AU CAP DE BONNE-ESPERANCE
1844. (Suite et Ûn. ) (1)
DÉPART DE COKGF.IXA (Suite).
Nous venions de regagner la tente. Nous y trouvâmes nos voisins déjà de retour et entièrement découragés par le peu de chanoe qu'ils avaient eu dans la journée : partis pour une chasse aux buffles, ils se plaignaient avec amertume de n'avoir pas môme aperçu la queue d'un seul de ces quadrupèdes. Leur mécontentement se traduisait par une foule d'imprécations accompagnées de blasphèmes tels que nos oreilles, plus puritaines que leurs lèvres, en étaient en quelque sorte scandalisées, et cependant, en dépit de leurs jurons énergiques, ces gens-là, par un contraste difficile à expliquer, sont d'une su pcrstition inconcevable. Le papa Kempe, lui, nous soutint gravement que nos fouilles sacrilèges avaient jeté un sort sur leur chasse , et que c'était très certainement de là que provenait la stérilité de leurs recherches.
— Ah ça, ce diable d'homme a décidément le timbre fêlé ou bien la bosse de la stupidité, dis-je à mon ami; serait-il vraiment sérieux dans ses récriminations plus que ridicules?
— Sérieux comme un âne qu'on étrille! me répondit Campion.
Pour nous, la disparition des grands animaux dans ces parages provenait évidemment des nombreux coups de fusil tirés la veille, qui avaient dû singulièrement effaroucher les buffles et même les éloigner de la vallée. Nous représentâmes aux chasseurs que là était tout le mystère, que là était le maléfice, et enfin qu'ils n'avaient qu'à opérer sans délai un mouvement rétrograde vers Port-Natal, pour retrouver les traces des fugitifs. Ils convinrent de la justesse de nos observations et donnèrent à leurs Cafrcs les ordres nécessaires pour opérer la retraite.
Le 5, de grand matin, les tentes furent abattues et nous nous mimes en marche.
Il pouvait être sept heures quand nous eûmes à traverser une vaste plaine coupée de taillis très épais et entourée d'une ceinture de collines boisées. Déjà nous étions eu vue des bords du Sinkwazy, belle rivière qui serpente au fond de la vallée. Les cinq chariots cheminaient lentement à la file les uns des autres, semblables à une caravane. Notre meute, au nombre de vingt-huit chiens, marchait
(1) Voir, pour le commencement de cette publication, les livraisons de mars, avril, mai, juin, août, septembre, octobre et décembre 4846 ; janvier, mars, juin, août septembre et novembre 1847. - 1 0-, 1 1 • et 4 V
en avant, lorsqu'ayant rencontré des traces tontes fraîches de buffles, elle se mit à les relever, se divisant de droite et de gauche, et disparut bientôt dans des fourrés qui en recelait des troupeaux innombrable*.
Saisir ses armes aux premiers coups de voix des chiens et sauter sur son cheval, fut l'affaire d'un instant pour chacun de nous, et nous partîmes tous au galop dans des directions opposées. Alors commença une chasse des plus animées dont il me serait impossible de décrire tous les épisodes partiels.
La plaine, ceinte partout en amphithéâtre d'aspérités boisées, ressemblait À un véritable cirque. Les chiens, qu'animaient encore les cris de nos chasseurs, remplissaient les bois d'un vacarme infernal, et, à chaque minute, retentissait un nouveau coup de feu répété au loin par tous les échos de la vallée. Effarés, saisis d'épouvante, les buffles couraient au galop à travers les taillis, brisant avec un effroyable bruit tout ce qui s'opposait à leur passage, et l'on voyait s'agiter à la fois tous ces vastes fourrés s'entr'ouvant avec effort sous la charge de ces bêtes colossales dont l'aspect étrangement féroce rappelait à ma pensée les bœufs gar amantes, ces monstres que l'historien Hérodote nous a décrits comme obligés de marcher à reculons en paissant, à cause de la longueur démesurée de leurs cornes inclinées vers le sol.
La nature très accidentée du terrain laissait à nos buffles peu de chances de salut. En effet, ils n'avaient là pour tout refuge que de profondes ravines et quelques fourrés épineux où ils cherchaient à se dérober un instant. Mais suivis par nos chiens jusque dans ces retraites précaires et souvent relancés à vue, ils étaient bientôt obligés de repartir à toutes jambes pour aller se cacher ailleurs, et nous donnaient ainsi de fréquentes occasions d'user nos balles sur leurs côtes de fer.
Entr'autres scènes qui ensanglantèrent cette mêlée générale, je vis un buffle légèrement atteint s'élancer tête baissée contre un de nos chasseurs, et, d'un, seul coup de corne, culbuter par terre cavalier et cheval : l'animal fut tué sur place, l'homme, plus heureux , eu fut quitte pour d'assez fortes contusions.
Un autre épisode moins tragique vint succéder à celui-ci. Après avoir galopé long- temps à travers champs, une cinquantaine d'animaux prirent ensemble la direction des chariots dont ils vinrent couper la file. Les petits Cafres, gardiens des attelages, voyant accourir sur eux tant d'ennemis à la fois, sautèrent lestement dans les waggons, comme autant de singes; puis, s'armant de bâtons en guise de fusils, ils ajustèrent ces animaux au passage, en faisant mille grimaces et poussant des cris grotesques. Nous rimes beaucoup de cette espièglerie.
Cependant la chasse se poursuivait partout avec des chances plus ou moins favorables. La plaine, immense arène, offrait un coupd'œil des plus animés. Nos chiens, divisés en petits groupes, déployaient une vigueur et un courage remarquables, en attaquant l'ennemi sur tous les points a la fois. Le nombre des victimes était déjà considérable, d'autant que dans son ambition chacun de nous semblait rivaliser d'ardeur pour en abattre davantage; nous étions tous électrisés, ivres d'enthousiasme. Nos compagnons surtout, excités par l'appât du gain, cherchaient à s'éclipser mutuellement : de là résultaient parfois d'assez vives altercations sur le point de dégénérer entr'eux en véritables querelles ; nous n'en citerons qu'un exemple en passant
C'était vers la fin de l'action. Le fils Kempe venait de tirer un mâle énorme qui, blessé légèrement aux naseaux, avait été se réfugier dans une ravine profonde. Nous étions, Campion et moi, tellement accablés de fatigue, que nous résolûmes de nous reposer sur nos lauriers et de rester simples spectateurs de ce dernier hallali.
Après avoir attaché nos chevaux à un arbre, nous primes la direction du ravin. Chemin faisant, nous passâmes auprès d'un gros figuier, dans les branches duquel s'étaient cachés quatre colons qui nous firent signe de suivre leur exemple. A peine avions-nous grimpé sur cet observatoire improvisé, que les aboicmens des chiens nous annoncèrent la fuite de l'animal. Aussitôt un coup de fusil
retentit, et nous entendîmes la voix de Jan Meyer, un de nos plus habiles chasseurs, qui réclamait à grands cris la possession du buffle qu'il venait d'abattre. Comme, d'après les conventions arrêtées entre nous au commencement de la chasse, tout buffle devait appartenir à celui qui le premier l'avait blessé, le jeune Kerope, fort de son droit, se récria énergiquement contre les prétentions de Meyer. Des réclamations on passa aux injures, et bientôt les choses allèrent si loin, que les deux champions voulaient à toute force vider leur différend par un duel à la carabine. Nous eûmes une peine extrême à mettre le holà entre eux, et à leur faire entendre raison. Enfin, notre qualité d'étrangers nous valut le titre d'arbitres, et, d'après ce qui avait été convenu le matin même, nous adjugeâmes la bête au jeune Kempe.
Ce fut là le dernier buffle tué dans cette mémorable journée. La dispute des deux rivaux avait réuni tous nos chasseurs, à l'exception d'un seul ; nous revînmes ensemble auprès des chariots, en nous racontant mutuellement nos exploits réciproques. Cette chasse brillante, mais dangereuse, ne pouvait se terminer sans quelque catastrophe : elle avait duré si long- temps (six heures et demie), il s'y était tiré tant de coups de fusil, le nombre des buffles était si considérable, que, de sang-froid désormais, nous considérions tous comme un miracle qu'aucun de nous n'y eût perdu la vie. Mais tout n'était pas dit encore.
Nous venions d'atteindre le waggon, lorsque des cris éclatans se firent entendre sur nos têtes. C'était Doris Potgieter, notre compagnon absent, qui, du haut d'une colline, appelait à lui mon ami. Campion mécontent de sa journée, repartit sur-le-champ pour tenter de nouvelles aventures. Quant à moi, j'étais tellement brisé, moulu, que, ne pouvant plus me tenir denout, je me laissai tomber sur nos matelas.
Au bout d'une demi-heure, Auguste revint auprès de nous.
— Il faut avouer, lui dis-je aigrement, que vous mourrez dans la peau d'un enragé chasseur ou dans celle d'un fou, mais d'un fou à lier... Six heures et demie d'une chasse à tuer un cheval ne vous ont pas suffi !... Et d'où venez-vous ainsi, hors d'haleine?
— Trêve de plaisanterie ! me dit-il, je viens, ma foi I de l'échapper belle. Ce diable de Doris avait blessé un buffle colossal. C'était pour lui une affaire de soixante francs : jaloux de ne pas perdre une telle aubaine, il m'avait appelé pour lui venir en aide. Nous avons, en effet, suivi quelque temps l'animal au sang, mais deux fermiers d'une autre troupe qui est à chasser dans les environs, étant survenus, j'ai fait volte-face. Je connais trop le danger que présente la poursuite d'un buffle blessé, pour ne pas m ètre exempté, quand j'ai vu ce renfort, des suites probables d'une telle corvée.
Jamais Campion ne fut à coup sûr mieux inspiré de sa vie. Dix minutes ne s'étaient pas encore écoulées depuis son retour, quand nous vîmes arriver le pauvre Doris, porté par deux colons et dans un bien pitoyable état — En suivant, sans chiens, les traces de ce maudit buffle, nos trois chasseurs étaient tombés droit sur lui. Chargés à l'improvisle par l'animal, les plus agiles n'eurent que le temps de grimper sur un arbre ; Doris, moins ingambe que les autres, paya chèrement son imprudence ; atteint par le buffle furieux, il reçut à la cuisse une large blessure qui, remontant jusqu'au bas-ventre, avait dangereusement entamé les parties ; les lèvres déchirées et meurtries, la moitié des dents brisées, le corps entier couvert de sang , je le crus un homme perdu. Un chasseur ordinaire n'aurait pu survivre à de telles blessures ; mais ces natures de fer, rompues dès l'enfance aux plus rudes métiers, acquièrent, dans leur vie aventureuse, des forces presque surhumaines. — Non seulement ce diable de Doris en réchappa ; mais au bout de quelques jours de convalescence, surexcité par son humeur belliqueuse, il osa provoquer un de ses amis en duel et fut sur le terrain échanger plusieurs balles avec lui Heureusement que de part et d'autre cette rencontre fut encore sans résultat comme celle du buffle.
Quoi qu'il en soit, cet événement vint, en nous attristant tous pour le mo-
paissait là solitaire ; niais , privé du secours de nos chiens , j'ignore complètement, une fois rentré dans la savane, quelle direction il a pn prendre.
Vous venions d'atteindre le fond de la presqu'île. Là gisait un hippopotame femelle, le seul trophée de l'expédition nocturne de Gampion. Il nous restait encore une telle provision de lard , que nous nous bornâmes à enlever les dents de l'animal.
A notre retour au chariot , nous y trouvâmes réunis une foule de Cafres qui nous attendaient pour nous dire qu'ils avaient vu rôder des éléphans dans les versans de la vallée. Nous prîmes aussitôt nos dispositions pour leur donner la chasse. Après avoir déjeuné en deux temps, nous armâmes, parmi les indigènes, ceux qui nous parurent les plus vigoureux et les plus intelligeos , et nous nous débarrassâmes des autres en leur indiquant l'endroit où se trouvait l'hippopotame.
De toute notre meute, il ne nous restait plus que deux chiens ; mais les Cafres en avaient amené une vingtaine de tout poil et de toute race. Nous montâmes à cheval, et, guidés par nos auxiliaires, nous gravîmes les hauteurs pittoresques qui couronnent les bords du fleuve. C'était une chaîne de collines escarpées et boisées. Le plateau, légèrement ondulé, se composait d'un sol pierreux, couvert d'une maigre pelouse qui formait une petite plaine de deux milles de longueur. Un bois sombre et touffu s'élevait à l'extrémité. — C'est là , nous dirent les naturels, que, ce matin, nous avons vu des éléphans.
Ils ne nous trompaient pas; précédés de nos chiens, nous avançâmes lentement vers la forêt. A peine avions-nous atteint le milieu du plateau, que la meute, déjà répandue dans les fourrés, nous prévint, par ses vifsaboiemens, que les animaux étaient sur pied , et presque en même temps nous entendîmes un craquement général, produit par les éléphans galopaut lourdement à travers bob. Ce fracas lointain, mais de plus en plus éclatant, produisait une sorte d'harmonie sauvage et avait je ne sais quoi de grandiose.
Au bout de cinq minutes d'attente , les colosses , au nombre de huit , débuchèrent ensemble dans la plaine. Leur entrée en scène fut vraiment un coup d'oeil majestueux. Campion s'attacha particulièrement à une femelle qui, s'étant séparée de la troupe, fut aussitôt harcelée par tous les chiens à la fois, et cernée de toutes parts par nos Cafres. Quant à moi , je bornai mon attaque à un seul coup de fusil ; puis je me mis à l'écart , afin de pouvoir contempler à mon aise ce spectacle extraordinaire.
Entre tous , se faisait remarquer un vieux mâle , d'une grosseur tout-à-fait monstrueuse , jamais rien de pareil ne s'était offert à mes yeux dans les nombreuses ménageries que j'avais eu l'occasion de voir en Europe. Rempli de l'instinct de sa puissance , le colosse s'avançait à pas lents à la rencontre de nos chasseurs; il s' arrêta à trente pas de dislance environ , et fut salué par une décharge générale. Je m'attendais à le voir tomber; mais, à ma grande surprise, aucune balle ne parut avoir pénétré dans cette montagne vivante, et, faisant rapidement volte-face, l'animal partit à toutes jambes dans la direction où déjà les autres l'avaient précédé.
Cependant, la femelle ne cessait d'opposer une résistance opiniâtre , invincible, à tous les efforts réunis de nos hommes. Sa défense se prolongeait si longtemps que je n'étais pas sans inquiétude sur le résultat final de la lutte. Exaspéré d'avoir à la fois tant d'ennemis à combattre , le monsire agitait en tous sens sa trompe avec une élasticité prodigieuse ; la rapidité de ses mouvemens n'était pas moins admirable ; tantôt il s'élançait sur les chiens en poussant une série de cris éclalans; tantôt, tournant sur lui-même , il cherchait à s'esquiver par la fuite ; mais, environné comme dans un cercle fatal, toute espérance de retraite lut était interdite. C'était à Campion qu'était réservé l'honneur de l'abattre.
Je le vis , levant sa grosse carabine , ajuster avec soin et tirer. Ce fut le coup de grâce. L'animal, mortellement atteint, chancela sur ses jambes et alla soudain mesurer le sol, qui trembla sous sa lourde chute : la balle , d'un quart de livre, s'était logée auprès de l'oreille droite.
Nous envoyâmes Ouaaî chercher une hache, au moyen de laquelle nous coupâmes les défenses; Camp'on eut la galanterie de m'en faire cadeau, comme un souvenir de nos chasses d'Afrique (1). Pour lui, s'étant emparé de la queue, il en fit un trophée dont il ccign t son chapeau. Cet ornement bizarre, joint a sa longue barbe cl à son costume dolahié de spovtsman. dont la couleur primitive se dissimulait sous une couche épaisse de sang, lui donnait l'air féroce d'un véritable brigand de la Calabre. C'est dans cet accoutrement pittoresque qu'il est revenu en Fr.mco s'asseoir au foyer paternel.
Il n'existe que deux espèces d'éléphans , celle d'Asie et celle d'Afrique. l a dernière (Elcphas Àfrkanus) diffère de l'autre par une tête ronde, un front convexe, reculé, incliné et aplati en arrière, par la grosseur de ses défenses cl l'énormité de ses oreilles : au lieu de rubans, ses mâjhelières présentent des losanges.
Une importante question nous a occupés plus d'une fois , Campion et moi . durant le cours de nos expéditions cynégétiques: D'où vient que, de nos jours, l'éléphant d'Afrique ne soit nulle part domestique ? Est-ce à dire qu'il soit plus indomptable que l'autre ? Telle n'est pas notre opinion.
D'après des rensrignemens puisés à bonne source , d'après les propres études de Campion sur ce jeune animal qu'd avait apprivoisé, nous pensons que si cet éléphant n'est pas , comme celui des Indes , le compagnon de l'homme, cela tient uniquement à l'état actuel d'abrutissement des peuplades africaines. En effet , celle espèce, douée des mêmes qualités et du même naturel que celle de l'Asie, serait tout aussi bien qu'elle susceptible de vivre en domesticité. Les Phénicieus et les Carthaginois (comme on le sait par l'expédition d'Annibal en ' Italie, et même^ar celle de Pyrrhus) n'employaient pas d'autre espèce que celle-là ; et les Romains , dans leurs jeux publics , avaient des éléphans prives qu'ils liraient évidemment de l'Afrique.
De nos jours, les colons du pays de Natal ne font guère la chasse à ces animaux qu'avec des carabines d'un quart de livre, et avec des balles composées de trois parties de plomb et d'une d'élain. Malgré la puissance de ce calibre , il est bien rare d'abattre un éléphant du premier coup. Durant un séjour de quatre ans dans le pays, Campion a eu l'occasien d'en tirer un assez grand nombre, mais rarement avec un plein succès. Nous nous sommes efforcés de trouver une charge et un projectile plus meurtriers. A force d'essais et de recherches, nous pensons être parvenus à découvrir des moyens d'attaque bien autrement énergiques. Les effets de notre procédé , dont nous donnerons quelque jour la recette , seraient , en quelque sorte , aussi terribles que ceux de la foudre du Jupiter-Olympien ; tout animal, atteint de nos balles, tomberait comme frappé de la foudre (2).
' 1) Les défenses de cette femelle, pesées à Port-Natal, me donnèrent un total de trentedeux livres anglaises; celles du malo , incomparablement plus grosses , dépassent parfois le poids de cent cinquante livres.
'2 Nous ignorons quel est le procédé particulier auquel veut ici faireallusion M. A.Bertrand, qui aurait bien dû, dans 1 intérêt des chasseurs d'éléphans, ses confrères, se montrer un peu moins discret ; mais en attendant qu'il ait pris , pour sa méthode simplifiée, un brevet d invention «aru garantie du gouvernement, nous croyons devoir mettre sous les yeux de nos lecteurs les résultats de quelques expériences faites tout dernièrement, dans le même but, par M. Adulphc Delegorguo.
Il s'agissait d'essayer, avec charges graduées et projectiles différens, une carabine, calibre 1 2, que Devismo vient de terminer pour lui , et dont il compto faire son anneordinairo.au printemps prochain, dans sa nouvelle excursion chez les Amazoulous et à Natal.
Le tir a eu lieu aux Batignolles, à une distance de 30 mètres, sur un madrier de chêne de Mi centimètres d'épaisseur. Au premier coup, avec trois grammes de poudre, une balle ronde ordinaire, en plomb pur, a donné, comme pénétration, un centimètre fort.
Au deuxième coup, avec même charge, une balle ronde ordinaire, en plomb mélangé de deux dixièmes d'étain. a donné un centimètre faible