‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 18 sur 293 · INTRODUCTION LI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION LI

. consacrer de plus en plus à l'exploitation de son modeste

domaine rural. Toute sa vie il s'était intéressé aux travaux des champs ; mais les soucis de sa profession absorbante ne lui avaient pas permis de s’y livrer avec suite. Au terme de sa carrière, le noble vieillard revint avec bonheur aux occupations de son enfance; ses lettres à sa famille et. à ses amis, qu'il date souvent « de ma solitude » ,ou « de mon hameau », le montrent préoccupé de ses récoltes et de ses vendanges ; il fit

- d’ailleurs profiter le public de son expérience et la Société cen-

trale d'agriculture l’entendit plusieurs fois rendre compte de ses essais. Lorsqu'on allait le voir, la première chose qu'il montrait aux visiteurs était une orangerie dans laquelle il avait réussi à entretenir par les plus grands froids une température de cinq ou six degrés en la mettant en communication avec les étables de son habitation. Les indigents des communes voisines connaissaient tous lechemin de sa demeure; il les soignait gratuitement; il s’enquérait de leurs besoins; il leur faisait discrètement

« l’aumône, et chaque jour, pendant l'hiver de 1816, quarante - soupes furent distribuées par ses ordres aux malheureux qui

mouraient de faim. Il enseigna aux cultivateurs à préparer à

- peu de frais une boisson saine et rafraichissante pour le temps

des moissons et consigna, en 1820, cette recette dans un article que terminait la boutade suivante : « Nous demandons pardon

- au lecteur de l'avoir tenu si longtemps à la piquette; mais du

moins nous ne l’en avons abreuvé qu'en passant, au lieu qu’on

a voulu nous y mettre pour toujours, nous qui durant quarante

“ans avions cultivé et fertilisé la vigne et qui par notre labeur avions acquis tant de droits à en boire le jus.»

Le ton plaisant de cette allusion à la disgrâce encourue pour “avoir servi son pays pendant les Cent-Jours prouve que l’émi-

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