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FOSSILE AU BRÉSIL

PAR

H. P»«l «ERTAM.

En décriTant la vertèbre de Crocodilien fossile qui provenait de la région inférieure du bassin des Amazones, vertèbre sur laquelle j'ai fondé la distinction du Dinomchus terror (1], j'ai rappelé que M. Baraquin, à qui le Muséum doit cette pièce remarquable, avait aussi remis au même établissement difiérents ossements extraits, sans doute, des mêmes dépôts, mais appartenant à d'autres animaux. L'un des calcanéums cités dans mon Mémoire sur les Edentés (2) comme provenant d'un Hégathérium est dans ce cas. Il y a, en outre, plusieurs fragments, pour la plupart représentés sur la planche vu, fig. 1-4 du présent volume, qu'un examen attentif me porte à attribuer à Tordre des Chéloniens, et spécialement à une Tortue de taille gigantesque que je proposerai de nommer Tatudo elata.

Ces fragments de grande Tortue sont :

1* Un os de la mâchoire inférieure (fig. 1- 1 a] répondant à Tos dentaire ; il est long de 0,135 et large de 0,087 ; sa forme en cuiller épaissie, et l'échancrure disposée angulairement qu'il porte en arrière pour l'insertion des os complémentaires

(i) T. V, p. 232, pi. IX.

(2) T. VI, p. 80.

m PAUL GERVAIS.

et angulaires, ne me parait pas laisser de doute au sujet du nom sous lequel je l'inscris ici.

2* L'extrémité supérieure d'un radius (fig. 2 et 2 a), mesurant 0",100 à son point d'application au cubitus et 0",010 environ à sa surface d'articulation a?ec la partie condylienne de l'humérus, surface qui est ovalaire allongée au lieu d'être régulièrement en demi-cercle, comme dans la Tortue éléphantine des îles du canal Mozambique qui est notre plus grande espèce actuelle.

3' La partie correspondante du cubitus (fig. 3). Sa saillie olécrânienne est bien plus forte que dans l'espèce aujourd'hui vivante qui vient d'être citée, ainsi que dans le Colossochelyi Atku qui est la grande Tortue fossile de Tlnde ; sa largeur est en même temps relativement plus considérable.

4^ Un morceau de plastron (fig. Aei Aa sa coupe) ; il est long de 0'',21 et épais de 0°',035 dans sa partie marginale. Ce n'est qu'une faible partie de cette portion du squelette (1).

On sait qu'il a déjà été trouvé dans l'Amérique méridionale des fragments de carapace indiquant une espèce gigantesque de la division des Chéloniens terrestres. Nous avons nousmême fait mention d'une semblable pièce, longue de 1*,50 et large de 1"',20, que H. Seguin a découverte dans les terrains pampéens de la République Argentine, mais dont il n'a pu rapporter que des débris.

Le Testudo eUUa de la région basse de l'Âmasone paraît n'avoir été inférieure que d'un tiers environ au Golossochélys de l'Inde.

Dans le cas où les pièces qui nous font connaître ce gigantesque Chelonien seraient, comme tout me porte maintenant à l'admettre, du même terrain que le Dinoiuchus terrar et le

(1) Les figures 5 et 5 a de la planche vu reproduisent un fragment de côte qui parait avoir appartenu au Dinotuehui ierror. Ce fragment de côte est long de 0",18. Sa coupe donne pour diamètres O^^O^T et 0",042.

DOCUMENTS N01}VBAUX. 285

Mégathérium, on devrait rapporter ce terrain à Tépoque pléistocène.

PlANCBE VII.

Fig. 1 et 1 a. L'os dentaire du Testudo elata, vu de profil et en dessus.

Fig. 2 et 2 a. Extrémité supérieure du radius. Fig. 3. Exlrémilé supérieure du cubitus. Fig. 4 et 4 a. Portion du plastron.

Fig. 5. Fragment de côte du Dinosuchus terror. Ces figures sont réduites aux | de la grandeur naturelle.

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