‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 49 sur 293 · INVIOLABILITÉ DES HOPITAUX · texte numérisé non relu

INVIOLABILITÉ DES HOPITAUX

rencontré à Rheinfelden soixante-quinze blessés, dont une seule fracture de la jambe.

Il sera établi à Säckingen une ambulance à l’ancien - Jocal dit la caserne. Cette ville offre peu de ressources. Un . chapitre noble, dont les dames sont très bien élevées, - galantes, parlant librement de leur amant, donnant assez bien à manger.

Ici, je communiquai aux généraux Dessolle et Moreau linviolabilité des hôpitaux et leur donnai Particle que j'avais traduit de la gazette allemande Allgemeine Zeitung. Ils furent frappés de la lecture de cet écrit et n’hésitèrent point à en adopter les principes, se promettant bien de prendre l'initiative dans une cause aussi honorable. Je fis sentir au général Moreau combien il était digne de lui et de la nation française de proposer au général de Kray une convention si touchante, si propre à fixer les regards de la philosophie et à prouver les principes philanthropiques professés maintenant par les Français. Je n’oubliai pas de lui parler de sa propre gloire, à laquelle ce beau trait ajouterait un nouvel éclat; j'allai jusqu’à lui dire que le gain - d’une bataille lui ferait peut-être moins d'honneur et lui … cilai Slair et Noaïlles, qui s'étaient immortalisés par cette . convention dans la campagne de 1743. Le général Dessolle saisit avec empressement celte occasion et le général - Moreau l’invita à faire une lettre à M. de Kray. Elle était conçue en ces mots :

« Il est temps, Monsieur le général, de diminuer autant - qu'il est en notre pouvoir les horreurs et calamités de la guerre, et les blessés, ces honorables victimes de la guerre, “méritent surtout tout notre intérêt, toute notre sollicitude. « J'ai donc l’honneur de vous proposer de regarder comme … inviolables les hôpitaux et de ne retenir jamais prisonniers de guerre les blessés qui y seront trouvés.»

- La lettre fut signée et il fut arrêté qu’au premier jour on - l'enverrait à M. de Kray.

Je partis de Säckingen avec Simonet, agent en chef des. hôpitaux. La colonne s’acheminait sur Laufenbourg. Le. chemin est très mauvais; nous rencontrâmes deux cents prisonniers et cinquante blessés accompagnés d’un chirurgien; le pont de Laufenbourg était rompu, sans quoi nous eussions suivi la rive gauche du Rhin, où la route. est superbe. Tout près de cette ville est une de rapide; chacun enrayait; notre cocher ne voulut point prendre cette précaution. Le carrosse avait une limonière trop courte; le cheval ne retenant qu'avec peine et sentant la PR sur ses jarrets, se mit à ruer, fit sauter la courroie ou servante qui lie l’avant-train au train de derrière; la cheville ouvrière sauta à son tour; les chevaux pond allaient nous jeter dans le Rhin sans un petit mur qui les arrêta. Pendant qu’on raccommodait le carrosse, nous marchâmes. vers Waldshut; il y a trois lieues; on me prêta un cheval; nous fimes ce trajet eu nous promenant. C'était le 11.

Il fut formé dans le jour un hôpital dans le beau local. du bailliage. Cette maison peut contenir cent soixante ou deux cents malades : belles croisées, belles chambres, belle cuisine; une cour fermant bien, ayant de l’eau. Vue: délicieuse : on découvre Brugg, et on ne compte que quatre: lieues pour évacuer sur le grand hôpital de Kænigsfelden. ;

On avait établi un pont de bateaux à un quart de lieue. Le même jour je partis dans la voiture du général Des: solle ; elle allait à Neubourg, à quelques lieues de là. Nous. none une colonne considérable de nos troupes et toute la réserve de cavalerie, ce qui nous obligea à mettre pied à terre et à marcher pendant une heure jusqu'à law ville. À droite en entrant, sur la hauteur, est un beau châ-

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pour un hôpital; on peut y loger quatre cents roaleté les caves sont superbes ; on en avait tiré du vin pour sbret " ver plus de quinze mille hommes.et les greniers avaient fourni du grain dans la même proportion. Il fut commandé

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