RÉORGANISATION DU SERVICE
Le 7° corps a été dissous : j'ai déjà repris les chirurgiens pour les utiliser dans les autres corps; le principal, M. Blanquet, ira diriger en chef le service des hôpitaux de Thorn et environs, en place de M. Tissot, que je renvoie à son 6° corps.
23. — Assez bonne nuit; deux quintes de toux seulement; mais l’ami Beauquet tousse à faire peur et ne laisse dormir personne.
Les convois de blessés se succèdent; les chirurgiens qui les accompagnentarrivent tout morfondus; je les réfocille un peu, leur laisse le temps de se chauffer. En attendant on donne un peu de bouillon chaud à quelques blessés passants. Je dis à quelques ; la grande majorité n’en a point eu ces jours derniers et ce n’est que ce matin que
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- jai pu faire élablir une deuxième marmite. Le pain manque
absolument ici; on y vit comme on peut et personne ne
. meurt de faim. Après un court séjour, les convois repren-
nent leur route, suivis des chirurgiens, à qui ce service
* semble bien dur. Le 25 ou le 26, tout aura filé : il en
. tarde bien à Sa Majesté, qui paraît ne rester à Osterode que ES qu l pour attendre la fin de l’évacuation et la nouvelle que les
. ponts sur la Vistule sont terminés. Il ne périt pas autant . de blessés qu’on avait droit de le craindre et pourtant leur
misère est extrême. La diarrhée a vidé les premières
- voies el la diète forcée a prévenu les orages de la première - période. Point de tétanos, excepté chez le jeune et infor-
“tuné Darmagnae, araputé du bras gauche, ayant toujours
. donné les plus belles espérances, enfant de dix-huit ans,
plein de gaieté, d’esprit et de vivacité, dont le père pleu-
rera bientôt la perte : M. Larrey lui a fait appliquer autour
-du moignon, sur la peau, une zone d’emplâtre vésicatoire ;
mais le mal va toujours croissant et la tête se porte déjà
. douloureusement en arrière; le laudanum n’a rien fait ; les
-sueurs sont abondantes, comme elles le sont toujours dans .ce funeste accident.