‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 63 sur 293 · AMBULANCES DE NAUMBOURG · texte numérisé non relu

AMBULANCES DE NAUMBOURG

… étaient près de mille infortunés étendus sur un peu de paille et auxquels quinze chirurgiens s’efforcaient de donner des secours; je leur ai vu distribuer du bouillon, du pain, de la viande et du vin. Dans l'église dite cathédrale (tout est luthérien) sont plus de neuf cents blessés, dont quatre-vingt-cinq amputés. Dans une petite église dite Saint-Thomas, j'en ai compté deux cent cinquante ; dans la maison du tir, lieu charmant, mais dévasté, il y en a trois cent quatre-vingts; toute la ville enfin est remplie de blessés. Le général Debilly a été tué; une foule de colonels et d’officiers restés à Naumbourg sont hors de … combat; celte affaire a été des plus terribles. Je laisse pour tous ces blessés environ trente chirurgiens. MM. les princi- paux du 3° corps resteront quelques jours pour arranger le service. J'ai deux caisses d'instruments.

19. — Nous allons marcher sur Mersebours ; il est midi; le temps est magnifique, Une partie de l’armée se dirige sur Leipzig. Je viens de voir les quatre-vingt-cinq

. pièces de canon et les trente pontons d’airain qu'on a pris « à l'ennemi. La ville est riche en magasins de farine et … d'avoine. Sa Majesté a fait dire à l’électeur de Saxe de … l'atiendre à Dresde et de l'y recevoir en ami, sans quoi il aurait régné.

… Parti à trois heures el arrivé péniblement à neuf : il y a six mortelles lieues et de temps en temps de mauvais che- «mins de traverse. Là passent par Mersebourg plus de neuf - mille hommes et des bagages sans nombre ; jamais on ne vit auxarmées tant de chariots, de carrosses, d'équipages. Je me suis logé n° 410, au faubourg : grande maison où il y avait - vingt-cinq grenadiers de la garde et quatre officiers, ce qui “ ne m'a pas empêché d’être assez bien, au tapage près des - caissons et voitures, qui toute la nuit ont défilé devant mes croisées. La ville est belle et agréable. Le temps continue à ; être superbe. Sa Majesté passe en revue sa garde : j'ai vu les

chirurgiens de cette garde, ayant à leur tête M. Larrey, tous en grande tenue, et les infirmiers commandés par un officier décoré, ayant leur uniforme, se rendre sur le terrain.

20. — Nous partons à midi pour Halle. Je laisse ici un chirurgien aide-major pour les malades qui y resteront.

Le chemin est obstrué de voitures; on se heurte, on risque sa vie vingt fois par heure, en passant le long des parcs, au milieu des baïonnettes, des chevaux, des caissons, etc. Le temps est magnifique. À cinq heures et demie nous sommes entrés à Halle, ville ancienne, mais belle, grande et riche; ses clochers en pointe se font remarquer de loin par leur couleur verte ou la malachite dont est verni le cuivre qui les recouvre. On passe la Saale pour arriver à Halle. L’ennemi avec vingt mille hommes a essayé le 17 de disputer à nos gens l'accès d’un petit pont de pierre à un quart d'heure de la place; on s’est battu avec acharnement; c’est le 1° corps de notre armée et la division du général Dupont qui ont soutenu ce combat, dans lequel les Prussiens ont perdu beaucoup de monde. J'ai lrouvé les hôpitaux remplis de leurs blessés, parmi lesquels il y en a des nôtres, mais en petit nombre. Le chirurgienmajor du 9° d'infanterie légère a fait quelques opérations; depuis son départ ce sont les chirurgiens de la ville qui ont été chargés du service. Il règne une grande malpropreté dans l’hôpital de la place; les pauvres blessés ÿ sont sur un peu de paille, tout habillés et presque entassés les uns sur les autres. On s’est battu jusque dans la ville et les rues étaient encore jonchées de cadavres.

Toute la garde impériale et la réserve des dragons ont passé à Halle; autour de la ville bivouaquent ce soir plus de cinquante mille hommes.

J'emmène avec moi dix chirurgiens à cheyal et douze à.

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pied, marchant avec un chariot attelé de quatre bœus :

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