NOVEMBRE
Ils laissèrent sortir plusieurs particuliers avec leurs effets; plusieurs négociants étoient entrés en pourparlers avec les Anglois pour avoir permission de passer avec des navires françois. M. de Vaudreuil toléroit d’abord ces négociations et avoit accordé des permissions ; mais sur les représentations de M. le chevalier de Lévis qu'il n’étoit pas décent de compromettre ainsi des bâtiments qui étoient armés, qu'ils désarmeroient sûrement en passant, et qu’on ne devoit pas approuver que des sujets du Roi traitassent avec
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DU CHEVALIER DE LÉVIS 231 les ennemis, M. de Vaudreuil donna des ordres pour faire cesser ces négociations.
Il n’est pas douteux que sans les fermes représentations que fit M. le chevalier de Lévis à M. de Vaudreuil qui les fit changer et retirer les permissions qu'il avoit données, on auroit été rançonné à Québec pour tous les navires qui étoient en rivière, dont presque tous avoient des commissions de guerre, bien armés et, parmi le nombre, plusieurs frégates. Les ennemis n’eussent pas manqué, arrivés à Québec, où ils les auroiïent obligés de mouiller sous prétexte de voir s'ils portoient quelque chose de suspect, de les désarmer et leur ôter toutes les munitions de guerre; ce qui auroit été regardé comme un jeu où ils nous auroient forcés.
On travailla pendant le reste du mois d’octobre au fort projeté à l’Ile-aux-Noix.
Pendant tout ledit mois, on travailla au fort Levis et il ne se passa rien de nouveau dans cette partie.
La flotte du munitionnaire étant destinée pour repasser en France, fut préparée et mise en état. Les deux frégates du Roi furent destinées avec deux autres navires à hiverner en Canada; on les envoya à Sorrel. On disposa les quartiers pour les bataillons ; ils devoient être: pour la Reine, la Rivière Chambly; Guyenne, de Sorrel à Varenne; et Royal-Roussillon, de Boucherville à la Prairie; le régiment de Béarn dans l’Ile de Montréal ; celui de la Sarre à l’Ile Jésus ; les deux de Berry, de Terrebonne à Berthier ; et Lan-
guedoc dans le gouvernement des Trois-Rivières ; les soldats de la colonie devoient être à Montréal, Québec ou environs.
Il fut réglé, pour les garnisons, qu’on laisseroit au fort Lévis trois cents hommes de troupes de la Marine aux ordres du sieur Désandroins, ingénieur ;
A l’Ile-aux-Noix, cent hommes de troupes de terre et trois cents de la Marine aux ordres du sieur de Lusignan, capitaine des troupes de la Marine ;
A Saint-Jean, cent cinquante de troupes de terre et cent cinquante de la. Marine, commandés par le plus ancien capitaine ;
A Jacques Cartier, cent cinquante de troupes de terre et quatre cents cinquante de la Marine aux ordres du sieur Dumas, major-général des troupes de la Marine, duquel nombre il devoit en détacher deux à trois cents à la Pointe-aux-Trembles aux ordres de
M. de Repentigny, capitaine des troupes de la Marine.
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Les ennemis laissèrent dans Québec pour garnison, les régiments suivants :