‹ Journal de VoyageChapitre 22 sur 294 · Brantôme, édit. Lalanne, passim · texte numérisé non relu

Brantôme, édit. Lalanne, passim

a. Essais (1580), liv. II, chap. vin.

maître d'hôtel d'Henri III. Pour ce mariage, le roi avait accordé à son favori les revenus de l'évêché de Cornouailles (Quimper) ; ce qui fit décocher -sur eux cette épigramme:

Pour espouser Rouet avoir un évesché,

N'est-ce pas, à Combaud, sacrilége pecché,

Dont le Peuple murmure et l'Eglise souspire ? Mais quand de Cornouaille on oit dire le nom, Digne du mariage on estime le don,

Et, au lieu d'en pleurer, chacun n'en fait que rire‘.

Peut-être que Montaigne, toujours fidèle à ses amitiés, pensait à Me de Combaut, lorsqu'il écrivait ceci, plusieurs années après : « J'en ay veu, desquelles la reputation a esté long temps interessee par injure, s’estre remises en l'approbation universelle des hommes, par leur seule constance, sans soing et sans artifice : chacun se repent et se desment, de ce qu'il en a creu. De filles un peu suspectes, elles tiennent le premier rang entre les dames de bien et d'honneur?. »

Quoi qu'il en soit, elle était heureuse de confier à un tel gouverneur son fils, qu'elle envoyait sans doute « en l’escole de l'escrime à Rome ». Charles d’Estissac emportait des lettres du roi et dela reine-mère qui le recommandaient au duc de Ferrare comme devant « s'arrêter quelque temps en Italie, et se livrer cependant aux plus vertueux et honnétes exercices qui s y font chaque jour? ». C'était le dernier rejeton mâle d'une très ancienne famille de l'Agénois, qui avait recu en héritage le nom et les armes d'Estissac ; Geoffroi d'Estissac, évêque de Maillezais, le protecteur et l'ami de Rabelais, était son grand-oncle *. Montaigne, petitfils de marchand, bien qu'il fût chevalier de l'ordre du roi, et qu'il portàt ordinairement « l'image de sainct Michel tout en or pur ou esmaille, pendu avecqu’un ruban noir »,

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