Chaires
aysé de distinguer les nobles, d'autant que toute façon de jans portent leurs bonets de velours, et tous des espées au costé.
Nous estions' logés à l'enseigne d'un abre nomé linde? au pais, joingnant le palais des Foulcres*. L'un de cete race mourant quelques années y a, laissa deux millions d'escus de France vaillant à ses heritiers: et ces heritiers, pour prier pour son ame, donnarent aus Jesuites qui sont là trente mille florins contans, de quoi ils se sont tres bien accommodés :. Laditte maison des Foulcres est couverte de cuivre. En general les maisons sont beaucoup plus belles, grandes et hautes qu’en nulle ville de France, les rues beaucoup plus larges; il l'estime de la grandeur d'Orleans.
Apres disner, nous fumes voir escrimer en une sale publicque où il y avoit une grand'presse, et paie-t-on à l’antrée, com'aus bateleurs, et outre cela les sicges des bancs. Ils y tirarent au pouignard, à l'espée à deus mains, au baton à deus bouts, et au braquemart *; nous vimes apres des jeus de pris à l’arbaleste et à l'arc, en lieu encore plus magnifique que à Schafouse.
De là à une porte de la ville par où nousétionsantrés, nous vimes que sous le pont où nous etions passés, il coule un grand canal d'eau qui vient du dehors de la ville, et est conduit sur un pont de bois au dessous de
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