‹ Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756 à 1760 [microforme]Chapitre 10 sur 46 · M PET CR IP PPS QU M · texte numérisé non relu

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Gaston de Lévis naquit à Londres, pendant l’émigration, en avril 1794. Il avait vingt ans à l’époque de la Restauration. Pendant les Cent Jours, il prit part à la lutte soutenue par le duc d'Angoulême. Quelques années après, il devint aide-de-camp de c: prince. Chef de bataillon en 1822, il fit, en cette qualité, la campagne d’Espagne de 1823. Nommé colonel du 54"* régiment de ligne, il participa à l’expédition de Grèce, en 1828, et s’y distingua. Revenu à Paris, il reprit son service auprès du dauphin, duc d’Angoulème. Après la mort de son père, en 1830, il succéda au titre de duc de Lévis. Il avait porté, avec l'agrément du roi Louis XVIII, le titre de duc de Ventadour depuis 1820, époque de son mariage avec Marie-Catherine-Amanda d’Aubusson de la Feuillade.

Après les funestes journées de juillet 1830, il accompagna le dauphin, dont il était toujours l’aide-decamp, jusqu’à son embarquement pour l’Angleterre. En 1838, il consentit, sur la demande du dauphin, duc d'Angoulême, à devenir le conseiller officiel du duc de Bordeaux, connu plus tard sous le nom de comte de Chambord. A partir de ce moment, le duc de Lévis abandonna tout pour attacher sa destinée à celle de l’auguste chef de la maison de Bourbon, et sa vie ne fut plus qu’une suite d’actes d’abnégation et de sacrifices, Du reste, en cela, il suivit un exemple cher à son cœur. Dès 1834, en effet, sa sœur, Augustine de Lévis, marquise de Nicolay, avait pris le chemin de l'exil et quitté ses enfants, pour aller, sur la demande

du roi Charles X, achever l’éducation e Mademoiselle, depuis duchesse de Parme. Touchante émulation du frère et de la sœur dans leur dévouement aux deux derniers rejetons de la branche aînée de la maison royale de France.

Lorsque, en 1848, la marquise de Nicolay mourut, le comte de Chambord écrivit les lignes suivantes : ‘ Douée d’une douceur admirable, d’une grande élévation d'âme, d’une piété profonde, la marquise de Nicolay était en outre, comme son mari et son frère, un parfait modèle de dévouement et de fidélité, et on peut dire que ma sœur avait trouvé en elle une seconde mère.”

Le duc de Lévis rendit le dernier soupir à Venise, le 9 février 1863, dans les bras de celui à qui il s'était consacré tout entier. Il ne laissait pas de postérité.

Augustine de Lévis, sa sœur, avait épousé, en 1809, comme nous l’avons dit plus haut, le marquis de Nicolay, pair de France héréditaire.

La maison de Nicolay est originaire de la province du Vivarais. Dès les premières années du XV" siècle, elle s’est divisée en deux branches: celle des marquis de Goussainville, dans l'Ile-de-France, et celle des marquis de Sabran et ‘ie Cavillargues, en Languedoc, représentée actuellement par le marquis Scipion de Nicolay. La première branche occupa pendant trois siècles une des premières rharges du royaume de Frunce, celle de premier Président de la Chambre des Comptes.

Jean de Nicolay, après avoir été chancelier du royaume de Naples, sous Charles VIII, fut élevé par Louis XII, en 1506, à la dignité de premier Président. L Ses descendants lui succédèrent pendant neuf générations jusqu’à l’abolition de la Chambre des Comptes, en 1791 (1). 1.4

(1) Extrait de l’ Histoire de la maison de Nicolay, par A. M. de Boislisle, membre de l’Institut. Ouvrage couronné par l’Académie française, tome II, p. 762.

Lettre du Président du Département au premier Président.—Ferme- “tt ture de la Chambre des Comptes.

19 septembre 1791.

Comme la loi qui supprime la Chambre des Comptes, Monsieur, est au moment de recevoir son exécution à Paris, j'ai l’honneur de vous prévenir que le Directoire du Département a 1 chargé MM. Garnier et Thion de la Chaume, de procéder, avec M. le Procureur-général-syndic, aux opérations prescrites par la \ loi. Vous les trouverez, ainsi que tout le Directoire, très disposés à tous les égards pour Messieurs de la Chambre des Comptes qui sont dus à des magistrats qui ont bien mérité de la chose publique. ol Agréez, je vous prie, la sincère assurance de mon attachement.

Le Président du Département, La ROCHEFOUCAULD,.

Réponse du premier Président.

20 septembre 1791.

Nous vous devons des remerciements, Monsieur, de nous définir le terme prochain de notre existence civile. Les portes de la Chambre des Comptes seront ouvertes. Les préposés des nouvelles administrations peuvent dès aujourd’hui aller consommer notre anéantissement et se promener sur les derniers débris de la magistrature. Nous irons gémir sur les rnines de la religion

Le dernier premier Président, Aymard-Charles- Marie de Nicolay, marquis de Goussainville, membre Ë de l’Académie française, chevalier du Saint-Esprit, chancelier des Ordres du roi, périt en 1794, sur l’échafaud révolutionnaire, ainsi que son fils aîné et son 4 frère, ancien Président du grand Conseil. +

La famille de Nicolay ne s’est pas seulement illustrée dans la magistrature; elle compte dans l’épiscopat quatre évêques, et dans l’armée un maréchal de France, Antoine-Chrétien, comte de Nicolay, en 1775, M et plusieurs officiers généraux.

Pendant les trois derniers règnes avant la Révolution, un régiment de cavalerie portait le nom de à Dragons de Nicolay. ‘4

La descendance du dernier premier Président, mort en 1794, s’est subdivisée en trois rameaux : le premier

représenté par le marquis de Nicolay, chef actuel de à nom et d'armes ; le second, par les comtes Roger et ‘1 Antoine de Nicolay ; le troisième, par les fils du mar- 4

quis de Nicolay, pair de France, et d’Augustine de : Lévis, dont il a été fait mention plus haut. Ceux-ci n

et de la monarchie, et nous attendrir sur les malheurs de la famille royale. Ceux qui les ont loyalement servies conserveront éternellement le droit de les respecter et de les chérir.

Permettez-moi, Monsieur, d’avoir l'honneur de vous offrir les plus sincères assurances de mon attachement.

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