‹ Journal de zoologieChapitre 42 sur 130 · IM MÉGNIN · texte numérisé non relu

IM MÉGNIN

psoriques, de sept espèces de ces Acariens rentrant dans trois genres différents, savoir :

Sarcoptes, Lalr. : S. scabiei (Acarus sccibieij De Geer) ; espèce observée non-seulement sur THomme, mais aussi sur le Porc, le Cheval, le Renard, le Loup, la Chèvre, le Chameau, le Capyvare ou grand Cabiai, etc. — S. notoedres, Bourguignon et Delafond (S. cari, Hering ; S. minorj Fùrstenberg) ; du Chat et du Rat. — S. mutans, Cb. Robin ; des Gallinacés.

PsoROPTES, P. Gerv. ; Dermodectes, Gerlach ; Dermatokoptes, Fûrstenb. : Psoroptes longirostris, Mégnin [Acarus eçuî, Auct. ; Psor. equij P. Gerv.) ; parasite du Cheval.

Chorioptes, p. Gerv.; Symbiotes^ Gerlach non Redtenbacher : Chorioptes spathiferus^ Mégnin ; du Cheval, du Bœuf, etc. — Ch. setiferus, Mégnin; de THyène et du Renard.—' Ch. ecaudaius, id.; de Voreille du Chat. — D'autres espèces et variétés encore indéterminées, sont signalées dans les oreilles du Chien [Sarcoptes cynotis ; Hering ; S. auricularum, Lucas) ; dans celles du Lapin, par Zûrn, et chez le Mouton, par le même.

XXXIL — MÉGNIN {/. P.) : MÉMomE sur le Demodex fol- LicuLORUM [Joum. dc ranat. et de la physiol. de MM. Robin et Pouchet, t. XIII, p. 97, pi. ix; 1877).

V Acarus follùmlorum découvert par Simon dans les tannes de la peau, particulièrement dans celles qui accompagnent les follicules sébacés des ailes du nez, chez l'Homme, est devenu le type d'un genre qui a reçu successivement plusieurs dénominations ; ce genre répond, en effet, aux suivants : Demdex^ Owen ; Simonea^ P. Gerv. ; Entozoon, Erasmus Wilson ; Macrogaster, Meischer. On a trouvé VA. follicuhrum sur le Chien et le Chat. Mi Mégnin en fait une noi^velle étude dans le travail que nous citons.

WOOD-MASON. Ifcl

ÎXIin. — WOOI>-MASON (J.) : Sur le di^veloppement des APiTENNES CHEZ LES Hantidées pectinigornes (Proceed. amt. Soe. Bengal, décembre 1876).

L'auteur montre, que jusqu'à la dernière mue, on ne remarque aucune différence entre les deux sexes chez le Gongy- Im gongylodes dans la forme ou la longueur proportionnelle des antennes. Ces organes ont, en effet, chez le mâle et la femelle, la même composition, simple et sétacée, et ils consistent en deux segments basilaires distincts, suivis d'une multitude de très-courts segments flagelliformes peu séparés les uns des autres. Bientôt après, ces appendices, chez le mâle, commencent h s'épaissir dans la portion de leur longueur qui, chez rinsecte parfait, est bipectinée et ils acquièrent la forme d'un fuseau comprimé. Cet épaississement est la manifestation extérieure de l'accroissement qui se fait au-dessous de la couche la plus externe de la membrane chitineuse qui, en même temps qu'a lieu la formation de la nouvelle antenne, tend à se séparer de celle-ci, et remplit ensuite le rôle d'une capsule ou d'une gatne dans l'intérieur de laquelle les deux rangées de pectinations se développent sur un bourgeonnnement des segments des antennes, entre le cinquième segment basilaire et les douzième à quinzième segments, en comptant à partir de la pointe. A mesure que ces pectinations croissent, elles pressent sur les parois de Tétui et les distendent de manière à faire disparaître toutes les traces de sa segmentation première. Si l'on ouvre cet étui avec soin, au moment où il est près de s'ouvrir, c'est-à-dire au moment de la dernière mue, on découvre facilement les antennes bipectinées du mâle, mais les dents de chaque peigne sont collées entre elles et les plaques striées qu'elles forment sont opposées l'une à l'autre par leurs bords libres de façon à délimiter à l'intérieur une petite cavité ayant l'apparence d'un fuseau comprimé.

Iik2 MOSELBT.

XXIIV. — CANESTMNI (G.) et FANGAZO (F.) : Sur lu GENRB G(»ciiLUS de Léon Dufour {Atti r. Instit. Veneto, t. lU).

MM. 6. Canestrini et Fangazo, qui ont eu Toccasion d'observer le genre C(bcuIu$, ont constaté que, contrairement à ce que Ton avait dit, l'espèce qui lui sert de type est pourvue d'yeux ; aussi remplacent-ils le nom proposé par L. Dufour par celui d'HoploptAS. Ils considèrent cet Arachnide, ainsi que j'avais proposé de le faire, en 1844, comme ayant à la fois des afi&nités avec les Phalangides et avec les Acarides et ils en font une famille sous le nom à'Hoplopini (1).

XXXV. — MOSELEY {H. N.) : Remarques sur les Péripatrs {Ann. andMag. ofnaU HisLy janvier 1877).

M. Hulton, directeur du musée d'Olago (Nouvelle-Zélande), a décrit sous le nom de Peripatus Nov(B'Zealandiœ{i) une espèce de Péripales au sujet de laquelle M. Moseley vient de publier de nouvelles et fort intéressantes remarques. Ces remarques viendraient, en effet, appuyer l'opinion que de Blainville s'était faite du Péripate en le rapprochant des Myriapodes (2).

M. Moseley a qui l'on doit déjà des observations relatives au Peripatus capensis, s'atlache particulièrement à relever les omissions ou les erreurs commises par les premiers natura-

(1) Les Trog:ales, qui sont les Pbalangidés dont les Ceecales se rapiNPOchent le plus, ont été de la part de M. W. Sorensen, Tobjet d'une étude particulière (Naiurisiorisk Tidêskrift, 1873). 11 ajoute trois genres nouveaux à ceux appelés Trogulus, Lalreilie; IschyropsalU, C. Koch; Nemastoma, id., que Ton avait établis antérieurement et il donne à ces trois genres nouveaux les noms de Dicranolasma, Amapaum et Aneltuma,

(2) Ann, and Mag. ofnat. BUL, novembre 1876.

(3) Voir P. Gerv., Ann. d'anal, et de physiol., t. U, p. 109 ; 1838.

REMARQUES SVU %S» l»ÉRIPATBS. l^S

listes qui se sont occupés de ce genre et il établit ainsi, entre autres détails :

1* Que le Péripate était un animal trachéen ;

2* Que les ouvertures de ses trachées sont répandues sur la surface du corps et non confinées dans certaines régions comme chez les autres espèces pourvues de semblables organes;

3* Que le Péripate n'est pas hermaphrodite mais qu'il a les deux sexes séparés ;

i* Que l'organe supposé par Grube être un testicule n'est autre chose qu'une glande sécrétant une matière glaireuse;

5" Que le Péripate est vivipare et que ses mâchoires cornées sont des pieds mâchoires homologues avec ceux des Arthropodes et non comparables aux mâchoires des Annélides.

De nouvelles recherches entreprises sur le Peripatus Novm- ZeabmdM ont également permis à M. Moseley de constater, que, tout en ressemblant au Péripate du Cap, sous le rapport de la structure et du rôle des organes, cette espèce en différait cependant par certains caractères.

En premier lieu le P. NwW'ZealwnduB s'éloigne du P. capemii en ce qu'il a quinze paires de pattes ambulatoires et pas de papilles anales.

Il possède, en outre, une queue courte, conique, dilatée à son extrémité, qui manque dans le P. capenm; son anus est de plus distinct de la vulve au lieu d'être confondu avec elle comme chez le P. capenm; en outre, le commencement du rectum semble mieux défini.

Le Péripate de la Nouvelle-Zélande tout en étant plus petit que l'espèce du Cap> possède néanmoins des embryons plus forts, moins nombreux , qu'il lui a cependant été possible d'observer aux mêmes degrés de développement.

Iki DONNADIEU.

XXXVI. — DONNADIEU (A. L.) : Études sur les Ligules (Résumé extrait du Lyonrmédical, pour 1877).

M. Donnadieu, professeur d'histoire naturelle au lycée de Lyon, communique à la Société nationale de médecine de cette ville le résultat de ses Études sur les Ligules et montre des échantillons de l'animal aux diverses phases de son développement, depuis Tœuf jusqu'à l'âge adulte.

Les Ligules sont des Cestoïdes appartenant à la famille des Dibothridés. A l'état de Scolex on les trouve dans l'eau vivant à la manière des Infusoires ; à l'état de Strobile ils habitent la cavité abdominale des Poissons et leur état proglottique se trouve dans l'intestin des Oiseaux aquatiques. Tous ces faits étaient bien connus et bien établis depuis fort longtemps. Wagener, Willemoës-Suhm, Siebold et beaucoup d'autres observateurs les avaient déjà mis en lumière, et, au point de vue des migrations, les recherches actuelles ne peuvent apporter que la confirmation de faits déjà observés. M. Donnadieu s'est surtout attaché à rechercher les conditions de ces migrations, à décrire l'organisation des Ligules pendant les phases diverses de leur existence et à établir les affinités zoologiques de ces Helminthes.

L'auteur commence pas diviser son travail en trois parties dont il rend compte successivement. Une introduction fait en premier lieu connaître les effets les plus redoutables des Ligules. C'est pendant leur état strobilaire qu'elles sont pour les Poissons qu'elles habitent une cause de mort, et pour les étangs peuplés de Poissons un préjudice considérable. Partout oh apparaît ce singulier parasite on le trouve toujours en nombre si considérable qu'il détermine une véritable épidémie. Ces faits ont été observés de tout temps et ont donné lieu à des écrits tellement spéciaux que quelques-uns portaient,

ÉTUDES SUR LES LIGULES. I<t5

même au siècle dernier, le titre de « Communication mr le Ver des Tanches. »

M. DonDadieu résume ensuite les observations faites par les pécheurs sur les conditions du Poisson habité par la Ligule, et il montre le parasite attaquant tour à tour les Ablettes, les Goujons» les Carpes, les Tanches et se montrant a des époques difTérentes dans rAUemagne, la Belgique, la Suisse, ritalie, le canal de Bourgogne, les étangs du Forez, les étangs de la Bresse.

L'auteur résume très-brièvement la première partie qui se rapporte aux étude& historiques et à la bibliographie de la question. Le nombre des auteurs qui se sont occupés des Ligules est très-considérable. Pour indiquer toutes les opinions émises et toutes les recherches faites sur ce sujet, M. Donnadieu a dû analyser les travaux de soixante-cinq auteurs qu'il résume suivant leur ordre de publication. Il expose ensuite à la Société le résultat de ses recherches consignées dans la deuxième partie sous le titre : Études matamiques et physiologiques.

L'œuf est pris pour point de départ. Il est très-petit, ovale et operculé. Son aspect et sa constitution ne montrent rien que Ton ne connaisse déjà par les travaux de Siebold, de Wagener et de Willemoës-Suhm. L'idée de placer les œufs de Ligule dans Teau pour les faire développer n'est pas une idée nouvelle. Willemoës-Suhm avait déjà essayé ce procédé, et si des auteurs récents ont cherché à se l'attribuer, c'est qu'ils ne connaissaient pas les œuvres de ce dernier. Aussi, M. Donnadieu déclare-t-il qu'il a suivi la méthode ordinaire, et que pour suivre le développement, il a placé les œufs de Ligule dans un faible courant d'eau. Mais en variant par des expériences successives l'état de cette eau, il est arrivé à montrer que les œufs se développent en une semaine dans l'eau à 30 degrés, tandis que le développement dans l'eau à 12 degrés dure cinq semaines environ, et qu'au bout de trois mois il n'est pas en-*

JouiHAL DB ZooLoaiB. — T. YL 4877. 10

Ifc6 DONNADIKU.

core terminé dans Teau à 2 ou 3 degrés. Ces expériences donnent l'explication de ce fait observé par les pécheurs que le parasite pullule dans les étangs chauds, tandis qu'il est rare dans les étangs froids. Dans l'œuf se forme un embryon qui est mobile et qui tourne lentement sur lui-même. Il devient hexacanthe et il natt enveloppé quelquefois d'une sphère ciliée ou embryophore. Ici encore on ne saurait attribuer la connaissance de cet embryon à des recherches très-récentes, car il a été décrit et figuré par plusieurs auteurs dans des travaux dont on parait avoir ignoré l'existence. C'est ce qui ressort d'ailleurs des analyses bibliographiques qu'entraîne une pareille étude. L'embryon vit pendant quelque temps comme un Infusoire, et il a été décrit comme tel par Créplin et Mul- 1er. C'est dans cet état qu'il est pris par le Poisson qui le trouve au milieu de sa nourriture ordinaire. Les expériences de M. Donnadieu ne laissent aucun doute à cet égard. L'auteur a donné à des Tanches des Ligules strobilaires et des Ligules proglottiquesj ces dernières pleines d'œu& ; les Tanches sont restées indemnes. Dans de grands aquariums il a fait développer des œufs de Ligules et il y a placé des Tanches lorsque le développement a été terminé. D'autre part, au moyen d'une pipette il a introduit des embryons dans l'estomac de plusieurs Tanches ; dans ces deux derniers cas, les Ligules se sont développées dans la cavité abdominale après avoir traversé les parois de l'appareil digestif.

La Ligule passée de l'état de $oolex infusoriforme à celui de strobile larvaire présente la forme d'un ruban aplati et aminci à ses deux extrémités. Son organisation est, dans le travail de l'auteur, le sujet d'un long chapitre dont il ne résume que les passages principaux : Il n'y a pas de vésicule pulsatile À l'extrémité postérieure où le système vasculaire se termine par des tubes en cœcum; la bothridie se montre sur chaque face de l'exlrémité antérieure ; il y a un système vasculaire très-

ÉTUDES Sim LES UGULES. ik7

riche, et très-nettement organisé ; les organes reproducteurs sont rudimenlaires ; il n y a pas de cuticule» Tépiderme est très-lamelleux ; le parenchyme est lacuneux. Enfin le corps est formé d'une succession d anneaux si rapprochés et si étroits que les sillons qui les séparent ont été pris pour des stries. La Ligule se nourrit dans la cavité abdominale des Poissons d'une sérosité dont elle excite et détermine la pro* ductioo, semblable en cela à ces Insectes qui excitent les végétaux à produire les sucs dont eux ou leurs larves font leur nourriture. C*est sur les parois de l'intestin et de la cavité abdominale que se développe ce singulier produit dont les auteurs du siècle dernier avaient déjà soupçonné le rôle, et c'est probablement lui qui a permis de diagnostiquer la péritonite chronique dont les Tanches ont été gratifiées.

La Ligule ne reste pas plus de deux ans dans l'abdomen des Poissons. Ceux-ci meurent ou le parasite les abandonne. Ces faits sont les mieux connus, et on sait depuis bien longtemps que la Ligule passe du Poisson dans l'intestin des Oiseaux aquatiques. En effet, Siebold écrivait en 1855 : <( Il en « est tout à fait de même du Ligula iimplicUsima qui vil en « parasite dans la cavité abdominale de diverses espèces de « Carpes et qui y conserve toujours ses organes générateurs à « l'état rudimentaire, tandis qu'après être parvenu avec le « Poisson qui lui sert d'hôte dans l'intestin des Oiseaux aqua- « tiques il achève de se développer et ses organes sexuels ar- « rivent à maturité. On a donné à celte Ligule adulte parve- « nue aux diverses périodes de son développement d'autres « noms et on l'appelait tantôt L. $par$a^ L. unigemliSt etc.. » M. Donnadieu constate le peu d'intérêt que présente l'énoncé d'un fait si bien connu, mais en revanche il montre la grande importance qu'il faut attacher à la connaissance des conditions de cette évolution proglottique qui se produit dans rîDlestîn des Oiseaux aquatiques. Parmi ces deroierSi les Ca-

ihS DONNADIEU.

nards, auxiliaires si favorables de Texpérimentateur, ne jouent, à rétat de liberté, qu'un rôle très-secondaire et accidentel. C'est ce qui ressort très-nettement de l'observation, et c'est un fait qui n'avait pas échappé à tous les auteurs ; ils ont toujours considéré, et cela avec raison, les Hérons, Grèbes, Harles et autres Oiseaux du même groupe, comme les véritables colporteurs du parasite.

Des expériences très-nombreuses et souvent répétées permettent d'arriver aux conclusions suivantes : Le développement tient à une condition de milieu ; sa durée est très-courte ; les œufs se forment rapidement; toutes les Ligules ne subissent pas révolution proglotlique, il faut pour cela qu'elles aient atteint une certaine dimension ; la Ligule ne fait très-souvent que traverser le tube digestif ; car, contrairement à ce qui a été dit en dernier lieu, on la retrouve entière, vivante et pleine d'œufs, dans les lèces. Mais, comme tous les Cestoîdes, elle est parfois digérée, et ses œufs, dévenus libres, sont expulsés avec les fèces. Ce dernier cas est commun à tous les Helminthes.

L'organisation générale de la Ligule n'est pas modifiée peudant l'état progloltique. Les organes reproducteurs éprouvent seuls des changements remarquables.

Des observateurs ont indiqué en dernier lieu un pénis, des cupules mâles et femelles, en germigène, en vitellogène, etc. Mais ils ont observé beaucoup trop superficiellement ou ils ont trop fidèlement suivi les descriptions erronées de quelques-uns de leurs devanciers, car rien de tout cela n'existe, et une étude détaillée montre l'appareil reproducteur organisé comme il suit : des testicules isolés répandus en une couche uniforme répétée dans le parenchyme à droite et à gauche de la ligne médiane ; un tube séminal long, gros et flexueux, s'ouvrant dans le parenchyme par des branches multipliées et se terminant vers le milieu de la face inférieure du corps au

Page 1