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Les ennemis ont perdu M. Wolf, le général, et environ six à huit cents officiers ou soldats, tant tués que blessés. M. Monckton, commandant en second, fut blessé.
Le 20
On régla que le lendemain M. de Repentigny resteroit avec quatre cents hommes au pont du haut de lu Rivière du Cap Rouge; que M. de Bougainville se replieroit au Calvaire de la paroisse de Saint-Augustin et fourniroit un détachement au bas de ladite rivière, et que l’armée se porteroit à la Pointe-aux-Trembles.
Le 21
L'armée arriva à la Pointe-aux-Trembles.
Le 22 Er 1e 23
Elle séjourna : on écrivit à la cour par M. de Joanne, aide-major du régiment de Languedoc, qui se trouvoit de la garnison prisonnière de guerre de Québec. La désertion des habitants continuoit toujours étant bien difficile de l’arrêter dans la circonstance où l’on étoit. On apprit que les ennemis travailloient à établir de l'artillerie dans la ville.
Le 24
L'armée se retira à Jacques Cartier, M. de Bougain-
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ville à la Pointe-aux-Trembles, le détachement du bas de la rivière du Cap Rouge au Calvaire. On plaça les troupes le plus à portée qu’il fut possible pour pouvoir travailler à la construction du fort; on envoya les régiments de Royal-Roussillon et Guyenne dans la plaine de Dechambeau pour empêcher le débarquement dans cette partie et assurer notre communication avec les Trois-Rivières.
On eut nouvelle que deux frégates angloises s’étoient avancées jusqu’à Saint-Augustin.
Le 26
On renvoya beaucoup de malades; la plus grande partie des sauvages se retirèreni; on aperçut le matin deux berges qui descendoient, étant venues reconnoître au point du jour.
On continua à renvoyer les malades. On aperçut le matin quatre berges qui étoient venues reconnoître.
Le 28
On avoit envoyé la veille M. de Céloron, officier
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des troupes de la Marine, avec cinquante hommes au sud du fleuve Saint-Laurent; il rendit compte que les ennemis avoient un poste à l’église de Saint-Antoine ; et le capitaine de cette paroisse vint rendre compte que les Anglois étoient venus au nombre de quatre cents hommes pour les désarmer.
Le 29
On commença de travailler au fort. On apprit qu’on avoit arrêté à la Présentation un officier anglois avec son détachement; qu'il étoit parti le 26 de la Rivière aux Sables et qu’il comptoit aller à Choagen ; il étoit porteur de lettres du général Amherst au général Gages, qui lui mandoit qu’il alloit faire un mouvement, qu'il eût à en faire autant; qu'il avoit un brigantin de prêt sur le lac Champlain.
On fit un prisonnier près de la ville et l’on apprit que les Anglois travailloient à approvisionner Québec.
M. de Vaudr euil et Monsieur l’Intendant partirent pour aller à Montréal.
Le 1‘ oCTOBRE
On apprit que les Anglois avoient fait entrer une partie de leur armée dans la ville.
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Rien de nouveau.
Les Anglois, après plusieurs conseils dans le mois précédent, s'étant déterminés à hiverner à Québec, malgré tous les événements qui pouvoient en résulter, firent leurs préparatifs en conséquence.
Pendant ce mois le général Anglois fit pressentir au commissaire Bernier que nous avions chez eux, qu'il seroit possible de faire une trève pour l'hiver; qu’on auroit un envoyé de part et d’autre.
Cette suspension d'armes parut avantageuse, dans la situation où nous étions; et il n’est pas douteux que sans la ferme obstination où fut toujours M. le chevalier de Lévis contre cette proposition on l’auroit acceptée.
Il auroit été humiliant dans la situation où nous nous trouvions d'accepter pareille trève, qui auroit été regardée comme un pourparler pour entrer en capitulation, annoncer notre empressement et notre foiblesse, et n’auroit servi par le commerce qu'on auroit fait avec les ennemis qu’à disposer les habitants à se rendre sans coup férir et à tirer des subsistances du pays.
M. le chevalier de Lévis apprit qu’on avoit eu connoïissance, le 28 du mois dernier, qu’un parti ennemi
d'environ trois cent soixante hommes avoit débarqué à l’abbaye de Mississicoux. Il ne douta point qu’il n’eût en vue de brûler le village de Saint-François pour punir les sauvages de ce village d’avoir arrêté les officiers et sauvages qu'ils leur avoient envoyés en parole pour leur proposer d'être neutres. M. de Bourlamaque lui mandoit qu’il en avoit informé sur le champ M. de Vaudreuil pour qu'il avertît le village de Saint-François et fit marcher à la rencontre de ce parti, et qu’il alloit faire embusquer un détachement au lieu où ils avoient laissé leurs berges. Toutes ces précautions furent de nul effet; on avertit simplement les sauvages sans leur envoyer quelqu'un. Ils se contentèrent d'envoyer une découverte audevant. M. le chevalier de Lévis, en apprenant cette nouvelle, écrivit à M. de Longueuil pour faire un détachement vers cette partie et qu’il falloit tout mettre en usage pour prévenir les desseins de celui des ennemis; mais il étoit trop tard. On apprit que, le 5 au matin, les ennemis ayant surpris les sauvages au point du jour avoient mis le feu au village et avoient tué quelques sauvages, femmes et enfants, et emmené quelques prisonniers. On fut longtemps à envoyer à la poursuite de ce détachement. Les sauvages y furent, mais tard et cependant ils rencontrèrent une partie de ce détachement qu'ils écharpèrent.
On fit ramasser des bateaux qu’on avoit aban-
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DU CHEVALIER DE LÉVIS 225 donnés. Les habitants du gouvernement de Québec paroissoient s’accommoder du Bouvernement anglois.
M. le chevalier de Lévis fut reconnoître la rive du fleuve opposée à celle de Jacques Cartier pour voir s’il seroit possible d’y établir un poste ou un fort.
On amena un garde de la maïine et un chirurgien anglois pris à Beauport, près de Québec.
Les 12, 13 er 14
Il fit un vent affreux, les Anglois souffroient beaucoup dans la rade de Québec.
Sur l'examen qu'on fit des vivres,
on vit qu’on n’en avoit que jusqu’au 24.
Il fut envoyé des ordres au sieur Céloron, avec cinquante hommes aux paroisses du brûler tout le bois coupé de chauffage qu'il ireroit jusqu’à la Pointe de Lévis.
qui étoit sud, de rencon-
On reçut un courrier de Montréal qui apprenoit que le 13, les chébecs avoient été surpris et que, à l’entrée de la nuit, ils s’étoient échoués et que les équipages étoient revenus par terre. Ils furent même si mal que les Anglois les relevèrent tous par la suite. La goëlette commandée par un habitant, quoique poursuivie par le brigantin dont il a été parlé ci-devant, se sauva. Les prisonniers anglois qu’on fit sur le lac Champlain annoncèrent l’armée ennemie, ce qui donna l'alarme à Montréal ; on commanda les habitants, qui étoient si excédés de fatigue que peu se trouvèrent en état de marcher.
M. le chevalier de Lévis fit passer la revue aux régiments de Royal-Roussillon et Guyenne; il revint l’après-midi, reçut un courrier de M. de Vaudreuil qui lui manda qu'il n’avoit par reçu de nouvelles de M. de Bourlamaque depuis la veille, mais qu’on avoit entendu tirer du canon. Comme il ne doutoit pas d’être attaqué dans cette partie et qu’il savoit bien que M. de Lévis le connoissoit parfaitement, il lui manda que s’il y croyoit sa présence nécessaire, il eût à venir tout de suite et de remettre alors le commandement de l’armée à qui il voudroit.
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DU CHEVALIER DE LÉVIS 227 M. le chevalier de Lévis, sur les premières nouvelles, avoit fait partir le bataillon des milices de la ville de Montréal et nombre de milices de ce gouvernement; et, sur ladite lettre il fit partir les régiments de Royal-Roussillon et Guyenne, le 25, et manda à M. de Vaudreuil qu’il lui envoyoit tout le secours qu’il désiroit ; qu’à l’égard de sa personne, il lui observoit qu’elle étoit encore utile dans cette partie, où, avec le peu de force qu’il y restoit, si l'ennemi apprenoit son départ et venoit à faire un mouvement, il feroit tomber notre établissement commencé à Jacques Cartier et dévasteroit la plus grande partie du gouvernement des Trois-Rivières; qu’il ne savoit d’ailleurs à qui donner la préférence pour le commandement; qu’il ne croyoit pas possible aux ennemis dans la saison où nous étions de pénétrer dans la colonie, laissant l’Ile-aux-Noix derrière eux et n'ayant nulle communication par eau, ni qu'ils pussent s'emparer de ladite île; que d’ailleurs, après ces réflexions s’il jugeoit à propos qu’il y fût il n’avoit qu’à lui faire passer ses ordres.
Le 20
Il fit partir un détachement de milices aux ordres de M. de Niverville et peu de jours après il renvoya tout le reste.
Le 22
1] donna ordre au sieur de Bougainville de faire un
détachement en avant du côté de Québec pour faciliter l’enlèvement des bœufs qui étoient autour de cette ville, ce qui s’exécuta le même jour.
Le 24
On reçut un courrier de Montréal qui nous apprit qu’on avoit eu nouvelle que l’armée des ennemis étoit parte le 10 de Saint-Frédéric, et, plus particulièrement, que nos chébecs, ayant eu connoissance d’une avant-garde le 12, furent au-devant, la canonnèrent, coulèrent bas quelques berges et firent des prisonniers. Les chébecs, sur le soir, aperçurent par le travers des Iles-au-Boïs-Blanc un brigantin anglois, qu’on disoit porter vingt-deux pièces de 18, et des bateaux portant chacun deux canons de 24. Les chébecs, malgré le calme et qu’il fût cinq heures du soir coupèrent leurs
mâts et s’échouèrent, et l’équipage revint par terre. La goëlette fut chassée, mais elle rentra. M. de Bourlamaque fit, le 15, ses dispositions de descente. Le 19 et le 20, il manda avoir connoissance des ennemis, que ses découvertes avoient été poursuivies par des berges angloises et qu’on avoit entendu le soir le canon de retraite.
Le 27
On apprit que l’armée du général Amherst n'avoit pas encore été connue positivement le 22, mais que
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Bour- Le 19 emis, ar des canon
avoit is que
les découvreurs avoient entendu bûcher au nord, à une lieue au-dessus de l’île et qu’ils avoient vu le brigantin et un senau mouiller ; qu’on avoit vu une vingtaine de berges dans la baie de Mississicoux. On craignoit beaucoup que les ennemis, en débarquant dans ladite baie et faisant portage dans la rivière du sud, qui vient toucher au-dessous de l’Ile-aux-Noix, ne pénétrassent sans attaquer l’île. L’on craignoit dans le même temps que l’armée du lac Ontario ne descendît les Rapides. La consternation étoit générale dans la colonie; les habitants, qui étoient retournés chez eux après l'affaire de Québec et qu’on avoit renvoyés, s’excusoient de marcher, disant qu’ils étoient malades.
Le 28
On replia les piquets et grenadiers de Béarn qui étoient à la Pointe-aux-Trembles, et l’on apprit ce même jour que tous les derniers navires anglois étoient partis; qu’il n’y restoit pour l’hivernement qu'une frégate de douze canons et une bombarde.
On fit partir le régiment de Béarn.
Le 30
On apprit que le mouvement des ennemis sur le lac
Champlain s’étoit borné à un gros détachement qui, à la faveur de leur marine, s’étoit avancé jusqu’à l’entrée de la rivière, l’armée n’ayant pas passé au milieu du lac.
Il y avoit eu pendant tout le mois beaucoup de pourparlers avec les ennemis au sujet des malades et blessés qu’ils avoient trouvés à l’hôpital général le 13 septembre, lesquels ils ne voulurent point rendre ainsi qu'ils le devoient par l’article 27 d'échange, persistunt à les garder comme prisonniers. Ils en embarauèrent quelques-uns et laissèrent les autres aux envirous ce Québec. On discuta aussi la promesse qu'ils avoicut faite par la capitulation de rendre tous les équipages des prisonniers qui étoient dans l’armée. On y envoya des goëlettes pour les prendre; ils les rendirent de mauvaise grâce.