JE COMPTE SUR LUI
8. — J'ai eu de terribles quintes el ai pourtant, en deux fois, dormi six heures. Ce matin, J'ai pris douze autres grains de jalap dans de l’eau bien sucrée, ce qui n’est pas mauvais du tout. Il m'a fallu travailler beaucoup dans la malinée.
Il fait un temps superbe; le soleil luit comme au mois de juin. Notre réserve de cavalerie est à Soldau ; il y a du mouvement dans la garde. |
Je ne tousse plus guère; mes yeux vont bien aussi ; j'étais perdu sans mon jalap. Ceci me prouve de plus en plus que ma toux dépendait encore cetie fois du mauvais . élat des premières voies, et surtout de l'estomac.
9. — IL fait très froid cette nuil; il neige à force ce malin. Hier, nous nous sommes cru au mois de Juin ; aujourd hui, nous retournons au mois de décembre. La - troupe n’en marche pas moins. J'ai un peu loussé, mais - jai dormi fort bien et ce matin je me trouve à peu près guéri. Il m'a fallu travailler, écrire, envoyer aux huit réglnents de nouvelle création, destinés à tenir garnison sur les derrières pour être ensuite incorporés, seize aides et seize sous-aides, qui reutreront avec moi lors de la dissolution de ces corps.
IL est arrivé dix Cosaques et un officier russe, {ous bien montés et de bonne mine ; ils nous ont ramené un de nos - généraux qui avait été envoyé en parlementaire auprès du général russe. Je crois que le maréchal Ney, qui devait recevoir cet officier général et renvoyer son escorte de Cosaques, n’a pas été faché de la circonstance d’une manœuvre de son corps d armée pour faire voir à ces gens le grand quartier général et les troupes nombreuses et en bonne tenue répandues sur la route, afin qu'ils puissent dire que notre armée est eucore sur un très bon pied. Les Cosaques sont bien habillés, bien armés ; leur pique a dix pieds de long, avec uue flamme rouge ct un fer quadri-
latère ; l’un d'eux a le cheval et le DE d'un drazon du 12°.
Varsovie est menacée ; on parle d'en évacuer sur Breslau tous les blessés difésiliment transportables ; il en resterait quinze cents qui, au premier signal, sortiraient. L’intendant général est à Thorn, M. Mouron aussi; mon caisson doit y arriver ces jours-ci; j’en suis {rès en peme, quoique d’Albavie s’en soit chargé ; ii faut attendre.
Nos chirurgiens des cantonnements nous ont apporté trois poules et une oie; nous avons bien diné ; tout va bien mainienant; nos garcons ont ramené six {trousses énormes de fourrage.
L'Empereur a demandé hier si j'étais de retour. On lui a dit que oui. « À la bonne heure, a-t-il ajouté, je compte sur lui. »
M. Samson m'a écrit que tout allait bien à ma campagne. J'ai recu deux lettres de mon épouse, qui se porte toujours bien.
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10. — La nuit n’a pas été très froide; la neige a cessé et il a fait une belle gelée.
Le général Varé est mort, couvert d'escarres gangreneuses.
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11 et 12. — Il a médiocrement gelé ces deux jours-ci; » le temps a été assez beau; ila fait du soleil; mais la ville « est si sale et y a tant de boue au dehors comme au dedans, « qu'il est difficile de se Stat es Nous nous sommes ras- » semblés pour causer chirurgie : j’ai fait deux longues eo sur la matière instrumentale ; demain on commencera un « cours de bandage. Nos) unes gens ne sont pas instruits et. je ne Îles crois pas très disposés à s’instruire; ils sont la moitié de la journée occupés à lourrager à à rois ou quatre É !
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lieues pour nourrir leurs chevaux et à s’intriqguer pour vivre eux-mêmes. +: