PIEDS DES IJ^DBNTÉS
un arc de cercle qui se porte, pour s'y arc-bouter sur ia tubérosilé externe de Thumérus, avec laquelle elle s'articule» par une facette placée sous la portion terminale de son arc, ayant de fournir à la clavicule l'articulation qui lui est destinée. En outre, la fosse sous-épineuse est partagée en deux par une crête doublant Tépine, au-dessous de laquelle elle passe.
Quant au bassin, il constitue une synostose comprenant les vertèbres sacrées et les premières coccygiennes, en tout dix vertèbres, toutes soudées les unes avec les autres et auxquelles il s'articule, par deux de ses pièces, l'os des lies et l'ischion, qui laissent entre eux une grande ouverture au-dessus de chaque cavité cotyloïde et, entre la seconde de ces pièces et le pubis, un trou obturateur donnant une figure à peu près triangulaire d'une grande étendue. Le nombre des vertèbres cau-^ dales, libres en arrière des premières coccygiennes soudées au bassin, est de vingt-deux, dont les premières, fortes et pourvues d'os en Y, ont leur partie épineuse bifurquée.
L'humérus possède un grand trou épitrochléen ; son épitrochlée est saillante ; sa trochlée et son condyle sont larges, et son épicondyle est relevé en une crête qui remonte jusqu'à la hauteur de la tubérosité bicipitale.
Les os de l'avant-bras sont disjoints, ce qui a également lieu chez les autres animaux de la même famille ; Tolécrâne est forte et presque aussi longue que le cubitus ; l'apophyse styloïde du radius s'articule avec le scaphoïde, os que le semi-lunaire dépasse en volume ; le pyramidal est également assez gros ; en dehors est le pisiforme, assez volumineux. Le mésocarpe se compose d'un trapèze, portant un pouce assez grêle, et d'un trapézoïde, également peu volumineux. Le grand os et l'unciforme ou os crochu sont plus grands ; ils portent le métacarpien médian et le métacarpien de l'index. Le petit doigt est plus difficile à retrouver. Son métacarpien me parait re-
811^ PAUL GKHVAMI.
présenté par Tos qui est appliqué en dehors sur le pyramidal; alors sa première phalange serait, à son tour, la pièce i»^ seuse placée extérieurement, entre cet os et la partie externe de la première phalange du second doigt; c'est sur cette pièce osseuse que s'articule la seconde phalange, portant elle-même la phalange onguéale. Le troisième est beaucoup plus fort que les autres ; il forme un arc volumineux, capuchonné à sa base; après lui, si Ton ne considère que le volume, viennent le quatrième, puis le second, ensuite le premier et enfin le cin^ quième. Les cinq doigts sont onguiculés. Le premier et le second sont allongés et relativement assez grêles ; le cinquième est court et épais. Les phalanges onguéales des troisième et quatrième doigts sont ouUriformes , quoique arquées et obliques. Aucune n'est fendue à son extrémité comme cela se remarque si souvent chez les Édentés. C'est aussi ce que Ton voit chez d'autres animaux de la même famille. Le métacarpien du doigt médian est surtout remarquable par sa forme raccourcie ; il est presque aussi large que long. Ajoutons qu il existe sous le carpe du Tatou géant un os volumineux et d'apparence irrégulièrement pyramidale. Guvier le donne comme résultant de l'ossification du tendon du fléchisseur profond ; c'est un énorme sésamoïde, s'arliculant avec la face inférieure du semi-lunaire et par une portion de sa base externe avec le pisiforme, ici placé au-dessous du pyramidal.
Le fémur porte, outre ses deux trochanters interne et externe, un troisième trochanter dont la saillie en dehors est considérable et qui ne se confond pas avec la crête externe qui longe la partie inférieure du même os dans d'autres espèces de ce groupei, principalement dans les Glyptodons.
Les deux os de la jambe se soudent par leurs extrémités supérieure et inférieure, comme ils le font d'ailleurs aussi chez les Tatous ordinaires, et la patte de derrière s'éloigne assez peu, dans la forme générale des os qui la constituent,
PIBD8 BtS ÉDBHtÉS. 9iS
des dispositions propres à ces mêmes animanx* Les phalanges ODguéales n'offrent pas de fissure à leur extrémité*
On retrouve chez le Tatou géant, le sésamoide sous-méta« tarsien signalé par Cuvier au pied du Cachicame et que nous voyons aussi à celui de TËncoubert.
Le Chlamyphore (genre Chlamyphorm, Harlan) est nn des animaux les p]us singuliers de la famille des Dasypidés» soit qu'on l'en vissée dans le mode de conformation des os de la tête et du troue, soit que l'on considère ses membres (1), Son apophyse acromion est longue et recourbée en avant jus« qu'à la hauteur de la tubérosité externe de Thumérus et sa fosse sous-épineuse est partagée en deux par une crête parais lèle à répine. La crête deltoîdienne de Thumérus est relevée et elle fait saillie à mi-hauteur de l'os sous la forme d'une forte carène sécuriforme ; Tépitrochlée présente une saillie considérable et elle est percée par un trou destiné au passoge du nerf cubital ainsi que des veine et artère cubitales? ce qui n'a pas lieu chez les autres Dasypidés ; la poulie a sa gorge élargie et répicdndyle fait saillie dans la partie inférieure externe de rbumérus, sous forme de crête ; lolécrêne est considérable» pourvue d'une apophyse styliforme saillante» située en arrière de son extrémité libre ; le cubitus est plus large que le radius mais ces deux os sont serrés l'un contre l'autre dans toute leur longueur. Le carpe se compose de sept os : 1^ scaphoïde, semi-lunaire, pyramidal et pisiforme ; 2"* trapèze, trapézoïde^ grand os et unciforme. Le pisiforme est grand et triangulaire ; il existe un petit sésamoïde de forme lenticulaire entre lui et le cinquième métacarpien qui est bien plus court que les autres ; les premier et second doigts ont le métacarpien et les phalanges grêles et allongées, mais en nombre ordinaire ; ceux
(1) Harhn, iicod-nol. AûfJiV.-rori;, 1825. — /d., Médical and physieal Reêêordieu^ av. pi. — Hyrtl, Jeaâ. se. Fienne, 1855, ph m et iv. — Gray, Pramêé, noL Soe. Londtm^ 1817, p. 8 (bassin).
216 PAUL GBRTAIS.
des troisième et quatrième sont robustes, les métacarpiens étant plus longs et plus gros, surtout au quatrième doigt ; mais il semblerait n'exister à ces doigts ainsi qu'au cinquième que deux phalanges au lieu de trois comme il en existe à Tindex. Il me parait évident qu'ici comme dans le Yalgipes et le Priodonte, les première et seconde phalanges sont soudées l'une avec l'autre. L'ongle des troisième à cinquième doigts est très-développé quoique celui du troisième soit plus raccourci que les deux autres : aussi les phalanges onguéales sont-elles falciformes ; elles sont fortement fendues à leur extrémité, disposition qui se remarque aussi à la phalangette du second doigt, mais que la phalange onguéale du pouce ne présente pas. Il existe sous la main un volumineux sésamoîde comparable à celui que nous avons vu être placé dans ie fléchisseur profond du Priodonte.
Le bassin est très-compliqué, ce qui rappelle une disposition propre aux Glyptodons, animaux dont le Chlamyphore a d'ailleurs plusieurs autres caractères ostéologiques, et cette complication est rendue plus grande encore par le synostose qui s'établit, chez le Chlamyphore comme chez les gigantesques Dasypidés 'que nous citons, avec la grande plaque dermato* squelettique qui protège la région fessière dans les animaux de ces deux genres. Ce sont les ischions qui fournissent particulièrement ces arcs-boutants dont la paire inférieure est la plus large et dont la supérieure naît d'une saillie épineuse remontant jusqu'à la crête sacrée avec laquelle elle s'unit, ce qui n'empêche pas cette crête elle même de se prolonger jusqu'à la plaque fessière et de se souder avec elle.
Les trochanters, grand et petit, font une saillie considérable surtout le grand ou externe ; il existe un troisième trochanter bien distinct; une autre crête se voit au bord inférieur externe du fémur. Le tibia et le péroné sont soudés entre eux dans leurs parties supérieures et inférieures et leur coales-
PIEDS DES ÉDEIfTÉS. 217
cence inférieure est notablement plus étendue que la supérieure. Le calcanéum est élargi et déprimé. L'astragale a sa poulie de forme régulière mais sa saillie destinée au naviculaire est courte et triangulaire. Le naviculaire n'est pas trèsgrand et les trois cunéiformes n'ont aussi que d'assez faibles dimensions; c'est le troisième qui est le plus petit. Lecuboïde conserve sa forme et ses proportions ordinaires ; il existe en dehors de lui un sésamoïde cultriforme qui s'étend du milieu du métatarsien externe jusqu'auprès de la partie inférorantérieur du calcanéum, mais sans se souder avec elle. Les phalanges onguéales des orteils manquent de fissure.
Les Dasypidés fossiles ne seront pas moins curieux à étudier sous les mômes rapports. Les particularités propres à YEuta tus Seguini ont été décrites par moi et Ton doit regretter que celles qui caractérisent le Chlamydotherium Humboldlii de M. Lund n'aient pas encore été signalées.
Quant aux Glyptodons, leurs membres sont bien plus ro^ bustes que ceux des Tatous ordinaires et surtout plus courts dans leur partie terminale. L'épine de l'omoplate n*y possède pas une crête accessoire comme dans le Priodonte» mais elle a son apophyse acromion également longue et arc-boutée sur la tubérosité externe de Thumérus. Celui-ci manque de perforation épitrochléenne, mais son épicondyle remonte assez haut en s'élargissant. L'olécrâne est forte et le cubitus reste distinct du radius. Trois doigts sont seuls complets; les os en sont courts ainsi que les métacarpiens et les os du carpe. Le pouce semble n'avoir qu'une phalange ; le cinquième doigt et son métacarpien manquent entièrement.
On doit signaler, en ce qui concerne les membres postérieurs des Glyptodons, la complication de la synostose pelvienne; l'absence d*un véritable troisième trochanter au fémur, la crête qui en surmonte le condyle externe, le raccourcissement de la jambe dont les deux os sont soudés à la ma-
oière de ceux des Tatous, enfin la biièvelé des métaUrnens ainsi que celle des phalanges, dont les terminales ou onguéales, pour les trois doigts médians, sont élargies, encore plus courtes qu'aux pieds de devant et non fissurées à leur extrémité. Il y a quatre orteils aux pieds de derrière des Glyptodons. Le calcanéum est assez saillant dans sa partie achilléenne» L'astragale rentre encore mieux que celui des Tatous dans la forme ordinaire aux os de cette sorte.