HOPITAL DE KUSTRIN
tout le monde; le chargement se faisait au pied des escaliers des principales salles; les cadavres se vidaient et répandaient une odeur affreuse. Les salles mal tenues, tous les malades mécontents, de la puanteur partout, les fournitures sales et chaque matelas ayant vu périr dix ou douze malheureux sans avoir été nettoyés; point d’infirmiers, lorsqu'il en faudrait deux cents pour an si grand
service; un déficit de plus de deux cent cinquante livres
de viande à la marmite. Ayânt vu couper la viande et la quantité m’ayant paru excessivement disproportionnée au mouvement du jour, j'ai voulu savoir ce qu’on avait mis
« à la marmite; le cuisinier et tous les garçons de cuisine
m'ont répondu qu’on y avait mis deux quartiers de der-
rière (cinquante ou soixante livres) et un quartier de devant
(quarante-cinq livres), ce qui faisait cent soixante livres au lieu de cinq cents. C’est une horreur, et j'ai éclaté en SEL
… menaces el en mouvements d'indignation. Le directeur » se nomme Varocquier et le commissaire Dufresne, deux
vrais misérables qui s’enrichissent aux dépens des pauvres malades ; le pain est très mauvais; le chef de ladministration des vivres est un nommé Rosé, de Haguenau, banqueroutier frauduleux venu à l’armée pour raccommoder ses affaires. Voilà ce qui se passe presque partout : Sa Majesté le sait, elle jure, s’emporte, et le mal continue. J'ai menacé le commissaire, qui s’est fait une réputation | de probité, de le démasquer; quant au directeur, il faudrait le pendre.
- Nous avons été très bien à Kustrin. Demain nous parti-
rons à (rois heures.