Brantome, t. V.p
cédait le pas à ce jeune homme dans les cérémonies, par exemple pour « baiser les pieds au Pape! ». Il n'en restait pas moins le seul maïtre de choisir la route et le logis, de séjourner ou de repartir, le guide un peu capricieux, l’orateur et le chef de la petite troupe.
Charles d’Estissac dut hanter les écoles dés son arrivée à Rome, où Grégoire XIII l’ « admonesta... à l’estude et à la vertu? ». On peut supposer pourtant qu’il suivit Montaigne à Lorette et à Lucques8. Il fut de ces gentilshommes qui tinrent compagnie jusqu'à la première poste au maire de Bordeaux lorsqu'il partit pour la France*.
De même que Matecoulon, il ne tarda pas à mettre en pratique sa science de l'escrime. Il se fit tuer le 8 mars 1586 « sur le chemin d’entre Monrouge et Vaugirard * », dans un duel que nous raconte encore Brantôme“. Le baron de Biron et le sieur de Carancy « chefs de la querelle » avaient pris pour seconds et tiers, l’un les sieurs de Lognac et de Genissac, l’autre Estissac et La Bastye. Ces gentilshommes « braves et vaillans... pour servir leur amy ou par gayeté de cœur... s'en voulurent faire de feste et s’entre-battre, bien qu’aucuns fussent amis et parlassent avant souvent ensemble. Ils s’allèrent bravement battre sans faire nul bruit, à une lieue de Paris, dans beaux champs pour n'irriter le roy qui estoit et ne vouloit point ces combats. Ce fut pour un bon matin qu'il neigeoit à outrance, sans appréhender le mauvais temps. Nul ne vid le commencement ny la fin, tant ils conduisirent secrettement leur entreprise, sinon quelques pauvres gens passans. La fortune fut si bonne pour M. le baron et ses deux confidans, que chascun
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