Edit. orig. : en leur logis
du lict, etsouventau niveau du chevet!; le bois en est fort beau et labouré; mais notre nover surpasse de beaucoup leur sapin. Ils servoint là aussi les assietes d'estein tres luisantes, au dessous de celes de bois par dedein ; ils metent souvent contre la paroy a coté des licts, du linge et des rideaus, pour qu'on ne salisse leur muraille en crachant. Les Alemans sont fort amoureus d’armoiries : car en tous les logis, il en est une miliasse que les passans jantils-homes du pais v laissent par les parois, et toutes leurs vitres en sont fournies. L'ordre du service y change souvent; ici les ecrevisses furent servies les premieres, qui partout ailleurs se servoint avant l'issue, et d’une grandeur estrange. En plusieurs hosteleries, des grandes, ils servent tout à couvert. Ce qui fait si fort reluire leurs vitres, c'est qu’ils n'ont point des fenestres attachées à nostre mode, et que leurs chassis se remuent quand ils veulent, et fourbissent leurs verrieres fort souvent.
M. de Montaigne, le landemein qui estoit dimenche, matin, fut voir plusieurs Eglises, et aus Catholicques qui sont en grand nombre, y trouva partout le service fort bien faict. Il y en a six Luteriennes et seize Ministres; les deux des six sont usurpées des Eglises Catholicques, les quatre sont batties par eux. Il en vit une ce matin, qui samble une grand'sale de Colliege : ny images, ny orgues, ny crois?. La muraille chargée
1. C'est-à-dire : souvent les bois de lit sont aussi élevés aux pieds qu'à la tête.
2. « Que ceux qui nous ont voulu bastir ces annces passces, un exercice de religion, si contemplatif et immateriel, ne s'estonnent point, s'il s’en trouve, qui pensent, qu'elle fust eschappée et fondue entre leurs doigts, si elle ne tenoit parmy nous, comme marque, tiltre, et instrument de division et de part, plusque par soy-mesmes. » Essais (1588), liv. III, chap. vin. « Je laisse à part les autres arguments qui s'employent à ce subject. Mais à peine me feroit on accroire, que la veuè de noz crucifix, et peinture de ce piteux
de force escris en Alemant, des passages de la bible; deux cheses!, l’une pour le Ministre, et lors il y en avoit un qui prechoit, et au dessous une autre où est celui qui achemine le chant des psalmes. A chaque verset ils atendent que celui-là donne le ton au suivant; ils chantent pesle mesle, qui veut, et couvert qui veut. Apres cela un Ministre qui estoit dans la presse, s'en alla à l'autel, où il leut force oresons dans un livre, et à certenes oresons, le peuple se levoit et joingnoit les meins, et au nom de Jesus-Christ faisoit des grandes reverances. Apres qu'il eut achevé de lire descouvert, il avoit sur l'autel une serviette, une eguiere et un saucier où il y avoit de l’eau; une fame suivie de dix ou douze autres fames li presanta un enfant emmailloté, le visage découvert. Le Ministre à tout ses doits print trois fois de l'eau dans ce saucier, et les vint lançant sur le visage de l'enfant et disant certenes paroles. Ce faict, deux homes s'aprocharent et chacun d'eus mit deus doigs de la mein droite sur cet enfant : le Ministre parla à eus, et ce fut faict. M. de Montaigne parla à ce Ministre en sortant. Ils ne touchent à nul revenu des eglises, le Senat en public les paie; il y avoit beaucoup plus de presse en cette eglise sule, qu'en deux ou trois Catholicques. Nous ne vismes nulle belle fame; leurs vetemans sont fort differans les uns des autres; entre les homes il est mal
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supplice, que les ornements et mouvements ceremonicux de nor cglises, que les voix accommodées à la devotion de nostre pensée, et cette csmotion des sens n'eschauffent l'ame des peuples, d'une passion religieuse, de tres-utile effect. » Æssuis (1595), liv. II chap. xm. « Il n'est... ame si revesche, qui ne se sente touchée de quelque religicuse reverence, à considerer cette vastità sombre de noz egliscs, la diversité d'ornemens, ct ordre de noz ceremonies, et ouyr le son devoticux de noz orgues, et l'harmonie si douce, posée, et religieuse de noz voix. » Essais (1580), liv. II, chap. xu.