‹ Journal de VoyageChapitre 199 sur 294 · Edit. orig. : lui tousiours · texte numérisé non relu

Edit. orig. : lui tousiours

2. « J'ay veu la naissance de plusieurs miracles de mon temps. Encore qu'ils s'estouffent en naissant, nous ne laissons pas de prevoir le train qu'ils eussent pris, s'ils eussent vescu leur aage... Car quiconque croit quelque chose, estime que c'est ouvrage de charité, de la persuader à un autre. Et pour ce faire, ne craint point d’adjouster de son invention, autant qu'il voit estre necessaire en son compte, pour suppleer à la resistance et au deffaut qu'il pense estre en la conception d’autruy... Il y a du mal'heur, d'en estre là, que la meilleure touche de la verité, ce soit la multitude des croyans, en une presse où les fols surpassent de tant, les sages, en nombre... La premiere persuasion prinse du subject mesme, saisit les simples : de là elle s'espand aux habiles, soubs l'authorité du nombre et ancienneté des tesmoignages... Et à la verité, il est requis un bien prudent, attentif, et subtil inquisiteur, en telles recherches : indifferent, et non preoccupé. Jusques à cette heure, tous ces miracles et evenemens estranges, se cachent devant moy. Je n'ay veu monstre

sage alien, Ésclavon, Frangoi Il ya au Cœur, un'anseigne der les armes d'autre Roy.

Il disent qu'ils y voient so grans tropes venir à cete devotio loin qu'ils descouvrent l'Eglise puis sur les lieus tant de protes Nostre Dame, pour retourner à :

lui avoir doné occasion de les merveille.

Je m'informai que de Lorette, de la marine, en huit petites jouri que je desire de faire. Il faut pa cita de Chiete*, où il y a un Proca Dimanches pour Naples.

Je offris à plusieurs Prestres de s'obstina à le refuser, et ceus qui e à toutes les difficultés du monde.

dent leur grein dans des caves, s le 25 d'Avril que j'offris mon veu.

A venir de Rome à Lorette, 2 fumes quatre jours et demi, il n

et miracle au monde -*

DE LORETTR A LUCQUES 293

monnoie, qui sont 50 sols piece, pour cheval, et celui qui nous louoit les chevaus les nourrissoit et nous. Ce marché est incommode, d'’autant qu'il hastent vos journées, à cause de la despanse qu'ils font, et puis vous font treter le plus escharsemant qu'ils peuvent!.

Le 26, j'allai voir le Port à trois milles delà, qui est beau ; et y a un fort qui despant de la communauté di Ricanate *. |

Don Luca-Giovanni Beneficiale, et Giovanni-Gregorio da Cailli, Custode de la Sccrestia, me donnarent leurs noms, affin que, si j'avois affaire d'eus ou pour moi ou pour autrui, je leur escrivisse : ceus-là me firent force courtoisies?. Le premier comande à cete petite chapelle, et ne vousit rien prandre de moi. Je leur suis obligé des effaicts et courtoisies qu'ils m'ont faictes de parole.

Ledict Mercredi apresdisner, je suivis un pais fertile, descouvert, et d'une forme meslée, et me randis à souper à

ANCONA, quinze milles. C’est la maitresse ville de la Marque : la Marque etoitfaus latins Picœnum*. Elle" est fort peuplée et notammant de Grecs, Turcs, et Esclavons, fort marchande, bien bastie, costoiée de deus grandes butes qui se jetent dans la mer, en l'une desqueles est un grand fort par où nous arrivasmes. En l’autre qui est fort voisine, il y a un’Eglise. Entre ces deus butes', et sur les pandans d'icelles, tant d'une part que d'autre, est plantée cete ville : mais le prin-

qe ee 0

Page 1