ADMINISTRATION DÉTESTABLE
M. Willier estAnglais. Sa Majesté avait ci-devant pour médecin et chirurgien un M. Willis, aussi Anglais, mais il est mort il y a près de deux ans ; M. Franck, de Vienne,
J'a remplacé à la cour de Saint-Pétersbourg ; son fils est
resté à Wilna. Le premier dentiste de cette cour est le jeune Saucerolte, de Lunéville, qui y fait parfaitement ses affaires. On paye bien dans ce pays-là : Willier a de gros
* appointements; il est de l’ordre de Wladimir de troisième
classe, c’est-à-dire qu'il porte la croix qui en est la décoralion pendue à son col, tandis que dans la quatrième classe on la porte à sa boutonnière.
Je pourrais bien aller voir Sa Majesté prussienne, qui sûrement me recevra bien ; je verrai demain. Il fait un bien beau temps; ma santé s’en ressent et je me porte passablement., On assure que la paix sera proclamée le 5; déjà on s'apprête à s’en retourner.
Je sais ofliciellement que nous avons quatorze cents Russes à Friedland et six cents à Heïlsberg. Nous n’avons trouvé dans la première de ces villes que quarante Fran- Cals.
M. le principal que j'avais envoyé en mission sur toute la ligne de Webhlau, Friedland, Heilsberg, Domnau, Guttstadt, elc., jusqu'à Dantzig, m'a donné des nouvelles ras-
surantes. [l y a en ce moment à Marienbourg quatorze
cent neuf malades, dont onze cent vingt-cinq blessés ;
parmi ceux-ci sont cent trente fractures, trente-deux am-
putations. Il y a encore plusieurs membres à retrancher :
à défaut de caisse d'instruments, le chirurgien-major Alfré
se sert d’un couteau ordinaire et d’une scie d’artisan. O honte! O calamité ! Administration détestable! Je viens de rendre un compte officiel à Son Allesse le major géné-
ral de tous les détails du service depuis Friedland jusqu'à
Heilsberg inclusivement.