JARDIN PUBLIC DE KOENIGSBERG
chez notre résident général et suis allé ensuite faire un
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canal, qui en cet endroit est large et sur lequel des barques élégantes promènent, au son des instruments, des femmes jolies et des familles entières. De ce jardin on voit un pont assez élégant qui traverse le canal; on jouit aussi de plusieurs aspects assez riants; on boit et mange en ce lieu et la limonade au vin m’a paru être le régal le plus ordinaire des promeneurs allemands.
20. — Le temps est extrénement chaud. Nous partirons le 24 ou le 25 : ainsi je pourrai remarquer dans la campagne les progrès des moissons et le degré de maturité des seigles.
J'ai vu en ville plusieurs blessés, au pansement desquels j'ai assisté. Un major russe, homme aimable et sensible, ayant eu la cuisse coupée par M. Willier le 14 juin dans la soirée, a été amené jusqu’à Kœnigsberg : la cicatrice est assez avancée ; la réunion a élé faite en long par le moyen des bandelettes, mais la cicatrice n’en est pas moins radiée et il y aura exfoliation du fémur; un anneau osseux de quelques lignes se séparera du cylindre. Cet officier, quand je l'ai vu la première fois, avait une diarrhée qui Pexténuait : j’ai conseillé au chirurgien-major qui le panse de lui administrer de l’ipécacuanha deux ou trois fois, ce qui Va guéri.
Un officier français du 24° d'infanterie légère, M. de Dreux, a eu la cuisse fracturée six pouces au delà du genou par un boulet qui venait de traverser deux soldats et qui a expiré sur celte cuisse, n’y laissant ni plaie ni contusions, et n’ayant pas même déchiré les vêtements. Il est survenu, le seizième jour, après plusieurs transports
plus ou moins douloureux, un gonflement phlegmoneux « des plus considérables; un abcès s’est formé extérieure- .
ment et vis-à-vis la fracture ; on l’a ouvert; dèslors plus de tension, ni de douleurs. Tout va bien ; seulement le cal ou ce qu’on appelle ainsi est boursoufflé et très volumineux.