‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 46 sur 293 · BADEN · texte numérisé non relu

BADEN

proprelé. Chaque auberge a dix ou douzebains, où on descend par plusieurs marches.

Le voisinage de ces eaux devait donner l’idée d’y recourir pour les galeux et vénériens. Aussi a-t-il été établi à une demi-lieue de Baden, dans l’abbaye de Wettingen, un dépôt de ces malades qui vont sous bonne escorte et en bon ordre se baigner tour à tour à Baden, dans un réservoir au bas de la petite ville, où ils ne troublent point les baigneurs et ne sont vus de personne; ils vivent comme à la chambrée, excepté qu'ils n'ont qu’une même marmite; ils se servent eux-mêmes et on ne leur à donné qu’un chirurgien de deuxième classe et deux de troisième. Les

vénériens, au nombre de deux cent cinquante, sont d'un

côté de la maison, et les galeux sont de l’autre; ils ne vont pas aux bains à la fois; on a établi une cuisine pour les vénériens. |

À Baden est un dépôt où l’on envoie en subsistance les militaires susceptibles par leurs infirmités de faire usage des eaux thermales ; on les lient là pour ne pas les trop éloigner de l’armée ; Luxeuil et Bourbonne, où beaucoup

- aimeraient mieux aller, sont d’ailleurs pleins ou le seront

avant quinze Jours. On obtient les mêmes résultats et on épargne bien des frais à la République, sans compter

qu’on v’affaiblit pas l’armée, ces hommes rassemblés au

nombre de quelques cents pouvant, au premier coup de

baguette de tambour, courir aux armes et être utiles.

Le 13, j'étais à Zurich. L'hôpital ambulant est établi depuis l'entrée des Français dans Pancienne renfermerie :

- C’est un très mauvais local et les réparations très coûteuses

‘qu’on y a faites, en le rendant plus vaste, ne l'ont pas

- rendu plus salubre. On n’y a pas guéri un seul grand “blessé, pas un amputé; les blessés y vivent dix ou douze - jours ; ils ont ensuite la fièvre d’hôpital et ils succombent. - Les salles ne sont la plupart percées que d’un côté; les Jatrines les infectent plus où moins ; la cour estun cloaque

empesté. Chaque jour, on y perdait, lors de mon arrivée, six et même dix hommes.

Après l'attaque de Feldkirch, où l’armée helvétique avait eu deux mille blessés, qui furent tous évacués sur Zurich, il n’y eut pendant vingt jours que cinq chirurgiens à l’hôpital de cette ville pour quatre cents blessés à panser et opérer chaque. Moreau, de première classe, n'ayant que vingt-deux ans, s’y est distingué, ainsi que Robert, son second, par un zèle extraordinaire. Dans le même temps il n’y avait qu’un même nombre de chirurgiens à Kœnigsfelden pour une plus grande quantité encore de blessés. Partout on en manquait alors, excepté à l’armée du Danube où j'avais eu la facilité et la précaution de m’en pourvoir.

La plupart des amputés de la cuisse sont morts le douzième jour, après s’être longtemps plaint d’une douleur aiguë à la région hypocondriaque et dans l'articulation de la cuisse avec les os des hanches; celle-ci, à l’ouverture du cadavre, s’est presque toujours trouvée infiltrée et même pleine de pus. Défiez-vous d’un blessé qui a les dents d'un blanc mat et sèches, surtout si l’hôpital est insalubre : il périt presque toujours de la fièvre d'hôpital. Langue noire, bords ardents, yeux humides et chassieux, mains sèches, rudes : mauvais symptômes.

Le citoyen Willaume ayant succédé à Moreau et ayant

fait la visite de l'hôpital souvent avec lui, nous avions pris le parti de faire descendre chaque jour les blessés les plus graves sur un brancard dans le jardin, dans les corridors, à l'air, à la lumière : ils se sont presque tous tirés d’affaire. Air et lumière ! aliments, antidotes essentiels.

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De Zurich on évacue par bateaux sur la Limmat : il ne .

faut que quatre heures pour arriver à Kæœnigsfelden, tant celle rivière est rapide ; on embarque les malades à une

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portée de pistolet derrière l'hôpital, ce qui est très commode. On eût bien désiré avoir un meilleur local pour un …

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