LXXV. — MAGITOT [E.) : Traité des anomaues nu système
DENTAmS CHEZ lHoMME ET LES MAMMIFÈRES; 1 VOl. in-4,
accompagné de 20 pi. Paris; 1877.
L'auteur de ce travail s'était déjà fait connaître par la publication de plusieurs bons Mémoires, en partie insérés dans
{kOO PETfiRS.
le Journal de rAnatomie et de la Phythloçie de M. Ch. Bobin, et il a, particulièrement, fait paraître, soit avec la collaboration de ce savant professeur, soit avec celle de M. Ch. Legros, le résultat de recherches approfondies sur l'origine et la formation du follicule dentaire.
Il traite successivement, dans le livre dont on vient de lire le titre : 1^ des anomalies de forme, S^ des anomalies de volume, 3^ des anomalies de nombre, i"" des anomalies de siège ou hétéropies, 5^ des anomalies de direction, 6"" des anomalies de l'éruption, que celle-ci soit précoce ou tardive, T des anomalies résultant de l'atrophie ou de l'hypertrophie nutritive, 8^ des anomalies de structure et d"" des anomalies de disposition, que ces dernières résultent de réunions anormales, de disjonctions, etc.
Les faits décrits par M. Hagitot sont surtout empruntés à l'espèce humaine, mais il en est aussi beaucoup qui se rapportent aux animaux. Son but a été de présenter d'abord une étude d'ensemble sur la tératologie du système dentaire et de tracer ensuite, dans une exposition méthodique, la description des genres, espèces et variétés d'anomalies qui peuvent s'offrir à l'observation. Son ouvrage est indispensable aux personnes qui s'occupent de l'odontologie envisagée comme branche de l'art médical ; il ne sera pas moins utile à celles qui ont surtout en vue la partie zoologique de ce curieux sujet ; on ne saurait trop le remercier de l'avoir entrepris.
LXXVI. — PETERS (W.) : Révision de lk famille des Ota- RiDÉs (ManaUbericht Acad. Berlin, 1877, p. 505).
M. Peters a été conduit, par ce travail de révision, à constater l'existence de treize espèces dans ce groupe et il les rapporte a trois genres difiërents, sous le nom d'Otaria^ Péron, Eufnetùpia$9 Gill, et Ardocephalus, F. Cuv.
ANUAinL DE LA NOUVELLE-GUINÉE. fcOl
Yoici les noms de ces espèces :
Genre Otaria : 0. jubata^ Forster (0. leanma, F. Cuv. et 0. VlloiB, Tschudi.
Genre Eumbtopias : E. Stelleri, Lesson. -^ E. Gillietpii, Hc Bain (Phoearetos elongatus, Gray). — E. cinerea, Péron (0. albicolis, Péron*/ 0. australù, Quoy et G. ; 0. lobata, Gray). -^ £. Hookeri, Gray.
Genre ârgtocbphalus : il. pwîllti^, Schreber. — A. falklan-dicus, Sbaw(0. porcina, Holina?; 0. aufita^ Humboldl). — A. brevipes^ Pelers (0. cinerea^ Quoy et G.). — A. 6%ani, Peters (des lies SaintrPaul et Amsterdam). — 0. Farslerif Lesson (Nouvelle-Zélande et mers antarctiques). — 0. gazella, Peters (lie de Eerguelen). — A. Philippii, Peters (de Juan Fernandez et Masafuera). — A. ursinus, Lioné (du détroit de Behring et de la côte N.-O. d'Amérique jusqu'en Californie, ainsi que des mers asiatiques jusqu'au Japon).
LXXVIL — Animaux dr la Nouvelle-Guinée.
Nous avons déjà eu l'occasion de citer dans ce Recueil (1) les intéressantes recherches de M. Heyer sur les Heptiles de la Nouyeile-Guinée ; celles de M. W. Macleay (2), relatives aux animaux de la Inême classe, n'ont pas moins d'importance.
De son côté, M. Heyer (3) a aussi donné des détails sur les Oiseaux du même Archipel ; MM. Salvadori (4) et Bowlder- Sharpe (5) s'en sont également occupés. Des Poissons recueillis,
(1) T. IV, p- 348.
(% Prœeed. Uim. Soc, New Sauih fFata, t. II, p. 33; 1877.
(3) Joum. de Zoologie, U IV, p. 48-2.
(4) im.j X. V, p. 73.
(5) Joum. Linn. Soe. London^ t. XII F, p. €9 ; 1877.
JOIIUKAL DB ZOOLOGIV. — T. VI. 1877. S6
403 ZITTRL.
dans les mêmes îles ne tarderont sans doute pas à être décrits et les Mammifères ont fourni dernièrement laar contingent. Nonseulement MM. Peters et Doria ont signalé l'Échidné nouveau dont nous avons parlé plus haut sous le nom générique d'Acanthoglossns (1); M. Ramsay a fait connaître la découverte d'un Écbidné diJQBérent de celui de Bruijn (Eehidna Laweni, Rams.), particulier à la région sud et moins différent de YE. aculeatOi quoique constituant pourtant une espèce bien distincte (S). MM. Peters et Doria ont en outre décrit trois espèces nouvelles de Mammifères ayant la même origine que l'Échidné de Bruijn, et ils les ont nommées : Phoicogale dorsalis^ Peramekt longicauda et Uromys Bruijnii (3). De son côté, M. A. Edwards (4) vient d'en signaler trois autres ; il les appelle : Dromieia caudata, Cu$cus vestilus et Pagonomyi tMcrwrus.
Rappelons aussi que M. Ramsay a décrit un Péramèle nouveau du port Moresby, le Perameles MoreibyeMÙ (5).
L'ordre des Rongeurs, auquel appartient le Pogonomys, se trouve dès à présent représenté, à la Nouvelle-Guinée et dans les îles qui en dépendent, par sept espèces, savoir : VHydromys Beccarii, Peters, quatre Uromys, le Mus Brownii et le Pogonomys dont il vient d'être question.
Ces observations confirment Tanalc^e qu'on avait supposé exister entre la faune de l'Australie et celle de la Nouvelle* Guinée.
LXXVIII. — ZITTEL : Annonce de la découverte d'un nouveau SQUELETTE D'ÀRCHiEOPTERYX DANS LE CALCAmB LITHO-
(1) T. YI, p. 375.
(2) Proceed. ZIrtn. Soe. New-Souih WdeSy t. II, p. 7; av. fig.
(3) Jnn. Mus. civ. di ffist. nat. di Genova, (. VUI, p. 325.
(4) Compt, rend, hebd, Acad. se. Paris, U LXXXY, p. 1079.
(5) Loco, cit.y p. 14.
ANDnSON. Mit
GRAPHIQUE BB SoLENHOFEN [Acod. $c. Boûthre ; mai, 1S77].
Les calcaires lithographiques de Solenhofen ont fourni, en 1861, l'empreinte d'un animal fort singulier, considéré d'abord comme étant un Reptile, mais M« Owen, ayant étudié avec soin ce fossile, reconnut, au contraire, qu'il provenait d'un Oiseau auquel il donna le nom à' Archœopteryx (!)• M. Hâberlein vient d'avoir la bonne fortune de rencontrer, dans le même gisement, un nouvel exemplaire de ce genre* La plaque sur laquelle il Ta été trouvé est brisée en deux fragments inégaux. Le plus petit présente une porlion de la queue et des membres postérieurs; le plus grand est encroûté d'une couche assez dure, sous laquelle M. Hâberlein a découvert la partie postérieure de la queue et les plumes qui la garnissaient latéralement.
LXXIX. — ANDERSON (John) : Pochbs du aoAQUE et canaux pÉRiTONiîAux DES CmÎLONiENS (Joum. Lifin. Soc.f t. XII, p. 434; 1876).
Les poches anales des Chéloniens, décrites pour la première fois, avec soin, par Bojanus, dans son travail sur l'analomie de ÏEtnys europœay n'ont pas, depuis lors, reç« le degré d'attention que leur importance xomportait. Il est, en effet, remarquable que ces poches ne se rencontrent que chez quelques types bien définis, tandis qu'elles font défaut chez d'autres. C'est ce fait, en apparence insignifiant, qui a conduit M. Anderson à entreprendre des recherches à ce sujet.
Ce savant anatomiste a pu constater de la sorte, 1^ que l'existence des poches péritonéales se rattache au genre de vie de l'animal qui en est pourvu;
(t) Philosoph. Trans., 1863.
2^ Que la présence de ces poches n'est constatable que chez les Cbéloniens qui vivent indifféremment à terre ou dans l'eau ;
3' Que les canaux péritonéaux, contrairement à l'assertion d'Isidore Geoffroy Saint-Hilaire et Martin Saint-Ange, n'ont aucune communication avec les corps caverneux, mais débouchent, chez les mâles et les femelles, dans le cloaque, et qu'ils rentrent, à cet égard, dans la catégorie des canaux péritonéaux des Crocodiles ou des pores abdominaux des Cyclostomes ainsi que des Ganoïdes.
Les expériences que M. Anderson relate à l'appui de sa manière de voir, ont porté, d'une part, sur des mâles de Ge(h emyda grandis, d'Emys Hamiltonii et de Trionyx ocellatuSf et, d'autre part, sur des femelles de Trionyx gangeticus, de Batagur Thurgi, de Chitra indica, à'Emys trijuga, de Te$tudo flatynotus et de Baiagur lineatus.
Dans toutes ces expériences, le liquide carminé e'mployé, comme injection, sortit par une ouverture placée plus ou moins près de la base du gland ou du clitoris, et ne pénétra jamais dans l'un ou dans l'autre de ces organes,
H. Anderson pense donc que les canaux péritonéaux n'ont aucune relation avec les fonctions de la génération, mais qu'ils sont, probablement, comme l'ont suggéré Duméril et Bibron, subordonnés à la transpiration et qu'ils permettent à l'eau de pénétrer dans la cavité péritonéale, de façon à faciliter l'adaptation de l'animal aux changements de température auxquels il est exposé.
LXXX. — COPE [Edw.) : Le plus grand dbs Sauriens cok« NUS [American naturaliste t. Xi, p. 629; 1877).
M. Cope vient de décrire, sous le nom de Canwsosaurus m-
premus, un Saarien fossile gigantesque, dont le squelette, en assez bon état de conservation, a été découvert près de la ville de Canyon, dans le Colorado.
Cet animal, qui se rapproche beaucoup des Cétiosaures, en dififère cependant par la forme de ses vertèbres cervicales qui sont creusées de larges cavités, et dont les arcs neuraux sont extrêmement élevés* Une seule des vertèbres cervicales est conservée. Ses dimensions sont telles, que le cou aurait eu, en le supposant formé de six de ces vertèbres toutes d'égales dimensions, une longueur de 10 pieds.
Le fémur mesure 6 pieds de long ; la queue est également trè»-allongée.
LXXXI. — COPE {Edw.) : Grand Sauribn fossile dr Pbn- SYLVANiR (American naturaliste t. XI, p. 629, 1877).
Un autre Saurien de taille gigantesque, dont on ne possède, malheureusement, que les dents, a été trouvé dans le grès rouge, en Pensylvanie, et a reçu de M. Cope le nom de Palœoclonus Appalackianus. Ce redoutable Reptile terrestre, qui devait mesurer 10 mètres environ de longueur, était, d*après la forme de ses dents qui sont denticulées sur leurs bords, un animal Carnivore.
LXXXII. — WILDER [B. G.) : Sur le cerveau du CfflMJSRA HONSTROSA [Procecd. Acad. nat. se. Philadelphia ^ 1877, p. 219).
Le cerveau d'une Chimère (ChimsBra numstrosa) adulte se compose 1^ d'une masse postérieure complexe ; 2* de deux corps allongés, placés antérieurement et 3^ de deux bandes grêles, médianes.
406 WILDBB.
La hauteur et la eomplexité de la masse postérieure rap* pellent la région correspondante des Raies et des Squales. Les corps antérieurs, comme forme, ressemblent aux hémisphères des Pipnés, mais leur faible degré d'union, au moyen d'une commissure transversale, est un des caractères des Ganoides et des Téléosiéens, tandis que la longueur des pédoncules du cerveau et la présence d'un orifice sur la partie médiane des masses antérieures ou hémisphères, sont des particularités qui n'ont pas encore été observées jusqu'ici chez les Poissons.
On peut, par suite, dire d'une manière générale, que le cerveau des Chimères présente certains caractères anatomiques qui lui sont propres, en même temps qu'il réunit quelques-uns des traits du cerveau des Ganoides et des Plagiostomes. Des différentes parties, moelle épinière, moelle allongée, cervelet, lobes optiques, lobes olfactifs, hémisphères et thalamencépbale, dont H. Wilder donne, dans son Mémoire, une description détaillée, les plus intéressantes sont les hémisphères.
Chez l'Homme, les Oiseaux, les Reptiles et les Batraciens, ces masses contiennent, chacune, un ventricule qui communique postérieurement avec le troisième ventricule par le trou de Monro.
Chez les Chimères, il existe quelque chose d'analogue. Les hémisphères, chez ces Poissons, ont, en effet, leur surface externe divisée, par deux dépressions transversales, en trois régions dont la postérieure, ne présentant pas les caractères qui distingent les hémisphères proprement dits, a reçu le nom de Prothalamus.
La région moyenne offre trois caractères anatomiques, des plus intéressants, qui consistent en la présence, dans cette région, d'une ouverture, d'une élévation et d'une commissure.
La* commissure consiste en une bande fibreuse aplatie ,
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réunissant les patties moyennes des deux hémisphères ; elle semble représenter un reste de lame terminale primitive.
L'ouverture est la terminaison postérieure des ventricules latéraux qui débouchent, par un orifice semi-circulaire, à environ 7""^ de la suture olfactive. Il n'est pas douteux que cette ouverture ne corresponde au trou de Monro, qui sert de passage du ventricule médian aux ventricules latéraux.
Quant à l'élévation dcmt nous avons parlé, elle est située dans l'espace qui est presque circonscrit par les bords du Irou et ses prolongements, et peut être considérée comme un épaississement de la paroi externe du ventricule, épaississement qui, sans doute, représente un corps strié primordial. M. Wilder hésite, cependant, à lui appliquer cette dénomination et préfère la désigner sous le nom de corps innuminé.
En résumé, l'auteur est d'avis que les Holocéphales, différant plus des Plagioslomes que les Ganoîdes ne le font des Téléostéens, doivent former une subdivision analogue à celle des Amphibiens, des Dipnès, des Ganoîdes, des Téléostéens, des Plagiostomes et des Myzontes on Marsipobranches.