NOUVELLE GLAS8IFIGATI0N DES MOLLUSQUES
nombreuses tentatives ont été faites» notamment par Troschel (1848), Gray (1853), Môrch (1854), Binney, etc., soit pour établir une répartition des Mollusques d'après ce seul caractère, soit pour essayer de l'accorder avec les caractères tirés des autres oi^anes. Ces tentatives ont donné de bons résultats en général ; eUes ont servi à épurer ou même à renverser complètement les anciennes classifications, uniquement basées sur la disposition des branchies ou la forme de la coquille (Cuvier, Blainville, Milne-Ëdwards, Woodward, Àdams), mais il ne faut pas croire, parce qu'elles ont réformé des erreurs qu'elles soient elle-mémes exemptes d'imperfections.
En exagérant la valeur d'un seul caractère on arrive à Tabsurde en matière de taxonomie, on méconnaît les principes de la méthode naturelle. Il est certain qu'aucun organe, qu'aucune partie ne donne le critérium absolu recherché par les zoologistes ; dès lors, tout système, quelque séduisant qu'il paraisse, est essentiellement attaquable.
Les subdivisions des Mollusques admises par HcBckel témoignent d'une absence de parti pris en matière de classification. 11 constitue d'abord deux grands groupes : a) Mollusques sans tête et sans dents, ou les acéphales, b] Mollusques à tête el à dents.
Les Acéphales sont répartis en deux classes : Brachiopodes el Lamellibranches.
Les Mollusques à tête et à dents forment également deux classes : les Cochlidés ou Gastropodes et les Céphalopodes.
Les G)chlidés comprennent deux sous-classes : les Perocephala composés des Scaphopoda et des Pteropoda, et les Delocephala formés par les Opistobranchia, Prosobranchia, Heteropoda, Chitonidœ et Pulmonata.
En somme» Hœckel n'a pas introduit de changements notables dans la disposition systématique des Mollusques propre-
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ment dits, pas plus, d'ailleurs, que Gegenbaur (1). Il est vrai que ni Vnn ni l'autre ne se sont beaucoup occupés du détail. Un disciple de leur école, qui est en même temps un anatomiste distingué, H. Y. Ihering (2), vient de se charger de ce soin en produisant une nouvelle classification des Mollusques. Je dis nouvelle, parce que M* Ihering, après chaque coupe proposée par lui, glisse son nUhi. Il s'agit de savoir si ces prétentions sont justifiées.
H. Iheriog prend parmi les auimaux qu*il appelle Verma, le phylum des Amphineura divisé en deux classes : les ApUiuxh fhora, comprenant les Chœtodermata et les NoemeniadxB^ et les Placophora, comprenant une seule famille, celle des Chitonidœ. Les Chitonidœ seront donc des Vers en dépit de toutes leurs affinités avec les Patelles : ils ont des poils au manteau et une coquille composée de plusieurs pièces ; il n'en faut pas plus pour être déclassé. Mais pourquoi M. Ihering crée-t-il un nouveau nom pour la classe des Plaœphora? Blainville, en 1825, avait, lui aussi, séparé les Chitondes vrais Mollusques, il en avait fait la classe des Polyplaxiphores dans son soustype des Malentozoaires. Si l'on revient à l'idée de Blainville, il ne faut pas la déguiser sous un nom d'emprunt et on doit ac* cepter ses Polyplaxiphores qui ne diffèrent en rien des Plaxiphores d'Ihering.
Passons maintenant aux animaux Mollusques, on y compte quatre phyles : l"" Acephala, Cuvier, 2*" Solenoœnchm^ Lac. Duth., 3MrtfirooocA/ùiei, Ihering, 4® PlatycoehlideSy Ihering.
(1) Gegenbaur divise les Mollusques en Brachiopodes, Lamellibranches, Céphaiophores, Céphalopodes. Les Céphalopbores se subdivisent en Scaphopodes, Ptéropodes, Gastropodes, Pulmonés. Les Gastropodes renferment les Hétéro podes, les Opistobranches et les Prosobranches. Enfin les Prosobranches sont composés des Cyclobranches et des Cténobranches.
(3) Fenueh emes nalûrliehen Syi1eme$ der MoUuthen {Jahrh, âer deuUehen màlakox. Geieltê., avril 1876).
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Les Ac^kala sont bien connus. Les Solenoeonehœ (Dentales) sont synonymes des Scapkopoda de Bronn, des Cirrobranchiala de Blainville, des Prosopocephala de Gill, etc. (1).
Les Arthrocœhlidm correspondent aux Prosobranches de Nilne*Edirards, les Platycocklidœ aux Opistobranches» aux Pulmonés, aux Ptéropodes et aux Céphalopodes des auteurs. Il est évident que ces groupes n'ont pas la même valeur, puisque l'un est formé par une portion des Gastropodes , tandis que l'autre renferme d'autres Gastropodes et deux classes entières du système de Guvier. Je trouve, d'ailleurs, qa'il y a plus de difiërence entre un Céphalopode et un Gastropode platycochlidé, qu'entre celui-ci et un Gastropode arthrocochlidé.
Voyons maintenant quelle est la composition du phylum des Ârthrocochlidés. Us sont séparés d'après leur système nerveux en deux classes :
l*CHIA9rONBlIRÂ.
a. ordo Zetigobranchia.
b. ordo Anisobranehia (sous-ordres : Patelkndea^ AAi-
pidogloisa^ Twmoglossa).
2* Obthoneura.
a. ordo Rostrifera (sous-ordres : Rhipidogloisat Ptenoglossa^ Tœnioglosia).
(1] On ponrrait demander aax partisans des classiflcatioDS embryogéniques, poarquoi ils laissent les Dentales parmi les Mollusques lorsque leur larve res^ semble à celle d'un Ver. Malgré les recherches nombreuses et approfondies dont ces animaux ont été l'objet, leur place est encore très-discutée : les anatomistes en ont fait successivement des Gastropodes (Deshayes), des Lamellibranches (Lacaze) , des Ptéropodes [Huxley), des Céphalopodes (Morse), et même des Vers à Texemple de Lamarck et de Cuvier. La plupart des conchyliologistes les maintiennent parmi les Gastropodes dont ils ont la coquille et la plaque linguale. Voilà donc un groupe aussi bien connu que possible dans sa structure anatomique et son embryogénie et au sujet duquel les naturalistes émettent les opinions les plus disparates. Triste preuve de leur impuissance en face de certains problèmes.
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b. ordo Prolxmdifera (sous-ordres : TamiogUma^ To--
xogloisa, Rhachiglossa).
c. ordo Heteropoda.
Les ordres des Zeugobranchia et des Anisohranehia sont des subdivisions des Scutibranches de Blainyille. Dans les Zeugobranchia, M. Ihering comprend : Fismrellidœ^ Hàliotidœy Pleurotomaridœ ; il sépare de ces deux dernières familles les Trochidœ qui constituent son deuxième sous-ordre [Bhipido^ ^lo$$a] des Anisobranchia. Or si jamais animaux ont été voisins ce sont ceux des Trochidœ et des Haliotidœ. Il ne peut venir qu'à ridée d'un homme étranger à la malacologie la plus élémentaire de les séparer par tout un sous-ordre. L'ordre des Anisobranchia est détestable : il renferme un premier sous-ordre Patelloidea que M. Ihering eût mieux fait de nommer Docoglossa comme Troschel , Dali , Gill , etc. ; un deuxième sous-ordre, Rhipidoglosm ^ que l'auteur a borné aux Trochidœ^ en transportant dans une autre classe les Nérites» Hélicines et Proserpines qui ont tant d'analogies anatomiques; et un troisième sous-ordre des Tœnioglos$a renfermant : Littorinidœ , RUsoidm , etc. , animaux dioïques, à organes copulateurs développés et très*surpris de se trouver à côté de Mollusques qui se reproduisent comme les Acéphales et dont l'infériorité relative est indiscutable.
Les ordres de la classe des Orthoneura sont : les Ro$trifera renfermant le sous-ordre des Rhipidoglossa (Troschel, pro parte) pour les Nérites, Hélicines; les Ptenoglossa^ tels que Troschel les circonscrit, et les Tœnioglossa qui ne représentent qu'une portion de ceux de Troschel, les autres ayant été transportés, par H. Ihering, dans Tordre des Anisobranchia de la classe des Chiastoneura.
L ordre des Probosddifera répond aux Siphonobranchia de Blain ville et aux Probosddifera d'Adams. Les sous-ordres des
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TmiogUma^ Toaooghssa, Rachighssa sont à peu près ceux de Troschel.
Uordre des Hétéropodes, par une heureuse faveur, n'a pas un nouveau nom.
L'indigeste phylum des Platyœchlides se divise en trois classes :
1*ICHN0P0DA.
a. ardo Protocochlides.
b. ordo Phcmerohranckia.
e. ardo SiM^oglossa.
d. ordo Steganobranchia.
e. ordo Branchiopneusta.
f. ordo Nephropneusta.
V Ptbropoda.
3* CSPHALOPODA.
Les Ichnopodes sont les Opistobranches et les Pulmonés de Mîlne-Edwards. L'ordre des Protocochlidés est créé pour quelques Nudibranches (familles des BhodopidiB^ Tethydœ^ Metibidœ) et, à ce sujet, nous ferons observer que personne, depuis KôUiker, n'a revu le genre Rhodope^ type de la famille des Bhodopidœ^ et dont l'organisation est paradoxale au plus haut degré, puisqu'il est décrit comme privé d'appareil circulatoire.
Les Phanerobranckia sont les Nudibranches ordinaires; pourquoi changer leur nom? les Sacoglossa sont les Pellibranches des auteurs, augmentés des Lophocereidœ ; les Stegambranehia sont les Tectibranches de Cuvier ou les Monopleurobranches de Blainville ; les Branehiopneusta sont les Limnocochlides de Latreille, les Pulmonés basommatophores de Schmidt; les Nephropneuita sont les Géophiles de Férussac, les Pulmonés terrestres de Cuvier ou les Slylommatophores de Schmidt.
£n résumé, H. Ihering a essayé d'introduire dans la clas-
10 MOfBLT.
sification quelques caractères empruntés au système ner^ veux (1). Il s'est trop pressé et ce que Ton connaît du système nerveux des Gastéropodes est absolument insuffisant.
Pour le reste, sa classification n'est qu'une combinaison des caractères tirés des branchies et de la plaque linguale. Elle ne vaut ni mieux ni plus mal que celles de Môrch. de Gray, de Gill, d'Adams^ etc., mais je n'y trouve pas la trace d'un véritable progrès. Les noms seuls des divisions fondamentales sont changés ; est-ce là le dernier mot de la nouvelle école anatomique?
SUR