Lessives
ville. Une pierre de la hauteur d’un home qui sembloit estre la piece de quelque pilier, sans façon ny ouvrage, plantée à un couin de maison pour paroitre sur le passage du grand chemin, où il y a une inscription latine que je n’eus moyen de transcrire; mais c'est une simple dedicace aus empereurs Nerva et Trajan.
Nous vinsmes passer le Rhin à la ville de Keyserstoul! qui est des alliées ‘des Souisses, et catholique ; et delà suivimes ladite riviere par un tres beau plat pais, Jusques à ce que nous rencontrames des saults, où elle se rompt contre des rochiers, qu'ils appellent les catharactes, comme celles du Nil. C'est que audessoubs de Schaffouse le Rhin rencontre un fond plein de gros rochiers, où 1l se rompt, et au dessoubs dans ces mesmes rochiers il rencontre une pante d'environ deux piques de haut, où il faict un grand sault, escumant et bruiant estrangement. Cela arreste le cours des basteaus et interrompt la navigation de laditte riviere. Nous vinsmes soupper d'une trete à
SCHAFFOUSE, quatre lieues. Ville capitale de l’un des cantons des Souisses de la religion que j'ay susdict, de ceux de Zurich. Partant de Bade, nous laissames Zurich à main droite où M. de Montaigne estoit deliberé d'aller, n’en cstant qu'à deux lieues; mais on lui rapporta que la peste y estoit.
A Schaffouse nous ne vismes rien de rare. Ils y font faire une citadelle qui sera assés belle. Il y a une bute à tirer de l’arbalestre, et une place pour ce service, la plus belle, grande et accommodée d'ombrage, de sicges, de galeries et de logis, qu'il est possible ; et y en a une pareille à l'hacquebute. Il y a des moulins d'eau à sier bois, comine nous en avions veu plusieurs ailleurs, et à broyer du lin et à piller du mil. ll y a aussi un abre de la façon duquel nous en avions veu