‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 69 sur 293 · SÉJOUR A BERLIN · texte numérisé non relu

SÉJOUR A BERLIN

peuple-ci; Vienne est moins beau que Berlin, mais les Viennoïis sont bien plus honnêtes que les habitants de Berlin. Autour de la statue équestre de Frédéric j” sont les quatre nations enchaînées ; on voit la France élever ses mains suppliantes vers le héros prussien. Ce monument $ ne restera pas tel qu’il est, mais le moment n’est pas encore 4 arrivé. | sk Le quartier général de l'Empereur est à Charlottenbourg, à une lieve de Berlin. J'ai ordre d'aller établir deux hôpitaux à Spandau, chacun de trois cents places ; je suis absolument seul: M. Legendre, le seul agent qui me restât, a pensé se luer ce matin en tombant de cheval. Il paraît que Sa Majesté a pris pour points fixes et de défense Spandau, Wittenberg et Erfurt. Spandau fut pris hier avec quatre-vingts pièces de canon et douze cents hommes, … et cela sans brûler une amorce: M. le maréchal Lannes, … sous prétexte de parlementer, s’y présenta et fit filer un bataillon de grenadiers, devant lequel on mit bas les armes. Je suis bien logé, rue des Chevaux, n° 3 : il serait difficile que je fusse micux.

…. Je reviens du spectacle : on a donné Tphigénie en Tauide. Je suis ravi, je ne reviens pas de mon admiration. … L’ennemi est à Berlin; la Prusse est conquise; le roi est … en fuite avec une armée épouvantée, et cependant la salle de Opéra était pleine et personne ne paraissait songer à … sa pairie, ni plaindre la cour, ni s'inquiéter de l'avenir: … on applaudissait au chant d’Iphigénie, et surtout aux bal- —…. lets, qui étaient charmants. Je doute qu'on eût mieux fait à Paris; les décorations valent au moins les nôtres et quel- …. ques danseuses seraient applaudies chez nous. - dJe vais retenir dans les bôpitaux de Berlin quatre cents … places et n’y établirai point d'hôpital; je partirai ensuite … pour Spandau, en passant par Charlottenbourg; j'ai pour

celte course sauvé de la réquisition les chevaux de mon hôte.

97. — Je suis parli pour Spandau à onze heures. La route jusqu’à Charlottenbourg est superbe; il y a un mille de distance; on traverse un beau bois aussi agréable que les Champs-Élysées ; le bourg et le château sont petits, mais jolis. Le chemin de Spandau est tout de sable et peu agréable. La ville de Spandau est assez médiocre ; le fort est au même niveau que la ville, entouré de murailles et d’eau, sans travaux extérieurs ; jy ai vu Pancienne prison où Frédérie Il apprit à jouer de la flûte. Le baron de Trenck avait été enfermé à Magdebourg, et non à Spandau, à ce que je crois. L'ordre de Sa Majesté portail que j'y formasse un hôpital pour douze cents malades et que j'en fisse deux autres de trois cents places chacun dans la ville. La chose est de toute impossibilité, à moins de prendre toutes les casernes et recoins de la forteresse, qui d’ailleurs n’a rien de mieux.

A mon retour j'ai vu l'Empereur monter à cheval et s’'acheminer, suivi d’une brillante escorte, vers Berlin, où il est entré à cinq heures en triomphateur.

Je me suis arrangé avec les administrateurs des hospices de Berlin pour qu’ils se chargeassent d'alimenter et soigner les quatre cents malades que Sa Majesté m'a ordonné de garder à Berlin; de cette manière nous n’aurons point d'administration française en cette ville et le service n’en ira que mieux; je laisserai quelques chirurgiens près des malades pour régulariser leur service.

28. — Les quatre cents places retenues à la maison de charité sont déjà presque toutes remplies; les malades arrivent de toutes parts; ce sont des hommes fatigués, ayant un peu de fièvre ou des excoriations aux pieds, ou de légères blessures, ou quelque éruption; il y en a aussi h qui sont affectés de gale avec des plaques telles qu’ils ne peuvent! aller plus loin. Il a bien fallu recevoir aussi des M vénérièns, mais seulement ceux ayant un bubon ouvert et»

al éré, ou dés ner douloureux, ou de Ste | mettant hors d’é lat de continuer à marcher. Tout ce monde est trop bien nourri; administration prussienne ait de grands sacrifices pour nous contenter; demain je

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