è 1oulouse vers l'année 1505, morten octobre 1585. Reyu docteur cn droit à Padoue, il professa à Bourges, puis à Toulouse, où il eut peut-être Montaigne pour élève. Président aux

cinq ans, à ce quil dit, Jouit d'un eage sein et enjoué. Ses façons et ses discours ont, je ne sçay quoi, de scholastique, peu de vivacité et de pouinte. Ses opinions panchent fort evidammant, en matiere

enquêtes au parlement de Paris, bien que s'étant compromis en 1559 avec le conseiller Anne du Bourg comme « fauteur des hérétiques », il fut envoyé ambassadeur du roi près le concile de Trente (1562), où il se montra si hostile à la cour de Rome qu'il dut se retirer à Venise ; 11 y fut à deux reprises nommé ambassadeur. a Le président du Ferrier, raconte Brantòme (t. III, p. 102), si longtemps arresté ambassadeur à Venise... s’en alloit quelquesfois faire des leçons publiques aux escolles à Padoue; ce qui desrogeoit fort à sa charge et authorité de son roy, qui ne le trouva bon, et ne lui fit bonne chère à son retour... » Lorsqu'il revint d'ambassade (1582), du Plessis-Mornai l’engagea à se convertir au protestantisme, disant : « Et donc est il point desormais temps de penser a sa conscience? à ces bons propos que vous m'avés autrefois tenus à Venizer à ceste resolution tant de fois repetée et de bouche et par lettres, de faire ouverte profession de la verité, de si long-temps connue, si long-temps recelée ? — Et si vivement l'en pressa, qu'il tira parole de luy, qu'il se declareroit; pe taisant pas toutefois qu'il eust bien voulu estre payé auparavant de quatorze mil escus qui luy estoient deubs de son Ambassade. » (Vie du Plessis Mornai, citée par Bayle.) Bientôt il abjura le catholicisme, et Henri de Navarre le nomma son chancelier. a M. de Montagne certes, ne se pouvoit saouler de dire à M. du Plessis; Vous avés gaigné une bataille sur nous, par l'appel de cest homme, honorant en luy une vertu que nous avons mesprisée. » (Z5:4.) Montaigne, comme intermédiaire entre le roi de Navarre et le maréchal de Matignon, eut souvent affaire avec « le bon home presidant Ferrier »; il en parle dans ses lettres au maréchal; ainsi, le 13 février 1585 : « J'ai veu... m' Ferrier malade à Ste Foi, qui se resout de me venir voir un jour de cete semmeine. Je ne m'atan pas qu'il y vieigne et me samble atandu son eage l'avoir laissé en mauves estat. » C'est sûrement à lui qu'il faisait allusion dans ce passage : « Et celuy qui se confessant à moy, me recitoit, avoir tout un aage faict profession et les effects d'une religion damnable selon luy, et contradictoire à celle qu’il avoit en son cœur, pour ne perdre son credit et l'honneur de ses charges : comment patissoit-il ce discours en son courage? De quel langage entretiennent ils sur ce subject, la justice divine? » Zssais (1595), liv. I, chap. Lvi. — Edit. orig. : M. de Ferrier.

pyvuucuse que, si un de leurs Jant parlé deus fois à lui, ils le tienderoint et aussi cela, que la ville de Venise val mille escus de rante à la Signeurie*.

Au demeurant les raretés de cete v connués. Il disoit l'avoir trouvée autre « imaginée, et un peu moins admirable.

et toutes ses particularités, avec extrem:

police, la situation, l’arsenal, la place de presse des peuples etrangiers, lui samblar plus remercables.

Le Lundy à souper, 7 de Novembre!

Veronica Franca, janti fame Venitiane, lui pour lui presanter un petit livre de Le

1. Ces trois phrases que j'ai introduites dans le entre crochets sont, dit l’Edit. orig., une « Note di la propre main de Montaigne ».

2. « Le métier d’ambassadeur est assez triste ici; i source que celle de vivre ensemble, et ne peuvent a' aucun noble, auxquels il est défendu, sous peine de chez eux. Ceci n’est point comminatoire, et l'on : exécuté à mort, seulement pour avoir traversé ] ambassadeur, sans parler à personne, pour aller v maitresse. » Le Président de Brosses, lettre XV.

3. « On dict que le tribut que la seigneurie leve sui l'huyle, et autres choses, monte a deux millions, ce fois cent mille ducatz, outre les tributz, cens, et leve des citez qui luv cons ---1*

a composé ; il fit donner deus escus audict home.

Le Mardy apres disner il eut la colicque qui lui dura deus ou trois heures, non pas des plus extremes à le voir, et avant souper il randit deus grosses pierres l’une apres l’autre.

Il n’y trouva pas cete fameuse beauté qu’on attribue aus Dames de Venise, et si vid les plus nobles de celles qui en font traficque ; mais cela lui sambla autant admirable que nulle autre chose, d'en voir un tel nombre, comme de cent cinquante ou environ, faisant une dépense en meubles et vestemans de princesses ; n’ayant autre fons à se meintenir que de cete traficque et plusieurs de la noblesse de là mesme,avoir des courtisanes à leurs despens, au veu et sceu d'un chacun?. Il louoit pour son service une gondole, pour Jour et nuict, à deus livres, qui sont environ dix sept solds, sans faire nulle despense au barquerol?. Les vivres y sont chers come à Paris; mais c'est la ville du monde où on vit à meilleur conte, d'autant que la suite des valets nous y est du tout inutile, chacun y allant tout sul; et la despense des vetemansde mesmes, et puis qu'il n°y faut nul cheval*.

1. Veronica Franco. née à Venise vers l'année 1546, abandonna en 154 onorato mestiere de courtisane, et mourut en 1591. Henri III l'avait visitée à son retour de Pologne. Elle avait fait imprimer en 1575 des Terze Rime, et tout fraichement des Lettere Famigliari a diversi, dédiées par une lettre du 2 août 1580 au cardinal Louis d'Este. Il y a encore quelques poésies d'elle éparses dans les Recueils du temps. A. d'Ancona. — « Ce sont grands imprimeurs de lettres, que les Italiens, j'en ay, ce crois-je, cent divers volumes. Celles de Annibale Caro me semblent les meilleures. » Essais (1588), liv. I, chap. xxxrx.

3. Un Cufalogue des plus honorées et fameuses courtisanes de Venise, imprimé vers 1574, en compte 215. A. d'Ancona.

3. De l'italien bzrcaruolo. « ... Les ignobles (de Callicut) sont tenus de crieren marchant, comme les gondoliers de Venise, au contour des ruës, pour ne s'entreheurter. v Æssais (1595), liv. III, chap. v.

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