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H. P. FISCHEB,
7 La classification générale des animaux est, en ce moment, Kprofondément ébranlée par suite de découvertes anatomiques ^récentes et d'une interprétation nouvelle des caractères em- Cryogéniques et phylogéniques. L'embranchement des Molilusqoes tel que Cuvier et ses successeurs l'avaient limité a subi irdes remaniements importants, surtout de la part des naturalistes de Técole de Gegenbaur et d'Hœckel. Il est impossible de ne pas tenir compte de ces travaux, mais on doit, ce me semble, les soumettre à la critique et montrer, s'il y a lieu, les côtés &ibles de ces innovations.
Ayant d'examiner en détail les modifications apportées aux subdivisions des Mollusques, voyons ce qu'est devenu cet embranchement, ou, si l'on veut parler un langage plus moderne, cette souche, ce phylum, ce type, etc.
JouuuL Di ZooLOQii. — T. VI. 4877. 4 ^ 7 ^V
s p. FISCHER.
Le premier coup porté à la division du règne animal de Cuvier, en quatre embranchements : Vertébrés, Mollusques, Articulés, Rayonnes, a été la formation, par Blainville, du groupe des Amorphozoaires ou Protozoaires, a/f«Sarcodaires; puis on a corrigé Terreur de Cuvier qui plaçait les Ânnélides et les Helminthes dans deux embranchements. L'attribution au groupe des Vers d'une importance égale aux autres grandes divisions a été nettement indiquée par Siebold qui admettait six groupes d'animaux : Protozoaires, Zoophytes, Vers, Mollusques, Arthropodes, Vertébrés. Enfin les découvertes de HûUer sur l'embryogénie des Echinodermes ont eu pour résultat de séparer ces animaux des Zoophytes ; et aujourd'hui, pour Gegenbaur et Hseckel, les Echinodermes forment un groupe équivalent aux six autres. Gervais et Van Beneden étaient, d'ailleurs, arrivés au même résultat lorsqu'ils divisaient le règne animal de la façon suivante :
1* Embranchement des Vertébrés (1).
2« Embranchement des Articulés (2).
Mollusques (3).
Vers (4).
9* Embranchement des MoUusco-radiaires. • . ^ Echinodermes (5).
Polypes (6).
Protozaires (7).
Celte classification est donc le perfectionnement de celle de Linné, les MoUusco-radiaires correspondant aux Yermes et les Articulés aux Insecla du naturaliste suédois.
Les sept divisions fondamentales de Gegenbaur sont : 4* Protozoaires, 2* Cœlentérés, S'* Vers, 4* Echinodermes» 5* Arthropodes, 6* Mollusques, V Vertébrés.
Celles de Haeckel sont : l"* Protozoaires, 2*" Zoophytes, 3^ Vers, 4* Mollusques, 5*" Echinodermes, 6*" Arthropodes, T Vertébrés.
Quels sont les éléments du groupe des Mollusques ? Gegenbaur retranche des Mollusques les Tuniciers qui sont, pour
NOUVELLE CLASSinCATION DES MOLLUSOCES. 9
loi» intermédiaires entre les Vers et les Vertébrés d'après les caractères de leur larve, et les Bryozoaires qu'U transporte parmi les Vers à l'exemple de Leuckart. Il laisse les Brachiopodes dans les Mollusques.
flœckel suit les mêmes errements : les MoUuscoïdes de Hilne-Edirards sont définitivement expulsés du groupe Mollusque et rattachés aux Vers.
Les disciples de l'école phylogénique Tont plus loin que les maitres dans la voie des réformes ; ainsi Morse, dans ses tra** vaux intéressants sur les Brachiopodes, les éloigne des Molloaqnes acéphales, ainsi que l'avaient fait Forbes et Steenstrup, et ne leur reconnaît une grande somme d'affinités qu'avec les Vers; cette opinion est confirmatiTO de l'arbre généalogique de Gegenbaur, puisque les Mollusques y dérivent des Vers. Noos Terrons plus loin qu'un autre phylogéniste, M. Ihering, retranche les ChiUm des Mollusques pour les rattacher au groupe pléthorique des Vers.
U y aurait beaucoup à dire sur l'arbre généalogique de Geg^obaur et sur les rapports phylogéniques des Mollusques et des Vers. Ils ne me paraissent nullement certains. N'oublions pas que les Foraminifères présentent toutes les formes extérieures des Gastropodes et des Céphalopodes sans quitter l'état sarcodaire; que certains Cœlentérés (Polypiers rugueux operculés) ont l'apparence de Brachiopodes et même d'Âcéphalés lamellibranches (Rudistes); enfin ne perdons pas de vue que dès Forigine du monde paléontologique le type Mollusque et surtout le sous-type Brachiopode sont fixés. Rien n'est plus remarquable» en effet, que la succession ininterrompue des Brachiopodes depuis l'aurore de la vie jusqu'à l'époque actuelle, et sans trop grande déviation. Dès lors, quelle est la phylogénie des Brachiopodes? Ils n'ont eu qu'une descendance et une ascendance homomorphes. Morse déclare qu'on peut les considérer comme des Chétopodes anciennement ce-
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pfaaiisés» tandis que les Serpules, les Amphitrites, les Sabelles seraient des Chétopodes céphalisés récemment. Hais comme le fait remarquer Verrill « presque chaque groupe d*Invertébré$ peut être rendu Annélide en exagérant certains points de ses affinités. » Enfin Davidson dans son excellent résumé intitulé « Qu'est-ce qu'un Brachiopode ? » e^t disposé à localisa les Brachiopodes dans un groupe spécial voisin des Mollusques et des Annélides ; il leur reconnaît des caractères suffisants, à eux propres, pour constituer une classe bien définie (1).
J'en conclus qu'on n'a pas plus de raisons pour rechercher la souche des Mollusques dans les Vers que dans les Protozoaires ou les Cœlentérés (S). Il faut bien reconnaître, quand même, que tous les animaux n'ont pas eu une souche commune et que des types divers ont été créés; en un mot, il faut revenir à l'idée fondamentale de Cuvier en la modifiant légèrement d'après les progrès de la science. Au lieu de ses quatre embranchements admettons en sept ou plus (le nombre importe peu], mais convenons que la nature ne nous donne pas le tableau de l'évolution indéfinie d'un être vivant (animalvégétal) primitif; la doctrine de l'évolution ainsi travestie devient ridicule, stérile, elle ne pourra que substituer des rêveries à l'étude patiente des manifestations de la vie. Au contraire, appliquée k chaque groupe, à chaque famille, à chaque genre, elle dtmne des résultats extrêmement remarquables qui s'imposent aux esprits les plus prévenus.
J'arrive maintenant à l'état actuel de la classification des Mollusques.
Depuis la brillante découverte de Lovén (1847) sur la valeur de la plaque linguale dans la classification des Mollusques, de
(1) Davidson, Mémoire traduit par T. Lefèvre {Annaleê de la Société mala^ cologique de Belgique, t. X, 1875).
(2) Agassiz et Vogt voudraient associer aux Mollusques les Vorticellidés, les 1 oraminifires et l«s Ctôaophores.