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CHAPITRE PREMIER

Oitéologie.

Le crAne des Manchots est solidement ossifié dans l'âge adulte. Les fossettes sourciilières y sont considérables; la surface répondant au vermis du cervelet est bombée, et une crête saillante, limitant la fosse temporale, est fournie de chaque côté par le bord postérieur des os squameux et pariétaux renforcés par le bord antérieur des occipitaux latéraux, ces différents os étant alors unis au reste de ceux dont est constituée la botte osseuse qui renferme le cerveau ; les ouvertures nasales sont grandes et allongées ; la suture de l'os lacrymal avec les nasaux est persistante ; l'os qui tient la place du zygomatique est solide et arqué à sa convexité qui est courbée

(1) Reeherehen sur Vappanil sternàl des Oiseaux ^ p. 96; 1828. {%) lYans. zool, Soe. London^ t. V» p. 317, pi. u et ui.

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inférieuremeoit et dirigée suivant la longueur (1) du bord coronaire de la mâchoire inférieure, mâchoire dont la même moitié est séparée de la partie dentaire par un reste de la su* ture réunissant le coronoïde à cette dernière partie (2). Les narines postérieures aboutissent à une grande et large fissure palatine, fermée en arrière par les os de ce nom» comme elle Test en avant par la symphyse deis os incisifs, mais la plupart des divisions, qui séparaient d'abord les différents os crâniens les uns des autres, ne se voient plus à cet âge. Le lacrymal s'articule avec le jugal par une large palette inférieure.

Enfin, les orbites communiquent complètement avec la fosse temporale et il existe, de chaque côté, une apophyse post-orbilaire très-prononcée. Un grand trou de forme à peu près circulaire met les deux orbites en communication.

Il existe treize vertèbres cervicales, ayant toutes, sauf la face postérieure de Vatlas, les deux faces articulaires de leurs centrums disposées en gorge de poulie de direction inverse, la supérieure dirigée d'avant en arrière, l'inférieure transversalement, ce qui rentre, d'ailleurs, dans le cas ordinaire. > La première dorsale afiecte la même disposition, et, quoiqu'elle porte une paire de très-faibles côtes, on pourrait la regarder comme appartenant encore à la région cervicale.

n n'en est plus de même de la deuxième vertèbre dorsale. Sa face articulaire antérieure ne diffère pas de ce qu'elle est dans les vertèbres précédentes, mais sa face postérieure est excavée en cupule comme dans le cas des vertèbres opistocéliennes propres à beaucoup de Reptiles, et la vertèbre qui s'appuie sur elle est convexe en avant, ce qui lui donne le

(1) L'examen du fœtus fail reconnaître, comme éléments du faux zygomatique, les os suivants : quadrato-jugal, jugal et maxillaire supérieur.

[2) La mâchoire inférieure s'articule par une large fossette transversale avec Tos carré qui, lui-même, est en rapport avec le crâne au moyen d'une tète volumineuse mais non-bifurquée.

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caractère réellement opistocélien. De. même que cela a lieu dans un petit nombre d'autres Oiseaux plongeurs, les dor« sales qui viennent ensuite affectent aussi celte disposition. Ces vertèbres conservent leur indépendance et leur mobilité.

Les facettes articulaires antérieures et articulaires postérieures des vertèbres du cou, ainsi que de celles du dos, ne présentent rien de spécial aux Manchots ; il existe aussi chez eux un canal vertébral pour chaque côlé du cou, entre Técartement basilaire des deux apophyses latérales propres à ces vertèbres, et ce canal se continue en dessus de la double insertion des côtes avec les vertèbres dorsales. Il présente une largeur relativement considérable et les stylets osseux représentant les éléments costaux de la région cervicale, sont de forme massive.

Les apophyses épineuses des vertèbres cervicales qui suivent immédiatement l'atlas sont plus saillantes que celles du milieu ou de la base du cou, mais moins étendues que celles du dos.

Le sacrum est étroit et allongé, sans Tétre autant que celui des Grèbes. Il recouvre , par ses ailes iliaques, les deux paires de côtes postérieures, dont la dernière est portée par une vertèbre complètement soudée au sacrum dont elle forme Textrémité antérieure. Le sacrum proprement dit a ses vertèbres solidement soudées entre elles par leurs corps, et les apophyses transverses de ces vertèbres se joignent aussi plus intimement entre elles dans toute la région correspondant au sinus rhomboîdal, région en arrière de laquelle commencent les coccygiennes, dont les premières sont à leur tour unies à la prolongation sus-ischiatique de l'iléon.

Les vertèbres dorsales, sauf la dernière qui se confond avec le sacrum, sont mobiles les unes sur les autres. Elles possèdent toutes des hypapophyses dont les premières sont biailées à leur extrémité libre en vue de l'insertion des muscles

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longs du cou ; les hypapophyses postérieures restent simples et en forme de socs.

Toutes les côtes possèdent une tubérosité, en rapport avec Tapopbyse Iransverse, et une tête, laquelle va s'insérer sur la partie antérieure de chacune des yertèbres de la même région. Chaque tubérosité et la tête qui lui correspond, est protégée par l'apophyse transverse correspondante qui s'élargit audessus d'elle.

Un canal* continuant le canal vertébral du cou, existe comme nous l'avons déjà dit, et comme cela se voit chez les autres Oiseaux, entre la base de chacune des côtes, intermédiairement à sa tête et à sa tubérosité, ainsi qu'aux apophyses transverses des dorsales.

Les apophyses épineuses de ces vertèbres forment autant de carènes minces et presque sécuriformes ; celles des vertèbres sacrées sont courtes et réunies en une carène, ce qui a également lieu pour les premières coccygiennes qui sont réunies au bassin.

Toutes les apophyses épineuses des régions dorsale et cervicale inférieure sont inclinées en avant ; celles des premières cervicales ont une direction inverse.

Les côtes sont sensiblement aplaties ; leurs apophyses récurrentes sont grandes et comme foliacées.

L'os des lies est long et étroit; Tischion est assez grand, mais non étalé en dehors ; le pubis est fort, celui de droite étant très-écarté de celui de gauche vers lequel il ne converge pas, ce qui laisse le détroit du bassin largement ouvert.

La partie libre du coccyx est longue et composée de sept vertèbres dont la première se soude à un âge peu avancé, avec la partie postérieure de l'iléon, et dont la dernière est suivie d'un os en soc ayant la forme d'un couteau allongé.

Les vertèbres de cette région ont leurs apophyses épineuses bif urquées ; leurs apophyses transverses sont assez courtes ;

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leurs corps ou centrums sont sub-biconca¥es ; elles portent des hypapophyses rudimentaires, les unes simplement bilobées, les autres nettement bifurquées.

L'épaule, les membres antérieurs et les membres postérieurs méritent une mention spéciale.

L'omoplate est longue, mince, en forme de cimeterre ou de longue feuille, élargie vers son extrémité qui se termine par un contour demi-oyalaire. Le coracoïdien est dédoublé dans sa moitié postérieure par la présence d'une tige osseuse (1) qui se soude ensuite avec son extrémité humérale et fournit, indépendamment, la saillie par laquelle il s'articule avec une proéminence externe de la partie acromiale de la clavicule, qui représente en ce point comme la tète d'une côte, tandis que la saillie du même os simulant une tête costale remonte jusqu'à l'acromion avec lequel elle s'articule. La cavité articulaire fournie à l'humérus^ se trouve ainsi formée par le coracoïdien, antérieurement à son extrémité qui est disposée sous forme de crochet, allant à la clayicule, et par l'omoplate. La clavicule n'adhère pas à la saillie du bréchet, auquel elle n'est attachée que par un ligament. Le bréchet est saillant, et le ster« num, dont la partie moyenne et carénée se prolonge presque jusqu'à son bord inférieur, est entamé sur ce bord par une paire de larges échancrures longues et plus ou moins courbées, bien différentes dans leur forme de celle du grand Plongeon [Colymbus gladalis), ainsi que des Macareux et de certains autres Plongeurs propres aux régions arctiques, chez lesquels ces échancrures sont parfois doublées de deux perforations ovalaires, tout en restant ouvertes en arrière, comme dans le grand Plongeon lui-même ou dans les Manchots. Il n'existe non plus, sous ce rapport, aucune ressemblance entre les Manchots et les Grèbes, et ceux-ci diffèrent en même temps

(i) Tige osseuse qui ne se développe pas chez le grand Manchot.

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des autres Oiseaux du même sûus^rdre. Le grand Pingouin (Alca impennif) est, à son tour, constitué d après un autre mode. Son sternum est long, étroit, comme spatule en arrière et sans échancrures, ni perforations inférieures.

L'humérus est comprimé; sa tête articulaire, renflée et presque globuleuse, est accompagnée de deux tubérosités peu développées, dont la postérieure surmonte une grande exca- Talion cupuliforme, répondant à la fossette aérienne, mais qui ne communique pas avec la partie fistuleuse de Tos. Celleci reste étroite et elle est en partie occupée par de la substance spongieuse.

Une excavation ovalaire-allongée existe du côté interne sous le commencement de la crête deltoïdienne, qui semble ellemême continuer la tubérosité antérieure. Les deux condyles inférieurs sont inégaux ; chacun d'eux est excavé en forme de gorge et chaque gorge sert au glissement d'un sésamoïde particulier, ce qui constitue une double rotule cubitale (1).

L'avant-bras et le reste des membres antérieurs sont plus comprimés encore que ne l'est l'humérus. Le cubitus est plus fort que le radius ; il s'articule avec une facette spéciale de Textrémité inférieure de l'humérus, et le radius en fait autant avec une autre facette du même os placée en avant de celle dont il vient d'être question.

U y a deux os au carpe. L'un, situé en arrière, est grand et d'apparence sécuriforme ; il répond au cubital des auteurs, et se trouve, en effet, enclavé entre le cubitus et la partie supérieure du métacarpe. L'autre, de forme rectangulaire, placé entre le radius et le gros métacarpien, est le radial.

La première pièce du métacarpe répond à deux des os de ce nom, le premier qui est de petite dimension, et le second, auquel il est soudé et dont le volume est bien plus considé*-

(1 P. Gerv.i néorie du squelette^ p. 63 ; 18S6,

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rable. Ce second métacarpien est en carré allongé, mais il est néanmoins un peu dépassé dans sa partie distale par le troisième qui porte une phalange disposée en forme de triangle à sommet aigu, tandis qu'il y a deux phalanges au gros métacar* pien représentant le métacarpien médian. De ses deux phalanges, la première a à peu près la forme de Tos qui la supporte, mais elle est sensiblement plus petite, et la seconde est triangulaire ; elle est proportionnellement moins étroite et plus courte que la phalange unique du doigt externe.

Le bassin, dont nous avons signalé la forme particulière, porte le fémur dont l'apparence n'offre rien de bien particulier. Cet os est creusé d'un canal intérieur, médullaire mais njuUement aérien.

La rotule se compose de deux gros tubercules superposés, quoique séparés l'un de l'autre par une gouttière transversale; sa surface d'application au fémur est fortement excavée. Quant au tibia, il ne présente qu'un faible rudiment de la grande saillie apophysaire propre à un certain nombre d'autres Oiseaux d'eau. La diaphyse du même os possède aussi une cavité médullaire très-évidente, mais elle ne reçoit pas d'air.

Ainsi qu'on en a fait souvent la remarque, la partie terminale du membre postérieur des Manchots offre une disposition tout à fait particulière. Le tarse, os aussi appelé tarsométatarsien par quelques ornithologistes, y est composé de trois pièces raccourcies, portant chacune un doigt, sur une poulie semblable à celles qu'on voit au tarse des autres Oiseaux ; mais ces métatarsiens se laissent aisément distinguer, quoique soudés entre eux par leurs deux extrémités, et l'on reconnaît que ce sont bien réellement trois os, que le degré d'ossification des exemplabres adultes, les seuls qu'ont ait pu ob* server pendant longtemps, a unis entre eux ; aussi y a-t-on vu de bonne heure la démonstration de l'opinion suivant laquelle le tarse des autres animaux de la môme classe, résulte

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lui-même de trois rayons osseux, fait analogue à ce que présentent les Moutons et les Bœufs dont le canon, qui porte deux doigts, est formé, de son côté, de la soudure des deux métatarsiens ou métacarpiens principaux de ces Mammifères.

L'examen de sujets encore jeunes et surtout celui du fœtus, montre bien qu'il en est ainsi, et il nous fait assister aux diverses phases de l'ossification des parties osseuses constituant soit le tarse, soit le métacarpe et le métatarse des Ruminants, soit celui des Manchots et des autres Oiseaux; en même temps il nous explique certaines autres dispositions propres à l'état adulte de ces animaux, et aussi la manière dont ces dispositions, en apparence si exceptionnelles, se réalisent.

Eu ce qui touche le métatarse des Manchots, on constate que les trois rayons osseux qui le constituent sont encore distincts et entièrement séparés entre eux vers la fin de la vie fœtale ; leur séparation est alors aussi nette qu'elle l'est chez les sujets adultes de la classe des Mammifères, chez lesquels ces os restent distincts h tous les âges.

Pour ce qui est des membres antérieurs, on constate, d'autre part, que le métacarpien interne ou antérieur n'est pas d'abord soudé au médian.

Le mode de formation des vertèbres s'accuse aussi d'une manière fort claire, et l'on distingue les éléments constitutifs de ces os ; l'iléon ne s'étend que bien peu au delà de la cavité cotyloîde ; par suite, les premières coccygienne;s ne sont en rapport, à cet âge, qu'avec une partie encore cartilagineuse du bassin ; les vertèbres situées en arrière de la région dorsale, sont distinctes les unes des autres, même celles terminant la région caudale qui devront cohstituer bientôt Tos en forme de soc par leur réunion ; leurs synostoses ne s'élabli* ront qu'ultérieurement et par degrés. La duplicature de Tos coracoîdien n'est pas non plus apparente à cette époque.

OSîiOLOG» £T MTOLOGU DBS MANCHOTS. &8S

Alors, il n'y a pas encore d'apophyses acanthoïdes ossifiées aux vertèbres qui deyront en posséder dans la suite ; elles n'y sont représentées que par une crête cartilagineuse et les apophyses récurrentes des côtes sont également à cet état.

Quant au crâne, on y voit distinctement les rapports articulaires des différentes pièces qui le constituent et qui, en se soudant les unes aux autres, lui donneront plus tard la solidité, pour ainsi dire exceptionnelle, qui lui est propre. L'os incisif remonte en dessus du bec, entre les narines, où il se partage en deux lames parallèles entre elles. Il n'atteint pas les frontaux. Dans la bifurcation de ses deux branches supérieure et inférieure, se voit le nasal, limitant les narines en arrière et appliqué de ce côté sur le lacrymal. Les pièces de la région zygomatique sont également séparées les unes des autres, et la mâchoire inférieure se décompose en autant de pièces qu'elle en présente chez la plupart des Reptiles, savoir : le dentaire, l'angulaire, l'operculaire, le complémentaire, le coronoïde et l'articulaire.

Les os de la boite crânienne ne sont pas moins faciles à re* connaître individuellement; aux frontaux qui fournissent toute l'arcade supérieure des orbites, et n'ont encore leurs apophyses antérieure et postérieure que très-faiblement marquées et la fossette sourcillière à peine indiquée, font suite les pariétaux droit et gauche et l'occipital, formé de ses différents éléments, savoir : l'occipital supérieur, les occipitaux latéraux ou ex-occipilaux/les paroccipitaux, formant ici deux éléments distincts, et le basilaire (1). Ce dernier n'est pas encore recouvert par la plaque pharyngienne de Geoffroy, quoique celte plaque soit très-apparente même lorsque ses deux éléments constitutifs (les basi-temporaux de Parker) se sont soudés entre eux. Sa crête ne se voit pas encore.

(i) Ces élémenu n'occupent qu'âne partie de la face postérieure du crâne, qui est complétée sur les cfttés par les pariétaax.

JoURIfAL PB ZOOLOGIB. — T. VI. 4877. S8

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