HOPITAUX DE HALLE
j'aurai besoin de ces collaborateurs dans quelques jours. Je n'ai pu voir M. Loder, ni M. Spinger, tous deux célèbres professeurs à Halle : l’un est en Russie pour faire lopération de la taille à un grand seigneur ; l’autre était si effrayé de l’arrivée de larmée française qu'il n’y a pas eu moyen de le rencontrer. Dix-huit cents étudiants restés dans la ville et ayant crié lundi, pendant le combat des Prussiens et des Français : « Vive leroil Périsse Napoléon! » ont été chassés de la ville; j'en ai retenu pour notre hôpital et ce sont les plus braves jeunes gens du monde. Cet hôpital est établi à la résidence catholique, où est Pamphithéâtre anatomique et le conservatoire d’histoire naturelle : les Francais disséminés dans les maisons ct mêlés dans les hôpitaux seront réunis dans cet établissement. Ce soir, M. le maréchal Duroc et M. Daru, que j'ai accompagnés, ont visité tous nos blessés et distribué à chacun vingt francs; un soldat du 32° régiment ayant les deux bras coupés en à eu soixante.
Aujourd’hui M. Villemanzy a cessé ses fonctions d’intendant général et les a remises à M. Daru.
Je laisse huit chirurgiens à Halle pour les trois cents bles- - sés qui s y trouvent tant dans les maisons que dansles hôpitaux. Nous partons demain 21 pour Dessau, à dix lieues d’ici. L'ordre du jour porte que Sa Majesté blâme fortement les … généraux Klein et Lasalle pour avoir laissé échapper deux colonnes de Prussiens et avoir imprudemment cru leur général Kurgel(1}, qui assurait qu'il y avait une paix de six semaines.
« 21. — J'ai été bien logé n° 230, sur la place, chez le … juif Salomon Herz, qui m’a bien traité. Nous partons à six … heures du matin pour Dessau; en nous rapprochant de -l'Elbe et suivant la Mursa, il fait beaucoup de brouillard.
(1) Le général que Percy appelle Kurgel n’est autre que le célèbre Blücher.
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Il est parti pendant Ja nuit plus de trente mille hommes,
La route est par intervalles très belle. La campagne est immense : ee sont des plaines à perte de vue; beaucoup de terrains en jachère. Les villages sont clairsemés; le sol est sablonneux; il est plus propre à la culture du seigle qu’à celle du froment; l'habitant tire bon parti du tabac, qui y croît très bien; les turneps, les choux, les raves et betteraves remplissent en ce moment la campagne. Les maisons sont bâlies en pisé, assez proprement tenues et habitées par des hommes doux et patients. Nous avons fait halte à moitié chemin dans un village assez bon, où déjà on avait commis des excès. Dans la maison où nous sommes entrés étaient deux chevaux que le paysan avait eu l'idée de déferrer pour en dégoûter les amateurs ; il y avait aussi un char à bancs du pays très bien fait; nous avons épargné les chevaux et le char, mais auront-ils échappé à la rapacité des autres?
Nous sommes arrivés de très bonne heure à Dessau, capitale des États du prince d’Anhalt-Dessau. Ce prince avec son fils et uue suite peu nombreuse était allé à la rencontre de notre Empereur, qui l'a bien reçu et en a à son tour été bien traité.
On trouve à trois lieues de Dessau un pare immense, parc rempli de gros gibier : la route qui le traverse est plantée de gros peupliers qui font un très bel effet. Partout on croit voir un jardin, ou plutôt des bosquets à l'anglaise; des tours bâlies en briques en style du douzième siècle; des statues jetées çà et là; la perspective d’une église de village, d’une ferme romantique ; tout enfin contribue à la beauté de ces lieux. La ville est moderne; les maisons en sont belles, les rues très larges et l'enceinte considérable; la résidence n’a rien de bien remarquable. J'ai été fort bien logé. En général, toute l’armée a eu à se louer « des bons habitants de Dessau, que le ciel veuille préserver w de tous accidents. C’est là qu’on voit de longues queues à |
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