‹ Journal de zoologieChapitre 60 sur 130 · IV · texte numérisé non relu

IV

Oryctéropidés.

Quelques lignes suffiront pour rappeler les principaux caractères ostéologiques des membres chez TOryctérope, seul type générique de cette famille. L'apophyse acromion de l'omoplate est assez développée, mais elle ne se soude pas à la partie coracoïdienne du même os. Il existe un canal à Tépitrochlée, lequel s'ouvre à la partie supérieure de celle saillie; les deux os de l'avant-bras restent séparés; le carpe n'offre rien de bien particulier : il y a quatre doigts, mais point de pouce. L'ischion ne se soude pas à la colonne vertébrale; la fémur possède un troisième trochanler; la séparation du tibia et du péroné est persistante et le pied de derrière est pentadactyle. Les orteils y ont, comme le doigt, leurs phalanges onguéales dépourvues de fissure.

MarUdés.

Les Hanidés, c'est-à-dire les Pangolins et les Phatagios comptent parmi les plus singuliers des Mammifères apparte-

nant à la sous-classe des Edentés» et, en ce qui concerne leur ofitéologie, cette singularité se retrouve dans les os de leurs membres aussi bien que dans la conformation de leur crâne et de leur tronc.

L'épine de Tomoplate est courte, médiocrement éleyée, aplatie à son bord libre et un peu excavée en-dessous. On n'y remarque pas d'acromion distinct et sa saillie coracoïdienne est rudimentaire. Les clavicules manquent. L'humérus est très-^ large inférieurement, ce qui tient au grand développement de son épitrochlée que traverse un fort canal ; sa poulie articulaire est également considérable et l'épicondyle en dépasse le niveau. Le radius et le cubitus ne se soudent pas ensemble et Tolécrâne du second de ces os est considérable. La première rangée du carpe se compose du scaphoïde» soudé au semi-lunaire, du pyramidal et du pisiforme peu développé ; la seconde comprend un trapèze, un trapézoîde, un grand os et un unciforme, nombre de pièces qui se retrouvent chez le Pangolin ordinaire (Mcmis /at7amca),etchezle Pangolin de Temminck (Manis Temminckii)^ type du genre Smutsia de Gray, mais avec une certaine différence dans la forme de plusieurs d'entre elles. Les métacarpiens sont courts et le troisième est en parti* culier remarquable par sa largeur, surtout dans la seconde de ces espèces; les premières phalanges sont également courtes; les deuxièmes les dépassent peu en longueur, mais les phalanges onguéales, surtout celle du doigt médian, après lequel les plus développés sont le deuxième, puis le troisième ; ceux du pouce et du cinquième doigt sont les plus petits de tous ; les phalanges onguéales sont toutes les cinq fissurées; celles des trois doigts médians le sont même très-profondément.

Le bassin offre une double articulation de l'os des tles avec la colonne vertébrale, du moins chez le Pangolin de Java, mais celle de Tischion ne s'opère qu'avec une seule vertèbre, laquelle, si Ton en juge par sa soudure avec celle qui la

SSO PAUL GERTAIS.

précède, doit-étre regardée comme étant la dernière Tertèbre sacrée ; le sacrum est donc formé de la réunion de quatre vertèbres. Chez le Pangolin de Temminck, la symphyse iléosacrée ne porte que sur deux vertèbres et la totalité du sacrum n'en comprend que trois» dont la troisième, soudée à la seconde par ses apophyses transverses et épineuses, ne donne aucun point d'appui à l'ischion, de telle sorte qu'il n'y a dans cette espèce qu'une seule suture de l'os innominé avec la colonne vertébrale. Le fémur n'a pas de troisième trochanter ; il est aplati et assez large. Le tibia et le péroné, distincts dans toute la longueur de leurs diaphyses, tendent à se souder par leurs épiphyses, du moins chez le Pangolin de Temminck ; il y a au-dessus du péroné un petit sésamoïde placé en dehors de la rotule qui joue le même rôle par rapport au vaste externe que celle-ci par rapport au droit antérieur ; il est d'ailleurs beaucoup plus petit que la rotule qui conserve son caractère osseux. Le calcanéum reprend, jusqu'à un certain point, le faciès général qu'il a chez le Mégathérium et le Lestodon, sans être cependant tout à fait de même forme ; en outre, ses facettes astragalienne et cuboïdienne sont peu distantes Tune de l'autre, et la première est à peine inclinée au lieu d'être sub-verticale, en même temps la seconde est moins longue et plus oblique. L'astragale rentre dans la forme ordinaire, mais il est court et élargi, et sa face destinée au naviculaire est sensiblement excavée. Le premier cunéiforme est plus volumineux que les deux autres, le second étant le plus petit des trois ; le cuboïde est d'ailleurs plus grand qu'eux. Les métatarsiens sont courts, surtout chez le Pangolin de Temminck et les phalanges le sont encore davantage; celles qui portent les ongles sont toutes les cinq largement fendues à leur extrémité.

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