En même temps
. my ue 1 enfant est pareil aus n Soudein que cete gland est ainsi « hastivemant du vin au ministre q la bouche, et sen va ainsy sucer la toute sanglante, et rand le sang incontinant reprent autant de vin Cela faict, on lui offre, dans un pe d'une poudre rouge qu'ils disent e:
gon!, de quoy il sale et couvre et puis enveloppe bien propremar enfant à tout des linges taillés tout on lui donne un verre plein de vi quelques oreisons qu'il faict, ils di en prant une gorgée, et puis y tra porte par trois fois à tout le doigt sucer en la bouche de l'enfant; et ce mesme estat, on l'envoye à la 1 sont en quelque autre endroit du lc qui reste de vin. Outre cela, un tier mant d’arjant, rond come un este une longue queue, lequel instrum petits trous come nos cassolettes, € premieremant du ministre, et pui puis du parein : ils présuposent que pour fortifier et éclaircir les esprit Il a toujours cependant la bouche t
SÉJQUR A ROME 227
Le 8, et depuis encore le 12, il eut un ombrage de colicque et fict des pierres sans grand doleur.
Le Quaresme-prenant qui se fit à Rome cet’année là, fut plus licentieus, par la permission du pape, qu'il n’avoit esté plusieurs années auparavant : nous trouvions pourtant que ce n’estoit pas grand’chose. Le long du cours, qui est une longue rue de Rome, qui a son nom pour cela, on faict courir à l’envi, tantost quattre ou cinq enfans, tantost des Juifs, tantost des vieillards tout nuds, d'un bout de rue à autre. Vous n'y avés nul plesir que de les voir passer davant l’endret où vous estes. Autant en font-ils des chevaus, surquoi il y a des petits enfans qui les chassent à coups de fouet, et des anes et des buffles poussés à tout des eguillons par des jans de cheval. A toutes les courses, il y a un pris proposé, qu'ils appellent el palo : des pieces de velours ou de drap ‘. Les jantils homes, en certein endret de la rue où les dames ont plus de veue, courent sur des beaus chevaus la quintaine, et y ont bonne grace : car il n'est rien que cete noblesse sache si communéemant bien faire que les exercices de cheval. L'eschaffaut que M. de Montaigne fit faire leur cousta trois escus. Il estoit aussi assis en un tres beau endret de la rue.
Ces jours-là toutes les belles jantifames de Rome s'y virent à loisir : car en Italie elles ne se masquent pas
d'usage qu'ils ne font : car j'ay souvent apperçeu qu'elles me changent, et agissent en mes esprits, selon qu'elles sont. Qui me fait approuver ce qu'on dit, que l'invention des encens et parfuns aux Eglises, si ancienne et espandue en toutes nations et religions, regarde à cela, de nous resjouir, esveiller et purifier le sens, pour nous rendre plus propres à la contemplation. » Essais (1588), liv. I, chap. Lv.
1. Il palio, poèle. — Edit. orig. : (ce sont) des pieces... 2. Quintaine : poteau fiché enterre, etgarni d’un bouclier contre
come en France, et se monstrent tout à descouvert!. Quant à la beauté parfaite et rare, il n'en est, disoit il, non plus qu'en France, et sauf en trois ou quattre, il n'y trouvoit nulle excellence : mais communéemant elles sont plus agreables, et ne s'en voit point tant de ledes qu'en France ?. La teste, elles l'ont sans compareson plus avantageusemant accommodée, et le bas audessous de la ceinture *. Le cors est mieus en France: car icy elles ont l'endret de la ceinture trop lache, et le portent comme nos fames enceintes ’; leur conte-
lequel on s'exerce à frapper de la lance, à lancer des traits, etc. Hatzfeld.
Voicy le Cameval, menons chascun la sienne, Allons halier en masque, allons nous pourmener... Voyons courir le pal à la mode ancienne, Et voyons par le nez le sot bufle mener...
Sus dunc despeschons nous, voicy la pardonnance : Il nous fauldra demain visiter les saincts lieux, Là nous ferons l'amour, mais ce sera des yeux, Car passer plus avant c'est contre l'ordonnance. J. du Bellay, Les Regrets, sonnet CXX.
1. Les jantifames en France portaient toujours un masque de velours noir pour se préserver du hâle.
3. « C'est une desplaisante coustume, et injurieuse aux dames, d'avoir À prester leurs levres à quiconque a trois valets à sa suitte, pour mal plusant qu'il soit. et nous mesmes n'y gaignons gueres ; car comme le monde se veoid party, pour trois belles il nous en fault baiser cinquante laides... » ÆEssais (1588), liv. III, chap. v.
3. « Quant aux choses indifferentes, comme vestemens. qui les voudra ramener à leur vraye fin, qui est le service et commodité du corps. d'ou depend leur grace et bien-seance originelle, pour les plus fantasticques à mon gré qui se puissent imaginer, je luy donray entre autres... cette longue queué de veloux plissé, qui pend aux testes de nos femmes, avec son attirail bigarré... » Æssais (1580). liv. I, chap. xx.
4. « Pour faire un corps bien espagnolé, quelle gehenne ne souffrent elles guindées et sanglées, À tout de grosses coches (entailles) sur les Costez, jusques à la chair vive? ouy quelques fois à en mourir. » Essais (1580), liv, I, chap. xL.
nance a plus de majesté, de mollesse, et de douceur. Il n'y a nulle compareson de la richesse de leurs vetemans aus nostres : tout est plein de perles et de pierreries. Partout où elles se laissent voir en publicq, soit en coche, en feste, ou en theatre, elles sont à part des homes : toutefois elles ont des danses entrelassées assés libremant, où il y a occasion de deviser et de toucher à la mein.
Les hommes sont fort simplemant vetus, à quelque occasion que ce soit, de noir et de sarge de Florence; et parce qu'ils sont un peu plus bruns que nous, je ne say comment ils n’ont pas la façon de Ducs, de Contes et de Marquis, comme ils sont, eins l'apparence! un peu vile : courtois au demurant, et gracieus tout ce qu'il est possible, quoique die le vulgaire des François, qui ne peuvent appeller gracieus ceus qui supportent mal-ayséemant leurs débordemans et insolence ordinere. Nous faisons, en toutes façons, ce que nous pouvons pour nous y faire décrier. Toutefois ils ont une antienne affection ou reverance à la France, qui y faict estre fort respectés et bien venus ceus qui meritent tant soit peu de l’estre, et qui sulemant se contiennent sans les offenser?.
Le jour du Jeudy-Gras, il entra au festin du Castellan. Il y avoit un fort grand appret, et notammant
1. Edit. orig. : (vu qu'ils) ont l'apparence... — Var. : ayant l'apparence...
2. « Je remarque ici, en général, que cette ardente vivacité des Frangais, jointe à la mauvaise habitude de préférer tout haut ce qui se fait chez eux à ce qui se pratique ailleurs, est une des principales causes pour lesquelles ils sont plus mal vus chez l'étranger qu'aucune autre nation. Elle fait dire qu’on ne peut les avoir pour compagnons: qu'ils veulent ètre maîtres partout, et qu'ils ne parlent que d'un ton despotique. Le caractère en dessous de la nation italienne sympathise mal avec nos manières puvertes et peu circonspectes. » Président de Brosses, lettre XLII.
- Lisuis vuvrages en rouge, a mant enduit le planchier de quelque pi et puis couchant sur ce blanc une piece ou de cuir, façonnée à piece levée des o y vouloit; et puis à-tout une epoussi rouge, on passoit par dessus cette piece on au travers des ouvertures, ce qu'on pavé, et si soudeinemant, qu'en deus.
d'une eglise en seroit peinte. Au soupe sont servies de leurs maris qui sont d d’elles, et leur donnent à boire et ce qu dent. On y servit force volaille rotie, r plume naturelle comme vifve; des ch:
tout entiers dans des bouteilles de verri vres, connils', et oiseaus vifs en paste*; « de linge admirables. La table des Dames, quattre plats, se levoit en pieces, et au celle-là il s’en trouva un'autre toute servie de confitures.
Ils ne font nulles masquarades pour s en font, à peu de frais, pour se promenei en publicq, ou bien pour dresser des par la bague. Il y en eut deus belles et riches de cette façon le jour du Lundy-Gras,
quintaine : surtout ils nous surpassent en abondance de tres-beaus chevaus.
Aïant doné congé à celui de mes jans qui conduisoit cete bele besouigne, et la voiant si avansée, quelque incommodité que ce me soit, il faut que je la continue moi - mesmes!.
Le 16 Fevrier, revenant de la station, je rancontray, en une petite Chapele, un Pretre revetu, ambesouigné à guerir un spirifato? : c'étoit un home melancholique et come transi. On le tenoit à genous davant l'Autel, aiant au col je ne scai quel drap par où on le tenoit ataché*. Le Pretre lisoit en sa presance force oresons et exorcismes, comandant au Diable de laisser ce cors, et les lisoit dans son breviaire. Apres cela il detournoit son propos au patiant, tantost parlant à lui, tantost parlant au Diable en sa personne, et lors l'injuriant, le battant à grans coups de pouin, lui crachantau visage. Le patiant repondoità ses demandes quelques responses ineptes : tantost pour soi, disant come i) santoit* les mouvemans de son mal; tantost pour le Diable, combien il creignoit Dieu, et combien ces exorcismes agissoint contre lui. Apres cela qui dura longtams, le Pretre, pour son dernier effort, se retira à l’Autel et print la Custode de la mein gauche, où etoit le Corpus Domini*; en l'autre mein tenant une bougie alumée, la teste ranversée contre bas, si qu'il la faisoit fondre et consomer, prononçant cependant des oresons, et au bout des paroles de menasse et de rigur contre le Diable, d'une vois la plus haute et
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1. Tout le reste du Journal est écrit de la main de Montaigne. 2. Possédé, démoniaque.