‹ Journal de zoologieChapitre 43 sur 130 · RUTOT · texte numérisé non relu

RUTOT

niveau de Touyerture de la matrice; deux tubes oyariens longs et flexueui entourant le tube séminal et s'ouyrant à ses côtés dans la matrice ; une matrice médiane qui, yue de face, a la forme d'un 8 allongé. Elle est bien loin de ressembler à la forme caractéristique qui lui a été donnée en dernier lieu. Ces organes, à l'exception de la matrice, sont très-irrégulièrement symétriques. On les yoit tantôt à droite, tantôt à gauche, et souvent se répétant symétriquement des deux côtés.

Après avoir indiqué comment se produit la fécondation, lauteur cite quelques faits se rapportant à l'expulsion des (Bufs, et il termine son exposé par le résumé de la troisième partie, dans laquelle sous le nom d'études zoologiques il détermine la place des Ligules qu'il fait rentrer dans le genre Dibothrium, sous le nom de Dibothrium lAgula.

XXXVIL — RUTOT (A.) : Note sur la DÉcouyERTs de deux SpoNGiAmES ayant provoqué la formation des grès schisteuoi et des tubulations sableuses de l'étage bruxellien des environs de Bruscelles [Annales Soc. malacologique Belgiqw^ t. EL, av. Ipl.).

H. Rutol attribue le premier de ces Spongiaires, dont il a étudié les spicules, au groupe des Géodies et il le rapporte au genre Stelliaf sous le nom de S. discoidea. Il distingue ces organes en spicules essentiels ou de la charpente, spicules de rattachement , spicules défensifs , spicules des membranes, spicules du sarcoïde et spicules des gemmules. On les trouve dans le grès fistuleux et dans une partie des grès lustrés.

Le second Spongiaire de M. Rutot est du groupe des Kératoses, et reçoit de ce savant le nom de Dysidea? tubulata; peutêtre devra-t-il devenir le type d'un genre nouveau.

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Ces faits ont un intérêt particulier si on les rapproche de ceux, encore en petit nombre, que la science possède au sujet de la forme des spicules propres aux espèces fossiles du groupe des Spongiaires et du rôle que ces spicules ont joué dans la formation de certains dépôts. C'est ce qui nous a engagé à les signaler ici, bien que l'auteur les ait publiés il y a déjà près de trois ans.

Les travaux exécutés auprès de Saint-Nazaire, par M. Tingénieur René Kerviler, pour la construction du bassin à flot de Penhouëf, ont amené la découverte de débris humains et d objets fabriqués, remontant aux premiers temps de l'âge du bronze, ainsi que d'ossements d'animaux de la même époque ayant appartenu aux Mammifères dont les noms suivent : Ckeml, Porc, Chevreuil, Cerf élaphe. Mouton, Bœuf de grande tailky comparable au Bas primigenius^ Bœuf de petite taille, répondant au Bos longifrons d'Owen ou Bas frontosus, Niisson, et Bos primigenius hraehyeeros par M. Rutimayer.

Cette seconde race bovine, que l'on peut rattacher , de même que la précédente^ à l'espèce de nos bœufs domestiques d'à présent [Bos taurus)^ est fort curieuse à étudier; elle a laissé de nombreux débris dans d'autres localités, appartenant à l'Europe méridionale ainsi qu'à l'Europe occidentale et septentrionale, dans des dépôts qui répondent principalement à l'époque néolithique et au premier âge du bronze. On l'a trouvée particulièrement dans les terramares de l'Italie. En France, elle se rencontre dans les assises préhistoriques des environs d'Abbeville, de Paris, etc., qui remontent à l'époque celtique; elle est plus commune en Angleterre, et M. Dawkins a montré qu'elle y vivait déjà antérieurement à l'occupation romaine. Elle existe encore de nos jours, surtout dans les pays de montagne, mais elle tend de plus en plus à s'y confondre avec le Bœuf ordinaire. Les petites races de Camargue et d'Algérie en diffèrent peu *, le Bœuf actuel de

Bretagne s'en éloigne davantage ; le Bœuf dont il y a des momies dans les catacombes égyptiennes est aussi dans ce dernier cas. Mais elle est restée pure dans certaines parties de la Grande-Bretagne, principalement en Irlande et aussi en Scandinavie. Elle s'est également conservée en Islande.

Avec ces ossements, provenant tous d'animaux de la classe des Mammifères, qui ont été recueillis pendant les travaux dirigés par M. Kerviler, a aussi été découvert le rostre d'un Poisson qui mérite d'être cité ; ce Poisson est l'Espadon [Xipkia$ gladius).

REPRODUCTION DES AXOLOTLS TRANSFORMÉES EN AMBLYSTOMES. — On se rappelle avec quel succès A. Duméril a multiplié au Muséum d'histoire naturelle de Paris« les Axolotls dont il avait reçu quelques exemplaires provenant du Mexique ; on sait aussi qu'un petit nombre de ces Urodèles, supposés pérennibranchcs, ont perdu les organes, destinés à la respiration aquatique, constituant le caractère qui les avait fait ériger en un genre à part et qu'ils se sont transformés en Amblystomes^ ou Ambystomes, animaux que l'on regardait comme formant un genre différent propre à la fa* mille des Salamandres. Les Axolotls ont été ainsi reconnues comme étant susceptibles de subir une métamorphose comparable à celle qui s'opère chez les Salamandres elles-mêmes ou chez les Tritons lorsque, leur respiration devenant exclusivement aérienne, ces Batraciens perdent leurs branchies. Plu' sieurs personnes qui avaient reçu des Axolotls nées à la ménagerie erpétologique du Muséum ont eu des individus qui se sont aussi transformés et M. Marsh a constaté des faits analogues qu'il a exposés dans un Mémoire intitulé : Melamorphosis of Siredon into Arnhlystoma.

Or, les Amblystomes du Muséum de Paris ont reproduit à

leur tour et ils ont pondu des œufs d'où sont sortis des Axolotls (g. Siredon), tous branchifères et ayant les caractères des animaux de cette forme dont on faisait autrefois un genre à part sous cette dénomination. M. le professeur Vaillant se propose de publier des détails à cet égard.

SUR LES DÉBRIS HUMAINS FOSSILES SIGNALÉS DANS U RÉPUBUQUE ARGENTINE. — Nous croyons utile de reproduire la note suivante que M. Aamon Li^to vient de publier dans la Tribune^ journal de Buenos-Ayres, et qu'il a bien voulu nous adresser.

« La coexistence de l'Homme et des grands Quadrupèdes de la formation des Pampas, est un problème qui n'a pas encore été résolu.

« On a souvent parlé dans ces dernières années de quelques découvertes faites, dans cette formation, d'ossements humains mêlés h des restes de Glyptodons et de Mylodons, mais Tau* thenticité de ces découvertes est rendue suspecte par le caractère même de ceux qui les ont annoncées. Lorsque M. F. Seguin découvrit les célèbres os humains décrits depuis par H. Paul Gervais (1), le savant directeur de notre Musée, H. Burmeister publia une note sur le même sujet pour prouver qu'en réalité les os humainsqu'on disait avoir été trouvés dans le terrain quaternaire, n'en provenaient en réalité point; cependant M. Seguin garda un profond silence à ce sujet et peu de temps après s'embarqua pour la France emportant les prétendus restes de l'Homme diluvien qu'il céda au Muséum d'Histoire naturelle de Paris.

« Plus tard, dans le Journal de Zoologie qu'il dirige (2),

(i; Journal de Zeologiê, U H, p. 231 ; 1973. {% T. IV, p. 537 ; 1875.

M. Gervais inséra une communication du D. Fiorentino Ameghino, dans laquelle cet auteur disait avoir rencontré dans une grotte de l'arrondissement de Prias, province de Mercède» beaucoup d'ossements humains associés à des objets de l'industrie indienne et à des restes de Mammifères éteints.

« Il est bon de rappeler que la Société scientifique argentine nomma une commission composée de personnes distinguées pour se transporter à Prias et s'y livrer à des investigations afin de constater l'importante découverte annoncée par M. Àmeghino ; mais cette excursion n'eut qu'un résultat négatif.

«Tout récemment, en 1876, MM. Breton et Hos communiquèrent à la même Société, le fait de l'existence, dans les environs de Lujan, d'un dépôt de fossiles consistant en restes de Mylodon et de Mégalbérium , auxquels se trouvait mêlé un silex taillé en pointe de lance.

« La Société confia à MM. Stanislas Zaballos et Waller F. Reid, la mission de visiter ce dépôt afin de constater l'existence des fossiles qu'on y avait signalés.

« Du rapport de ces messieurs, publié dans les Annales de cette célèbre Société^ il résulte qu'il n'existe point de dépôt et que la pointe de lance n'appartient pas au terrain quaternaire en raison de sa taille et de sa limpidité. On sait, en effet, que tous ces instruments, lorsqu'ils proviennent d'une époque préhistorique^ présentent à la surface une teinte blanchâtre due à l'altération du silex.

« D'autre part, MM. Heusser et Claraz (1) disent n'avoir

(1) Nouio. Mém, de la Soe, des ic. nal., t. XXI; 1865.

Qa^on nous permette d'ajouter que ces auteurs sont au nombre de ceux dont les noms sont cités dans la Noie que nous avons publiée en 1873 au sujet des ossements humains et des armes en pierre taillée que le Muséum de Paris a acquis de M. Seguin. Nous n'avons d'ailleurs nullement affirmé, dans cette Note, que les objets dont il s*agit appartinssent à l'époque quaternaire;

FAITS Dnnms. ISiS

jamais rencontré de vestiges de l'Industrie huiiiaine dans le terrain diluTien, bien qu'ils prétendent en avoir trouvé ûux environs du Rio-Salado, dans les dépôts d'alluvions.

« Quant aux objets que Ton recueille dans les terrains de formation moderue, nos Musées renferment de nombreux échantillons appartenant à Tftge de U pierre taillée et du bronze.

H La totalité ou la majeure partie des objets de cette sorte observés dans la province de Buenos-Ayres ont appartenu à la vaillante nation des Querandi qui, selon Ruiz Dias de Guzman (1) , s'étendait du Rio de la Plata jusqu'aux Andes.

M. Francisco P. Moreno a donné, dans le Bulletin de l'Àcademie des sciences exactes, quelques notices sur des objets en pierre ayant appartenu aux Indiens qui habitèrent cette province»

« Depuis quelque temps, il s'est fait aussi des découvertes d'un grand intérêt scientifique dont nous parlerons brièvement.

« Don German Avé Lallemant (% parle d'ossements de Guanacos rencontrés dans la caverne de Tlntiguas. Suivant cet auteur, le fond de cette grotte présente une couche argileuse dans laquelle on trouve beaucoup d'ossements qui ont été indubitablement attaqués par l'homme pour en retirer la moelle et ne présentent aucune trace de feu. M. Lallemant prétend

cependant, l'Homme n'en a pas moins été inscrit parmi les espèces doi^t les débris caractérisent cette époque, dans l'Amérique méridionale, et nous le voyons encore figurer en tête de la liste de ces espèces que le savant M. Burmeister vient de publier dans son récent Mémoire sur les Chevaux fossiles intitulé : Los CabaUos fouiles de la Pampa ArgewHna.

(P. Gkrv.)

(i) Historia argeniina {Collection éPAngeliz), — Voir aussi d*Orbigny, r Homme américain^ t. II ; 1S39.

(S) AtiOê 4e la AcaiemÂa de dmdae exaeku de Cordoèa^ 1. 1.

156 FAITS BITERS.

aussi avoir trouvé un silex travaillé en pointe de flèche prove* nant de la même couche.

« D'un autre côté, M. Burmeister qui s'est occupé de celte découverte dans une note de son important ouvrage consacré à la description de la république Argentine , assure que les ossements de Guanacos dont il s'agit, appartiennent à Tépoqae des alluvions préhistoriques.

<( Mais, suivant des renseignements publiés cette année dans la NadoUj il aurait été fait récemment à Cajamarca une importante découverte qui jette un grand jour sur les études archéologiques .

« M. Liberani, professeur d'histoire naturelle au collège national de Tucuman, a trouvé dans les environs de Cajayate des cimetières indigènes.

« Ayant ouvert un sépulcre, il y trouva un grand nombre d'objets curieux et entre autre des urnes, du maïs carbonisé, etc.

« Dans sa correspondance il parle aussi de coquillages marins, mais nous garderons, à cet égard, la plus grande réserve, car nous ignorons si les objets dont il s'agit ont été examinés par des personnes compétentes.

<( M. Moreno a, de son côté, découvert dans la lagune de Vitel, quelques échantillons de l'art de la céramique primitive pétris avec une terre mêlée de particules siliceuses et qui se rapprochent beaucoup des vases cylindriques et sans anses, trouvés avec des végétaux carbonisés et entre autres le Triticum vulgare dans des habitations lacustres, de la période de la pierre, de Wangen (lac de Constance).

<( Cette analogie remarquable entre les objets rencontrés dans notre pays et ceux trouvés à Wangen fait supposer un contemporanéité relative entre les industries primitives de ces deux locaUtés.

« Nous voyons donc, en résumé, que la coexistence de

FAITS DIYBRS. 157

THomme et des grands Mammifères éteints est chose problématique et que les objets de l'industrie indienne appartiennent presque tous à Tépoque des alluvions modernes antérieures h la conquête. »

DAUPHIN DU MEKONG. — Les voyageurs qui ont visité la Cochinchine nous avaient parlé, à plusieurs reprises, d'un Cétacé propre aux eaux du Meïkong, mais sans pouvoir nous donner au sujet de ses caractères des détails suffisamment exacts. Il y a près de deux ans, M. Harmant nous confirmait la présence d'un Dauphin à la pointe de toutes les lies situées sur le cours du fleuve ainsi qu'au confluent de toutes les rivières qui versent dans ce grand cours d'eau, mais il n'avait pas encore réussi à le tuer. D'autres demandes adressées par nous à difiérentes personnes étaient également restées sans succès, lorsque dernièrement le Muséum a reçu de M. le commandant Vignes, l'un de ses correspondants les plus zélés, deux têtes de Dauphins provenant des eaux douces de l'intérieur de notre colonie, où elles ont été coupées et placées dans l'alcool par H. Roux, chirurgien de la marine. Elles n'appartiennent pas, comme on aurait pu le supposer, à un Dauphin du genre Plataniste, mais, ce qui ne concorde pas moins avec les documents que possède actuellement la science, elles sont d'un Orcella (Orcaella, Gray; Orcella, Ânderson), genre dont on décrit deux espèces, l'une propre aux embouchures du Gange et même aux environs de Madras {Phocœna brevirostris, Owen ; 0. id.^ Gray); l'autre de l'Iraouaddy, qu'elle remonte jusqu'à mille lieues de la mer, mais sans vivre jamais dans les eaux salées (1),

M. Roux s'est procuré plusieurs de ces Dauphins et il

(1) Voir Journal de Zoologie, 1. 1, p. 331 ; 1872.

158 FAITS DIYEBS.

compte envoyer bientôt à Paris le squelette de Tun d'eui. Dans une lettre écrite à M. le commandant Vignes et dont ce dernier a transmis copie à M. A. Mil ne Edwards, il rappelle que d'après les pécheurs cambodgiens^ les Dauphins du Meïkongne vivent que dans l'eau douce. Lorsqu'à l'époque des inondations, le fleuve entre en crue, on en trouve à Phnum- Pente et même au-dessous ; mais lorsque la baisse arrive et que les effets de la marée commencent à se faire sentir, ces animaux remontent vers le haut du Meïkong, fuyant les eaux saumâlres. Les deux exemplaires dont M. Roux a conservé la tête ont été pris à S60 milles marins de l'embouchure du fleuve, en un point où l'eau est toujours douce, et, bien que ce fût à répoque des basses eaux, bien que l'énorme colonne d'eau que débite le Meïkong ne fût plus en ce moment un obstacle aux effets de la marée, jamais l'eau n'a été saumâlre au point oii ils vivaient ; déjà même il en est ainsi à moitié de la distance de ce point à l'embouchure du fleuve.

GENRE GRàMPUS. — Les Grampus constituent un genre de Cétodontes dont les deux espèces les mieux connues, espèces qui ne doivent peut-être pas être distinguées l'une de l'autre, sont le DelphiniÂS griseus de Cuvier et le D. Rissoanus du même auteur; la première, d'abord observée sur le littoral français deTOcéan, a ensuite été retrouvée sur plusieurs points des côtes de l'Angleterre, ainsi que sur celle du Holstein et à Tembouchure de l'Elbe ; la seconde, observée primitivement à Nice, a été signalée depuis par moi à Carry (Bouches-du- Rhône), et dans l'Adriatique (Musée de Vienne). M. Van Beneden s'en est procuré plus récemment un exemplaire qui avait été pris à Alger en janvier 1876, et envoyé à Marseille où il le fit acheter. On cite au cap de Boone-Espérauce le Grampus Hi-

FAITS OIYIRS. 159

chardsonii^ Gray, et je viens de recevoir des mers du Japon un autre Dauphin du même genre ; il m'a été envoyé par M. Riokichi Tatabe, sous le nom de KoUhkuzira, avec un squelette Kogia ou Euphysetes, celui-ci sous la dénomination japonaise de à'Vkirkuzvra.

Un des principaux caractères des Grampus est tiré de leur dentition ; ils manquent de dents à la mâchoire supérieure et en ont de 2*2 à &-6 inférieurement. Un jeune animal de ce genre récemment pris à Concarneau (Finistère), que m'a envoyé M. E. Guillou, possédait 3-4 dents inférieures» encore cachées dans les alvéoles, sans traces ni en haut ni en bas d'aucun autre de ces organes, même rudimentaire.

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