HOPITAL DE MADRID
San Fernando : MM. Gaudens et Bernolt sont partis à linstant. J'ai commandé deux chirurgiens de garde pour la nuit. Ayant diné chez M. le commissaire général, hôtel d’Abrantès, j'ai eu pour m’en revenir a La casa de los Santos, plazuela de Luzonce, une demilieue à faire, à neut heures et demie; je n’avais point d'armes et n'ai cu aucune rencontre ; tout est bien tranquille à Madrid. L | ;
T. — J'ai été debout de bonne heure pour faire le service; les chirurgiens n’ont pas manqué ; mais, ayant été obligés de couper eux-mêmes le linge, les pansements ont été retardés. On à distribué aujourd’hui du bon pain, du vin passable, du bouillon de mouton trop gras, des légumes au lard aussi trop gras ; demain cela ira mieux. Nous avons quatre cents blessés dans d’immenses salles. Les Espagnols resteront chargés de ce magnifique hôpital, d’où je tâcherai de chasser cette foule de barbiers appelés practicantes, à qui on a proslitué le titre de chirurgien; ces misérables sont fagotés pis que des valets ; ils font la barbe aux malades, vident les pots de chambre et sont plus infirmiers qu'autre chose; ils vivent en réfectoire et mangent comme des pourceaux. J'ai élé au Buen Retiro avec M. Mathieu-Faviers pour reconnaître le local où devra être
Phôpital, lorsque ce beau jardin sera converti en forte-
resse; j'ai parcouru la ville, le palais neuf, etc. ; je suis harassé. M. le général Lariboisière, que j'ai rencontré chemin faisant, m'a raconté les projets écrits de M. Larrey sur le service des ambulances. Ce pauvre Larrey devient
fou d’orgueil : il propose la formation d’ambulances d’Alri-
que, d'Asie, etc.
Le capitaine polonais amputé par lui à Somo-Sierra est mort ce malin : il avait en outre l'articulation du bras gauche brisée et M. Larrey fait une vie désordonnée à M. Paulet, qui a plus de talents que lui, de ce que ce capitaine était mort. Nous avons de terribles blessures. Le temps est
toujours superbe. Je bois ici de l’eau des belles fontaines du Prado avec délices. Quelques-uns de nos pauvres chirurgiens prisonniers à Madrid et emmenés le L‘ septembre à San Fernando en sont revenus sans habits, ni effets, et malades ; mais on ne les dédommagera pas pour cela.
M. Larrey a fait une scène hier à l’occasion de ce que j'avais dit de son incivilité; il prétend que je veux m'approprier sa découverte et faire oublier que c’est lui qui a créé les ambulances volantes. Le pauvre camarade devient fou : je lui conseille de faire imprimer son projet d’ambulance d'Afrique afin de consacrer sa propriété.
8. — Ce matin, ne pouvant dormir, j'ai imaginé d'écrire à Sa Majesté la lettre suivante, dont j'attends peu
d’effet :