‹ Journal des campagnes du chevalier de Lévis en Canada de 1756 à 1760 [microforme]Chapitre 43 sur 46 · partie qu’on ir de · texte numérisé non relu

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DU CHEVALIER DE LÉVIS 259 reconnoître jusques où l’on pouvoit aller en bateau et la position des ennemis qu’on savoit se fortifier et garder le passage de l’embouchure de la Rivière du Cap rouge. Il comptoit défendre tous les passages depuis le Cap rouge jusqu’à Québec dont l’espace est de trois lieues ; il ne parut pas possible de tenter de passer au bas de ladite rivière suivant le grand chemin de Montréal à Québec, ni de tenter de faire un débarquement depuis le Cap rouge jusqu’à Québec; il fut résolu qu’on chercheroïit à se rendre maître des hauteurs en passant dans l’intérieur des terres, traversant la Rivière du Cap rouge à deux lieues au-dessus de son embouchure, passant de là par la Vieille-Lorette et traversant les marais de la rivière de la Suette pour s'emparer des hauteurs de Sainte-Foi et gagner le susdit grand chemin.

Le 26

On descendit en bateau jusqu’à Saint-Augustin où l’on travailla à les traîner sur les glaces, pour les mettre à terre, où on les laissa avec une garde ; on n’emporta que des vivres et trois pièces de canon. Pendant qu’on travailloit à ces arrangements, M. de Bourlamaque fut envoyé avec des sauvages, les grenadiers et un détachement de l'artillerie pour reconnoître les endroits où on devoit passer la Rivière du Cap rouge et y faire construire des ponts, les ennemis ayant rompu ceux qu’il y avoit; et il devoit avertir,

lorsqu'il seroit temps que l’armée se mît en mouvement.

Il informa à deux heures M. le chevalier de Lévis qu'il pouvoit se mettre en mouvement, ayant fait deux passages pour des gens à pied et lui demanda ses ordres pour son détachement. I1 lui fut marqué en réponse de passer la rivière et de s'emparer des maisons et postes qui couvroient ce passage, et l’armée se miten même temps en marche. On apprit dans ce temps que les ennemis avoient évacué les postes qu’ils avoient à l’église de la Vieille-Lorette et s’étoient retirés sur celle de Saïinte-Foi où on les assuroit en force. On parvint à faire passer avant la nuit une brigade qui occupa les postes des grenadiers, et M. de Bourlamaque eut ordre de se porter en avant le plus qu'il pourroit, sans cependant se compromettre, jusqu’à ce qu’il eût avis que l’armée étoit en marche. En conséquence, il passa les marais de la Suette dont les ennemis auroient pu avec avantage nous retarder le passage, et fut prendre poste dans des maisons à un quart de lieue des hauteurs de Saïinte-Foi où étoient les ennemis. M. le chevalier de Lévis fit avancer les brigades, à mesure qu’elles avoient passé, pour le soutenir, s’y porta de sa personne et y passa la nuït, ayant ordonné au sieur de la Pause de venir l’avertir dès que toute l’armée auroit passé les marais.

Il fit une nuit des plus affreuses, un orage et un froid terribles, ce qui fit beaucoup souffrir l’armée qui ne put finir de passer que bien avant dans la nuit.

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Les ponts s'étant rompus, les soldats passoient dans l’eau. Les ouvriers avoient peine à les réparer dans l’obscurité, et, sans les éclairs, on eût été forcé de s'arrêter.

Le 27

On dispersa l’armée dans les habitations pour se garantir de la pluie et raccommoder les armes, pour être en état de marcher au point du jour, M. le chevalier de Lévis ayant résolu d'attaquer. Mais l’artillerie n'ayant pu passer dans la nuit, le mauvais temps continuant, il attendit jusqu’à dix heures. Elle lui étoit nécessaire pour attaquer l’église et les maisons fortifiées. Il fut avec M. de Bourlamaque reconnoître les ennemis, et leur position, poussa des gardes en avant jusqu’au débouché du bois qui est sous la portée du canon et du fusil en certains endroits des hauteurs. Les ennemis canonnèrent et fusillèrent beaucoup sur les postes et sur tout ce qui se montroit hors du bois. Et il ordonna au sieur de la Pause d’aller faire avancer l’armée et l'artillerie pour passer la Suette, et de là se former sur quatre colonnes.

M. le chevalier de Lévis ayant vu les ennemis se renforcer, ne pouvant juger de leur nombre et en paroissant occuper les endroits accessibles et la colline où ils étoient, laquelle d’un côté continue jusqu’à l'embouchure de la Rivière du Cap rouge et de l’autre jusqu'à Québec, où elle prend le nom de côte d’Abra-

ham, et est d’un bout à l’autre bordée d'habitations de trois ou quatre arpents, comme d’ailleurs, l’église de Sainte-Foi, qui étoit fortifiée avec du canon, étant en face du chemin ou nous étions, il falloit les forcer dans cette église et dans les maisons voisines, qui se flanquoient, et que nous ne pouvions mener l'artillerie que par le chemin qui n’étoit pas praticable, ni déboucher qu’à travers des bois marécageux et nous former après les avoir passés que sous le feu de leur artillerie et mousqueterie, tout cela fit prendre la résolution à M. le chevalier de Lévis, vu le mauvais état où avoit été l’armée depuis trente heures, d’attendre à l’entrée de la nuit à se mettre en marche pour aller les tourner sur leur gauche.

Un de nos bateaux chargé d'artillerie ayant été entraîné et écrasé par les glaces, la veille, il y eut un canonnier qui s'étant sauvé sur un petit banc de glace, fut entraîné jusqu’à la hauteur de Québec, où les ennemis l’ayant aperçu, le 27 au matin, le retirèrent. Mais, comme il étoit à toute extrémité, il n’eut que le temps de les informer de notre marche par la Vieille- Lorette et de la force de notre armée, ce qui fit prendre le parti au commandant d'envoyer sur le champ un gros détachement pour pouvoir retirer tous ceux qu’il avoit à Sainte-Foi ou au Cap rouge, ce qu’il exécuta une heure après midi, après avoir mis le feu à l’église de Sainte-Foi, où il y avoit un dépôt d’armes et quelques munitions.

Dès qu’on aperçut le feu, on ordonna aux gardes,

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aux compagnies des grenadiers et à la cavalerie d'avancer, l’armée suivit, les avant-gardes ne les joignirent qu’à l’entrée de la nuit auprès d’une maison fortifiée, où ils se retirèrent, après avoir tiré quelques coups de canon. Nous eûmes un officier et quelques volontaires blessés ; ils laissèrent un détachement à cette maison et à une redoute qui étoit sur une hauteur ; le reste rentra dans la place,

De notre côté, notre armée cantonna dans les maisons, depuis celle qu’occupoient les ennemis jusqu’à un quart de lieue de l’église de Sainte-Foi, pour lui donner du repos, la terre d’ailleurs étant encore couverte de neige en plusieurs endroits.

Bataille gagnée pur l’armée française commandée par M. de Lévis sur les troupes angloises, le 28 avril, près de Québec.

Le détachement anglois abandonna pendant la nuit la maison, dont nous nous emparâmes au point du jour. Ils parurent n’occuper que la hauteur où étoit la redoute et où ilstravailloient. M. le chevalier de Lévis, croyant les ennemis décidés à s’en tenir à la défense de la place, comptoit de faire avancer l’armée et de lui faire donner les vivres qui étoient dus ce jour-là. Il envoya pour cela ordre de les faire arriver à bonne heure à l’Anse-au-Foulon et monta à cheval le matin

28 pour aller reconnoître, avec son état major, les positions qu’il feroit occuper à son armée. Et, pour être maître de l’Anse-au-Foulon où il vouloit faire son dépôt ; comme il vit que les troupes que les ennemis avoient dehors ne consistoient qu’à quelques détachements, il voulut les reconnoître de plus près et fit occuper une redoute que les ennemis venoient d’abandonner, par des cavaliers à pied. Mais, voyant que le feu des ennemis, qui se rassembloient pour le reprendre grossissoit continuellement, et n'ayant pas de troupes à portée pour les soutenir, il fit retirer les cavaliers. En parcourant les élévations des environs, il aperçut une colonne considérable des ennemis qui sortoient de la ville. Il avoit précédemment envoyé le major général pour faire resserrer l’armée; il donna ordre de lui faire continuer sa marche, dit à M. de Bourlamaque de laisser cinq compagnies de grenadiers dans la maison où il comptoit appuyer la gauche de l’armee, et de porter les autres cinq sur une petite hauteur où il comptoit d'appuyer la droite, et, à mesure que les brigades arriveroient à la droite de les placer au terrain qu’il lui indiqua. Il ordonna aussi au sieur de la Pause de se tenir au débouché de l’armée sur le terrain du champ de bataille pour envoyer les brigadiers aux endroits qu’il lui indiqua. .

Les deux brigades de la droite étoient placées, et la troisième débouchoit, lorsque les ennemis, qui étoient formés, se mirent en mouvement pour les charger et firent usage de vingt-quatre bouches à feu qu'ils

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DU CHEVALIER DE LÉVIS 265 avoient et même de leur mousqueterie, lorsqu'ils furent plus près. M. le chevalier de Lévis s'étant porté à la droite, voyant les deux brigades plus avancées qu’il ne l’avoit ordonné et qu’elles alloient être chargées par toute l’armée ennemie et par conséquent culbutées, sans pouvoir les soutenir par les autres qui n’étoient point arrivées et qui n'auraient pu même les former, attendu que les ennemis les auroient chargées en détail, prit sur le champ la résolution de les faire retirer à l’entrée du bois qui étoit derrière pour attendre que les autres fussent formées et puissent les protéger, ce qui s’exécuta avec la plus grande valeur et activité, sous le feu du canon et de la mousqueterie.

Pendant que la dernière brigade, qui étoit celle de la Sarre, se formoit, les ennemis marchèrent vers notre gauche et forcèrent les grenadiers de quitter la maison. Cette brigade se retira un peu pour pouvoir achever de se former et remarcha tout de suite en avant pour soutenir les grenadiers qui se remparèrent de la maison. M. le chevalier de Lévis envoya dans ce temps M. de Bourlamaque à la gauche où devoit être son poste, qui y fut blessé en arrivant d’un coup de canon et eut son cheval tué sous lui ; et, voyant que le feu continuoit dans cette partie il s’y porta pour soutenir la maison qu’il vouloit que l’on continua de défendre. Il passa ensuite de la gauche à la droite entre les deux armées, ordonnant en passant à nos brigades de charger, et fit marcher les cinq compagnies de grenadiers

266 JOURNAL DES CAMPAGNES de ia droite uux redoutes qui étoient sur les buttes dont les ennemis s’étoient emparés.

M. le chevalier de Lévis comptoit charger les ennemis en flanc avec la brigade de la Reine et celle de Royal-Roussillon, qui débordoïit lesdites hauteurs ; mais, par un ordre mal rendu par un officier, la brigade de la Reine, au lieu de se retirer à l’entrée du bois se porta derrière la gauche. Il prit sur le champ le parti d'exécuter son mouvement avec la brigade de Royal-Roussillon, qui, après qu’elle eût dépassé le flanc gauche des ennemis, les attaqua si vigoureusement qu’ils furent mis en désordre et suivis de toute la ligne. Si la brigade de la Reine eût été à son poste, on auroit enveloppé les ennemis par leur gauche ; et vraiserablablement on leur auroit coupé la retraite sur la place, ce qui auroit été décisif. Mais ils se retirèrent avec tant de précipitation et ils étoient si près de la place qu’on ne put les joindre, nos troupes étant excédées de fatigues ; mais ils abandonnèrent toute leur artillerie, munitions, outils, morts et blessés.

La brigade de la Sarre étoit aux ordres de M. Dalquier, lieutenant-colonel commandant le bataillon de Béarn. Cette brigade étant joirte avec les grenadiers soutin: tous les efforts des ennemis qui avoient porté leurs plus grandes forces à droite pour s'emparer du chemin où étoit notre gauche, qui s’appuyoit à une maison et à un moulin.

Ce fut cette brigade qui souñrit le plus ; elle don :a de grandes marques de courage et de ’aleur. M. Yal-

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quier fut blessé, e& montra dans cette affaire beaucoup d'intelligence.

La brigade de Royal-Roussillon étoit aux ordres de M. de Pouraillier, lieutenant-colonel, qui fit exécuter le mouvement avec beaucoup de valeur et qui s’est fort distingué dans cette action. Le sieur Delaas, capitaine au régiment de la Reine, qui commandoit les Canadiens attachés à ce régiment, qui 8e trouvoit toutà-fait à la droite de l’armée, n'ayant pas eu le même ordre qu’avoit eu la brigade pour se porter à la gauche, et voyant la brigade de Royal-Roussillon qui marchoit se joignit à elle, et se comporta dans cette occasion avec beaucoup d'intelligence et de valeur.

L'armée des ennemis étoit d'environ quatre mille hommes et la nôtre d'environ cinq mille hommes dont deux mille quatre cents miliciens ; mais il y a eu plus de quatorze cents hommes dudit nombre, comme la brigade de la Reine et la cavalerie qui n’ont jamais eu part à l’action. Nous avions été obligés de laisser des détachements derrière et nos sauvages s'étant retirés ne combattirent point.

Nous n'avions dans cette action que trois petites pièces de campagne qui, à la vérité, servirent utilement sous les ordres des sieurs Louvricourt et Duverny, officiers d’artillerie.

Les troupes donnèrent des preuves, dans cette action, de la plus grande valeur, s'étant formées sous

le feu des ennemis et étant restées iongtemps dans

l’inaction, ayant ensuite marché aux ennemis avec toute l’intrépidité possible.

La perte des ennemis, malgré l’avantage de leur situation, du terrain et de leur grand feu que nous essuyâmes sans répondre, a été plus considérable que la nôtre.

Ils ont perdu environ mille à douze cents hommes tués ou morts de leurs blessures, estropiés ou dangereusement blessés, vingt pièces de canon, deux obusiers, les outils et les munitions. Parmi le nombre des prisonniers, il y avoit vingt officiers.

De notre part notre perte a été de six à huit cents hommes.

Suit l’état des tués ou morts de leurs blessures à la bataille du 28 avril au siège de Québec.

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Liste des officiers tués ou blessés au combat devant Québec, le 28 avril.

MM. 'e Bourlamaque, brigaäier, partie du gras de jambe emporté par un boulet de canon.

Montreuil, capitaine des grenadiers, blessé à Régiment é

nt } Dufai, enseigne, le bras cassé. [mort.

de la Reine

Chevalier Desnos,

Saint-Martin,

[Deguinier, lieutenant, tué.

Palmarole, capitaine de grenadiers, bloséés:à

Duprat, capitaine,

Forcet,

Duparquet, premier capitaine, coup de feu à la jambe.

Beauclair, capitaine, coup de feu au bras.

Méritent, capitaine, idem.

E de Savournin, lieutenant, à la poitrine,

} lieut., blessés légèrement.

mort.

La Sarre

très dangereusement.

Paonnet, sous-lieut, de grenadiers, idem, mort. Lanaudière, lieutenant, coup de feu à la jambe. Premillac, lieutenant, le pied cassé, Lassus, lieutenant, Grance, idem, blessés légèrement.

Chevalier de Laubanie, D nr sRLAIne } coup de feu à la jambe, Léonard, lieutenant, coup de feu au bras.

Beausadet, sous-lieut. de grenadiers, l'épaule fracassée, mort.

Destore, cap. de grenadiers, Trémoy, capitaine, Lefebvre, capitaine, Grandjean, lieutenant,

Royal-Roussillon Yblessés légèrement.

} blessés légèrement.

Senneterre, lieutenant, blessé légèrement.

d’Ernanger, lieut. de grenadiers, tué.

d’Alayrac, lieut. de grenad., blessé légèrement.

Languedoc {

Morambert, lieutenant, blessé à mort.

Montagnet, capitaine, coup de feu au bras.

Launay, cap. de grenadiers, de Blot, capitaine, Bellot, capitaine, Chassignolet,

Villemonter, capitaine de di L ués,

Guyenne rés légèrement.

Valentin, aide-major,

Berry Carery, lieutenant,

Trécesson, lieut.-col, de bataillon,

Québec, Darseins, capitaine, blessés à mort. { Æ La Marlière, lieutenant, |

La site aide-major, coup de feu à la poitrine. |

Coespel, ieutenant, :

gras de Du Guermé, lieutenant, jones, | on. Vaudaran, lieut, en second, ) CARE è Ï lessé à Pélissier, lieutenant de grenadiers, le bras percé |

[mort. d’un coup de feu. {

nt Berry Laudance, le poignet cassé. 3

BIGUR Sigoin, capitaine, coup de feu à la cuisse, dange- | reux,

Leclerc, lieutenant, idem, À essés à Dallet, lieutenant, coup de feu au bras. | mort. HA lieut.-col., comdt le nd | la À ressac, Capitaine, se lé. Ë sue i Cambray, capitaine, pal ; Ménard, capitaine, | gsre £

| CaLonan P, Capitaine, p itri F aSsal, Capitaine, f RPsrRe Soloignac, lieutenant, blessés à mort. F mort. Tolabelle, b jambe. D’Alquier, lieut.-colonel, Commandant, coup de ' feu au côté.

Monredon, capitaine de grenadiers, coup de feu aux nt. deux cuisses, dangereux. < ÿ

; £ Pinsan, lieut., coup de feu à la cuisse, dangereux. Béarn Fay, lieutenant, idem.

mbe, ' Jacob, lieutenant, coup de feu à la poitrine. j

; Malartie, aide-major, ue fie ALLAN SAbIAIne,

| a, capitaine, Rs à

Reimond lieutenant, blessés légèrement,

rement. Meley, lieutenant,

Jourdain, lieutenant,

nt. J Troupes de la Colonie, Compagnies franches de la Marine. é

à De Boucherville, enseigne, tué. J

ment: Saint-Martin, capitaine de grenatiers, |

Laronde, idem, blessés à !

S, Varennes, lieutenant, mort. :

Corbières, lieutenant, at A | U Buisson, capitaine, coup de fou paule, roment Mézières, capitaine, coup dé feu aux deux jambes, D’Hugues, capitaine, coup de feu à la tête, légèrement, TA D’Aillebout, sous-lieutenant de grenadiers, coup de feu à la jambe, légèrement,

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Hiché, enseigne, coup de feu au côté.

Chevalier de la Corne, commandant ) de bataillon, Vassan, idem, Saint-Leu, commandt les sauvages, Loumier, capitaine, | blessés Le Borgne, capitaine, légèrement.

La Noix de Noyelle, lieutenant, Sabrevoix, lieutenant, Chevalier de La Perrière, enseigne, Herbin, enseigne, J

Officiers des Milices.

Réaume, commandant le bataillon de Montréal, Lefèvre, tué. [tué.

Prévot de Sicors, tué, Gaudet, la main fracassée, Neveu, à la mâchoire, dangereusement.

Julien de Rivière,

| blessés.

La Promenade,

De Cary,

Maugé de Sauniers,

Ménars,

Irtubis,

Pierre Lefèvre,

Augé, mes aux bras, Chevalier,

Etat des officiers tués ou blessés pendant le siège.

La Sarre Languedoc Béarn,

Colonie

La Reine Languedoc Béarn

Colonie Artillerie

( Boischatel, aide-major de la Sarre, tué.

Pradel, lieutenant, tué.

Barot, capitaine, mort de ses blessures.

de Bonne, capitaine, tué.

N. de Mélonèze, lieutenant, mort de ses blessures. d’'Herz, aide-major, blessé légèrement.

La Justonne, lieutenant, la jambe coupée. Mazeray, capitaine, blessé légèrement.

Melonèze, capitaine, idem.

Herbin, lieutenant, idem.

[du Carny, lieutenant, idem.

Les ennemis étant rentrés dans la place, nous nous emparâmes de la crête des hauteurs qui ne sont qu’à

blessés pèroment.

Montréal, [tué.

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s blessures.

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ous nous sont qu’à

trois cents toises au plus de la place et nous nous plaçâmes sur le revers où nous passâmes la nuit. Nous envoyâmes après l’action prendre possession de l'hôpital général et y envoyâmes nos blessés et ceux des Anglois.

Québec forme une espèce de triangle qui occupe une pointe de terre fort élevée sur la rive gauche du fleuve Saint-Laurent. Le fleuve défend un des deux côtés qui sont vers la campagne, l’un qui suit l’escarpement de la côte d'Abraham, commande avec beaucoup de supériorité une plaine basse où serpente la rivière Saint-Charles ; cette côte d'Abraham règne presque parallèlement au fleuve Saint-Laurent, et va s’y réunir à l'embouchure de la Rivière du Cap rouge. Le côté de Québec qui est terminé par cette côte et par l’escarpement du fleuve, est le seul accessible ; la distance en est d'environ sept cents toises. Il est défendu par une enceinte de six bastions revêtus et presque sur une ligne droite. Un fossé peu profond, dont ‘‘-vcavation en quelques endroits n’est que de cinq à six pieds, quelques terres rapportées sur la contrescarpe, six à sept redoutes de bois construites par les Anglois couvroient cette enceinte. Le terrain pour les approches est pierreux ; il devient presque roc en approchant de la place, et les hauteurs mêmes dont nous nous étions emparés ont à peine six pouces de terre. Il fut décidé, après avoir reconnu la place, qu’on couronneroit par une parallèle les hauteurs qui sont devant le front des bastions Saint-Louis, de la

Glacière, et du cap au Diamant, et qu’on y établiroit des batteries, d’où on espéroit, malgré l’éloignement et la foiblesse du calibre de nos pièces, qu’elles pourroient faire brèche, le revêtement étant mauvais dans cette partie, supposé que les secours dont on se flattoit de France n’arrivassent pas.

Le 29

Au matin, on campa l’armée à un quart de lieue en arrière desdites hauteurs; on fit distribuer des vivres et les outils; on régla le détail et le service du siège, et l’on commença à travailler à la parallèle dès l’entrée de la nuit.

Le sieur Debonne et le sieur Méloize, officier des troupes de la Marine, furent blessés à mort ce jour-là et sept à huit soldats. Les ennemis travaillèrent à force à démasquer des embrasures.

M. de Pontleroy, ingénieur en chef, fut chargé de la direction du siège et M. de Montbeiïllard, commandant de l’artillerie, le fut également de tout ce qui concernoit sa partie. M. Delaas fut chargé de faire les fonctions de major de tranchée, et le sieur Bastonis, lieutenant au régiment de Berry, celle d’aide-major.

Le régiment de la Reine, celui de Royal-Roussillon, un bataillon de Berry, un de la Marine et Béarn, avec toutes les compagnies de grenadiers, montèrent à la tranchée le soir à quatre heures ; il y eut six cents travailleurs commandés pour la nuit, pris sur les

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DU CHEVALIER DE LÉVIS 275 A r O corps qui n’étoient pas à la tranchée, lesquels eurent ordre de porter les armes.

Des cinq bataillons, trois devoient être placés en ligne le long de la parallèle en arrière; les compagnies des grenadiers devoient être en avant divisées par pelotons, et les deux autres bataillons en réserve

à cinquante ou soixante toises derrière les trois premiers.

Il y eut une petite sortie pendant la nuit.

La tranchée fut relevée à midi par les cinq autres bataillons; les bataillons de tranchée fournissoient les travailleurs de jour ; le soir il en fut commandé six cents pour la nuit. Nous eûmes cinq à six hommes tués ou blessés ; quelques sauvages furent à l'entrée de la nuit occuper un poste sur la gauche, de même que les cavaliers à pied, lesquels y fournirent dans la suite alternativement avec une compagnie taires de la milice.

de volon-

Les ennemis nous incommodèrent beaucoup plus par leurs obus et les bombes que par le canon: ils firent une sortie dans la nuit d’un officier et trente

hommes; l'officier, se croyant suivi, se jeta parmi nos travailleurs et y fut pris.

Mai

Le 1" mai, on renvoya au camp les deux bataillons

de réserve, la tranchée se trouvant plus en sûreté. Le sieur Boischastel, aide-major de la Sarre, fut blessé à mort d’un éclat de bombe.

La tranchée fut relevée à l'ordinaire; il vint un déserteur qui nous avertit que les ennemis devoient faire une sortie cette nuit avec sept à huit cents hommes, ce qu’ils ne firent point cependant.

On commença trois batteries, l’une de six pièces devoit battre un peu en écharpe la face du bastion de la Glacière; une autre de quatre pièces, placée sur la gauche, battoit directement cette même partie; la troisième de trois pièces étoit dirigée sur le flanc du bastion Saint-Louis opposé à celui de la Glacière. On y joignit une batterie de deux mortiers.

On ne pouvoit construire la parallèle et ses batteries qu’avec des difficultés incroyables. On cheminoit sur le roc, et il fulloit porter la terre dans des sacs d’une fort grande distance. Les ennemis, qui à tous moments démasquoient des pièces, nous retardoient beaucoup par des précautions qu’il falloit prendre ; les boulets plongeant derrière les hauteurs, il y avoit peu d’endroits où l’on fût à couvert, l’on fut même obligé d’éloigner le camp.

Le 2

Les travailleurs furent fournis à l'ordinaire ainsi que la tranchée; nous perdions toujours de temps en temps quelques hommes; la parallèle étant mauvaise, les troupes y étoient peu à couvert.

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Se passèrent de même. M. le chevalier de Lévis avoit pris la résolution ce jour-là de faire passer dans la nuit le sieur Vauquelain, avec sa frégate et une goëlette armée en guerre, au-dessous de la ville pour

attaquer les bâtiments de transport qui pourroient arriver aux ennemis, Mais

eut que la goëlette.

elle ne put passer ; n'y

Le 5

Les ennemis ne tirant que peu ce jour-là, les tra- Vaux avancèreut un peu plus.

LE 6 er LE 7

. Les travaux n’avancèrent pas beaucoup:

on perdoit toujours quelques hommes.

Y ayant une batterie avancée, on fit monter à la tranchée quelques pièces; les ennemis firent grand

feu, ayant alors près de soixante pièces dirigées sur notre front d'attaque.

Sur les neuf heures du matin, il parut une frégate

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à la Pointe-de-Lévis, qui fit des signaux; et, ayant envoyé son canot à la ville, elle y vint ensuite mouiller. Les ennemis avoient fait partir au commencement du siège une frégate avec les déserteurs qu'ils avoient à nous et quelques malades. On supposoit que c'étoit la même; mais, vers la fin du jour, nous fûmes instruits du contraire. |

La nuit fut très froide ; nos troupes souffrirent beaucoup à la tranchée, le sieur d’Hers, aide-major de la Reine, fut blessé.

Nos batteries ne furent pas encore en état de tirer. M. le chevalier de Lévis reçut une lettre de M. Murray qui lui demandoit de lui renvoyer les malades qu’il avoit à l'hôpital en état de servir. À quoi il lui répondit que cela ne paroissoit pas possible, malgré l’article du cartel qu'il lui citoit dans pareille circonstance; mais qu’il alloit écrire à M. de Vaudrenil pour savoir ses intentions À ce sujet; et le remercia des gazettes d'Europe qu'il lui avoit envoyé.

La nuit fut très pluvieuse; on travailla à réparer les batteries. On comptoit’ être en état de tirer le matin; mais l’approvisionnement des pièces n’étoit point prêt et l’on vouloit attendre que les deux premières batteries puissent tirer.

Le 11

On ne put commencer à tirer qu’à midi; le feu fut

bu fut

très vif de part et d'autre; et, malgré la supériorité de l'ennemi, le nôtre se soutint très bien jusques au aoir.

Les sieurs Pradel et la Justonne, lieutenants de Languedoc, furent blessés dangereusement.

La nuit fut très traquille; les ennemis tirèrent peu ; on répara les batteries de part et d'autre. On fit passer sous la ville une goëlette et deux batteries qui alloient à Beauport pour charger un mortier. Les ennemis eurent une alerte considérable et crurent la Basse- Ville attaquée.

Le 12

matia, on recommença à tirer, mais peu. Notre artillerie étoit de mauvaise espèce; elle étoit composée de pièces de fer, la plus grande partie de 18 ou 12, excepté une seule de 24, qui creva ainsi que plusieurs des autres les jours suivants. Le peu de poudre et le peu d’effet qu’on devoit attendre de cette artillerie qui étoit d’ailleurs trop éloignée obligèrent M. le chevalier de Lévis, pour ne pas se trouver totalement dépourvu, d’ordonner qu'ii ne fût tiré que vingt coups par pièce dans les vingt-quatre heures et de continuer en restant dans la situation où on étoit jusqu’à l’arrivée des secours qu’on espéroit de recevoir, croyant que la cour les auroit fait partir à bonne heure. On avoit instamment demandé avec quelques vivres de la grosse artillerie et de la poudre, et l’on ne doutoit

point de part ni d’autre que la place re fût assurée à celui qui recevroit les premiers secours.

Les ennemis avoient chargé la frégate nouvellement arrivée pour la mettre en état de combattre. Ils avoient armé celle des deux qui avoiert hiverné à Québec, qui étoit restée.

M. de Murray écrivit une longue lettre pour insister sur le renvoi de ses convalescents.

Les ennemis firent un feu considérable. On travailla la nuit à réparer les batteries. sf ennemis tiroient autant la nuit que le jour.

Le 18

Au matin, leur feu redoubla; nos batteries furent un peu maltraitées ; nous tirAmes très peu. On répara le soir les batteries.

Le 14

Les ennemis tirèrent par intervalles. On tira peu pendant la nuit.

Les ennemis tirèrent comme le jour précédent. M. le chevalier de Lévis fut averti à l'entrée de la nuit qu’il venoit de mouiller deux gros navires, qu’on n’avoit pu distinguer, entre l’Ile d'Orléans et la Pointe de Lévis. Il jugea qu'ils étoient anglois,

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DU CHEVALIER DE LÉVIS 281 n’ayant mis personne à terre à la rive du sud pour faire avertir. Et, en conséquence, il envoya des ordres, pour que tous nos bâtiments où étoient les vivres et l'artillerie eussent à se retirer, et aux deux frégates de se tenir sur leurs gardes pour être prêtes à se retirer. Il fit replier aussi l’artillerie de la tranchée et donna des ordres pour le déblaiement de l’armée.

I1 fut informé dans la nuit par un prisonnier, que firent nos sauvages, que les deux navires qui avoient paru étoient Anglois. Il donna de nouveaux ordres pour le déblaiement de la tranchée et celui de la marine, ainsi qu'aux deux frégrtes. Mais le temps étoit si mauvais que l'officier chargé des ordres ne put arriver dans la nuit pour les porter. A cinq heures du matin, on vint lu‘ dire que nos bâtiments appareilloïent, que ceux des Anglois étoient près d’eux. Une frégate parut, étant suivie de peu de distance d’une autre; et, à environ un quart de lieue et demi, il parut un vaisseau de soixante canons.

Tous nos navires coupèrent leurs câbles. La Pomone en appareillant abattit trop du côté de la terre du nord et échoua. Les deux frégates ennemies continuèrent à poursuivre l’Atalante. Elle joignit les bâtiments de transport à hauteur du Cap rouge et, voyant qu’ils alloient être joints par l’ennemi leur ordonna de s’échouer. Elle fut forcée d’en faire autant à cinq lieues plus haut, vis-à-vis la Pointe-aux- Trembles, où elle essuya pendant deux heures le feu des deux frégates. Le commandant, après avoir con-

sommé toutes ses munitions et avoir fort endommagé les vaisseaux ennemis, fut fait prisonnier sans avoir amené pavillon ; et les ennemis, voyant qu'il ne tiroit plus, y envoyèrent un canot auquel il se rendit. Il avoit fait évader tout l'équipage qui étoit en état de servir, et perdit beaucoup de monde et eut un grand nombre de blessés, dont plusieurs officiers.

Le vaisseau ne passa pas Saint-Michel. Il revint devant l’Anse-au-Foulon, où il tira quelques coups de canon sur le camp. Il retourna à Québec. Les deux frégates restèrent mouillées à la Pointe-aux-Trembles.

M. le chevalier de Lévis ne jugea pas à propos de faire sa retraite pendant le jour. Il fit jeter l’artillerie de fer en bas de la côte près de l’Anse-au-Foulon, fit donner des vivres aux troupes, et prit tous les arrangements nécessaires pour pouvoir se retirer dans la nuit, n'ayant pas les moyens pour emporter l'artillerie. Les troupes restèrent toute la journée dane la même position, et à dix heures du soir on commença à se mettre en marche. L’artillerie de fonte et de campagne avoit pris les devants. L'on passa la rivière du Cap rouge, le 17 au matin ; on resta toute la journée sur le bord de cette rivière pour faire décharger, de dessus les bâtiments qui étoient échoués, les vivres, munitions et tout ce qui étoit utile pour la défense. Le tout fut mis dans des bateaux et remonta le fleuve malgré les

frégates ennemies, à la faveur de la nuit, ainsi qu’une flûte du Roi, appelée la Marie, qu’on parvint à déchouer. Après quoi on brûla tout le reste, le 18 au matin, avant de partir. Le régiment de la Sarre avoit été envoyé la veille à Saint-Augustin pour sauver les vivres d’une goëlette qui y avoit échoué.

Le 18

L'armée coucha à la Pointe-aux-Trembles. On eut nouvelle à environ dix heures du matin que huit ou dix vaisseaux étoient arrivés à Québec; ce qui détermina M. le chevalier de Lévis à faire partir l’armée le lendemain pour se porter derrière la rivière de Jacques Cartier, après avoir laissé un corps d'environ quatre cents hommes à la Pointe-aux-Trembles,

Le vent du nord-est, qui régnoit depuis quelques jours, étoit si violent que nombre de bateaux chargés de vivres et munitions perdirent leur charge; une des deux frégates des ennemis, qui étoit mouillée vis-àvis de la Pointe-aux-Trembles, échoua et périt ; ils n’eurent que le temps de sauver l’équipage.

Le 19

L'armée se mit en marche, après avoir reçu trois jours de vivres. On eut bien de la peine pour passer la Rivière de Jacques Cartier par le défaut de bateaux. M. le chevalier de Lévis avoit enyoyé devant le

major-général pour accélérer le passage, qui ne put être fini que bien avant dans la nuit. On cantonna toutes les troupes sur le bord de cette rivière.

Le 20

Le bataillon de la Sarre fut envoyé à Sainte-Anne pour veiller à la conservation des vivres.

à- Le 21

M. le chevalier de Lévis, après avoir pris connoissance des vivres qui nous restoiedt et examiné la situation de l’armée, dont presque tous les Canadiens avoient déserté pour retourner chez eux, n'ayant que du pain et en petite quantité pour toute subsistance, étant assuré que les ennemis n’avoient pas reçu de renfort, prit la résolution de laisser un corps d’environ dix-huit cents hommes aux ordres du sieur Dumas, avec lequel il devoit occuper la Pointe-aux-Trembles, le fort de Jacques Cartier et l’église de Dechambeau avec les endroits propres pour en assurer la communication et se rassembler si le cas y étoit, et renvoyer tous les bataillons dans leurs quartiers. Si l’armée fût restée en entier dans cette partie, elle se seroit affoiblie per la désertion qu’auroient occasionnée le manque de subsistance et les maladies.

Les ennemis n’ayant pas reçu de renfort ne pouvoient faire tout au plus qu’un détachement de douze

Anne

nriionethéniétnsnitiééspnnrééénésintiéiséséésseiine

DU CHEVALIER DE LÉVIS 285 tient sinhiéiilininsasieiathinéetas de à quinze cents hommes, avec lequel cependant, et sous la protection de leur marine, ils auroient pu prendre poste au-dessus de nous, en remontant la rivière plus vite que nous n’aurions pu faire par terre, ayant de grandes rivières À passer avec peu de moyens. Ainsi, à tous égards, il n’y avoit pas de meilleur parti à prendre.

Détail des postes laissés sur cette frontière.

M. de la Rochebeaucourt à la Pointe-aux-

Trembles avec... dnniihattnaso rt … 400 hommes. M. de Repentigny laissé au fort de Jacques Cartier .…., " Nr à VA estuns Le NT de ac 800

Le sieur Dumas, major des troupes de la Marine, à Dechambeau avec le restant dudit détachement, les deux postes ci dessus étant à ses ordres; et il y avoit quelques marins sur de petites felouques ou bâtiments, qu’on avoit armés, et quelques sauvages; le tout compris dans ledit nombre... ss 1100 ‘°

AR rt + 1800

On fit partir le bataillon de la Marine, après avoir fourni son piquet audit détachement, d’un capitaine et soixante hommes ainsi que firent les bataillons suivants.

Le 23

Royal-Roussillon et Guyenne partirent.

Le 24

La Sarre partit de Sainte-Anne, et la Reine et Béarn de Jacques Cartier.

M. Murray avoit écrit pour que nous fournissions des vivres à nos malades qui restoient à l'hôpital général ; sur quoi il lui fut mandé l'impossibilité où nous étions attendu l'éloignement et que, s'étant emparé de ceux que nous leur avions laissé, il devoit leur en fournir en payant, que c’étoit même les termes propres du cartel. Il manda que, s’il leur donnoit des vivres ils seroient tous prisonniers. M. le chevalier de Lévis lui écrivit à ce sujet plusieur ‘res très fortes qui ne produisirent aucun changement.

Le 25

Les deux batailions de Berry partirent. M. le chevalier de Lévis partit aussi ce jour-là pour aller à Dechambeau, où il séjourna le 26 et donna des instructions au sieur Dumas et à tous les commandants particuliers sur tout ce qu’ils auroient à faire dans les différentes circonstances où ils pourroient se trouver. I1 ordonna les fortifications à faire faire, la discipline et l’ordre pour les vivres, et partit le 27 et arriva aux Trois-Rivières, où il assembla le gouverneur et tous les gens de détail ou qui avoient des commissions particulières, et, après avoir conféré avec eux et donné

ions pital 6 où tant voit mes t des er de ortes

cheer à s insdants hs les ver.

pline aux tous parpnné

des ordres, il partit pour Montréal le 28 et y arriva le Il conféra avec M. le marquis de Vaudreuil sur toutes les opérations et sur tout ce qu’il étoit possible de faire pour se mettre dans le meilleur état possible pour la défense du pays suivant ses facultés.

M. Murray ayant paru désirer de ravoir les sieurs Magland, capitaine, et Campbell, lieutenant, on les lui envoya et on lui demanda l'échange de deux de nos officiers qu'il n’accorda point.

Le 31

On apprit que la goëlette du munitionnaire, qui avoit passé sous Québec et étoit descendue dans le bas du fleuve, avoit fait trois prises; mais, par la suite, elle fut obligée de tout brûler et l'équipage de revenir par terre.

Juin

On apprit dans le commencement de juin que M. Murray retenoit non seulement les soldats et offciers malades prisonniers, mais même la garde qu’on y avoit laissée. On fut instruit dans ce même temps qu’il faisoit des préparatifs pour faire un mouvement par eau.

On proposa au sieur Murray un échange, lequel ne put avoir lieu par ses prétentions.

. La levée du siège, la retraite et les mauvais temps en se retirant de ce siège, où l’on avoit porté en poudre, vivres et artillerie toutes les ressources de la colonie, nous mirent au dépourvu de toute espèce. Les bataillons étoient réduits à deux cent cinquante et au tiers des officiers, ayant laissé un détachement à Dechambeau et un second à l'Ile-aux-Noix. Ils manquoient de fusils et de bayonnettes. Toute notre artillerie consistoit aux pièces de campagne que nous avions pris aux ennemis le 28 et à quarante boulets par pièce. Point de navire de guerre que la flûte la Marie, sur laquelle on mit quelques mauvais canons de fer. Nous avions deux demi-galères construites depuis peu à Montréal, deux bâtiments sur le lac Ontario, une goëlette et deux petites tartanes sur la Rivière Saint- Jean, le tout assez mal pourvu d’équipages, la plupart des matelots s’étant retirés dans les paroisses. Nous n’avions pas la moitié de bateaux qu'il falloit pour le transport des troupes. Nulle espérance de secours, le fleuve étant couvert de vaisseaux de guerre anglois. Nous apprîmes dans le mois de juin que des bâtiments qu’on avoit envoyé de France les ayant fait partir trop tard, les uns avoient été pris et les autres s’étoient réfugiés dans la Baie des Chaleurs, pour se mettre à l’abri, en remontant dans la rivière de Ristigouche.

Du 7 Au 8 Juin

Le sieur Langy qui avoit été envoyé vers Saint-Fré-

Fré-

déric avec un parti de sauvages revint sur ses pas ayant rencontré un parti ennemi à la Pointe aux Fers, contre lequel après quelques coups de feu tirés, ils se retirèrent de part et d’autre. On se détermina sur les procédés de M. Murray de renvoyer les prisonniers anglois par Saint-Frédéric à M. Amherst, en lui proposant l’échange. Le sieur Bonneau, capitaine de Guyenne, fut choisi dans cette commission. On fit part à M. Amherst des mauvais procédés du sieur Murray, en lui réclamant les officiers et soldats retenus contre la foi du cartel; mais on n’en eut aucune satisfaction.

M. de Malartie et plusieurs de nos officiers qui étoient restés à l’hôpital de Québec arrivèrent; ils étoient partis avant la détermination violente du sieur Murray.

LE MÊME Jour Mourut à Montréal chez les Sulpiciens le sieur de

Pontbriant, évêque de Québec, lequel fut enterré le 11 dans la cathédrale de cette ville.

Le 11 On reçut des nouvelles de la partie du lac Ontario,

et que les Anglois rassembloient un corps considé-

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