‹ Journal de zoologieChapitre 57 sur 130 · PIEDS DES ÉDENTÉS · texte numérisé non relu

PIEDS DES ÉDENTÉS

rudimeutaires. Ces deux saillies font elles-mêmes corps avec les métacarpiens contre lesquels elles s'appuient ; mais, dans le jeune âge, la soudure des différentes pièces dont il s'agit n'est pas encore complète ; ces pièces sont même distinctes les unes des autres à un certain moment, et Ton peut retrouver la trace évidente de la séparation primitive des os que cette synostose représente.

Le scapho-trapèze mérite bien ce nom, car, par sa partie trapézienoe, il porte un rudiment du premier métacarpien soudé avec les grands métacarpiens et avec le mésocarpe ; dans le premier âge, cette soudure n'est pas encore effectuée et la petite masse latérale, qui répond au cinquième métacarpien, forme, comme celle quireprésente le métacarpien du premier doigt, un noyau osseux également distinct, quoique appliqué contre le quatrième os de ce nom. On ne voit pas nettement, sur celui qui représente le pouce, la séparation en trois pièces signalée dans le petit métacarpien interne de TUnau ordinaire, par M. Flower, ou celle en deux que vient de nous montrer TU*nau d'Hoffmann.

Etudions maintenant les Bradypidés fossiles auxquels on a donné le nom de Mégathères, à cause de leur énorme taille et aussi parce qu'il ont d'incontestables affinités avec le Mé« gathérium, ce qui n'empêche pas qu'ils ne se rattachent directement aux Paresseux Unaux et Àïs par les traits principaux de leur organisation. Chez ces animaux, les pieds de devant sont plus courts et bien plus trapus que dans les espèces qui Tiennent de nous occuper.

La forme des os qui les constitue est en même temps trèsdifférente de celle propre à ces Edentés, et les pièces qu'ils comprennent restent séparées à tous les âges. C'est en particulier ce qui a été reconnu chez le Mégathérium et chez le Mylodon. On voit quatre os au procarpe ou première rangée carpienne, comme chez les Paresseux, et trois à la seconde au lieu de

SOft PAUL GERYAIS.

deux comme chez Vkï, le trapézoïde et le grand os restant désunis, comme cela est d'ailleurs le cas de TUnau. Le premier métacarpien est articulé avec la saillie du scaphoïde que Ton a décrite dans les Paresseux comme représentant le trapèze soudé au scaphoïde, et, ainsi que nous Tavons dit plus haut, il se pourrait bien que cette interprétation dût être définitivement acceptée.

Les métacarpiens et les phalanges conservent aussi leur indépendance chez ces animaux fossiles, quels que soient d'ailleurs les différences de formes qu'on puisse y remarquer.

Le cinquième doigt du Mégalhérium manque de phalange onguéale et il en est de même pour ce doigt ainsi que pour le quatrième chez le Mylodon. Ajoutons que le premier métacarpien du Mégathérium ne porte pas de phalange , tandis qu'il y en a deux dans le Mylodon. Dans l'un et dans l'autre des genres dont il s'agit, le premier orteil est porté, comme nous l'avons déjà dit, par la saillie du scaphoïde qui parait représenter le trapèze.

Parmi les pièces appartenant aux membres antérieurs des grands Édenlés américains qui sont conservées dans notre collection, je remarque des portions de deux pieds de devant (pi. IV, fig. 3} qui me paraissent devoir être attribuées au genre que j'ai appelé Valgipes (1). Les première et deuxième phalanges y sont ankylosées comme dans TÂï, animal chez lequel l'ossification de ces phalanges est cependant plus tardive que celle de la troisième, ainsi que des os métacarpiens ou des métatarsiens , mais les deuxièmes phalanges restent plus courtes que dans ce genre et que dans TUnau et elles sont plus semblables à ce qui se voit dans le Mylodon. La forme du troisième métacarpien du Yalgipes (fig. 3] est en même temps notablement différente de ce qu'elle est dans le Mylodon (fig. 8], et il en est également ainsi pour ses qua-

(1) JourruU de Zoologiej t. III, p. 161, pi. v, fig. 4-7.

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