DE WITTENBERG À POTSDAM
ne fût encombré de chevaux et d'hommes. Étant entré dans la cour d’une maison, six officiers de la garde à cheval vinrent à l'instant reconnaitre l'ennemi; mais, ayant vu que c'était moi, ils m’accueillirent très bien, me procurèrent une grange pour mes chevaux et nadmirent dans le
stouff (1).
25. — Hier 24, je suis parti de bonne heure. Ayant rencontré une carriole sur la route, j’y montai à côté du sous-aide-major Verner, le meilleur homme du monde et le plus industrieux en campagne ; M. Fillod prit mon cheval. Nous nous sommes arrêtés pour rafraichir à Treuenbriezen, assez joli bourg à sept lieues de Wittenberg. Sur la porte de la maison de ville est cette inscription :
Hæc urbs promeruit quæ briccia fida vocetur Principibus belli tempore fida fuit.
Nous sommes allés plus loin et au bout de quatre heures de chemin nous avons encore donné le foin et l’avoine aux chevaux, car je voulais arriver à Potsdain.
On ne se fait pas d'idée des chemins de ce pays : c’est un sable mouvant dans lequel on enfonce de dix ou quinze pouces ; les chevaux, surtout ceux de trait, souffrent beaucoup. Il n’y à pas de route de tracée; on va à travers champs, choisissant les meilleurs endroits et trouvant partout du sable. La campagne est toute de sable aussi; il n’y a d'un peu productif que les champs qui avoisinent les villages ; là, on récolle du seigle, du sarrasin et de la belle avoine; les choux, les navets, elc., y croissent aussi ; ailleurs, ce sont d’immenses pacages, ou des jachères qui “durent dix ans. On traverse pour arriver à Potsdam de vastes forèls de sapins et des campagnes stériles ; à deux lieues en decà de cette ville commence la belle chaussée
Ed
(1) Stube, chambre à feu, poêle,