T«MI M
llcun ut d'avoir triomphé sans accident du géant des forêts, nous revînmes auprès de notre chariot.
Ijc 9, nous fûmes coucher auprès de la Caverne-aux-Hyènes, dont nous avons déjà parlé. Nous avions fait choix de ces parages pour essayer d'une dernière chasse aux buffles. Le 10, de grand malin, nous sortîmes escortés de trois de nos Cafres armés , et de Donna et Francklin, les deux seuls chiens dont se composait alors notre meute. Nous dirigeâmes nos pas vers les duces, où naguère nous avions vu tant de mantagoulas. Arrivés en vue de la mer. Donna nous fit tout-àcoup partir trois buffles, un mâle et sa femelle, accompagnés de leur veau. Le mâle ayant pris aussitôt la fuite, sans qu'il fût possible de le tirer, nous cernâmes de toutes parts la femelle. Un de nos Cafres fait feu et la blesse grièvement à l'épaule. Surpris par le coup , l'animal bondit et charge incontinent Campion. qui, comme toujours, se trouve au plus chaud de la mêlée : il n'était qu'à dix pas du quadrupède qui s'élançait sur lui tête baissée , lorsque Donna , furieuse, lui saute au munie et s'y cramponne. Campion lâche son coup , mais sa balle brise une patte de la chienne et ne fait qu'effleurer la peau du buffle, t ne seconde de plus, et mon ami était perdu. A cet instant critique, nous faisons feu tous en même temps ; l'animal roule , et vient , de son énorme tête , labourer la place qu'occupait l'imprudent chasseur. — Tout cela fut l'affaire d'un instant II est indubitable que sans nous Campion eût payé de sa vie son excès d'audace. Cette dernière entrevue avec les buffles nous offrit une scène attendrissante. L'animal se roulait par terre , dans les dernières convulsions de l'agonie , et poussait de sourds mugissemens de douleur : le jeune veau, tout effaré, courait çà et là autour de sa mère en mêlant ses cris aux siens. Vainement nous essayâmes de nous en emparer , il était inabordable. Ouaal mit un terme à ses gémissemens par un coup de fusil tiré presque à bout portant.
Le lendemain, nous fîmes nos adieux à ces savanes toujours vertes, à ces forêts magnifiques et presque vierges, au sein desquelles nous avions en si peu de temps passé par tant d'émotions diverses; nouvelle Arcadie, oasis parfumée, si riche et si peu explorée, que nous reverrons, je l'espère, un jour (1).
Auguste Bertrand.
Au troisième coup, avec même charge, une balle pointue, en plomb pur, a donné deux centimètres.
Au quatrième coup, avec même charge, une balle nouvelle de Duvisme. a pointe d'acier trempé, a donné cinq centimètres et demi.
Au cinquième coup, avec quatre grammes de poudre , cette même balle de Devisme a donné 12 centimètres.
Au sixième coup, avec cinq grammes, 15 centimètres.
Après ces divers essais comparatifs, on a fait u«age de balles incendiaiics , à percussion, qui , chargées comme un obus , et munies, a l'extrémité . d'une capsule, éclatent au premier choc, dans l'intérieur même du corps qu'elles traversent. Plusieurs de ces balles, tirées à 30 mètres, dans des caisses remplies de matières inflammables , ont constamment éclaté dans l'intérieur de ces mêmes caisses et incendié leur contenu. Trois balles, tirées à 150 mètres contre un mur, v ont successivement éclaté en arrivant. Enfin, à 300 mètres, les résultats ont été les mêmes.
Les éléphans de Natal n'ont qu à bien se tenir: avec de tels moyens de destruction . notre ami Delegorgue leur en ménage de belles à son arrivée au Cap.
(Note du directeur.)
(C- Le vo?u exprimé ici par M. A. Bertrand ne saurait malheureusement se réaliser désormais, du moins à l'égard de Campion , son intrépide compagnon de chasse. A son retour en France, il s'était retiré à Vaziers, petit village des environs de Douai : là il fut atteint d'une phthysie pulmonaire . dont il avait rapporté lœ premiers germes de son voyage dans I Afriquo australe, et à laquelle il succomba , après plusieurs moi, de souffrance, le 1 6 janvier 1817 Note du directeur J
- MX -