Kaiserstubl
d'autres, mesme à Bade, mais non pas de pareille grandeur. Des premieres branches, et plus basses, ils se servent à faire le planchier d'une galerie ronde, qui a vint pas de diametre ; ces branches, ils les replient contre-mont, et leur font embrasser le rond de cette galerie, et se hausser à-mont, autant qu’elles peuvent. Ils tondent apres l'abre, etle gardent de jetter! jusques à la hauteur qu'ils veulent donner à cette galerie, qui est environ de dix pieds. Ils prennent là les autres branches qui viennent à l'abre, lesqueles ils couchent sur certennes clisses pour faire la couverture du cabinet, et depuis les plient en bas, pour les faire joindre à celles qui montent contre mont, et remplissent de verdure tout ce vuide. Ils retondent encor apres cela l'abre jusques à sa teste, où ils y laissent espandre ses branches en liberté. Cela rendune tres belle forme et est un tres bel abre. Outre cela, ils ont faict sourdre.à son pied un cours de fontene qui se verse audessus du planchier de cette galerie.
M. de Montaigne visita les Bourguemaistres de la ville, qui, pour le gratiffier avecques autres officiers publiques, vindrent soupper à nostre logis, et y firent presenter du vin à M. d’Estissac et à lui. Ce ne fut sans plusieurs harangues cerimonieuses d'une part et d’autres. Le principal Bourguemaistre estoit gentil’ homme et nourri page ches.feu M. d'Orleans, qui avoit desja tout oblié son frangois*?. Ce canton fait profession d'estre fort nostre, et en a donné ce tesmoingnage recent, d’avoir refusé à nostre faveur la confederation que feu M. de Savoie recherchoit avec les cantons, de quoy Jj'ay faict cy dessus mention.
Le samedy 8°. d'Octobre, nous partismes au matin à
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