Bisenzio. — Edit. orig. : petite ville, dix milles
2. Ortundus, originaire de là. — Le cardinal Nicolas, dit de Prato. dominicain, évèque d'Ostie et de Velletri, accompagna, comme légat du pape, l'empereur Henri VII dans son expédition en Italie. Il mourut en Avignon (1321). A. d'Ancona. — Montaigne crut peut-être qu'on lui parlait du chancelier Duprat, cardinallégat (1463-1535).
, 3. Robert d'Anjou, roi de Pouille, à qui la ville de Prato se donna en 1313. À. d'Ancona.
4. Poggio a Cajano, sur l'Ombrone, villa de Laurent le Magnifique, bàtie par Julien de Sangallo.
etoffes bigarrées, qui ne sont que de leine fort ine, et les doublent de tafetas à quatre fils de mesme colur de l’estoffe. Nous y vismes le cabinet des distiloirs du Duc et son ouvroir du tour, et autresinstrumans: car il est grand mechanique.
Delà par un chemin tres droit et le pais extrememant fertile, le chemin clos d'abres ratachés de vignes!, qui faict la haie, chose de grande beauté, nous nous randismes à souper à
Pisrois, quatorze milles. Grande ville sur la riviere d'Umbrone; les rues fort larges, pavées come Florance, Prato, Lucques, et autres, de grandes plaques de pierre fort larges. J'obliois à dire que des salles de Poggio, on voit Florance, Prato et Pistoia, de la table: le Duc etoit lors à Pratolino. Audict Pistole, il y a fort peu de peuple, les Eglises belles, et plusieurs belles maisons. Je m’enquis de la vante des chapeaus de paille, qu'on fit 15 s.Il me samble qu'ils vaudroint bien autant de frans en France. Aupres de cette ville et en son territoire, fut ancienemant deffaict Catilina?. Il y a à Poggio, de la tapisserie represantant toute sorte de chasses; je remercai entr'autres une pante de la chasse des Autruches, qu'ils font suivre à gens de cheval, et enferrer à-tout des Javelots.
Les Latins apelent Pistoïa, Pis{orium ; elle est au Duc de Florance. Ils disent que les brigues antienes des maisons de Cancellieri et Pansadissi?, qui ont eté autrefois, l'ont einsi randue come inhabitée, de maniere qu'ils ne content que huit milles ames en tout; et Luques qui n'est pas plus grande, fait vint et cinq mille habitans et plus.
ES
1. Edit. orig. : d'abres, ratachés de vignes qui.., 2. Catilina y périt avec la plupart de ses soldats, en 62 avant J.-C. 3. Panciatici. A. d’Ancona.
DE LORRTTE A LUCQUES 311
Messere Tadeo Rospigliosit, qui avoit eu de Rome lettre de recommandation en ma faveur, de Giovanni Franchini, me pria à disner le landemein, et tous les autres qui etions de compaignie?. Le Palais fort paré, le service un peu faroche* pour l’ordre des mets, peu de viande, peu de valets ; le vin servi encores apres le repas, come en Allemaigne.
Nous vismes les Eglises : à l’elevation, on y sonnoit en la maitresse Eglise les trompettes. Il y avoit parmi les enfans de ceurs des Prestres revestus, qui sonnoint des saquebutes*. Cete povre ville se païe de la liberté perdue sur cete veine image de sa forme antiene. Ils ont neuf premiers et un Gonfalonier qu'ils elisent de deus en deus mois. Ceus-ci ont en charge la police, sont nourris du Duc, com'ils etoint antienemant du Publiq, logés au Palais, et n’en sortent jamais guiere que tous ensamble, y etant perpetuelemant enfermés. Le Gonfalonier marche devant le Potesta que le Duc y envoie, lequel Potesta en effaict a toute puissance ; et ne salue ledict Gonfalonier persone, contrefaisant une petite roiauté imaginere. J’avois pitié de les voir se paitre de cete singerie, et cepandant le Grand-Duc a accreu les subsides des dix pars sur les antiens*.
La pluspart des grans jardins d'Italie nourrissent l'herbe aus maistresses allées et la fauchent. Environ
1. Il fut à plusieurs reprises gonfalonier de la ville. A. d'Ancona. — Edit. orig. : Rospiglioni. |
3. G. Franchini, légiste distingué, Conservateur de Rome, qui fut en 1582, Provéditeur du château Saint-Ange. A. d'Ancona.