‹ Journal de zoologieChapitre 88 sur 130 · SQUELETTE · texte numérisé non relu

SQUELETTE

!• Le squelette de rAutosite, bien proportionné dans toutes ses parties, est normalement conformé, sauf dans sa région thoracique qui est largement ouverte en avant par une fissure du sternum. Les deux moitiés latérales ce cet os, très déjetées en dehors, sont écartées Tune de l'autre et séparées par un intervalle de plus de 45 millimètres. Par suite de cet écartement le diamètre transversal de la cavité thoracique du sujet principal est considérablement augmenté et les côtes ont une direction plus oblique que chez un enfant du même âge normalement constitué. Les clavicules, qui ont subi une déviation analogue, sont reliées entre elles par une série de pièces osseuses qui sont: les deux moitiés supérieures du sternum de TAutosite, les deux clavicules du Parasite s'insérant par leurs extrémités externes sur une éminence qui représente les apophyses acromiales des omoplates réunies en une seule masse par suite de la réunion de ces deux os qui sont soudés pari eur bord spinal.

A ces omoplates sont insérés, de chaque côté, les membres supérieurs du Parasite ; au-dessous, à une distance de 5 centimètres environ, et réunis à elles par une lame aponévrotique très- résista nie en ce point , se trouvent le bassin et les membres inférieurs du môme sujet.

Nous voyons donc les clavicules du Parasite s'insérer par leurs extrémités internes sur la moitié supérieure du sternum de l'Âutosite ; elles sont en rapport par cette partie osseuse avec l'extrémité interne des clavicules du sujet principal, et rentrent ainsi dans la loi de l'union des organes par leurs parties homologues, loi applicable ' aussi bien aux monstres parasitaires, qu'aux monstres autositaires, quoique certains auteurs aient cru pouvoir affirmer le contraire.

298 HENRI <3BRVAIS.

S"" Passons au squelette du Parasite; il présente plusieurs particularités qu'il importe de signaler.

Membres supérieurs.

La ceinture scapulaire du Parasite est formée 1* par les clavicules; 2* par les deux omoplates qui, soudées entre elles par leurs bords spinaux, constituent, pour ainsi dire, un seul os.

Clavicule gauche. — Cet os dont la longueur est de 3 centimètres, à une direction oblique de haut en bas, de dehors en dedans et d'arrière en avant par rapport au sujet principal. Assez grosse à son extrémité interne, qui s'insère sur la porlion supérieure interne de la moitié droite du sternum de TAutosite, la clavicule est, au contraire, plus amincie à son extrémité acromiale. Sur son bord supérieur s'inséraient des muscles gagnant les faisceaux accessoires du sterno-cleidomastoïdien de TAulosite. Par son bord inférieur cet os était en rapport avec l'articulation scapulo-humérale gauche du Parasite, h laquelle elle était reliée par une bride fibreuse assez résistante.

Clavicule droite. — La clavicule du côté droit a une forme bien différente de celle du côté gauche. Elle constitue un os allongé, aplati et d'une longueur de 0",03. La face externe de cet os est légèrement convexe ; sa face interne concave. Son bord supérieur décrit une courbe à convexité supérieure; rinférieur est au contraire excavé et présente vers la fin de son tiers externe, à 1 centimètre environ de son extrémité, une tubérosité large, aplatie, au moyen de laquelle Tos s'articule avec la face externe de la tête de l'humérus.

L'extrémité sternale de cette clavicule est large et arrondie ; son extrémité acromiale, au contraire aplatie, est déviée en dehors. De même que la clavicule du côté gauche, celle du côté droit donnait, par son bord supérieur, insertion à des muscles se dirigeant vers la région cervicale de l'Autosite.

HÉTÉRADELPHE DE YERVINS. 299

Omoplates. — Les omoplates du sujel parasite, soudées par leurs bords spinaux, constituent une sorte de petit bouclier en forme de triangle non symétrique présentant : 1* Une face interne concave regardant rAutosite et formée par la réunion des fosses sous-épineuses; 2** une face externe (face postérieure), regardant en avant et en dehors sur le milieu de laquelle on remarque une éminence osseuse, sorte de pyramide triangulaire haute de 13 millimètres. Celte saillie osseuse, formée par Taccolement des deux épines, se termine à son sommet par une portion large et aplatie transversalement en forme de T, dont les deux branches horizontales, représentant les acromions, s'articulent par une petite facette aplatie avec rexlrémité externe des deux clavicules.

Les deux angles supérieurs et externes de cet os ou angles glénoïdiens, tronqués à leur extrémité, constituent deux petites cavités articulaires, au-dessus desquelles se trouve surajouté un rudiment cartilagineux représentant l'apophyse coracoïde. L'angle inférieur, au contraire, donne attache à la portion la plus épaisse de la lame fibreuse, qui relie le train inférieur du Parasite h ses membres supérieurs.

Humérus droit. — L'humérus droit a 7 centimètres de longueur. Il est très-aminci, arrondi et ossifié dans la portion diaphysaire. Il présente deux épiphyses encore à Tétat cartilagineux et sa télé, assez volumineuse, s'articule par sa partie la plus interne^ avec la cavité glénoïde, et, par une portion de sa face externe, avec la tubérosité que nous avons signalée au bord inférieur de la clavicule droite du Parasite. Un ligament fibreux, passant au-dessus de cette articulation, réunit l'apophyse coracoïde de ce côté à la face interne de la clavicule.

Humérus gauche. — Il est beaucoup plus court que l'humérus droit. 11 n'a que 0",028. La tôle est peu volumineuse. Son extrémité inférieure est, au contraire, large et arrondie. La saillie épicondylienne est très-accentuée.

Avant' bras (côté droit). — La région de lavant-bras, du

côté droit, est formée de deux os, le radius et le cubitus, qui sont soudés dans le voisinage de leur extrémité supérieure.

Du côté gauche. — L avant-bras est constitué par un seul os, long de 2 centimètres seulement et qui représente le cubitus, le radius étant complètement avorté.

La main 'du côté droit ne présente rien de particulier à noter si ce n'est l'absence du premier métacarpien, le pouce étant réuni à la face externe de l'extrémité inférieure du second métacarpien, par une petite languette cutanée.

La main gauche ne porte que trois doigts : le médius, l'annulaire et l'auriculaire. Le radius n'existant pas, les doigts qui s'y rapportent ont complètement avorté.

Ceinture pelvienne. — La ceinture pelvienne est seulement formée de deux os ; le sacrum n'existe pas. Les deux os coxaux, unis en avant par la symphyse pubienne, sont intimement soudés en arrière, par leur surface articulaire. Les cavités cotyloïdes, étant très-rapprochées Tune de l'autre, s'unissent entre elles par leur face externe. Les os coxaux sont trèsaplatis et le grand bassin est très-ouvert ; le petit bassin, au contraire, constitue une cavité très-étroite. Entre les points d'union des os coxaux par leurs surfaces auriculaires et cotyloïdiennes se trouve une ouverture ovalaire, de 0",006 de hauteur sur 0",005 de largeur, par laquelle passaient les artères fessières et le nerf sciatique.

Les tubérosités ischiatiques sont très-prononcées.

Membres inférieurs. — Le squelette des membres inférieurs, dont les os sont plus petits que ceux de l'Âutosite ne présentent rien de particulier à noter. Disons cependant que l'articulation du genou ne montrait aucune trace de rotule et que le membre gauche était sensiblement plus court que celui du côté droit.

SYSTÈME MUSCULAmE.

Région sus-claviculaire. — La peau des régions antérieure

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et latérales du cou est très-tendue. Au-dessous d elle nous avons mis à nu le fascia superfîcialis comprenant un peaucier, dont les fibres les plus internes de la moitié droite avaient une direction très-oblique de dehors en dedans ; celles du côté gauche, au contraire, étaient dirigées de dedans en dehors et formaient, sur la partie antéro-latérale droite de la région du cou, un faisceau assez épais représentant un véritable muscle aplati reliant les régions scapulaires du Parasite à la région mastoïdienne de TÂutosite. A part cette portion épaissie du peaucier, ce muscle ne présentait rien de remarquable.

Aponévrose cervicale superficielle. — Cette aponévrose est trèsépaisse sur toute la ligne antérieure du cou et principalement en avant de la région sous-hyoïdienne. Si nous la suivons vers le haut de cette région, nous la voyons passer en avant de Thyoïde et se continuer dans toute la région sus-hyoïdienne ; elle se divise en deux lames assez fortes dont la plus superficielle va s'insérer sur la face antérieure et supérieure des deux clavicules du Parasite, c'est-à-dire sur la face de ces os qui regarde en dehors, ainsi que dans l'angle des deux clavicules, sur les deux acromions. Le feuillet profond s'insère sur le bord supérieur des mêmes os. Puis, ces deux lames aponévrotiques se rejoignent à 15 millimètres environ au-dessus des clavicules, pour rester accolées intimement sur tout le reste de leur trajet, sauf dans les endroits où elles s'écartent pour envelopper les différents faisceaux musculaires que nous allons décrire, faisceaux musculaires appartenant tantôt à l'Autosite, tantôt communs à ce sujet et à son Parasite.

Région sterruhcléido'mastoïdienne. — Cette région comprend, outre les muscles qui sont propres à l'Autosite, ceux qui , partant des régions claviculaires du Parasite, vont s'insérer sur des faisceaux supplémentaires naissant pour la plupart de la région mastoïdienne droite du sujet principal.

l* Muscles stemo-cléido-niastoïdiens. — Le sterno*cléido*

302 HErmi geryàis.

mastoïdien droit, dont les insertions supérieures sont normales, se divise, vers son tiers inférieur, en deux faisceaux. Le faisceau claviculaire qui est le plus fort, s'insère sur le tiers interne de la face antérieure de la clavicule ; le faisceau sternal, dont l'épaisseur est à peine de 3 ou 4 millimètres, va s'attacher sur une bride fibreuse partant de Textrémité claviculaire interne de TAutosite, et reliant celte clavicule à l'extrémité de celle du Parasite. Sur cette bride fibreuse, viennent se perdre quelques fibres du grand pectoral de TAutosite. La clavicule de celui-ci ayant , comme nous l'avons dit, une direction très-oblique de haut en bas et d'arrière en avant, le muscle sterno-cléido-mastoïdien est beaucoup plus allongé qu'à l'état normal ; de là, déformation du triangle susclaviculaire droit, triangle dont l'angle externe de la base est très-ouvert. Le muscle sterno-cléido-masloïdien gauche, comme celui du côté droit, est composé de ses deux faisceaux, dont les attaches supérieure et inférieure sont normales. Nous ferons remarquer, cependant, que le faisceau sternal de ce muscle était plus volumineux que le faisceau claviculaire, et que, avant d'aller s'insérer à la moitié gauche du sternum de l'Autosite, il envoyait une petite bride musculaire transversale sur l'extrémité de la clavicule droite du Parasite.

Les rapports de ces muscles slerno-cléido-mastoïdiens chez notre monstre double, sont bien différents de ceux qu'on leur trouve à l'état normal ; ^ela était facile à prévoir, sachant qu'ils sont séparés inférieurement par un espace de 48 millimètres environ. Cet espace considérable, relativement au diamètre transversal du cou chez un enfant âgé de quelques jours, est comblé par les clavicules et les omoplates du Parasite, ainsi que par les muscles s'insérant sur ces os, et dont nous allons donner la description.

Les deux clavicules du Parasite ont, comme nous l'avons vu, leurs extrémités internes dirigées en dehors; leurs faces

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antérieures, qui sont sur le prolongement des faces antérieures des deux clavicules deTÂutosite, donnent attache à plusieurs faisceaux musculaires, tous contenus entre les deux feuillets de raponévrose cervicale superficielle. La détermination de ces faisceaux musculaires ne manque pas d'une certaine difficulté, mais si nous nous rappelons que les muscles de la région sterno-oléido-mastoïdienne, ainsi que le trapèze, sont des muscles appartenant à un même plan, nous ne pouvons les assimiler qu'à des faisceaux claviculaires anormaux représentant, soit le cléido-mastoîdien, soit une portion du trapèze, faisceaux qui, n'ayant pu aller trouver un point d'appui sur la tête du sujet Parasite, puisque ce Parasite est Acéphale, vont s'insérer sur des faisceaux accessoires partis de la région mastoïdienne de TAulosite. De plus, comme les régions scapulâires du Parasite n'occupent pas la ligne médiane et sont plus reportées du côté droit de TAulosite, c'est de la région mastoïdienne droite de ce sujet que partent ces faisceaux accessoires qui sont au nombre de deux.

Le premier s'insère, par son extrémité supérieure qui est terminée en un tendon aplati, à la partie supérieure et antérieure de la face externe de l'apophyse mastoïde, un peu audessus de l'attache du sterno-cléido-mastoïdien de TAutosite. Ce faisceau musculaire, assez épais dans ses deux tiers supérieurs, est plus aplati dans son tiers inférieur ; la direction générale de ses fibres est oblique de haut en bas, d'arrière en avant et de dehors en dedans. Sa longueur est moindre que celle du sterno-cléido-mastoïdien de l' Autosite; il recouvre, par son extrémité la veine jugulaire et ses fibres s'épanouissent, à son extrémité inférieure, sur une bride aponévrotique dont la direction est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. Sur cette bride fibreuse, viennent s'insérer les faisceaux musculaires partant des clavicules du Parasite, et audessous se trouve l'origine du vaisseau aorlique du Parasite,

30k HENRI GERVAiS.

vaisseau prenant son origine sur la carotide primitive droite. Le second faisceau musculaire, partant de la région mas* toïdienne de TÂutosite, s'insère en avant du précédent sur la portion la plus antérieure et la plus élevée de cette apophyse, par un petit tendon de peu de largeur, mais d'une épaisseur relativement considérable. Ce muscle, assez charnu à sa partie moyenne, se divise inférieurement en deux faisceaux secondaires, terminés chacun par un peut tendon, dont Tun, le plus interne et en même temps le moins développé, est arrondi, recourbé en dedans et en haut, et donne insertion à une lame aponévrotique, servant d'enveloppe à un muscle situé transversalement que nous décrirons plus loin. Le second petit tendon se porte obliquement en bas et en dedans, suivant la direction générale du muscle, et reprend bientôt des fibres musculaires qui vont s'insérer sur les deux tiers internes de la face antérieure de la clavicule droite du Parasite, ainsi que sur le ligament inter-claviculaire réunissant cette clavicule à celle de TÂutosite qui lui est opposée.

Les deux faisceaux de ce muscle constituent donc un espèce de muscle digastrique, dont la portion inférieure nous représente par ses insertions sur la clavicule du Parasite le faisceau cléido-mastoïdien du sujet accessoire.

Nous avons vu que le second muscle partant de la région mastoïdienne de l'Aulosile, se divisait en deux tendons, dont le plus petit et le plus interne, qui se recourbe en haut et en dedans, va s'insérer par un tendon aplati au-devant de la région hyoïdienne de l'Âutosite, décrivant ainsi une courbe à concavité supérieure. De sa convexité, partent des fibres formant un muscle large et aplati, dont la direction est oblique de haut en bas et de dedans en dehors. À sa partie inférieure, ce muscle se divise en deux portions : Tune va s'insérer au feuillet superficiel de l'aponévrose cervicale, l'autre, plus petite et recourbée en bas, confond ses fibres avec les fais-

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ceaux musculaires qui partent des clavicules du Parasite» et va s attacher sur l'espace inter-claviculaire de ce sujet. Peut-être aYons-nous là la trace d'un omo-hyoïdien du sujet acéphale*

Au-dessous du muscle stemo-cléidomastoïdien droit de TÂutosite et des faisceaux accessoires qui partent de Tapo* pbyse mastoïde, faisceaux qui vont fournir des points d'appui aux muscles partant des régions claviculaires du Parasite* nous n'avons trouvé aucune trace du muscle omo-byoîdien. Les muscles sterno-hyoïdien et stemo*thyroïdien n'existaient pas non plus de ce côté, mais on voyait partir du bord supérieur du cartilage de la première côte un petit muscle, k direction transversale, qui se terminait par deux faisceaux dis-* tincts, s'insérant l'un à l'angle des deux clavicules parasilaires, l'autre au bord supérieur et interne de lu clavicule droite du même sujet. Ce petit muscle passait en dessous du vaisseau artériel représentant l'aorte du Parasite- Plus profondément, se trouvait une couche large et aplatie de faisceaux de fibres musculaires recouvrant le péricarde et se perdant en haut dans les aponévroses antérieures du cou. De cette couche musculaire, se détachait sur le côté droit un pelit faisceau de fibres musculaires disposées en arcade ; il s'unissait à la portion claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien de V Autosite.

Telles étaient les principales anomalies de la région cervicale droite du sujet principal. Sa région cervicale gauche ne présentait absolument rien d'anormal dans sa couche superficielle; au-dessous du sterno-cléido-mastoïdien gauche, on trouvait un omo-hyoïdien, muscle que nous avons vu manquer du côté droit et qui avait conservé ici sa direction normale ; mais, à sa partie supérieure, il confondait son insertion avec celle du muscle sterno-hyoïdien situé du même côté que lui.

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BERRl GERVAIS.

Mtacfès fterm^oïdiem et $temo-4hyr(ndiiMé — Les muscles sterno-hyoïdiens et sterne-tfayroïdieiis sont rejetés légèrement sur la gauche de la région cervicale antérieure de rAuloBite.

Le sterno-hyoïdien du côté gauche est représenté par un faisceau lai^ et laplati iqùl s'insète inférieurement è la partie postérieure dû cartilage slenio-claYiculaire et à la portion interne de la première eôte de TAutosite. Le sterno-hyoïdien du côté droit) plus petit que le muscle précédent et ne présentant guère que le tiers de sa largeur, Tient s'insérer à la face postérieure du sternum au point où cet ôs se joint à la clavicule du Parasite. Ces deux muscles» dont la direction est oblique en haut et en dedans^ vont à la façon normale slnsérer, par leurs extrémités supérieures, au corps de l'os hyoïde, le sterno*hyoïdien gauche s'étant adjoint sur son trajet l'omohyoïdien du même côté, comme cela a lieu habituellement.

Stemo-thyroïdiens. — Les muscles que nous venons de décrire, une fois enlevés laissaient voir les stemo-thyroïdiens dont le gauche s'insérait, inférieurement, en partie à la première côte, en partie au sternum de TAutosite. Celui du côté droit prenait ses points d'attache inférieurs sur les ligaraients de l'articulation sternoH^laviculaire du Parasite et sur le bord droit de la face postérieure de la portion gauche du sternum en rapport avec la clavicule de TÂutosite.

Chacun de ces muscles s'insérait supérieurement par une extrémité aplatie au cartilage thyroïde, et par un faisceau secondaire à la grande corne de l'hyoïde, faisceau qui passait au-dessus du muscle thyro-hyoïdien. Les rapports de ces muscles avec la glande thyroïdienne étaient normaux.

ituscle gra/nd droit antérieur de Vabdomen. — Les seuls muscles du tronc chez lesquels nous avons eu à constater une disposition anormale sont les muscles grands droits antérieurs de l'abdomen. Leurs points d'attache, supérieurs et inférieurs, ne présentent rien qui mérite d'être noté. Mais comme les deux

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moitiés de la eaîité thoracique de l'Autosite ne se rejoignent pas en avant, et que les moitiés latérales du sternum sont très-écartées Tune de l'autre pour loger entre elles les membres supérieurs du Parasite» ce^ muscles ont, par cela môme» leurs extrémités supérieures trèsrdistantes l'une de l'autre et au lieu de se toucher par leurs bords internes pour form er la ligne blanche, ils laissent entre eux un intervalle considé* rable, intervalle comblé pax une lame aponévrotique trèsr épaisse qui, de leurs bords internes, va s'inséra supérieurement au bord inférieur des omoplates du Parasite, relie ces pièces au bassin de ce sujet el se eontiaue ensuite sur tout le pourtour de sa région pelvienne^ laquelle se trouve ainsi rattachée à toute la portion sus-ombilicale de TÂutosite.

Cette aponévrose, recouverte en-dessus par la peau ; dou- Uée intérieurement par la (dèvre, dans sa partie supérieure ; par 4a portion réfléchie du diaphragme, en son milieu, et, par le péritoine, inférieurement, constitue la paroi dorsale du corps de Têtre parasitaire.

Muscle» des membres supérieurs du Parasite. — Indépendamment des faisceaux musculaires que nous venons de décrire et dont quelques-uns relient le sujet parasitaire à son iutosite, nous retrouvons chez ce Parasite un certain nombre de muscles qui lui sont propres. Ils sont tous atrophiés et réduits à un petit nombre de fibres musculaires, quelquefois même à leur portion tendineuse. Là, où les formes extérieures arrondies semblaient accuser un système musculaire bien développé, on ne trouve toujours qu'une masse graisseuse par* courue par quelques vaisseaux nourriciers et des trabécules fibreux, partant des gaines aponévrotiques de ces muscles qui, seules, ont résisté à la dégénérescence graisseuse.

Les muscles dont nous avons constaté la présence dxez notre acéphale sont :

Muscles deltoïdes. — La tête de Thumérus droit du Paru-

308 HBNBl GERTAIS.

! site, ainsi que le tiers supérieur et externe de cet os, étaient

recouverts par une couche de fibres musculaires mince et aplatie qui s'insérait supérieurement à la face externe de l'extrémité interne de la clavicule, inférieurement au tiers moyen de l'humérus. Ces fibres nous paraissent représenter, par conséquent, la portion claviculaire du muscle deltoïde droit. Le deltoïde du côté gauche était, au contraire, représenté par un faisceau court et charnu allant de l'omoplate gauche au tiers supérieur de la face externe de 1 humérus.

Mmdet grands pectoraux. •» Le grand pectoral droit du Parasite, assez nettement accusé, avait une direction tout à fait anormale. Il s'unissait, en effet, par quelques-unes de ses fibres à la partie la plus externe de la clavicule, et, par un faisceau plus épais, à la face antérieure et supérieure de la moitié gauche du sternum. De là, ses fibres se dirigeaient obliquement de haut en bas et un peu en dedans, pour se porter sur le tiers moyen de la coulisse bicipitale. En arrière de lui, et longeant son insertion humérale, passait l'artère du bras.

,Le grand pectoral gauche du Parasite, tout à fait rudimentaire, n'était représenté que par une mince couche de fibres musculaires s'étendant de l'humérus à la partie moyenne de la face antérieure de la moitié gauche du sternum, où ses fibres s'entrecroisaient sur quelques points avec celles du grand pectoral de TÂutosite. Tout le reste des parties supérieures du tronc du Parasite était dépourvu de muscles ; le bras, l'avant-bras et la main ne présentaient au-dessous de la peau qu'une mince couche de tissu adipeux, parcourue par quelques vaisseaux artériels et veineux et des filets nerveux de peu d'importance.

Muscles des membres inférieurs. — La peau de la région fes-^ sière ainsi que le panicule adipeux situé au-dessous d'elle,

H^ÉRADBLPHK DK VERVINS. 309

formaient une couche très-épaisse. Les gaines aponévrotiques des muscles fessiers étaient normalement disposées» mais ne contenaient dans leur intérieur qu'une masse de petites pelottes graisseuses complètement dépounrues de fibres musculaires.

Région fémorale. — Les téguments de la région fémorale étaient beaucoup moins épais. Au-dessous d'eux se trouvait une forte aponévrose de laquelle parlaient les cloisons intermusculaires. Les muscles, comme ceux de la région fessière, étaient frappés de dégénérescence graisseuse, sauf ceux de la loge fémorale postérieure qui n'avaient pas complètement disparu. Leurs fibres musculaires étaient très-pâles, perdues au milieu des gouttelettes graisseuses et pourvues, pour la plupart, de stries peu apparentes. La masse qu'ils formaient s'insérait supérieurement au pubis, se dirigeait vers la face interne du fémur, pour se perdre bientôt, chemin faisant, dans la masse graisseuse de la partie interne de la cuisse sans contracter aucun point d'attache avec l'os de cette région.

Entre cette masse niusculo^aisseuse et la gaine du vaste interne, passe l'artère fémorale, donnant sur son parcours des branches collatérales d'un calibre très-réduit.

L'aponévrose fémorale, au niveau du creux poplité, se continuait avec l'aponévrose jambière et formait avec elle une bride très-épaisse maintenant la jambe du Parasite dans un état de flexion tel que tout mouvement de l'articulation du genou était rendue impossible.

Région jambière. — Le jambier antérieur, le long extenseur commun des orteils, l'extenseur propre du gros orteil et le long péronier latéral existaient seuls dans cette région, mais réduits à leur portion tendineuse et à quelques fibres muscuculaires; leurs insertions inférieures étaient à peu près normales.

A la région postérieure de la jambe nous ne trouvons qu'un

310 HENRI 6EHVAI8.

faisceau de fibres musculaires de peu d'épaisseur, allant s'insérer à la partie postérieure et supérieure du calcanéum, et réunies en une seule masse; ce faisceau représente les muscles gastro-cnémiens«

La peau de la même région était très-mince, sauf à la partie postérieure.

Indépendamment des tendons du jambier antérieur, du long extenseur commun des orteils, de Textenseur propre du gros orteil, du long péronier latéral, des yeines ainsi que des artères et des nerfs dont nous parierons plus tard, la région dorsale du pied présentait un petit muscle pédieux. A sa région plantaire existait un fléchisseur commun des orteils, entouré d'une épaisse couche de graisse.

Muscle diaphragme. — Le diaphragme dont les insertions postérieures et latérales ne diffèrent pas de ce qu'elles sont à l'état normal, présente à sa région antérieure et médiane, une disposition toute particulière. La surface de la portion aponévrolique est beaucoup plus étendue qu'elle ne l'est i l'état normal ; ce muscle, abandonnant les régions costales droite et gauche de l'Àutosite, se porte en avant sur la paroi postérieure abdominale du Parasite et se continue à droite et à gauche de cette cavité qui communique par une large ouverture avec la cavité abdominale du sujet principal.

APPARBIL DIOBSIIF.

La portion sus-diaphragmatique de cet appareil ne pré- Bente rien de particulier, sauf pourtant certains rapports anormaux de l'œsophage, en arrière duquel passe l'artère sous-clavière droite, et dont les faces latérales sont longées par les veines pulmonaires, lesquelles, au lieu de gagner le cœur

HÉTÉRÀDELPHE DS VBRVINS. 311

vont, comme nous le verrons plus tard, se jeter dans le foie de l'Autosite.

V Estomac de Tlutosite a une forme normale ; son volume est, à peu de chose près, celui qu'on trouve à cet organe chez un enfant au moment de la naissance. Il occupe l'hypoçondre gauche et une faible partie de la région épigastrique. Sa face antérieure est complètement recouverte par le foie et séparée du diaphragme par toute la masse du lohe gauche de cet organe qui est pourvu, comme celui du côté droit, d'une vésicule biliaire, La face postérieure de l'estomac ^ conservé ses rapports normaux avec la coloilne vertébrale et l§s organes voisins ; il en est de même pour les extrémités droites et gauches de pet organe. Quant à la grande courbure, elle est bordée, en avant, par le cœcuipi de T^utosite qui a quitté la fosse iliaque droite pour venir, avec le colon ascendant, occuper la portioi) gauche de la zone om})ilicale.

Le Duodénum n a pas, che^ çp sujet monstrue)ix, la direction que nous lui connaissons à l'état normal, les rapports de ses différentes portions sont ausâ modifiés. La première portion de cet organe, celle qui reçoit les canaux cholédoque et pancréatique, se dirige horizontalement de droite à gauche, en décrivant une courbe dans la concavité de laquelle passe la veine-porte et les vaisseaux de Tépiploon gasjiro-hépatique. On remarque sur la face externe de la muqueuse de cettjB partie du duodénum uae papille assez proéminente par Ij^uelte débouchent, dans rinjiestin, les canaui: cholédoque^ venant de chaque vésicule biliaire, canaux qui s*accolent et se confondent l'un avec l'autre un peu avant leur terminaison.

Dans sa troisième portion, le duodénum est en rapport avec le gros intestin du Parasite qui pas^e en avapt de li^*

Vlntestin grUe proprement dit n*o^re rien qui mérite d'être signalé dans les deux tiers supérieures de son trajet. La mçsse formée par ses circonvolutions occupe les portions

312 HBNRl GBRVAIS.

gauches de la zone ombilicale et de la région épigastrique, dans lesquelles elle est repoussée par le gros intestin du Parasite qui envahit toute la fosse iliaque droite, le côté droit de la zone ombilicale et le milieu de la région épigastrique. Vers la fin de son trajet iléal, l'intestin grèle^ dont le diamètre s'est un peu accru, se bifurque en deux portions. L'une de ces portions, remontant vers la partie supérieure de la cavité abdominale, se rétrécit un peu, et, après un trajet de 22 centimètres environ, s'abouche dans le gros intestin deTÀulosite. L'autre portion de l'iléon augmente, au contraire, rapidement de volume, se dirige vers la fosse iliaque droite de l'Àutosite, se recourbe en haut et débouche dans le gros intestin du Parasite. La longueur de cette seconde portion est h peu près de 0",38, son diamètre, au point de bifurcation de l'iléon de TAutosite, est de 0*,0U; elle a 0",022 à son point de jonction avec le gros intestin ; entre ces deux points son diamètre est sensiblement plus grand, il atteint O^jOSO environ •

Le Gros intestin de l'Àutosite a, comme nous l'avons dit précédemment, son origine située dans la région épigastrique, région qu'occupe aussi, par conséquent, le cœcum du même sujet. Le cœcum est peu développé et muni de son appendice; l'intestin qui lui fait suite a un diamètre faiblement supérieur à celui de Tintestin grêle avec lequel il se soude à angle droit. Ce gros intestin se dirige d'abord d'avant en arrière, décrit plusieurs sinuosités, s'applique sur le rein gauche, revient ensuite en avant, puis s'appliquant contre la paroi gauche de la cavité abdominale à laquelle il est relié par un mésocolon, se termine par le rectum dont les rapports sont absolument normaux. La surface du gros intestin est légèrement bosselée et on y voit les trois brides rousculeuses normales.

Le gros intestin du Parasite, au commencement duquel se trouve aussi un petit cœcum, a un aspect tout différent et qui ne rappelle en rien la forme de cet organe à Tétat normal. Il

HÉTÉRADELPHB DE VBBYINS. 313

commence dans la portion supérieure delà fosse iliaque droite de i'Âutosite, se dirige de bas en haut en décrivant quelques sinuosités, traverse la portion droite de la zone ombilicale droite, puis, se plaçant en avant du foie, occupe la région épigastrique pour aller se terminer dans le petit bassin du Parasite. Cet intestin est complètement recouvert par le péritoine qui forme, dans ses trois quarts inférieurs, un mésocolon interrompu seulement vers la partie supérieure de son trajet par une sorte d'arcade au-dessous de laquelle se trouve la portion dttodénale autositaire» de telle sorte, que vers la fin de son trajet, le gros intestin du Parasite forme une espèce de cylindre isolé fixé seulement par son extrémité aux parties molles du bassin du Parasite.

Ce gros intestin a 0"*,31 de longueur, et sa surface ne présente ni brides longitudinales ni bosselures. Son diamètre moyen est de 3 centimètres environ .

Nous avons dit que dans THétéradelphe de Yervins» comme cela a été constaté pour la grande majorité des Hétéradelpbes, l'anus était imperforé. La dissection nous a appris de plus, que ce sujet accessoire était frappé d'atrétie rectale, atrétie qui accompagne presque toujours Tatrétie anale. Le rectum était réduit à un petit cordon fibreux contenant quelques fibres musculaires, et reliant la porlion médiane du gros intestin à la fossette anale autour de laquelle nous n'avons pu trouver aucune trace de sphincter.

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