ACCIDENT DE VOITURE
dans un {rès joli château habité par un comte et trois femmes, dont une jeune, jolie, trop grasse, parlant parfaitementnotre langue; les généraux Marulaz et Wathier m'y ont donné une place. Il pleut ce soir; demain il fera bien Mauvais.
La dame du château ayant un amaurosis depuis quatre 1e désiré me consulter. Elle n’a raconté que, prenant …. des bains tièdes pendant l'été, elle voulut se promener en F carrosse et que, ses yeux ayant élé frappés par un air trop - frais qui entrait par les fenêtres de la voiture, elle rentra - chezelle aveugle; un M. Wolff, docteur de Posen, la fit : voir pendant quelque temps; mais, étant mort sans avoir donné son secret, elle perdit de nouveau la vue, qu'aucun - médecin, ni de Vienne, ni de Varsovie, n’a pu depuis lui rendre. Je me suis borné à lui donner un peu d’espérance et des conseils en Pair, bien certain que c’est un mal sans remède. Le galvanisme lui a beaucoup nui.
s 17. — Parti le 17, à neuf heures. Chemin à périr mille … lois : nous n'avons pu faire que quatre lieues et il a fallu
nous arrêter dans un village sur la route. Nos domestiques avec les chevaux ont logé chez le curé, et nous chez le
ments araloires et ses bestiaux ; cela ressemble à la servitude des nègres.
… à Lowicz, assez bonne ville à six lieues d'ici; il faut y x La ° À . Û . . A $ élablir un hôpital et y laisser des chirurgiens.
18. — Au lieu de prendre la route de Lowicz, nous avons suivi celle de Sochaczew, à travers des bois et par des chemins dont on ne se fait pas d'idée; aussi notre voiture a-t-elle éprouvé un accident. Une sous-pente de derrière étant venue à casser, la caisse est tombée de côté jusque dans la boue et je me suis trouvé avec mon compagnon Mayot couché sur le côté gauche au milieu d’un gâchis affreux, sans me mouiller, ni même me salir; nous nous sommes tirés d'affaire comme nous avons pu et, notre caisson étant arrivé, nous avons redressé la caisse ct l'avons suspendue avec des chaînes, ce qui a bien réussi. Mais, nos chevaux n’en pouvant plus et le jour baïissant, sans qu'au bout d’un immense horizon nous apercussions aucune apparence de ville, nous avons commencé à craindre quelque fâcheuse erreur et un juif parlant allemand nous à convaincus que nous avions laissé à droite Lowiez, dont nous étions à quatre lieues, et que nous en avions autant à faire pour arriver à Sochaczew. En conséquence j'ai pris sur-le-champ mon parti et suis allé droit à un village dans les terres, à demi-lieue de la route. Nous y avons trouvé un excellent château, où nous sommes descendus et avons élé recus par un jeune Polonais parlant français et par sa niece ne parlant que sa langue; nos chevaux et domestiques ont été conduits dans une maison du . village. Nous serons tous parfaitement : l’habitation est jolie, proprette, ayant beau jardin, ferme considérable et des bestiaux sans nombre; le seigneur est à Varsovie pour y former une compagnie dont il sera le capitaine. Je suis inquiet de l'ami Le Vert, qui est à Lowiez et qui est sans doute aussi bien en peine de moi; j'espère le trouver demain à la ville suivante. |
Le temps, qui a été venteux et pluvieux la nuit dernière, | a été charmant tout le jour. Le coucher du soleil, rouge,
rutilant, nous aunonce pour demain une journée charmante aussi.