XXXIX. — COPE [E. D.) : Sur un PROBOScmiSN nouveau
(Amerie. philosoph. Soc. ; mars 1877).
H. Cope a reçu d'un de ses correspondants des États du Sud,
(Ij Archivée ic. phyi, eî nat.de la Bibl. utûv.de Genève; nouvelle période, (. LYIII, p. 333, a« de février 1877,
PROBOSGIDICN NOUYBAU. 165
un fossile ofirant un intérêt spécial. C'est une dent molaire de Proboscidien dont la couleur et les caractères de minéralisation indiquent qu'elle provient des couches du miocène supérieur (étage de Loup-Fork). Ses racines sont fortement endommagées, mais la couronne est presque entièrement conservée. Cette dernière présente deux crêtes» séparées par une vallée profonde et non interrompue. 11 n'existe pas de bourrelet général. Chacune des crêtes est divisée en trois lobes» peu distants l'un de l'autre, qui font paraître le bord de ces crêtes comme étant denliculé et composé de trois éminences coniques. La saillie médiane a une section plus arrondie, tandis que les saillies latérales sont plus transverses et naissent des bords externes, comme les extrémités des crêtes chez le Moitodon ohiotkus.
L'aspect que présente la base de la couronne à une de ses extrémités» indique qu'elle était en contact avec une dent placée en avant d'elle ; tandis que l'extrémité opposée de la base montre que la dent décrite devait être la dernière. Du cône médian de la crête antérieure, descend un bourrelet qui passe de chaque côté autour de la partie basilaire antérieure des cônes externes. Il fait défaut à l'extrémité de la base de l'un de ces cônes et n'est que faiblement apparent sur l'autre, mais Tun et lautre reparaissent bientôt sur le côté de la base qui limite la vallée. Ils sont tuberculeux, comme crénelés, sauf à la base du tubercule antérieur médian. Il n'existe, pour représenter le bourrelet à la base de la crête postérieure, que la substance remplissant l'espace compris entre la base des lobes. Une des extrémités des crêtes est un peu plus haute que l'autre, et la base est un peu plus large à une des extrémités qu'à l'autre. À la base postérieure de cette extrémité se voit une partie fracturée qui indique qu'il existait là un tubercule bien développé et qui était en rapport avec la position terminale de cette dent.
166 COFE.
Le cône externe est séparé du médian par une fissure et en même temps une dépression mieux définie sépare le médian de Finteme. Cette dépression est remplie par un tubercule placé sur la crête antérieure. Des saillies descendent le long des bords adjacents des cônes jusqu'au fond de la yalr lée. La base des saillies externes est fortement plissée.
Les dimensions de cette dent sont les suivantes :
Diamètre transversal delà couronne. . . 0,130
Diamètre longitudinal interne 0,070
Diamètre longitudinal externe 0,090
Hauteur de la pointe externe 0,065
Hauteur de la pointe interne 0,055
Distance entre les extrémités des pointes
externes 0,043
La dent molaire ici décrite l'emporte comme largeur sur celle du Mastodon ohioticw et appartenait évidemment à l'un des plus gros animaux terrestres* Il se rapprochait des Hastodons et des Dinothériums, mais se distinguait de Tun et de l'autre si la dent, sur laquelle se base M. Cope, est complète.
La présence de deux crêtes transverses l'éloigné du premier de ces animaux et le rapproche du second, si la dent examinée était une molaire antérieure, mais, comme elle parait, au contraire, être une molaire postérieure, cette manière de voir, quant à ce qui touche aux afiSnités de l'animal auquel elle a appartenu, tombe d'elle-même. En conséquence, l'auteur établit pour ce Proboscidien un nouveau genre sous le nom de Cmnoha$ileu$. La dent décrite ici ressemble d'ailleurs à celles du Tapir, mais elle en difière cependant par l'absence de saillie externe, de forme trièdre, que présente la colline des molaires supérieures chez cet animal et aussi par le caractère tuberculeux et fissuré des collines ou crêtes proprement dites.
L'espèœ indiquée par la pièce dont il vient d'être donnée tine description, prendra le nom de C. trimontigerui.
Celte pièce provient probablement du Texas, mais Tauleur ignore encore la localité précise où elle a été découverte.
IL. — CAPELLTNI (G.) : Sur le Balénoptère nE Mondini, Borqual de la mer Adriatiqtie [Acad. se. Institut Bologne, 3* série ; t. VII, av. 4 pi. ; 1877).
Les restes de Balénoptère qui font Tobjet de ce Mémoire sont déposés au musée de Bologne ; ils proviennent d'un individu qui fut péché dans le bassin méditerranéeu» probablement sur les côtes de l'Adriatique et fut vendu à Bologne en
Si Ton compare les difiérents os du crAne de cet exemplaire avec ceux de la même région appartenant aux types principaux des Balénoptères, on reconnaît qu'il se rapproche beaucoup du B(den(^ptera borealis ou Sibbaldius latieeps, un peu du B. rostrata^ et fort peu d\iB. musculus ou Physalus (mtiguorum. 11 suffit d'examiner l'appareil auditif ou seulement la caisse tympaoique pour constater les différences qu'il présente, si Ton compare ces organes à ceux du B. inuseulus^ tandis qu'ils se rapprochent un peu du JS. borealis et du B. rostrata. M. Flover en étudiant le Sibbaldim de la côte de Java (1), lui a trouvé de tels rapports avec le SibbaUius huiceps^ qu'il n'a proposé d'en &ire une espèce nouvelle, que parce qu'il était sûr de faire accueillir plus facilement cette détermination que celle à laquelle il avait été conduit, en reconnaissant que la même espèce se teouve dans les mers du Nord et auprès des tles de
(1) Sans doute NagaxihXuxîra des Japonais (Voir /otir». de Zooloffie^ u Y,
p. I, pi. I et II).
(P. Gbrv.)
168 CAPBLUNI.
la Sonde, n'ayant pas encore entendu dire que cet animal eût été observé dans des stations intermédiaires. En raison des petites différences qu'il a observées dansIeSibbaldius de FAdriatique et en partie, aussi, pour des motifs analogues à ceux que H. Flower a exposés à la Société zoologique de Londres» H. Capellini propose de faire du Sibbaldius du musée de 60logne^ une espèce nouvelle à laquelle il donne le nom du naturaliste de cette ville, Carlo Mondini, qui en a offert les restes au musée.
Les principaux caractères de ce Cétacé peuvent être ainsi résumés : largeur du frontal, à la base, égale à celle qui s'observe au-dessus de Torbite ; os du nez tronqués antérieurement ; section de la caisse tympanique moins cordiforme que celle du Physalus antiqiiorum dont elle se distingue aisément.
Quelques rapports existent avec le Cetotheriophanes Capellinii, du pliocène dltalie, et avec YHeterocetus Burtinii, du crag d'Anvers. L'appareil auditif très-compliqué rappelle celui du Balœnoptera roitrata ; le crâne est moins allongé que chez le Sihhaldiw laticeps. On ne sait rien sur la colonne yertébrale, le sternum et les côtes.
Si le Mémoire de Mondini avait été publié dans le courant de ce siècle; si les indications données par Guvier avaient attiré l'attention des naturalistes qui, depuis lui, se sont occupés de Balénidés et si on avait pensé, comme Fa fait depuis Eschricht, que quelques espèces de Cétacés sont réellement cosmopolites, on aurait depuis longtemps reconnu, ainsi que Ta fait M. Flower, que le genre Sibbaldius n'est pas exclusivement propre aux mers septentrionales.
Quand on pense que des Rorquals du genre Sibbaldius ont été péchés non-seulement dans la mer du Nord, mais à Biarritz, en 1874, dans la baie de Mabzac, en Virginie, et près de lava, on ne s'étonne nullement que dans le siècle passé on en ait trouvé un dans la Méditerranée, comme on y rencontre
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le B. museului (Phy$alu$ antiqucrum) et comme dans les temps plus reculés on y rencontrait les vraies Baleines.
Les cétologues sont d'accord pour reconnaître qu'on ne possède encore que de rares indications au sujet de la distribution de ces animaux, et par suite, il ne faut pas croire qu'on puisse les déterminer spécifiquement suivant leur habitat; de même il ne faut pas douter non plus qu'on n'en rencontrera pas là ob il n'en a jamais été signalé , dans des conditions vraiment exceptionnelles et très-loin de leurs stations habituelles.
Le professeur Flower, à propos d'un exemplaire du B. rostrata péché à Overstrand, non loin de Gromer, exemplaire qui fut donné par M. J. H. Gurney au musée du Collège royal des chirurgiens de Londres, disait, que jusqu'alors (1864), on n'avait sur la distribution géographique et les caractères spécifiques des Cétacés, que des données si peu exactes qu'il était k désirer qu'on ne manquât aucune occasion d'enregistrer les faits susceptibles de mieux faire connaître l'histoire naturelle des espèces les plus communes de ce groupe intéressant de Mammifères. H. Van Beneden en parlant du B. borealis (SibbalMus laticepSy Gray], déclare qu'il sait peu de choses relativement à la distribution géographique de ce type et qu'il ignore complètement ses stations; aussi M. Capellini est-il d'avis qu'il faut revoir et étudier à nouveau et avec soin les restes de Balénidés, provenant de la Méditerranée, qui sont épars dans les différentes collections. Peut-être arriverait-on ainsi à des découvertes aussi intéressantes que celles que MM. Flower et Van Beneden ont faites dans quelques-uns des grands musées européens.
Pour montrer combien il apprécie le conseil donné par le premier de ces naturalistes et quelle valeur il attache à la déclaration du second, M. Capellini ajoute qu'il s'est efforcé de réunir toutes les Notices ayant trait au Balénoptère du musée
170 GAMUim.
de Bologne et quMl en a fait connattre les caractèreB les plas importants, pour que dans la suite les cétologues ne puissent se méprendre au sujet de ces restes si intéressants.
Partant, il n*a pas hésité & établir une nouvelle espèce en attendant que quelque zoologiste érudit, soit à la suite de découvertes nouvelles, sdt après des études plus complètes des restes qui se trouyent dans différents musées, non-seulement de l'Europe, mais des autres parties du monde, proposent une nouvelle distribution scientifique de ces animaux, distribution qui réponde à toutes les exigences de la science et soit en accord avec les faits qu'a fournis Tétude de la faune actuelle et de celle de Tépoque tertiaire, époque qui se montre très-riche, non-seulement en espèces, mais en types génériques vraiment singuliers.
XLL — CÂPELLTNI [G.) : Sua u Balbinb nB Ta&entb. Balama TarerUina (Mém. Acad. se, de nmtUut de Bologne. 3* série, t. VU, av« 3 pL).
Bans la matinée du 9 février 1877, H. Ferdinand Hueber aperçut, en mer, sur la rive gauche du golfe de Tarente, à 2 kilomètres de la ville de ce nom, et à peu du distance de terre, une masse noirâtre qu'il prit d'abord pour une chaloupe renversée; mais un examen plus approfondi lui démontra que c'était un Cétacé. Cet animal, qui s'avançait lentement le long de la côte, fut salué, par les nombreuses personnes accourues à la nouvelle de sa présence en ce point, d'une décharge de coups de fusils qui parut ne produire aucun effet sur lui. On eut alors recours à une cartouche de dynamite qui fut lancée sous son ventre et dont l'effet fut instantané. Le Gétacé perdit immédiatement l'usage de ses nageoires» se renversa sur le dos et put être entouré de cordes à l'aide des* quelles des bras vigoureux le tirèrent sur la plage.
BALEINB BB TAAIfTnt. 171
M. CapeQini, prévenu de cette importante capture, ne put M rendre sur les lieux que le S avjril ; il procéda immédiateneot & Texamen des difiérentes parties du squelette, et reconnut qu'il se Irouyait en présence d'une espèce de Baleine qui lui parut nosTelle et dont les caractères sont résumés, par loi, ainsi qu'il suit :
Tète et nageoire différant par leur forme de celle des Ba^ kma biseayemis et mysticetm ; couleur entièrement noire ; parasites sur le rostre et sur la lèvre comme chez les Baleines de rbémisphère austral; os du nez de la forme typique chez les Baleines du même hémisphère ; courbure du rostre peu prononcée ; deux cent-quarante fanons très*courts, de chaque côté; cinquante-sept vertèbres en tout; celles de la région cervicale incomplètement soudées; surface condyloïde de l'atlas échancrée sur le côté interne en correspondance avec le canal rachidien; quatrième, cinquième et sixième vertèbres marquées à la face inférieure d'une fissure qui pénètre de quelques millimètres dans le centrum ; septième vertèbre libre ; omoplate plus large que longue.
En raison de ces caractères, la Baleine qui fait l'objet de ce Mémoire et à laquelle H. Capellini donne le nom de B. Tarmtinap ne présente, suivant lui, aucun rapport avec ceux des animaux de la même tribu qui habitent l'hémisphère boréal, mais elle offre, au contraire, des points d'analogie avec le B. australù et le Macleayius australiemis. Elle diffère cependant de la première par la brièveté de ses fanons et les caractères de sa région cervicale et se rapproche, h cet égard, du Jf. australiemis ainsi que des genres BalixnotWp Balœnula et Idiocetui^ qui se rencontrent à l'état fossile dans les terrains pliocènes de la Belgique et de la Toscane.
M. Capellini pense donc que le fi. Tarentina est venu de l'hémisphère austral et que ce pourrait bien être le vrai Black- Whale connu seulement des baleiniers.