‹ Journal des campagnes du Baron PercyChapitre 76 sur 293 · HOPITAUX DE POSEN · texte numérisé non relu

HOPITAUX DE POSEN

. À huit heures nous sommes partis: il ne faisait pas

. froid; je n’ai pas trouvé le temps long. À deux heures,

. nous sommes arrivés près le premier arc de triomphe, à … un quart d'heure de Posen : il est en bois peint à Ja … détrempe, ce qui fait que le vent et la pluie l’ont fort endommagé ; au frontononlit : A vainqueur de Marengo. . Plus join est un autre arc à colonnes marbrées, lequel a . souffert aussi de la pluie; on y lit cette inscriplion: Au vainqueur d'Austerlitz. Le troisième est le plus considé-

rable; en haut et à gauche est en peinture un Polonais, le À sabre à la main, et à droite un phénix avec ces mots : … liesurget ex suis cineribus ; au milieu on lit: Au restaura- … Leur de la nation polonaise.

— Quelle boue dans Posen ! Quelle difficulté d’y avoir un * logement! Tout y est plein. On y travaille à une illumina- À tion générale ; on entoure de festons et de verdure la salle * de spectacle, qui est à l’entrée de la ville et toute neuve, “ ainsi que les maisons de ce quartier. Cest aujourd’hui … l'anniversaire de la victoire d’Austerlitz, mais il fait un … temps affreux et la pluie éleindra les lampions. … : L'illumination a eu lieu tant bien que mal. … Proclamation d'aujourd'hui portant que Sa Majesté ne — déposera les armes qu'après avoir forcé à la paix ses ennc- — mis du continent et fait rendre par l'Angleterre les posses- … sions dont elle s’est emparée.

… 3. — Après avoir assez bien dormi, malgré une terrible … quinte de toux, je suis monté à cheval et ai vu les trois hôpitaux déjà établis, savoir l’un au séminaire, assez loin …. de la ville; l’autre à Saint-Joseph, maison toute neuve et … belle, et le troisième aux dames bernardines. Celui-ci cst

- misérable comme le couvent et comme les infortunées qui … l'habitent: les autres sont beaux et bien tenus. Ils ne peuvent contenir que cinq cents malades en tout, et il nous … faudrait ici deux mille places.

La bise est {rès âpre et coupe le visage; il a gelé; il y a une boue épaissie et puante, dans laquelle on enfonce jusqu’au mollet. :

J'ai vu M. l’intendant général, qui m’a appris que Sa Majesté voulait un quatrième hôpital à Posen ; deux hôpitaux, l’un de mille blessés et l’autre de mille fiévreux à Leczyca, à quarante-cinqlieues, route de Varsovie ; un très grand hôpital de deux mille vénériens et galeux aux portes de Kustrin; un hospice au château de M. de Lucchesini, à Miseritz. Sa Majesté ne veut pas qu’on évacue au delà de POder. Les chirurgiens sont partis pour tous ces nouveaux établissements.

On vit dans ce pays-ci à peu près comme en Hollande : beaucoup de beurre, qui est de bonne qualité; du café, de la bière et du vin blanc de Hongrie. Les appartements des riches sont propres et bien décorés, mais quel peuple ! Les juifs sont d’un aspect affreux et d’une malpropreté repoussante.

4. — Il à un peu neigé cette nuit ; le temps s’est radouci. J’ai lu en me levant la belle proclamation de Sa Majesté, ainsi que son arrêté louchant sur le monument de la place de la Magdeleine. Chacun se plaint du temps, des lieux, des logements, des vivres. Les Polonais s’arment à « force et paient déjà chèrement le projet qu’ils ont formé; bientôt il n y aura plus de vivres dans ce pays.

Les hôpitaux se soutiennent à peine; on y vit au jour le jour; les malades affluent; on fait place en renvoyant sur Kustrin les vénériens et les galeux.

Mon neveu, avec tout mon monde, est arrivé ce soir, ayant carrosse, caisson, etc.; il a tué en chemin des cochons égarés, que nous salerons demain pour notre

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usage ; nous nous tirerons d'affaire. « #

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