‹ Journal de zoologieChapitre 44 sur 130 · PRIX PROPOSES · texte numérisé non relu

PRIX PROPOSES

AcADÉiiiB DBS sciBMGBs DB Pàris. — * Grand prix des sciences physiques pour 4877 : Étude comparative de Torganisation intérieure des divers Crustacés édriopbthalmes qui habitent les mers de TEurope (dernier délai : 4*' juin 4877). — Grand prix des sciences physiques pour 4876, prorogé jusqu'au 4" juin 4878 : Étude du mode de distribution des animaux marins du littoral de la France. — Prix Lacaze pour

4877 : Physiologie. — Prix Savigny pour 4877 : Animaux sans vertèbres de l'Egypte et de la Syrie. -^Prix Serres : Embryogénie (4«' juin 4878). — Prix de Physiologie pour 4877.

Voir pour les conditions du programme relatif à chaque prix : Comptes rendus hebdomadaires des séances de V Académie, n° du 28 avril 4877 (t. LXXXIV, p. 864 et suiv.).

AgàDÉIIIB ROTàLB DBS SCIBNGBS DB COPBNHAGUB pOUr 4877. — Pfix

de l'Académie : Étude des animaux à forme dissymétrique. — Prix Thott : Anatomie, physiologie et développement des Ligules. Voir le Résumé du Bulletin de l'Académie pour Tannée 4877.

ANALYSES

D'OUVRAGES ET DE MÉMOIRES

ÏXXVIII. — KUHNE [W.) : Photochimie de la iuétine et expériences optographiques [Soc. HisL nat. Heidelberg^ janvier 1877 et CentraWl f. d. med. Wissensch., 1877, n* 3 de janvier] •

Dans la séance de l'Académie des sciences de Berlin du 12 novembre 1876, M. Boll a annoncé que la couche des bâ tonnets de la réline vivante n'est pas incolore, mais rouge pourpre, que cette couleur est constamment détruite par la lumière incidente et reproduite dans Tobs^curité, et qu'en outre elle se retrouve pendant quelques instants après la mort, si l'œil n'a pas été auparavant soumis à un éblouissement prolongé.

M. Kûhne a trouvé que la pourpre visuelle^ comme il Tap* pelle, se maintient même dans l'œil du cadavre à l'abri de la lumière. Au grand jour, une demi-minute suffît pour l'effacer ; au gaz elle persiste vingt à trente minutes sur la rétine extraite de l'œil. Dans une chambre noire, éclairée seulement par la flamme de soude, on peut disséquer l'œil de la Grenouille à son aise ; portée de là au jour, la réline se montre colorée, même encore vingt-quatre à quarante-huit heures après la préparation. Elle perd sa coloration sous l'action de la température de coction, de l'alcool, de l'acide acétique concentré, de la soude caustique à rz de concentration. En revanche la

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teinte rétinienne résiste à Tammoniaque, au carbonate de soude, au chlorure de sodium, à i'alun, à l'acétate de plomb, aux acides acétique et tannique, à ^, à la glycérine (après vingt-quatre heures de séjour), à Téther, à la dessication sur une plaque de verre. Lorsque la rétine s*est troublée après la mort, on s'assure facilement que la coloration n'intéresse que sa face postérieure. Quand elle se perd elle passe d'abord par une teinte chamois.

Les rayons dépourvus d'action chimique, n'altèrent pas la couleur de la couche des bâtonnets. C'est le cas des rayons rouges obtenus en intercalant du sang entre la lumière extérieure et la chambre noire où se trouve la rétine. La lumière bleue (oxyde de cuivre ammoniacal) la fit pATir en deux heures ; un vert assez pur, en quatre ou cinq heures. Bien que les intensités diverses de ces lumières colorées aient dû jouer leur rôle, ces expériences ont prouvé l'action plus énergique des rayons ks plus réfrangibles. Une fois la rétine décolorée, M. Kûhne ne put lui restituer sa couleur,, m par l'ob-* scurilé, ni par l'action d'une lumière différente, ni en réchauffant.

Prise sur une Grenouille vivante, après exposition au grand jour pu à la lampe de magnésium, la rétine se montra aussi bien colorée que si l'animal fût resté dans l'obscurité, pourvu que la dissecAton eût lieu à la lumière sodique. Aussi longtemps que la rétine restait en contact avec la choroïde, H. Kûhne la trouva toujours colorée» même après l'action d'une lumière solaire ou magnésienne intense sir l'hémisphère postérieure du globe vidé. Ce n'est qu'après [dusieurs jours d'insolation directe des yeux que la rétine des Grenouilles fut trouvée pâlie.

La couleur parait donc se restituer constamment à mesure qu'elle est détruite par la lumière. Cette restitution hypothétique ne peut s'expliquer par la circulation du sang, puis-

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qa'6lle a lieo également bien sur l'œil énucléé et ouvert. Elle est due évidemment aux éléments en contact avec la rétine. EslH» au pigment?

Lorsque la membrane séparée de son épilhélium et de la choroïde était placée sur un fond noir mat, la décoloration avait lieu à peu près dans le même temps que sur un fond blanc. En outre, dans les yeux d'albinos (Lapin) les phénomènes de la coloration et de la décoloration rétinienne étaient les mêmes que sur des individus pigmentés. Ces faits indiquent que ce n'est pas le pigment qui maintient la teinte en question.

M. Kûhne s'est assuré 1^ que la rétine se décolore sous l'action de la lumière du jour aux endroits où elle est soulevée en plis, ou tenue à distance de la choroïde par un petit corps interposé entre les deux membranes ; 2^ que ces places reprennent leur coloration en peu de minutes, quand on les remet en contact avec la choroïde. L'expérience a même réussi avec des fragments de rétine excisés, décolorés, sur une assiette et réappliqués à leur place naturelle.

Dans des yeux de Grenouilles tenus dix minutes dans une solution de Na Cl au 200"^ et à la lumière, la rétine fut toujours trouvée incolore. De même dans des yeux simplement laissés en dehors de leurs orbites pendant la journée. C'est dire que la vitalité des tissus est nécessaire pour la reproduction de la pourpre rétinienne. Aussi les expériences réussissent-elles moins facilement sur des Mammifères dont les organes, séparés du corps vivant, perdent si vite leurs propriétés vitales. Cependant en opérant avec une grande célérité, H. Kûhne a trouvé les mêmes phénomènes chez le Lapin. La persistance plus grande de cette fonction choroïdorélmienoe, ehex la Grenooille, est en harmonie avec les fails relatifs aux courants propres de la rétine et à leurs modifications par Teicitation lumineuse (Holmgreen).

16ik COPE.

C'est probablement dans les cellules de répithélium» qui embrassent intimement les bâtonnets, que réside la fonction purpurogène indispensable selon toute apparence au processus normal de la vision.

M. Kûhne chercha ensuite à obtenir sur la rétine de Lapins albinos, immédiatement après la mort, la trace d'un éclairage localisé, autrement dit de l'image optique rétinienne d'un objet très-clair. Ces essais ne réussirent qu'imparfaitement, grâce à diverses causes, surtout à l'opacification rapide de la rétine chez les Mammifères après la mort. Il eut alors Fidée de maintenir pendant trois minutes la tête d'un Lapin vivant à 1",50 d'une ouverture quadrangulaire de 30 centimètres de côté, pratiquée dans le volet de la chambre obscure ; il décapita aussitôt l'animal, énucléa et ouvrit l'un des yeux à l'éclairage de la flamme sodique et le mil dans une solution d'alun au 20"\ L'autre œil fut traité de la même façon mais sans Ténucléer. Le lendemain matin, les deux rétines furent disséquées avec soin; l'auteur y trouva sur un fond d'un beau rose, une image tout-à-fait franche du carré lumineux des volets de plus de 1 millim. de côté, due à la décoloration de la rétine par la lumière.

Les images s'effacèrent peu à peu, à mesure que le reste de la membrane pâlit sous l'action de la lumière solaire.

La photographie rétinienne ou optographie ne serait donc pas une fable comme on l'avait cru jusqu'ici.

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