MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE
J'ai l'honneur de vous accuser réception de votre lettre du 28 mars 1888, dans laquelle vous m’informez que vous acceptez, au nom de la Province de Québec, le don que je me propose de lui faire, d’une copie des manuscrits de mon aïeul, le maréchal de Lévis, concernant les dernières années de la domination française au Canada.
Je vous remercie de l'assurance que vous me donnez que votre Administration fera imprimer ces documents textuellement et intégralement, et s’en réservera la propriété exclusive.
Par leur fidélité aux traditions léguées par leurs ancêtres, les Canadiens français ont pu traverser les douloureuses vicissitudes de la conquête, sans perdre leur caractère national. Ils jouissent maintenant de la plus grande liberté civile et politique, sous la protection d’une monarchie puissante et libérale, mais la prospérité ne leur fait pas oublier la mère patrie, la France! Peut-être l’aiment-ils davantage depuis ses malheurs.
12 PIÈCLS RELATIVES AUX
Monsieur l'abbé Casgrain m’a beaucoup parlé, Monsieur le Ministre, de votre zèle pour la reconstitution de l’histoire du Canada français. Je suis très heureux de vous apporter mon concours dans cette noble tâche, et je vous prie, Monsieur le premier Ministre, d’agréer l'expression de la haute considération avec laquelle j'ai l’honneur d’être
Votre très humble et très obéissant serviteur.
Signé : Comte Rarmonp DE NICOLAY.
Monsieur F. G. MARCHAND, président de l’Assemblée législative de Québec, à Monsieur le Comte Raiïmond DE NICOLA.
Québec, 15 juin 1888.
MonsIEUR LE COMTE,
J'ai l'honneur de vous transmettre une résolution adoptée unanimement par l’Assemblée législative de la Province de Québec, vous témoignant sa haute appréciation du don magnifique que vous avez bien voulu offrir à cette Province.
Permettez-moi, en m’acquittant de cette agréable mission, de vous dire que la population canadienne française appréciera infiniment ce précieux cadeau de la part du petit-fils d’un des héros de notre histoire, dont elle a conservé le plus sympathique souvenir.
Veuillez agréer, Monsieur le Comte, l’assurance de ma plus har.ie considération.
Signé : F. G. MARCHAND, Président de l’Assemblée législative de Québec.
Le comte Raimond DE NICOLAY à Son Excellence le
très honorable Monsieur MERCIER, premier Ministre de la Province de Québec (Canada).
Paris, 28 juin 1888.