‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 45 sur 293 · LA FA · texte numérisé non relu

LA FA

le tétanos exerce les plus grands ravages : j'ai conseillé au

dehors et dont l’autre moitié s'était introduite sous le crâne : paralysie de la partie gauche du corps; trépan; extraction du corps étranger; grandes espérances de quérison. Un autre, ayant eu le mollet percé par un boulet de 3 : un limbe de téguments faisant pont entre leutrée et la sortie du boulet; à moitié quéri. Un canonnier à cheval, ayant le mollet emporté par un boulet : guérison très avancée. Un volontaire, ayant le condyle externe du genou gauche emporté avec écrasement de la rotule : espérance de guérison. Le citoyen Cohorn, blessé à l’aflaire d’Aach, le 5 germinal, d’une balle qui était entrée à travers le muscle pédieux du pied gauche, va parfaitement, n’a pas eu un seul accident, et la plaie est presque cicatrisée, d’où je suis porté à conclure que la balle, que j'avais inutilement cherchée et que je croyais perdue, a été réfléchie par les tendons, sur lesquels elle a frappé, et qu'elle a repris le chemin qu’elle avait tenu en arrivant, Car comment croire qu’elle soit restée dans le pied avec si peu de douleurs et d’accidents ?

Le 1° floréal, arrivé à Bäle et logé chez M. Bourcard père, l’ex-bourgmestre : excellente maison. |

Dès le lendemain de mon arrivée, je procédai à la

reconnaissance d’un local pour un hôpital. Il me fut conseillé de prendre l’hôtel du margrave de Baden, grande |

et superbe maison; je le vis; il nous convint et il fut convenu qu’on le mettrait en état de recevoir nos malades; mais, malgré nos instances, ils w’ont pu y entrer que le 18 du mois; encore n’y ont-ils trouvé que de misérables paillasses de cinq pieds de long et des lambeaux de couvertures. Capiomont, le jeune, en a été désigné le chirurgien en chef avec Tainturier, Mougeot, Petit-Mangin.

Pendant mon séjour à Bâle, j'ai recu du conseil de.

santé une réponse à ma réponse : il osait m’y parler de

franchise et de générosité, et sa lettre, assez courte, mal»

Le

KOENIGSFELDE N #3

faite, mais volumineuse, me coûta vingt-deux sols. Je la lui renvoyai avec cette note :

« Ciloyens, qui en toutes choses montrez tant de franchise et de générosité, mettez-en un peu plus dans le port de vos lettres. Celle-ci, que je vous renvoie, m’a coûté ce matin un france dix centimes, et vous devez sentir qu'il convient peu qu'un pauvre subalterne supporte de tels frais de la part de ses chefs suprêmes, et que, puisqu'il est exposé à leurs admonitions, elles doivent du moins être gratuites. Je pense bien qu’après la contention qu’a dû vous coûter l’épître, vous avez pu avoir des distractions. N’en ayez plus de pareilles, je vous prie; autrement, j'en aurais peut-être à mon tour, et les miennes vous coûteraient beaucoup plus cher que je n’ai payé les vôtres.

« Salut et soumission respectueuse. »

Le 13, je partis pour Zurich, où le général Masséna, avec tout son quartier général, s’était rendu deux jours auparavant. J'avais vu à Bâle le professeur de botanique Lachenal, les professeurs Socin et Mieg oncle ; le neveu de ce dernier, jeune médecin, m’a beaucoup plu.

À Rheïnfelden, sur le Rhin à trois lieues de Bâle, je trouvai les chirurgiens Bourdet, Maillard et ..., qui de Moelhin, où ils n'avaient pu trouver un local pour un hôpital, étaient venus en chercher un en cette ville; nous y trouvâmes ensemble; on y plaça soixante demi-fournitures pour recevoir les évacuations qui de Kænigsfelden seraient dirigées sur Bâle.

Je me rendis à Brugg, où est mort le docteur Zimmermann, et à une portée de fusil je trouvai lhôpital de Koœnigsfelden. C'était, lors de la réforme de Calvin, un immense monastère d'hommes et de femmes ; un grand mur les séparait. Depuis on en avait fait des greniers . d'abondance publique. C’était dans l’église de ce couvent qu'étaient inhumés les anciens ducs de Habsbourg, souche de la maison d'Autriche; leurs corps furent enlevés, il y a

vingt-huit ans, par ordre de Joseph IT et de sa mère. On voit dans cette maison la chambre ou cellule qu’habita Agnès, fille d'Albert qui fut assassiné par son pupille Jean. Les vitraux peints du chœur de l'église, qui aujourd’hui est le magasin de Phôpital, sont de la plus grande beauté et bien conservés. Il y avait huit cents malades, dont cinq cents blessés, et seulement dix chirurgiens, dont trois très faibles : jy vis des amputés qui allaient assez bien et des fractures qui semblaient devoir guérir ; mais, en général, les croisées des salles sont trop étroites et trop rares, quoique percées des deux côtés, les plafonds trop bas et les salles trop coupées, trop éloignées les unes des autres; peu de propreté ; les fournitures sales et mal tenues. Le local est précieux et peut être d’une grande ressource. Baron, de 1"° classe; Schal, de 2°.

De cet hôpital à celui de Rheïinfelden il y a sept grandes lieues et assez mauvais chemin, et ce sont des bœufs qui en ce pays traînent les does Ainsi pas de possibilité d’évacuer en un jour de l’un sur l’autre. Il a donc fallu établir un gîte à Hornhausen ou à Frick pour y coucher pendant une nuit les malades évacués.

J’arrivai de bonne heure à Baden, célèbre par ses eaux thermales sulfureuses, qui sont à très peu de distance de la ville et où il y a d’assez belles auberges. J’y trouvai

deux espèces de piscines publiques, non couvertes, excepté

une qui l’est à moitié ; dans celle-ci s'élève une colonne de douze pieds, qui est Le corps d’une pompe; autour du chapiteau estune galerie, à laquelle on monte par une échelle;

on fait jouer la pompe, et l’eau chaude monte et tombe .

dans un réservoir placé sur le chapiteau, lequel est percé de quatre trous où entrent autant de goulots de fer battu, par lesquels l'eau s’écoule et forme la douche; vis-à-vis sa chute, en bas, dans le bain, sont quatre sièges sur lesquels les rialadés Sont assis pour recevoir la douche. En général, « il y à peu d’élégance dans ces bains, mais il y règne de la”

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