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Ce qui leur manque

par indigence, on le connoit assés au reste de leur equipage; et n'en est point où chacun ne boive en grands vaisseaux d'argent, la pluspart dorésetlabourés, mais ils l'ont à dire! par coustume. C'est un pais tres fertile, notament de vins.

Pour revenir à Constance, nous fumes mal logés à l’Aigle, et y receumes de l’hoste un trait de la liberté et fierté barbare Alemanesque, sur la querelle de l’un de nos homes de pied avec nostre guide de Basle. Et parce que la chose en vint jusques aus juges, ausquels il s'alla pleindre, le Prevot du lieu, qui est un Gentilhome italien, qui est là habitué et marié, et a droit de bourgeoisie il y a longtemps, respondit à M. de Montaigne, sur ce qu'on l'enqueroit, si les domestiques serviteursduditseigneurserointcrusen tesmoingnage pour nous : il respondit que oui, pourveu qu'il leur donnat congé, mais que soudain apres il les pourroit reprendre à son service *. C'étoit une subtilité remercable.

Lendemein qui fut Dimenche, à cause de ce desordre, nous arrestames jusques apres disner, et changeames de logis au Brochet, où nous fumes fort bien. Le fils du Capitene de la ville, qui a .esté nourri page chez M. de Meru*, accompaigna tous-jours Messieurs à leur repas et ailleurs; si ne sçavoit-il nul mot de françois. Les services de leurs tables se changent souvent. On leur donna là, et souvent depuis, apres la nappe levée, d'autres nouveaus services parmy les verres de vin : le premier, des canaules, que les Guas-

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